‹ Manuel d'anatomie descriptive et de préparations anatomiquesChapitre 96 sur 267 · INTERCOSTAUX INTERNES · texte numérisé non relu

INTERCOSTAUX INTERNES

Situation. Entre les côtes et les cartilages costaux.

Forme. Semblable à celle des intercostaux externes.

Attaches. En haut, à la face interne de la côte et du cartilage costal qui sont au-dessus ; — en bas, au bord supérieur de la côte et du cartilage costal qui sont au-dessous.

Direction. Contrairement aux précédents, ils se portent obliquement de haut en bas et d'avant en arrière, en sorte que les fibres des deux plans musculaires se croisent en sautoir, de même que le grand oblique de l'abdomen, dont la direction rappelle celle des intercostaux externes, croise à angle aigu le petit oblique qui se dirige comme les intercostaux internes.

Structure. Ils sont composés comme les précédents de fibres charnues et de fibres aponévrotiques irrégulièrement mélangées ; les dernières constituent exclusivement les intercostaux internes dans l'intervalle compris entre les angles des côtes elle rachis.

Usages. Il n'existe aucun muscle dans l'économie dont les usages aient été plus contestés que ceux des intercostaux externes et internes ; toutes les hypot' èses qu'on pouvait présenter sur leur action ont été émises , et ont trouvé des physiologistes célèbres pour les soutenir; ainsi on a avancé : l** que les muscles intercostaux externes et internes sont les uns et les autres inspirateurs (BorelU, Senac, Boerhaave , Winslow, Haller, Cuvier, etc.); 2° qu'ils sont les uns et les autres expirateurs (Vésale, Diemerbroek, Sabatier); 3° que les intercostaux externes sont expirateurs, et les internes inspirateurs (Galien , Bartholin); 4° que les intercostaux externes sont inspirateurs, et les internes expirateurs (Spigel, Yesling, Hamberger) ; 50 que les intercostaux externes et internes sont à la fois inspirateurs et expii'ateurs (Mayow, Magendie); 6° que les deux intercostaux sont passifs dans les mouvements d'inspiration et d'expiration , et font l'office d'une paroi immobile (Van Helmont, Arantius, Cruveilhier).

En présence de toutes ces opinions contradictoires , il devenait tout-àfait nécessaire de recourir à de nouvelles observations; c'est ce qu'ont fait MM. Beau et Maissiat, qui ont constaté :

1° Que les espaces intercostaux augmentent réehement dans l'inspiration; 2° que les fibres des deux muscles s'allongent au moment de cet écartement, bien que la théorie semble indiquer que celles des intercostaux externes se racourcissent ; 3° qu'une côte s'élève avec la même énergie lorsque les deux couches musculaires ont été incisées au-dessus d'elle , tlans toute l'étendue de l'espace intercostal , ce qui prouve que l'élévation des côtes ne s'opère pas sous l'influence de la contraction des intercostaux,

puisque leur élévation demeure entière après la suppression de cette inlluence; 4° que dans l'expiration complexe, telle que le cri, la toux, etc., les fibres qui composent ces deux muscles se redressent et se durcissent , tandis que dans l'inspiration elles se dépriment en se portant vers le poumon.

De tous ces faits , MM. Beau et Maissiat concluent que les intercostaux externes et internes sont expirateurs; ils se rangent par conséquent à l'opinion de Vésale, de Diemerbroek et de Sabatier , qu'ils acceptent toutefois avec restriction, en avançant que ces muscles agissent seulement dans l'expiration complexe , et ont alors pour usage non seulement de rapprocher les côtes, mais de former une paroi rigide qui résiste efficacement à l'impulsion excentrique des poumons.

SURCOSTAUX.

Situés à la partie postérieure des articulations costo-transversaires , au nombre de douze de chaque côté , aplatis et triangulaires , d'autant plus longs qu'ils sont plus inférieurs, ces petits muscles semblent constituer des faisceaux accessoires pour les intercostaux externes.

Attaches. En haut, au sommet des apophyses transverses des vertèbres dorsales ; — en bas, au bord supérieur et à la face externe de la côte qui est immédiatement au-dessous de chacune de ces apophyses. Les surcostaux inférieurs s'étendent en général au-delà de cette première côte et se prolongent] usqu'à la face externe delà côte suivante à laquelle ils s'attachent; de là, la dénomination de longs surcostaux qui leur a été imposée, par opposition aux supérieurs dont la longueur est beaucoup moins considérable.

Direction. Obliques de haut en bas et de dedans en dehors.

Structure. Composés de fibres charnues et aponévrotiques entremêlées comme celles qui forment les intercostaux.

Usages. La plupart des physiologistes les considèrent comme des élévateurs des côtes; MM. Beau et Maissiat pensent que leur action est plutôt relative à l'extension du rachis : dans cette opinion , ils sei'aient encore élévateurs des côtes, mais seulement au moment où ils se contractent pour ramener le tronc dans la rectitude verticale et l'y maintenir.

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