V. DROIT DU BAS-VEWTRE
1067. Le muscle droit, slerno-pubicn, Ch. (musculus reclus abdominis), occupela partie interne de la face antérieure du basventre. Il est très long, étroit en proportion de sa longueur,, mais encore plus mince qu'étroit. Son épaisseur diminue peu,
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à peu de bas en haut, tandis que sa largeur augmente beaucoup dans ce sens-
Il s'attache au bord antérieur et a la partie inférieure de la face antérieure des cinquième, sixième et septième côtes , par trois larges languettes, dont l'interne- est la plus basse et l'externe la plus élevée, Les deux internes sont les plus larges , et ont ordinairement la même largeur. L'externe est quelquefois beaucoup plus mince, simplement tendineuse, et adhérente à la première languette du muscle oblique externe du bas-ventre, ou remplacée entièrement par elle, de sorte que le muscle droit s'étend en devant jusqu'à la sixième côte.
La languette interne s'attache aussi à la face antérieure du cartilage xiphoïde et de ses ligamens.
Inférieurement , le muscle droit se termine par un tendon large et court, qui s'attache, derrière le muscle pyramidal, à la face supérieure de la branche horizontale du pubis. Quelquefois ce tendon est partagé eu deux piliers, l'un externe, plus étroit, l'autre interne, plus large; mais ordinairement la scission est à peine sensible.
Les tendons des deux muscles droits se confondent entièrement l'un avec l'autre, a leur partie inférieure, s'entre-croisent même dans une portion de leur largeur, et descendent depuis la symphyse pubienne jusqu'au ligament suspenseur de la verge.
Le muscle droit appartient à la classe des muscles polygastriques,et c'est même celui de tous dans lequel on trouve cette disposition développée au plus haut degré. En effet, il est toujours partagé en plusieurs ventres par des intersections tendineuses ondulées, formées de fibres longitudinales. Le plus ordinairement on compte trois de ces intersections, ce qui porte le nombre des ventres à quatre.
Les intersections ne sont pas toutes formées exactement d'après le même type. Leurs caractères généraux consistent :
i° En ce qu'elles adhèrent d'une manière intime au feuillet antérieur de la gaîne du muscle. Généralement parlant, elles sont aussi beaucoup plus apparentes en devant qu'en arrière, où tantôt elles ne se voient pas, tantôt elles ne sont visibles que sur un point. Elles adhèrent peu , et la plupart du temps
DES MUSCLES ANTERIEURS DE THONC. 1 i <J
même n'adhèrent pas du tout au feuillet postérieur de la gaîne.
a" En ce qu'elles ne se rencontrent ordinairement qu'audossus de l'ombilic. La première se trouve , en général, précisément a la hauteur de cette région , la supérieure à un pouce environ au-dessous de l'extrémité supérieure du muscle , et la moyenne à peu près dans le milieu de l'espace qui sépare les deux autres, quoique ordinairement un peu plus près de la supérieure que de l'inférieure.
La plupart du temps, les deux inférieures occupent toute la largeur du muscle, tandis que la supérieure ne règne que sur Ja moitié interne de cette même largeur.
Quelquefois cependant on en trouve une quatrième incomplète, au-dessous de l'ombilic. Quelquefois aussi l'une des supérieures manque, ou du moins elle est incomplète, comme il arrive toujours à la troisième.
Ces intersections tendineuses sont incontestablement des répétitions incomplètes des côtes dans les parois de V abdomen.
Le muscle droit est renfermé dans la gaîne formée parles trois muscles larges du bas-ventre, à laquelle il est uni par du tissu inuqueux. Sa partie charnue y tient faiblement, mais ses intersections tendineuses y adhèrent d'une manière intime.
Le feuillet postérieur de celte gaîne mftique à la partie supérieure du muscle , celle qui couvre les cartilages costaux auxquels il s'attache, et à sa partie inférieure, environ depuis le milieu de l'espace compris entre l'ombilic et la symphyse des pubis. Dans* ces deux endroits , le muscle repose immédiatement, en haut sur la face antérieure des cartilages costaux, en bas sur la paroi antérieure du péritoine, à laquelle il est uni par un tissu cellulaire très-lâche.
Le muscle droit rétrécit la cavité abdominale dans le sens de la longueur , et concourt à fléchir la colonne vertébrale.
Comme il s'unit avec les obliques externe et interne, par le moyen des intersections tendineuses, les effets de ses contractions s'étendent aussi à ces muscles , de même qu'il ressent l'influence des leurs. Par conséquent tous ces muscles agissent de concert (1).
(i) Bertin, Mémoire sur l'usage des cnervations des muscles droits du bas-ventre; dans Mém. de t'acad. de Paris , i7/|G , p. 585.
1068. Le muscle droit présente quelquefois une quatrième languette qui s'élève de la partie externe ou interne de son bord supérieur, plus ordinairement de l'interne, et se porte à la quatrième côte. Cette conformation se rapproche de celle qu'il offre dans la plupart des mammifères, où il atteint ordinairement la seconde côte. Elle conduit aussi , par une gradation insensible , à la formation d'un muscle sternal externe anormal.
Ce muscle se divise plus rarement dans le sens de sa largeur que dans celui de sa longueur. Cependant on a trouvé, de chaque côté , en dehors du muscle droit normal, entre les deux obliques, un muscle qui s'étendait du bord inférieur de la dixième côte à la partie moyenne du bord inférieur de la crête iliaque ( 1). Ce cas se rapproche de ce qu'on voit chez les oiseaux, où le muscle droit du bas- ventre est très-large.
La multiplication des intersections tendineuses de ce muscle, et surtout leur présence au-dessous de l'ombilic, sont aussi deux circonstances importantes, parce qu'elles rapprochent l'homme du singe (2).