‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologique [electronic resource] (volume 2)Chapitre 156 sur 529 · VII. DIAPHRAGME · texte numérisé non relu

VII. DIAPHRAGME

1071. Le diaphragme [septum transversum, diaphragma)^), muscle mince et large , est situé entre la cavité pectorale et la cavité abdominale. Il adhère, par sa face supérieure, à la plèvre et au péricarde, et par l'inférieure au péritoine. Sa forme ressemble assez à celle d'un huit de chiffre couché sur le côté ( 00 ) , car il est plus large d'un côté à l'autre que d'avant en arrière , resserré dans le milieu , et circonscrit par des bords arrondis et convexes. Il naît des vertèbres lombaires supérieures, et s'attache aux six dernières côtes, et ordinairement aussi au cartilage xiphoïde.

On peut y distinguer une partie inférieure ou lombaire [pars lombards) , une supérieure ou costale [pars costalis) , et un tendon médian [tendo intermedius).

La partie lombaire , plus épaisse et beaucoup plus petite que l'autre, naît, de chaque côté, par quatre têtes ou jambes, des trois vertèbres lombaires supérieures, et se termine supérieurement au bord postérieur du centre tendineux. Les deux moitiés de cette partie représentent un X; en effet, elles

(1) Santorioi , Obs.anat., cap. ix, p. 160.

(a) Winslow, Exp. anat., Tr. des muscles , p. 36.

(3) Sabatier, Tt. complet d'anat., éd. 3 , t. I , p. 265.

(4) Haller, Nova icon. sepli Iransversi , Gôttinge, £ij4ï • — Santorini, Tabulm anat. xvii, Parme, 1775, tab. x, fig. — Tissot , Des fondions du diaphragme, Montpellier, i8a3.

se réunissent à peu près dans le milieu de leur longueur , et s'écartent de nouveau l'une de l'autre en haut.

Les quatre jambes par lesquelles naît chaque moitié de la partie lombaire , se succèdent de dedans en dehors et de bas en haut, de manière que peu à peu elles se raccourcissent et se portent davantage en dehors et en arrière.

Du reste les jambes des deux côtés ne se ressemblent pas parfaitement. En général, celles de gauche sont plus petites que celles de droite.

ha jambe interne ou la plus inférieure du côté droit, plus forte que la gauche , naît , plus bas qu'elle, par un large tendon , de la face antérieure de la troisième vertèbre lombaire, quelquefois aussi du ligament inter-vertébral placé entre la troisième el la quatrième. C'est la plus volumineuse de toutes.

La seconde jambe droite, située derrière la première , naît, par un tendon, ordinairement simple, mais quelquefois double , de la face antérieure du corps de la seconde vertèbre lombaire. Ses fibres charnues s'attachent en arrière à celles de la première.

La troisième , qui est quelquefois plus volumineuse et plus large que la précédente, provient de la face antérieure du ligament inter-vertébral de la première et de la seconde vertèbres lombaires, el de la partie latérale du corps de la première. Elle se dirige en haut et en dehors.

La quatrième naît de l'apophyse transverse de la seconde ou de la première vertèbre lombaire, ou même de la première dorsale.

Les jambes du côté gauche naissent presque toujours d'une demi-vertèbre ou d'une vertèbre entière plus haut que celles du côté droit.

Entre les jambes internes se trouve une ouverture oblongue, arrondie, longitudinale et pourvue de bords tendineux à sa partie inférieure, qui est la plus étendue; on l'appelle ouverture aorlique [hiatus aorticus). C'est par là que passe l'aorte, à sa sortie de la poitrine pour entrer dans le basventre.

Après que les faisceaux charnus des diverses jambes du

DES MUSCLliS ANTÉRIEURS DU TUONC. 1 25

même côté se sont réunis (1) , celles de droite et celles de gauche se confondent ensemble, au-devant de l'extrémité supérieure de la première vertèbre lombaire , et se croisent en partie.

Ordinairement une petite portion du faisceau interne de la moitié gauche passe au-devant de la droite; mais une portion bien plus considérable de la droite, placée sous ce faisceau, se porte sur la gauche, et forme la partie la plus interne de la moitié gauche de la portion lombaire du diaphragme.

Cette réunion a un pouce de long à peu près. Au-dessus de son extrémité supérieure, les portions lombaires du muscle s'écartent de nouveau l'une de l'autre, et forment une ouverture longitudinale, arrondie et très alongée, qu'où appelle œsophagienne {liialus s. foramen œsophageum). Cette ouverture, qui a un pouce et demi à deux pouces de long, et qui se trouve un peu sur la gauche de la ligne médiane, livre passage à l'œsophage. En haut et en devant, elle est fermée par quelques minces faisceaux des moitiés lombaires des deux côtés, qui s'inclinent les uns vers les autres et se confondent ensemble

Le bord supérieur et antérieur des deux portions lombaires, qui , de chaque côté, marche obliquement de haut en bas, de dedans en dehors et d'avant en arrière, s'attache au bord postérieur du tendon médian. L'externe se continue sans interruption avec la portion costale du muscle.

Les fibres de cette partie sont dirigées de bas en haut. Elles s'écartent les unes des autres à la manière des branches d'un éventail.

Le tendon médian est triangulaire. Sa forme se rapproche de celle d'une feuille de trèfle. Sa partie moyenne est la plus large , son bord antérieur convexe, et le postérieur concave. Il s'étend du milieu , de dedans et d'avant, en arrière et en dehors. Sa partie antérieure et médiane est plus rapprochée du bord antérieur du muscle que ne le sont les latérales.

Il est formé de fibres tendineuses dirigées en différens sens. Les plus nombreuses et les plus fortes suivent la direction des

(i) On donne communément le nom de piliers du diaphragme à la n:nnion des quatre jambes de chaque côté.

fibres charnues, c'est-à-dire que les internes et les antérieures marchent d'arrière en avant, les suivantes plus obliquement de dedans en dehors, les postérieures d'avant en arrière, de dedans en dehors et de haut en bas. Mais, à la face inférieure du tendon , on en découvre d'autres encore, qui les croisent, et qui sont surtout fort apparentes sur les parties latérales , notamment vers leur bord postérieur. Ces dernières contribuent d'une manière puissante à fortifier le tendon.

Il est rare qu'on trouve, sur une partie de la face inférieure de ce tendon, des fibres charnues séparées des autres (1).

La partie latérale droite du centre tendineux estpercéeà son origine, tout près de la partie moyenne, vers son bord postérieur, et immédiatement au-devant de l'insertion de la portion lombaire, d'une ouverture , ayant la forme d'un carré arrondi, qu'on appelle trou carré, ou trou de la veine cave (foramen quadralum s. venœ cavee), et par laquelle passe la veine cave inférieure. Cette ouverture forme plutôt un canal court qu'un simple trou, car son bord inférieur est situé plus bas que le supérieur. La paroi postérieure de ce canal est beaucoup plus élevée que l'antérieure , et formée par la partie supérieure de la portion lombaire droite, que recouvrent des fibres tendineuses. Autour des bords se réfléchissent des faisceaux fibreux considérables, dont l'antérieur et le postérieur marchent obliquement de dehors en dedans , d'arrière en avant et de bas en haut, tandis que l'interne et l'externe se dirigent de haut en bas.

Du bord antérieur et de la partie externe du bord- postérieur du tendon médian naît la portion costale du diaphragme, qui s'y trouve unie par un bord très concave, et qui se porte en avant, en dehors et en arrière, où elle se termine par un bord convexe.

Les deux moitiés de cette portion se confondent l'une avec l'autre, en devant, sur la ligne médiane, tandis qu'en arrière elles sont séparées par la portion lombaire.

Les fibres antérieures sont les plus courtes, et les moyennes les plus longues. Les antérieures marchent directement d'ar-

(i) Hubci , dans Strmmcrring, Miishollchrc, p. 162.

rière en avant; les suivantes, qui deviennent de plus en plus obliques, finissent par se diriger transversalement de dedans en dehors; les postérieures se portent d'avant en arrière et de dedans en dehors.

Le bord externe de cette partie s'attache toujours, par des languettes arrondies, plus ou moins distinctement séparées, et quelquefois fendues, à la face interne des cartilages des septième, huitième, neuvième, dixième et onzième côtes, ainsi qu'à la face interne de la douzième tout entière , et se confond ordinairement avec le bord postérieur du muscle transverse du bas-ventre , qui marche à sa rencontre en devant.

Presque toujours aussi la partie moyenne du bord antérieur se fixe à la face postérieure et à l'extrémité inférieure du cartilage xiphoïde , par deux languettes minces , dirigées de haut en bas et de dedans en dehors.

Il n'est pas rare cependant que ces languettes n'existent point. Leur absence doit être considérée comme un léger indice de la réunion incomplète des moitiés droite et gauche du corps.

Lorsque le diaphragme se contracte , il agit sur la cavité thoracique et sur la cavité abdominale ; mais il exerce une action inverse sur l'une et l'autre de ces deux cavités. En se contractant, il se redresse et s'abaisse; sa portion charnue, qui se rapproche en arrière des vertèbres lombaires , et en dehors des côtes , tire le centre tendineux en bas. Il résulte de là que la cavité pectorale se trouve considérablement agrandie dans le sens de sahauteur , tandisque la cavité abdominale éprouve une diminution proportionnelle dans le même sens. Le premier de ces deux résultats place le diaphragme au nombre des agens inspirateurs ; ce sont en effet ses contractions et ses relâchemens qui produisent les mouvemens alternatifs d'inspiration et d'expiration, dans la respiration calme et tranquille. D'un autre côté, le changement qu'il opère dans les dimensions de la cavité abdominale, fait aussi qu'il contribue sans cesse à la progression et en général au mouvement des substances contenues dans le canal intestinal, et que par conséquent il concourt d'une manière médiate à la digestion. Sous ce dernier rapport, il est l'auxiliaire des autres muscles larges et des mus-

des droits du bas-ventre , tandis qu'il est leur antagoniste par rapport à la cavité pectorale. Les contractions simultanées et énergiques du diaphragme et des autres muscles abdominaux produisent les efforts (i) qui ont pour but de rétrécir autant que possible la cavité abdominale , afin de chasser les corps étrangers qui s'y trouvent contenus réellement, ou à la présence desquels un sentiment trompeur fait croire, et dont l'expulsion présente plus de difficultés qu'à l'ordinaire. Cette action combinée a lieu par conséquent dans tous les cas de rétention des matières fécales ou de l'urine , déterminée par une cause quelconque , dans la dysenterie , l'inflammation du col de la vessie, la parturition , etc.

1072. Le diaphragme manque quelquefois , en totalité ou en partie, par suite d'un vice primitif de conformation, ou bien il se déchire par l'effet d'une violence mécanique exercée sur lui. Dans l'un et l'autre cas , comme aussi lorsque le muscle éprouve une solution de continuité, une partie des viscères du bas-ventre passe ordinairement dans la poitrine, par l'ouverture anormale; il en résulte une hernie diaphragmatique { hernia diaphragmalis ) , qui est presque toujours dénuée de sac hèrniaire.

ARTICLE II

DES MUSCLES DE LA POITRINE

1073. A la région pectorale des faces antérieure et latérale du corps, on compte trois muscles superficiels, qui se portent des deux premières sections des membres supérieurs aux os

(1) Bourdon ( Recherches sur te mécanisme de la respiration et sur (a circulation du sang, Paris 1820) a établi, par une suite de recherches intéressantes, crue les fonctions du diaphragme se bornent à présider à l'inspiration et aux actes qui s'y associent, qu'il influence de cette manière la digestion et les sécrétions abdominales, mais que, relativement aux efforts, il ne fait qu'y préluder , eii remplissant les poumons d'air, et qu'il ne joue pas un rôle actif dans ce phénomène , puisque la suspension de la respiration, qui en est le principal élément , et qui dépend de l'occlusion de la glotte, a lieu, non pendant l'inspiration, mais pendant la tendance :ï l'expiration, qui est l'effet de la seule contraction des muscles abdomi-

(Noie des traducteurs.)

accessoires du tronc, et qui prennent ordinairement leur point d'appui sur ces derniers. Ce sont le grand pectoral, le petit pectoral et le grand dentelé antérieur.

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