‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologique [electronic resource] (volume 2)Chapitre 157 sur 529 · I. GRAND PECTORAL · texte numérisé non relu

I. GRAND PECTORAL

1074. Le grand pectoral, sterno-huméral , Ch. (musculus pectoralis , s. pecloralis major ) , muscle très considérable, le plus grand et le plus superficiel de ceux qui garnissent la partie antérieure de la poitrine , a une forme triangulaire, ou , pour parler avec plus d'exactitude, irrégulièrement quadrilatère, et il est beaucoup plus épais , mais plus étroit, à sa partie externe qu'à sa partie interne. Son bord supérieur, qui est le moins étendu, naît, par de courtes fibres tendineuses, de la moitié interne du bord antérieur de la clavicule. L'interne , qui est plus long , et concave , provient , également par des fibres tendineuses très courtes , de la face antérieure de la poignée du sternum, de celle de presque toute la partie supérieure du corps de cet os, et du bord supérieur ainsi que de la face antérieure du cartilage de la cinquième côte. Une petite bandelette , souvent détachée du reste du muscle dans presque toute sa longueur, descend quelquefois très bas , et se réunit a la seconde languette de l'oblique externe du bas-ventre , comme aussi la partie la plus inférieure de ce bord se confond avec le bord supérieur du tendon du muscle et de sa languette supérieure.

On donne à la partie supérieure du grand pectoral le nom de portion claviculaire ( pars clavicularis ) , à la moyenne, celui de portion sternale ( pars sternalis) , et à l'inférieure, qui s'attache aux côtes ,'celui de portion costale (pars costalis). Celte dernière n'est pas séparée de la précédente, comme la première.

Les fibres supérieures du muscle descendent obliquement en dehors, les moyennes sont transversales , et les inférieures 9e dirigent de plus en plus obliquement en haut. Elles convergent toutes vers un tendon très-fort, composé de fibres transversales, qui, passant au-dessus de celui de la longue tête du biceps brachial , va s'attachera la partie inférieure de la ligne

5pre externe de l'humérus, se confond, dans la coulisse bicipitale, avec le tendon du grand dorsal et du grand rond, s'unit en cet endroit avec la partie inférieure du deltoïde , et dégénère en une aponévrose qui enveloppe les muscles de l'épaule.

Ce muscle tire le bras, et avec lui tout le membre supérieur, en dedans et en avant. Dans le même temps, il lui imprime une rotation de dehors en dedans. Lorsque le membre est élevé, il s'abaisse. Sa partie moyenne et transversale le porte directement en dedans et en avant; la supérieure l'élève , et l'inférieure l'abaisse.

1075. Très souvent la portion claviculaire de ce muscle est entièrement séparée de la portion sternale , de manière qu'il existe entre elles un vide considérable v et cette dernière présente , en outre , à son bord antérieur, une ou plusieurs scissures plus ou moins profondes. Cette conformation offre une analogie frappante avec celle des mammifères , chez la plupart desquels le grand pectoral est divisé en plusieurs muscles distincts.

Il se détache quelquefois du grand pectoral un faisceau musculaire considérable, qui va gagner le bras , où il s'attache, soit à l'aponévrose , soit à la petite tête du muscle biceps, soit enfin au grand dorsal, disposition qui semble rappeler le muscle commun du bras, de l'épaule et de la tête qu'on trouve chez les animaux privés de clavicule.

1076. Sur la face antérieure du grand pectoral, plus ou moins près de son bord interne, immédiatement entre lui et le pannicule adipeux, se rencontre assez souvent un muscle surnuméraire , qu'on appelle, en raison de sa situation, thoracique , sternal droit ou sternal des animaux (musculus thoracicus , reclus sternalis , sternalis hrutorum ).

Ce muscle est une répétition plus ou moins parfaite da muscle droit du bas-ventre et du sterno-cléido-mastoïdien. Souvent il réunit ces deux muscles ensemble, ou s'étend au moins de l'un à l'autre; mais quelquefois aussi il n'a de connexion ni avec l'un ni avec l'autre, et s'attache, par son extrémité supérieure, a la poignée -du sternum, par l'inférieure , à un cartilage costal , ou a la partie inférieure du sternum; souvent même il se confond, par ses deux extrémités,

DES MUSCLES ANTERIEURS DX) TRONC. 12g

avec le grand pectoral. Dans certains cas, il n'est qu'indiqué par un tendon qui s'étend du sterno-oléido-mastoïdien au muscle droit du bas-ventre, ou par une languette beaucoup plus longue qu'a l'ordinaire de ce dernier.

L'épaisseur, la largeur, et même le nombre de ce muscle accessoire, ne varient pas moins que sa longueur. En effet, tantôt son épaisseur ne s'élève qu'à quelques lignes, et tantôt elle est de plusieurs pouces ; tantôt il n'existe que d'un côté seulement, et il est simple, tantôt aussi il est double, soit d'un seul côté, soit des deux côtés à la fois; quelquefois même on en compte quatre.

Chez certains sujets il présente des intersections tendineuses transversales qui lui donnent encore plus d'analogie avec le muscle droit; mais en général on n'y observe pas de semblables innervations.

Le côté du corps et le sexe de l'individu paraissent ne pas influer sur l'existence de ce muscle (1).

Il est remarquable en ce qu'il établit un rapport entre l'homme et les animaux, rend l'analogie entre la moitié antérieure et la moitié postérieure du corps plus sensible qu'elle ne l'est ordinairement , et procure en général plus d'uniformité à toute la face antérieure.

Il n'est pas particulier aux nègres.

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