I. MUSCLES POSTÉRIEURS
1236. Les muscles postérieurs de la jambe forment deux couches, une superficielle, et une profonde.
lé COCCHE SUPEUF ICI ELLE.
1237. La couche superficielle des muscles postérieurs de la jambe se compose d-e deux muscles, le triceps sural et le plantaire grêle.
(1) Gantzer, toc. cit., p. i5. — Sœmmerring, Mushdlchrc, p. 276.
(2) Kelch, toc. cit., p. 4a, n° xxxvi.
a. Triceps sural.
1258. Le triceps sural (musculus triceps surœ , s. gemelli cum soleo), qui est extrêmement fort, et qui forme la plus grande partie de la masse musculaire de la jambe , mérite réellement d'êlre considéré comme un seul muscle à trois têtes, puisque celles-ci, quoique entièrement séparées les unes des autres en haut, s'attachent toutes à un tendon inférieur commun.
De ces têtes, deux sont paires, et la troisième ne l'est pas. Les deux premières, qu'on appelle pour cette raison muscles jumeaux, bi-fêmoro-calcaniens , Ch. ( musculi gemelli surœ), sont situées l'une à côté de l'autre. Elles naissent, par un tendon court, large, mais peu épais, et que termine en haut un bord demi-circulaire convexe, de l'os de la cuisse, au-dessus du bord supérieur de la face postérieure de ses condyles externe et interne.
Ces deux ventres sont triangulaires, et beaucoup plus étroits supérieurement qu'inférieurement. En haut il règne entre eux un intervalle de quatre pouces environ, qui est rempli par un tissu cellulaire abondant et très lâche, ainsi que par les vaisseaux et les nerfs de la jambe. Leurs fibres, convergentes de haut en bas , rencontrent le tendon commun un peu au-dessus du milieu de la longueur totale du muscle. Le tendon supérieur, qui se répand le long du bord externe et sur la face postérieure, en s'amincissant peu à peu, descend presque jusqu'à l'extrémité inférieure du ventre charnu. Celui-ci se termine inférieurement par un bord arrondi, de manière que les deux ventres réunis forment une ligne onduleuse, très concave à sa partie moyenne. L'interne est plus fort et descend plus bas que l'externe. Le tendon inférieur , auquel s'insèrent les deux corps charnus, s'élève bien au-delà du milieu de leur face antérieure , celle qui correspond à la face postérieure des os de la jambe, depuis la réunion des deux ventres jusqu'à la partie moyenne de leur bord inférieur commun ; il forme un large canal, parcouru par des branches vasculaires et nerveuses qui descendent sur la face postérieure de la partie libre du tendon commun.
DES MUSCLES DES MEMBRES INFÉRIEURS. 2l5
Le troisième ventre, appelé aussi muscle soléaire , tibiocalcanien. Ch. ( musculus soleus ), est beaucoup plus fort que les deux précédeus. Il se trouve placé au-dessous et au-devant d'eux.
Son bord supérieur, qui est charnu, dentelé , et oblique de haut en bas et de dehors en dedans, provient de la partie postérieure de la tête du péroné, du bord inférieur du muscle poplité et du bord postérieur du tibia. Son bord inférieur et une partie de sa face antérieure naissent d'une étendue considérable, en haut, delà face postérieure, et, en bas, du bord interne du tibia. Enfin , son bord externe provient de la moitié supérieure de la face postérieure et du bord externe du péroné.
Ses faisceaux postérieurs et les supérieurs marchent directement de haut en bas. Les antérieurs et inférieurs des deux côtés vont à la rencontre les uns des autres en bas, et s'attachent à la face antérieure du tendon commun , dont ils couvrent la face antérieure jusqu'à quelques pouces au-dessus de son insertion, en devenant peu à peu plus minces et plus étroits, de manière , par conséquent, que ce ventre occupe presque toute la longueur de la jambe, beaucoup plus bas que le milieu de laquelle il descend.
Les tendons par lesquels les deux bords latéraux de ce muscle naissent du péroné et du tibia, s'élargissent peu à peu, descendent sur le bord antérieur et la face postérieure, et ne s'arrêtent qu'à quelques pouces au-dessus de l'extrémité inférieure du ventre charnu. Il résulte de là que ce dernier se trouve renfermé, dans la plus grande partie de son étendue, entre deux expansions aponévrotiques.
Le tendon commun inférieur, appelé tendon d'Achille (tendo Achillis) , à cause de sa force, est un peu couvert supérieurement par les deux ventres postérieurs en arrière, et par le troisième ventre en devant. A peu de distance audessous du bord inférieur des ventres postérieurs, il se partage en deux couches tendineuses, l'une antérieure et l'autre postérieure. Cette dernière remonte sur la face antérieure des deux jumeaux, de la manière que j'ai indiquée plus haut; l'autre tapisse la face postérieure presque jusqu'au bord supérieur, en î'amihcissant peu à peu.
2l4 ANAT0MIE SPECIALE.
Le tendon, considéré dans son ensemble, se rétrécit beaucoup de haut en bas, mais devient aussi bien plus épais, et s'attache par un bord très étroit à la partie supérieure de la face postérieure du calcanéum, entre laquelle et sa l'ace antérieure on trouve une bourse muqueuse considérable , au-dessus de son insertion.
Le triceps sural étend le pied, en soulevant le talon ; c'est pourquoi il agit principalement dans la station sur les orteils et autres circonstances semblables. Quand le pied est fixé , les deux têtes supérieures ploient le genou , et tirent la cuisse en arrière et en bas. La tête inférieure, lorsqu'elle se contracte, vers le talon, étend le pied, parce qu'elle porte la jambe en bas.
Ce muscle correspond aux supinateurs et au carré pronateur de l'avant-bras ; les deux têtes superficielles représentent les supinateurs, et la tête profonde est l'analogue du prôna te ur.
b. Plantaire grêle.
1239. Le plantaire grêle, petit fémoro-calcanien, Ch. (musculus plantarïs), naît de la face postérieure du condyle externe du fémur, de la tête externe des muscles jumeaux de la jambe, à laquelle il est uni, et de la paroi postérieure de la capsule synoviale, par un court tendon. Marchant immédiatement derrière la capsule, il se dirige en dedans et en bas , et ne tarde pas à dégénérer en un lendon long, mince et plat, qui descend le long du bord interne du tendon d'Achille, s'unit inférieurement avec lui, et se perd dans le tissu cellulaire situé sur la face interne du calcanéum , pour atteindre jusqu'à l'expansion tendineuse de la plante du pied.
Ce muscle n'a pas d'action bien sensible. On ne peut voir en lui qu'un rudiment de celui qui existe, bien plus développé, chez certains mammifères , et une imitation imparfaite du palmaire grêle de la main.
1240. Il manque assez souvent, et plus fréquemment que ce dernier (1).
(1) Mes observations m'autorisent à dire que Gant.v t s'est trompé en affirmant que le plantaire grêle manque plus raiemunt que le palmaire grêle ( toc. cit., p. 4 )• J