‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologique [electronic resource] (volume 2)Chapitre 256 sur 529 · CONSIDÉRATION SUR LES MOUVEMENS DO CORPS HUMAIN · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATION SUR LES MOUVEMENS DO CORPS HUMAIN

fléchie par les muscles antérieurs de la cuisse, qui agissent de haut en bas, et l'articulation du genou éprouve le même changement par l'action des têtes supérieures du muscle triceps sural.

Dans la marche accroupie, les muscles jumeaux de la jambe déploient toute leur activité ; en même temps l'articulation coxo-fémorale est fléchie avec plus ou moins de force, afin de pencher le corps en avant , d'empêcher que son centre de gravité ne tombe en arrière de la base de sustentation, et de prévenir ainsi sa chute.

1288. Les mouvemens du tronc (1) sont très bornés. On eu a la preuve dans les vertèbres, et plus encore dans les pièces du sternum, à cause de la solidité de leurs jonctions. Aussi les mouvemens du tronc en tous sens ne dépendent-ils presque point du déplacement des os qui le constituent; ils roulent en grande partie sur les membres inférieurs , sur les articulations coxo-fémorales, et sont produits par lesmuscles qui s'étendent de la cuisse et de la jambe à la colonne vertébrale et aux os coxaux. Les côtes jouissent d'une bien plus grande mobilité ; les changemens qu'elles éprouvent dans leur situation produisent les changemens alternatifs continuels que subit la capacité de la poitrine, et dont les résultats sont l'inspiration et l'expiration. L'examen de ces changemens, et de ceux auxquels la capacité de la cavité abdominale est sujette, sera mieux placé à la suite de la description des viscères pectoraux et abdominaux qu'il ne pourrait l'être ici.

1289. La tête se meut sur la colonne vertébrale; elle se fléchit en avant, s'étend en arrière, s'incline de côté, et tourne sur son axe.

Les deux derniers mouvemens se passent presque entièrement entre la seconde et la première vertèbres, dont la dernière accompagne seulement la tête. Les deux autres s'effectuent entre la tête et l'atlas, et non entre l'atlas et l'axis, parce que l'apophyse odontoïde et la portion transversale du ligament croisé s'opposent presque entièrement à tout déplacement dans cette direction, entre les deux premières vertèbres.

(1) Winslow , Sur les mouvemens de la tête , du cou et du reste de l'épine du dos , dan» Mém. de Paris, 17^0, p. 4-9a-5o8.

La luxation ne peut s'opérer dans l'extension et la flexion, à cause de la solidité des connexions ; mais elle survient facilement dans la rotation de la première vertèbre et de la tête sur l'axis, lorsque ce mouvement est exécuté avec brusquerie.

La portion cervicale de la colonne vertébrale a toujours besoin d'être fixée pour que ces divers mouvemens puissent s'exécuter.

1290. Les membres supérieurs sont beaucoup plus mobiles que les inférieurs , tant par rapport au tronc, que dans leurs diverses sections ; ce qui tient à la disposition des os et à celle des ligamens. Le mouvement de rotation sur l'axe est surtout bien plus facile dans les premiers que dans les seconds. La mobilité plus grande des membres supérieurs, considérés dans leur totalité, est encore accrue par la différence qu'on remarque dans le mode d'articulation de la première section des os des deux membres, caries os coxaux sont presque immobiles l'un sur l'autre et sur la colonne vertébrale , tandis que l'omoplate et la clavicule sont au contraire très mobiles, soit l'un sur l'autre, soit sur le tronc.

Il résulte de là que les mouvemens des membres supérieurs ne s'exécutent pas seulement dans l'articulation scapulo-humérale, comme ceux des membres inférieurs dans l'articulation coxo-fémorale , mais qu'ils ont lieu en même temps dans les articulations cléido-scapulaire et cléido-sternale , ce qui d'un côté les rend plus libres, de l'autre, garantit davantage les os dans les divers mouvemens qu'ils exécutent. Il en résulte aussi que la solidité de ces os est bien moins considérable; mais il en fallait moins, puisque les membres supérieurs ont rarement des fardeaux aussi lourds à porter, comme il leur arrive , par exemple, dans la reptation et la station ou la marche sur les mains.

En général, si l'on excepte les doigts et les orteils, la mobilité diminue depuis l'extrémité périphérique des membres jusqu'à leur extrémité centrale.

Une différence capitale entre les mouvemens partiels des deux membres consiste dans la possibilité de faire tourner le radius sur son axe, et autour du cubitus, tandis que la jambe ne peut se mouvoir qu'en totalité sur la cuisse, le péroné

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