‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologique [electronic resource] (volume 2)Chapitre 268 sur 529 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LE COEUR · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LE COEUR

proportion à l'égard, tant de la substance musculaire que des vaisseaux, ne diffèrent pas essentiellement de ce qu'on observe, sous le même point de vue, dans les nerfs soumis à l'empire de la volonté (i). Ici aussi, les nerfs et les ramifications vasculaires sont serrés les uns contre les autres, et l'on ne voit pas que les nerfs s'unissent avec la substance musculaire. D'ailleurs les nerfs cardiaques ne sont étroitement unis aux vaisseaux que dans leurs ramifications les plus volumineuses, qui même ne le sont pas du tout chez divers animaux.

20 La substance musculaire du cœur n'est autre chose que la membrane fibreuse du système vasculaire plus développée, de sorte que la distribution des branches du grand sympathique dans son intérieur n'offrirait point une aberration du type de ce nerf.

5° Les nerfs cardiaques sont plus abondamment pourvus de matière médullaire que ceux des muscles soumis à l'empire de la volonté. Us proviennent des ganglions du grand sympathique, et par eux de la moelle épinière tout entière. Leur action est vraisemblablement favorisée par le contact mutuel du sang et de la face interne du cœur, et très probablement aussi le volume des nerfs qui se rendent aux muscles soumis aux décisions du libre arbitre est relatif à leur fonction , qui consiste à servir de conducteur à l'influx de la volonté.

4" Les faits cités dans le paragraphe 4 s'expliquent par la petitesse, par la texture, notamment par la mollesse et la nature gélatineuse des nerfs cardiaques, et par cette circonstance que ces nerfs proviennent de ganglions. D'ailleurs ils ne sont exacts que jusqu'à un certain point , puisque les mouvemens du cœur ne sont pas entièrement indépendans du système nerveux. Les passions exercent une influence marquée sur le nombre et la force de ses battemens. Les impressions de toute espèce sur le système nerveux modifient ses mouvemens d'une manière plus ou moins sensible (2).

(1) Scarpa, loc. cit., § i3. — Munniks, tue. cit., p. 6.

(2) Poyez surtout à cet égard Lcgallois , Expériences sur le principe de la vie, Paris, 1812. — Wilson Pliilipp , dans Plut. Trans., i8i5. P. I , p. 65"97! P- 1T , p.' 224-246. — Ici , An expérimentât inqidry irito tltc lavos of the vital functions , Londres, 1818.

A la vérité, plusieurs observateurs , particulièrement Valli, Voila, Klein (1) et Bichat, ont révoqué eu cloute l'influence de l'électricité sur les tnouvemens du cœur; mais les observations de Fowler, Schmuck, Pfaff (2), Rossi (3), Giulio (4), Humboldt (5), Munniks (6) et Nysten , ainsi que les miennes propres, démontrent qu'elle est réelle.

La non -affection du cœur dans la paralysie cérébrale ne prouve rien, relativement aux rapports entre les nerfs et cet organe, puisque l'irritabilité des muscles soumis à l'empire de la volonté ne subit non plus aucune altération dans l'apoplexie. Cette différence apparente dépend uniquement de celle qui existe entre les excitans des muscles qui obéissent à la volonté et de ceux qui ne lui obéissent point. En effet l'excitant des premiers est l'influence cérébrale, et celui des seconds la substance contenue dans leur cavité, c'est-à-dire le sang, dans le cas particulier du cœur. Aussi les mouvemens du cœur continuent-ils dans les paralysies cérébrales, tandis que ceux des autres muscles ne s'exécutent plus; l'activité de ces derniers semble éteinte, quand il lui arrive seulement de ne plus se manifester.

5° Les observations de Haller, de Fontana, de "Whytt (7) et d'Alexandre (8) prouvent que le cœur ressent l'influence de l'opium, de la même manière que les muscles soumis à l'empire de la volonté, soit que le narcotique agisse immédiatement sans lui, soit qu'on le mette en contact avec le système nerveux , ou avec un organe quelconque. Ces observations et ces expériences attestent d'autant mieux que le rapport entre le cœur et les nerfs ressemble parfaitement à celui qui existe entre les nerfs et les muscles en général, que l'influence de l'opium sur le cœur s'est montrée beaucoup plus sen-

(1) Dans Pi'aff, Uebcr lliierisehc Electricilàl und Rcizbarlicit , p. 1 19.

(2) Dans Pi'afl', loc. cit., p. 1 4 < > -

(3) Mém. de Turin , t. vi.

(4) Voigt , Magazin, t. v, p. 161.

(5) Ueticr die gereizlc Muslict und Ncrvcn fuser , t. I, p. 34o-3<(9.

(6) Loc. cit., p. i5.

(7) Dans Pfaff, loc. cit., p. 190.

(8) Dans Mcm. of llw Manchester socicty , t. 1, p. 1-98.

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sible quand on p mis celte substance en rapport avec !e système nerveux, que quand on l'a appliquée sur ce dernier organe luimême.

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