NERFS
1399. Les nerfs (1) du cœur sont, proportion gardée, plus petits que ceux des muscles soumis à l'empire de la volonté. Ils naissent des ganglions cervicaux supérieur et inférieur du grand sympathique, de la portion cervicale du nerf comprise entre ces deux ganglions, ou du ganglion moyen qu'on trouve quelquefois en cet endroit. Ils proviennent, les uns immédiatement du nerf, les autres des plexus formés par des filets qui émanent des ganglions et par d'autres qu'envoie le pneumogastrique.
Les rapports des nerfs du cœur avec sa substance musculaire sont un objet de discussion. Quelques anatomistes, Behrends(2) entre autres, refusent des nerfs à celte substance, et par conséquent au cœur , prétendant qu'il» ne se distribuent qu'aux vaisseaux cardiaques. D'autres, au contraire, en particulier Scarpa , Munniks (5) et Zerrenner (4) soutiennent que,
(1) J.-E. Neubaiicr, Descriplio nervorum cardiacorum, Francfort et Léipsick, 177?.. II a figuré les nerfs cardiaques du côté droit. — E.-P. Andersen, De nervis; dansiVoy. comm. Gcclt. t. Il, et Kœnigsberg, 1797. II a représenté ceux du côté gauche. Ces figures ont été copiées dansHaase, Ccrcbri ncruoritmqtte corporis liiimanircpclila, Léipsick, 1781. — A. Scarpa, Tabula} neurologicm ad illuslrandam hisloriam analomicam cardiacorum nervorum ccrcbri , glossopharyngœi et pharyugeci ex oclavo ccrcbri , Pavie, '794-
(2) J. IJelirends, Dis t. quû dcnwnstratur cor nervis carerc. , addild disquitilione de vinervorum arlerias cin'gentium. Mayence, '792. — A.-T. N. Zerrenner, An cor nervis carcal iisque carerc possil? Erford , 179.4-
(5) Observalioncs varice. Diss. anal. mcd. Groningue , i8o5, 1-17.
(4) Zerrenner , An cor nervis carcal iisque carerc possil '.' Erford , 1794.
2Go ANAT0M1E SPECIALE.
comme ceux des autres muscles, ils se rendent réellement à la substance du cœur.
Les partisans de la première hypothèse s'appuient sur les argumens suivans;
1° L'examen anatomique, d'où il résulte que les nerfs cardiaques , qu'on ne peut poursuivre que jusqu'à la troisième ramification des artères coronaires, ne pénètrent point dans la substance du cœur, mais seulement dans celle des artères (1) ;
2° L'origine des nerfs cardiaques; ils naissent du grand sympathique, dont les ramifications ne se. rendent qu'aux artères (2) ;
3° La petitesse de ces nerfs, qui est en raison directe du peu d'épaisseur de la tunique fibreuse des artères (3), et qui contraste, au contraire, avec cette loi que le nombre et le volume des nerfs correspondent à la force et à la fréquence des mouvemens des muscles (4);
4° L'insensibilité du cœur, dont les mouvemeus sont indépendans du système nerveux, puisqu'il bat d'une manière régulière après avoir été arraché du corps (5), que l'excitement des nerfs, soit mécanique, soit dynamique, au moveo de l'électricité galvanique, n'altère point ses mouvemens (6), et que ses battemens n'éprouvent aucun trouble lorsque le système nerveux se trouve frappé de paralysie, dans l'apoplexie (7);
5" L'intégrité des mouvemens du cœur malgré l'administration de l'opium (8).
Mais il est plus ou moins facile de réfuter tous cos argumens. En effet :
1° Le mode de distribution des nerfs cardiaques, et leur
(1) Behrends , loc. cit., p. 5,8.
(2) Id., ibid., p. S.
(">) Id., ibid., p. 8-9.
(4) Id., ibid., p. io.
(5) Id., ibid., p. u.
(6) ld., ibid., p. 20.
(7) /(/., ibid., p. 12.
(8) Id., ibid., p. il.