PORTION ARTÉRIEUSE
1301. Les caractères de la portion arterieusc du cœur, les ventricules , sont :
(1) Rny.scli. Epi.il anal, prdblemata décima de aùjtictttaruiu cordis ca- 1 iimi/nc jihrurum wolriciiim structura, Amsterdam , — A 1'. Wal-
tiier, De slructurù cordi.s-aaricularuw , Lcipsick, 1 ;3S.
r Leurs parois ont plus d'épaisseur, de sorte que partout la membrane interne et la membrane externe sont complètement séparées l'une de l'autre par la substance musculaire. L'épaisseur des parois de chaque portion du cœur est donc en raison directe de l'espace que doit parcourir le sang chassé par elle.
2° La portion arlérieuse est plus volumineuse et plus large que ne le sont les oreillettes.
5° Elle a extérieurement une forme alongée, arrondie et pyramidale, qui détermine, à proprement parler , celle du cœur entier.
4° Elle présente deux ouvertures, l'une veineuse, l'autre artérielle , qui se trouvent toutes deux à son extrémité supérieure et postérieure , et qui font communiquer, la première, le ventricule avec l'oreillette, la seconde, ce même ventricule avec l'artère qui en provient. L'orifice veineux est A peu près perpendiculaire , dirigé d'avant en arrière et de droite à gauche ; l'artériel est presque horizontal ; celui-ci est placé au-dessus de celui-là, plus voisin de la cloison, et plus reculé en arrière. Tous deux sont arrondis ; le veineux est plus large que l'artériel : il a une forme elliptique, tandis que celui-ci est presque circulaire.
Ni l'ouverture veineuse, ni l'ouverture artérielle ne sont parfaitement libres ; toutes deux sont pourvues de valvules. Les valvules placées à l'orifice artériel ressemblent presque entièrement, par leur disposition , à celles qu'on trouve dans les veines ordinaires; seulement elles sont beaucoup plus grandes, et presque toujours au nombre de trois. Leur bord convexe et adhérent regarde le cœur, tandis que le bord libre, qui offre deux concavités, et dont l'épaisseur surpasse celle du reste de la membrane, est tourné vers la cavité de l'artère. Au milieu de ce dernier on aperçoit un renflement fibro-cartilagineux, un tubercule (nodulus). Le sang qui sort du ventricule les pousse vers la circonférence de l'artère , et les applique contre les parois de ces dernières» Au contraire, celui qui tend à retomber de l'artère dans le ventricule , en vertu de sa pesanteur, les écarte de ce.s mêmes parois, d'où il résulte que, se touchant alors par leurs bords libres, elles forment,
C0NS1DÉBATIONS G ÉiN ÉGALES SUR LE COEUK. 205
enlre la cavité de l'artère et le ventricule, une cloison horizontale qui empêche le sang de refluer dans ce dernier. Les tubercules complètent cette cloison, en bouchant le vide que les trois valvules laissent entre elles, au milieu de l'artère.
Les valvules de l'orifice veineux diffèrent de celles de l'ouverture artérielle et de toutes les autres valvules, en ce qu'elles sont fixées d'une manière beaucoup plus solide, ce qui les rend capables de boucher bien plus exactement l'ouverture qu'elles garnissent. Sur toute la circonférence de l'ouverture veineuse, règne un anneau étroit, cartilagineux, pas tout- à-fait complet , sujet à s'ossifier avec l'âge , surtout dans la moitié gauche du cœur, et situé profondément , entre les fibres musculaires du ventricule et celles de l'oreillette. C'est le lissu cartilagineux, que j'ai déjà décrit précédemment, comme étant l'origine des fibres musculaires externes du cœur. La valvule veineuse s'attache à ce tissu par son bord postérieur, mais son bord opposé et inégal n'est point libre comme dans toutes les autres valvules; un grand nombre de filamens tendineux, aplatis et solides, étendus de la base au sommet du cœur, naissent de la valvule, sur laquelle ils s'unissent souvent ensemble, ou qu'ils traversent pour aller gagner la portion de la circonférence du cœur située en face, se réunissent bientôt en cordons plus volumineux, et vont s'attacher aux parois du cœur, principalement à ses colonnes charnues. Comme ces dernières se raccourcissent lorsque le cœur entre en contraction, les diverses parties des valvules se trouvent alors rapprochées les unes des autres, et l'ouverture est bouchée avec force. Il était nécessaire que les valvules fussent fixées ainsi par leur bord libre, car elles doivent résister, non pas seulement au poids du sang, comme les autres valvules, mais encore à l'action des parois musculeuscs du cœur, qui poussent le sang artériel avec force.
5" La portion artérieuse du cœur est divisée en deux moitiés, l'une supérieure, l'autre inférieure, qui sont séparées par la partie supérieure de valvule de l'orifice veineux, à la partiesupéricure et postérieure des ventricules, et qui se confondent ensemble vers le sommet du cœur , en sorte que les ventricules, quoiqu'ils ressemblent en dehors à un cône alon-
gé, forment réellement des canaux arqués, convexes en avant, dont la plus grande convexité correspond au sommet,et qui offrent aussi plus d'étendue sur ce point que sur aucun autre.
6° Les ventricules ont uue structure réticulaire bien plus prononcée que celle des oreillettes. Parmi les colonnes charnues, quelques unes forment des saillies arrondies, alongées et terminées par un sommet obtus [rnusculi papillares), qui se dirigent vers la base du cœur, et de l'extrémité desquelles partent plusieurs filets tendineux, allant s'attacher au bord libre des valvules veineuses. En outre les colonnes charnues, tant celles qui ont leurs deux extrémités adhérentes, que celles dont un des deux bouts est libre, sont attachées les unes aux autres, de distance en distance, par des fibres tendineuses. Les faisceaux principaux suivent une direclion longitudinale; les plus petits, qui unissent les précédens , sont obliques. La texture réticulée se prononce de plus en plus, a mesure qu'on s'approche du sommet, et les parois s'amincissent dans la même proportion.
g. MOITIÉ DROITE ET MOITIE GAUCHE.
i5oa. i" La moitié droite du cœur a des parois beaucoup plus minces que la gauche. Cette différence est surtout frappante entre les deux ventricules, où le rapport est en général comme un à quatreou à cinq. On trouve donc ici, comme en général entre les oreillettes et les ventricules , que la force des parois est en raison directe de l'espace que doit parcourir le sang chassé par elles. L'épaisseur considérable des parois du ventricule gauche fait qu'il détermine la forme de toute la portion artérieuse du cœur. La paroi droite, formée par la cloison, est convexe, et la gauche paraît seulement appliquée contre elle en manière de fronde.
a° La substance du côté droit, surtout celle du ventricule, est un peu plus molle et plus lâche que celle du côté gauche.
3° Le côté droit est plus large que le gauche, après la mort (î). C'est aussi entre les deux ventricules que cette diffé-
(i) llelvctius , Sur l'inégalité de capacité qui se trouve entre les organes destinés à la circulation du sang, dans le aarps de l'homme, et sur les