DES MOUVEMENS DU COEUR
i5i5. Les circonstances à examiner dans l'histoire des mouvemens du cœur, ou dans le cœur considéré en action, sont :
1° Les changemens qu'il subit dans sa forme;
2° La succession et la simultanéité des mouvemens de ses diverses parties ;
5° Le rapport qui existe entre ses cavités et le sang , dans ses différens états ; 4° Le nombre de ses mouvemens;
5° Les changemens qu'il éprouve dans sa situation ;
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6° La durée de ses mouvemens;
7° Les conditions d'où ils dépendent.
x 3 16. i° Le cœur diminue en tous sens, lorsqu'il se contracte, et grossit en tous sens aussi quand il se relâche ou s'étend (1).
2° Les oreillettes et les ventricules se contractent et se dilatent alternativement, de manière que les deux oreillettes et les deux ventricules exécutent en même temps la même sorte de mouvement (2). Les oreillettes, en se contractant, chas-
(1) Sur le changement de figure du cœur dans te style; dans Mcm. de Paris, i-7>i , hist. , p. 33, 4o.1
(a) Les tnouvemens du cœur ont été analysés par Laennec avec beaucoup de soin et d'habileté, au moyen du stéthoscope , qui permet de les étudier plus exactement qu'on ne pourrait le faire par l'ouverture et l'inspection des animaux vivans (De l'auscultation médiate, t. II, p. ia5- 327). De cette analyse découlent un grand nombre de données importantes pour la pratique.
On doit considérer, dans les mouvemens du cœur, leur étendue, le choc qu'ils impriment , la nature et l'intensité du bruit qu'ils font entendre, et le rhythme suivant lequel les diverses parties de l'organe se contractent.
i° Étendue. Ghez un sujet sain et de médiocre embonpoint , les battemens du coeur ne se font entendre que dans l'espace compris entre les cartilages des cinquième et sixième vraies côtes, et sous la partie inférieure du sternum. Ceux des cavités gauches correspondent principalement au premier point , et ceux des droites au second. Si le sternum est court, on entend en outre les battemens dans l'cpigastre. Quand le sujet est si gros qu'on ne saurait les sentir à la main , l'espace dans lequel on peut les entendre avec le stéthoscope se trouve quelquefois restreint a une surface d'un pouce carré environ. Chez les personnes maigres , quand la poitrine est étroite , et même chez les enfans , ils ont toujours plus d'étendue : on les entend dans le tiers ou même les trois quarts inférieurs du sternum , quelquefois aussi sous la totalité de cet os, à la partie antérieure et supérieure gauche de la poitrine, jusqu'à la clavicule, et quelquefois, mais moins sensiblement , sous la clavicule droite. Il est rare que le sujet jouisse d'une santé parfaite lorsque l'étendue des battemens passe ces limites , de manière qu'ils se fassent entendre dans le côté gauche de la poitrine, depuis l'aisselle jusqu'il la région correspondante a l'estomac; dans une même étendue du côté droit, à la partie postérieure gauche de la poitrine ; enfin, a la partie postérieure droite ; marche successive qui parait être constante , et qui s'accompagne d'une diminution progressive clans l'intensité du son. Sous ce rapport, on peut poser en principe que l'étendue des battemens du cœur est en raison directe de la faiblesse et du 2. 19
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sent le sang dans les venlricules, qui se resserrent ensuite sur lui, et le lancent clans les artères placées à leur base. Cependant il retombe toujours une petite quantité de fluide des ar-
peu d'épaisseur de ses parois , principalement de celles des oreillettes, et eii raison inverse de leur force et de leur épaisseur.
a0 Impulsion ou choc. En se contractant , le cœur fait éprouver une sensation de percussion, de soulèvement ou de repoussement à la main ou à toute autre partie appliquée contre les parois antérieures du thorax. Chez quelques individus, cette impulsion se distingue très bien à la vue , et quelquefois elle détermine un mouvement très étendu qui soulève les parois thoraciques, la région épigastrique, et même les vêtemens. Cependant elle est très peu marquée quand le cœur a de justes proportions, et souvent même insensible chez les sujets chargés d'embonpoint. Elle ne se fait sentir que pendant la systole des ventricules. Si la contraction des oreillettes produit quelquefois un phénomène aualogue , on le distingue du premier en ce que , le plus souvent , il consiste seulement en une sorte de frémissement qu'on sent à une grande profondeur dans le médiastin. Cette impulsion n'est ordinairement sensible qu'entre les cartilages des cinquième et sixième vraies côtes, ou, tout au plus , dans la moitié inférieure du sternum, et chez certains sujets, à l'épigastre, lorsque le sternum est très court. Généralement parlant, elle est en raison inverse de l'étendue des batlemens , et en raison directe de l'épaisseur des ventricules.
3° Nature du bruit. Lorsqu'on prête une oreille attentive, on distingue pendant les battemens du cœur deux bruits très distincts ; l'un , plus sourd et plus prolongé; l'autre brusque , plus clair et plus éclatant. Le premier, isochrone aux pulsations artérielles , annonce les contractions des ventricules ; le second est le résultat des contractions auriculaires. Celui qu'on entend à la partie inférieure du sternum appartient aux cavités droites ; celui qu'on distingue entre les cartilages des cinquième et sixième côtes dépend des cavités gauches. Dans l'état naturel , ce bruit est semblable et égal des deux côtés ; il ne s'entend nulle part aussi fortement qu'à la région précordiale. 11 est d'autant plus fort que les parois des ventricules sont plus minces , et que le cœur a moins de force d'impulsion.
4" Rhythmc. La durée du bruit causé par les oreillettes est plus courte que celle du bruit produit par les ventricules. Il résulte de là que les coutractions auriculaires durent moins long-temps que les ventriculaires. Entre ces deux bruits, il existe un intervalle de repos bien marqué, quoique très court. Cette autre observation démontre que le cœur ofl'ie des alternatives de repos et d'action, comme tous les autres muscles. On peut admettre, d'après un calcul approximatif, que, sur vingt-quatre heures, les venlricules en ont douze de repos, et les oreillettes dix-huit, en supposant d'ailleurs que les cavités cardiaques sont entièrement passives dans leur dilatation. En'efl'ct, Laennec admet que, dans l'état le