DES MOUVEMENS DU COEUR. 2Q
tèves dans les ventricules, des ventricules dans les oreillettes , et de celles-ci dans les veines qui s'y abouchent.
5° Les cavités du cœur se vident presque entièrement lorsqu'elles entrent en contraction. Cependant il y reste toujours un peu de sang, ce qui tient surtout à la structure réticulée de leur face interne.
4° Quand les ventricules se contractent , le sommet du cœur frappe contre la paroi antérieure de la poitrine, malgré le raccourcissement qu'éprouve l'organe. Cet effet tient principalement à ce que les oreillettes sont alors remplies, tant par le sang qu'y dégorgent les veines, que par celui qui y reflue des ventricules, en sorte que ces derniers se trouvent poussés en avant; mais il dépend aussi un peu de l'extension que les troncs artériels éprouvent au moment où ils sont traversés par le sang qu'y lancent les ventricules (1). C'est pour n'avoir pas eu égard à ces deux dernières circonstances qu'on a cru long-temps ne pouvoir expliquer les battemens du cœur, pendant la contraction de ses ventricules , qu'en admettant, contre toute évidence,, qu'il s'alonge lorsqu'il exécute ce mouvement.
5' Le nombre des battemens du cœur, chez l'adulte, s'élève . à soixante-dix par minute , terme moyen. Cependant il varie beaucoup, suivant les individus. En général, les battemens sont plus faibles, mais un peu plus nombreux, chez la femme. Si l'on excepte les premiers instans de la vie, qui durent fort peu, et dans lesquels le cœur se contracte rarement, le nom-
plus ordinaire , sur la durée totale du temps dans lequel se font les contractions successives des diverses parties du cœur, un tiers au plus, ou même un quart, est rempli par la systole des oreillettes; un quart, ou un peu moins , par un repos absolu ; et la moitié à peu près par la systole des ventricules. ( Note des traducteurs.)
(î) Lorsque les ventricules se contractent, la pointe du cœur vient frapper la paroi latérale gauche de la poitrine, entre le cartilage de la cinquième côte et celui de la sixième. Les deux causes indiquées par l'auteur, la réplétion des oreillettes et l'extension des trônes artériels contribuent sans doute à la production de ce phénomène, mais on peut admettre en outre que, pendant la contraction des ventricules, leur pointe, qui est mobile , se redresse , et exécute un mouvement de bascule sur la base du cœur, qui, étant plus fixe, leur sert en quelque sorte de point d'appui. ( Note des traducteurs. )
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brb de ses baltemens est d'autant plus considérable que l'organisme se rapproche davantage du moment de sa formation.
6° On regarde généralement le cœur comme celle de toutes les parties dans laquelle l'irritabilité persiste le plus longtemps. Cependant il résulte déjà des observations recueillies autrefois'par Haller, Zimmermann et Oeder, que celte loi n'est pas sans exception , et les observations de Fontana , Crève (1) et Nysten (2), avec lesquelles s'accordent les miennes propres, démontrent que cette prérogative n'appartient au moins pas à la portion artérieuse, puisque les ventricules perdent leur irritabilité avant les autres parties musculeuses du corps; mais les oreillettes sont celles qui la conservent le plus long-temps (5). On est aussi dans l'usage d'assigner, sous ce rapport, la prééminence à l'oreillette droite sur celle du côté gauche. Haller a tenté de prouver que cette dernière différence dépend uniquement de ce que l'oreillette droite est stimulée plus long-temps, à cause du sang retenu dans son intérieur (4); mais je l'ai souvent observée dans des cœurs arraches de la poitrine et tout-à-fait vides de sang; Nysten l'a vue aussi chez les décapités. Je crois donc être fondé à la faire dépendre d'une plus grande ténacité de la vie dans celte partie du cœur, et cela d'autant mieux que la ténacité de la vie augmente dans les animaux en raison directe de la prédominance que le système veineux acquiert chez eux.
70 Les conditions de l'action du cœur sont les mêmes que celles de l'action musculaire en général. Je renvoie donc, sur ce point, aux détails dans lesquels je suis entré précédemment (5).
(1) Vom Metattreizc, Léipsick, 1796, p. 100.
(2) Recherches de physiol. et de chimie, Paris , 181 1, p. 5oj.
(5) Ainsi que Davy l'a observé dans des expériences qui tendaient à un tout autre but. Voyez ses Rcsearchs on nitrous oxide , Londres, 1800, p. 552.
(4) Dccordis motu a stimulo nato ; dans Comm. Gott., t. I.
du coeur dans l'État anormal.