‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologique [electronic resource] (volume 2)Chapitre 294 sur 529 · Artère thyroïdienne supérieure · texte numérisé non relu

Artère thyroïdienne supérieure

1547. L'ar/ère thyroïdienne supérieure [arteria thyroidea superior) est la plus inférieure des branches de la carotide externe. Son origine varie beaucoup. Ordinairement elle naît à quelques lignes au-dessus de la bifurcation de la carotide primitive; mais il n'est pas rare qu'elle se détache de la bifurcation, ou plus bas, et du tronc même de la carotide primitive. On l'a vue naître un pouce au-dessous de la division de cette dernière.

Sa grosseur, qui varie beaucoup aussi, est en raison inverse de celle-de l'artère thyroïdienne inférieure. Lorsque celle-ci manque tout-à-fait, la supérieure est beaucoup plus grosse qu'à l'ordinaire. Elle est, au contraire, très petite lorsque la thyroïdienne inférieure esttrès volumineuse ou double.

Quelquefois , mais plus rarement, elle naît d'un tronc qui lui est commun avec Tarière linguale (1), et, chez certains sujets, ce tronc lui-même provient de la carotide primitive (2).

D'un autre côté, il n'est pas rare de trouver l'artère thyroïdienne supérieure double, parce que lesbrancheâ qu'elle fournit ordinairement se détachent plus bas que de coutume; mais alors les deux vaisseaux naissent toujours à peu de distance l'un de l'autre.

Ces variétés sont cause qu'il règne fréquemment une grande différence entre les artères thyroïdiennes des deux côtés, sous le rapport de la disposition et du volume. Il arrive même quelquefois que l'une d'elles n'exislc pas , tandis que l'aulrc est d'une grosseur extraordinaire.

(1) Buttas , loc. cit., p. 7>2t).

(2) Idem, loc. cit., p. i5.

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i54&. Lorsque l'artère ne naît point beaucoup plus bas qu'à l'ordinaire, et qu'elle ne lire pas son origine de la carotide primitive, elle descend toujours de dehors en dedans et d'arrière en avant, en présentant d'abord une légère concavité en haut et décrivant de grandes llexuosités. Quelquelois elle fournit, immédiatement après sa naissance, un gros rameau qui se détache de sa partie postérieure et inférieure, et va gagner le muscle sterno-cléido-masloïdien. Ensuite elle ne tarde ordinairement pas à se partager en deux rameaux , l'un supérieur et l'autre inférieur. Quelquefois sa bifurcation a lieu non loin ou même à l'endroit de sa naissance.

Le rameau supérieur, ou laryngé {ramus larjngeus), naît souvent de la carotide externe, ce qui, d'après mes observalions lui arrive une fois sur huit. Il marche de haut en bas, d'arrière en avant et de dehors en dedans, sur le cartilage thyroïde, donne .fréquemment, aux muscles omoplat-hyoïdien , sterno-hyoïdien , sterno-thyroïdien , hyo-lhyroïdien et cricothyroïdien, des ramuscules qui proviennent quelquefois du rameau inférieur, ou immédiatement de la carotide externe; fournil un gros vaisseau anastomolique qui marche en travers du cartilage crieoïde, et s'unit avec celui que donne l'artère homonyme du côté opposé ; enlin pénètre dans {'intérieur du larynx, en passant ordinairement entre l'hyoïde et le cartilage thyroïde, quelquefois, mais plus rarement, près du bord supérieur de ce dernier, par utre ouverture qui s'y trouve, ou bien entre les cartilages cricoïde et thyroïde (i). Parvenu dans oet organe, il se distribue à .sa membrane interne, ainsi qu'à ses muscles, s'anastomose un grand nombre de fois avec celui du côté opposé, et envoie même, au dehors du larynx, des rarnuscules, qui communiquent , à sa surface , avec ceux du ra-

(i) J'ai remarqué que cette disposition est la plus ordinaire, de sorte que mes observations à cet égard sont d'acord avec celles de Mayer (loc. cit., p. 49)5 et de Bichat (loc. cit., p. 149), qui disent tous deux que le rameau laryngé pénètre communément dans le larynx en passant entre l'hyoïde et le cartilage thyroïde. Murray (loc. cit., p. 1 1 ) indique exactement ces t'ois dispositions , mais sans dire que la première est la plus fréquente. Quant à Sœmmerring (p. i3i ) , il passe celle-ci entièrement sous silence, et 11e paile que des deux qu'il est plus rare de rencontrer. Sabatier (p. 1 15) ne fait npn p>us mention que de la troisième.

DE L'ABTÈftB CAROTIDE EXTERNE, ^'if)

mcau laryngé de l'autre côté cl avec les ramifications du rameau thyroïdien.

Le rameau inférieur, ou thyroïdien (ramus thyroïdus), est la continuation du tronc. 11 fournit quelquefois plusieurs ou niriiie tous les ramuscules musculaires que je viens de décrire comme émanant du rameau larjmgé ; mais, constamment, il en donne de petits, qui sont destinés aux constricteurs moyen et inférieur du pharynx et au crieo-thyroïdien. Après quoi il pénètre de haut en bas dans la glande thyroïde, à l'extrémité supérieure de laquelle il se partage communément en deux ramuscules, l'un postérieur et inférieur, l'autre antérieur et supérieur, qui ensuite se subdivisent eux-mêmes. Le premier s'enfonce en arrière dans la glande thyroïde , et s'anastomose, le long de sa face postérieure , avec les ramifications de l'artère thyroïdienne inférieure; l'autre marche le long de son bord supérieur, donne des ramuscules considérables qui se répan- , dent sur sa face antérieure, et s'anastomose, par de très gros vaisseaux, avec le rameau homonyme du côté opposé.

Lorsque l'artère thyroïdienne supérieure se t rouve partagée en deux troncs distincts, il arrive souvent^ quoique cela n'ait pas lieu toujours, comme on pourrait le penser d'après ce que disent plusieurs anatomisles ( i) , que le rameau laryngé est séparé du thyroïdien et. placé au-dessus de lui. Quelquefois cependant, mais dans des cas plus rares, il n'y a que le tronc des rameaux musculaires et le rameau laryngé qui soient fournis par la thyroïdienne supérieure.

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