‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologique [electronic resource] (volume 2)Chapitre 293 sur 529 · DE LA CROSSE DE L'AORTE · texte numérisé non relu

DE LA CROSSE DE L'AORTE

i33o. De la crosse de l'aorte , ou aorte ascendante , naissent d'abord les artères coronaires du cœur, puis, à une certaine distance de celles-ci, les artères des membres supérieurs

(1) Abhandlungen der Joseph. Ahadcmie, p. 1, tab, VI.

(a) Paris, dans Desault, Journ. de chirurgie, t. II, p. 10 7, 110.

(3) Steidcle , Sammlung chirtirgischcr Bcobachiunçcn, t. II, p. n4-"C. — Graham ; dans Med. chir. Irans., vol. V, n° xx. — Coopcr, dans Fane, loc. cit., p. 14;

(4) Pctschc , Syllog. obsorv. anal, seket., % 77. /

3l4 ANAT0MIE SPÉCIALE.

et de la tête, qui proviennent de sa partie supérieure et transversale.

ARTICLE PREMIER

DES ARTÈRES CORONAIRES DTJ COEUR.

i33i. Les artères coronaires du cœur, ou cardiaques (arteriœ coronariœ , cardiacœ), naissent immédiatement audessus de l'origine de l'aorte, et cependant pre? jue toujours au-dessus du bord supérieur des valvules sigrnoïdes, de manière que leurs orifices , qui correspondent à la partie moyenne de ces replis, ne se trouvent point bouchés quand ceux-ci viennent à s'appuyer contre les parois de l'aorte.

On en trouve ordinairement deux. Il n'est cependant pas très rare d'en rencontrer trois; alors la troisième, qui est ordinairement la plus petite de beaucoup, naît, non pas audessus d'une valvule particulière, mais au-dessus d'une de celles auxquelles correspondent les deux autres, et à peu de distance d'une de ces dernières. J'ai même trouvé une fois quatre artères coronaires, dont les deux surnuméraires, bien plus petites que les autres, n'étaient que des branches prématurément détachées de celles-ci.

Il est beaucoup plus rare de ne rencontrer qu'une seule artère coronaire. Je n'ai jamais vu cette anomalie, dont, au reste, on trouve déjà, en quelque sorte, l'indication dans la distance bien moins considérable qui sépare les origines des deux artères chez certains sujets, ou dans la petitesse extrême d'un de ces vaisseaux, dont les branches sont quelquefois remplacées presque entièrement par celles de l'autre (1). L'existence d'une seule artère cardiaque est remarquable à cause des rapports qu'elle établit avec la conformation normale de l'éléphant (2).

(1) Barclay ( loc. cil., p. 6 ) a vu l'artère coronaire droite si petite, qu'elle ne s'étendait pas à gauche jusqu'à la cloison, et qu'elle était remplacée, de ce côté , par la branche transversale de l'artère cardiaque gauche.

(2) Camper, OEuvrcs , vol. II, p. i33.

DES ARTÈRES CORONAIRES COEUR. 3l5

Mais, quoi qu'il en soit de l'origine de ces artères, on remarque toujours que chaque ventricule en a une qui lui correspond assez exactement.

1532. L'artère coronaire antérieure, inférieure ou droite (arteria coronaria anterior, s. iriferior, s. dejctra) , est ordinairement un peu, souvent très peu, plus grosse, et rarement plus petite que la postérieure. Elle naît de la partie antérieure de l'aorte, au-dessus de la valvule antérieure, passe sous l'artère pulmonaire, entre la partie supérieure du ventricule droit et l'oreillette du même côté, couverte par cette dernière, se dirige en avant, à droite et en bas, dans le sillon situé à la base du cœur, fait le tour de l'oreillette pulmonaire, parvient ainsi à la face inférieure du cœur, et se termine dans le sillon inférieur de sa cloison.

Dans ce trajet, elle fournit, tant adroite qu'à gauche, plusieurs branches , souvent sinueuses, qui s'en détachent sous des angles droits.

Les branches droites, qui sont les plus petites, se rendent à l'oreillette droite. Les gauches, dont le volume est beaucoup plus considérable, appartiennent au ventricule droit, sur la surface duquel elles descendent , jusqu'à sa pointe, en suivant une direction longitudinale.

La plus longue de ces branches descend le long du sillon inférieur de la cloison, où elle s'anastomose, par plusieurs rameaux, avec l'artère coronaire postérieure.

Constamment aussi on trouve d'autres ramifications plus petites, qui se répandent sur la partie antérieure de la face inférieure du ventricule gauche, et qui communiquent également avec celles de l'artère cardiaque postérieure, sur le bord mousse du cœur.

Cette artère appartient principalement à la moitié droite du cœur.

1533. L'artère coronaire postérieure , supérieure ou gauche [arteria coronaria posterior, s. superior, s. sinistra), communément plus petite que la précédente , naît, entre l'oreillette gauche et le côté postérieur de l'artère pulmonaire, presque toujours au-dessus de la valvule sigmoïdc gauche. Elle descend à gauche, entre l'oreillette et l'artère pulmonaire, et, parve-

5l6 ANAT0MIE .SPÉCIALE.

nue dans le sillon de la base du cœur, se partage en plusieurs grosses branches, au nombre de deux ou trois.

De ces branches, l'une antérieure, longitudinale, qui se divise bientôt en plusieurs rameaux considérables» descend le long du sillon supérieur de la cloison, jusqu'au sommet du cœur. Dans tout son trajet, elle donne des ramifications qui s'anastomosent avec celles de l'artère coronaire droite , sur lu l'ace supérieure du ventricule droit. Quelques uns des gros rameaux qui en proviennent se jettent sur la face supérieure du ventricule gauche.

La seconde branche, qui est transversale , se porte en arrière, dans le sillon de la base du cœur, au-dessous de l'oreillette gauche, et fournit plusieurs rameaux qui vont gagner la face supérieure du ventricule de ce côté. Les plus considérables descendent le long du bord mousse et postérieur du cœur, les uns sur sa face supérieure, et les autres sur sa face inférieure.

Enfin l'artère coronaire gauche se termine par plusieurs petites ramifications qui s'épanouissent sur la face inférieure du ventricule gauche.

Ces ramifications, de même que les précédentes, s'anastomosent avec les autres rameaux de l'artère coronaire gauche, et avec ceux de la droite, qui vont ù leur rencontre.

ARTICLE II

DISPOSITION DES GROS TRONCS QUI NAISSENT DE LA PARTIE SUPÉRIEURE DE LA CROSSE DE l AORTE.

i53/j- De la partie supérieure et transversale de la crusse de l'aorte proviennent les troncs qui conduisent le sang à la tête, au cou, à la partie supérieure et antérieure de la poitrine, ainsi qu'aux membres supérieurs, et qui fournissent aussi une portion de celui que reçoivent le péricarde, les glandes mammaires et les poumons.

Ordinairement il y a trois troncs qui naissent à quelques lignes de dislance l'un de l'autre, le tronc commun ou innomme , d'où partent , les artères sous - clavièrc et carotide

DES GROS TRONCS FOURNIS PAR LA CROSSE DE t' AORTE. 3l7

droites, la carotide gauche et la sous-clavière gauche. Le tronc iiinoiuiné est placé plus à droite et en devant que les autres, l'artère carotide gauche, dans le milieu et un peu plus en arrière, enfin la sous-clavière gauche, tout-à-fait à gauche, et plus en arrière que les deux autres.

Après la naissance , l'origine de l'artère sous-clavière gauche occupe quelquefois, mais non toujours, la partie la plus élevée de la crosse de l'aorte, tandis que dans le fœtus cette artère est située plus bas que les deux autres troncs. De même aussi, avant la naissance, c'est toujours le tronc innommé qui occupe la partie la plus élevée de la crosse de l'aorte (i).

Le tronc innominé se porte de bas en haut et de gauche à droite, le long de la trachée-artère. Il est séparé de la colonne vertébrale par le muscle long du cou, et du sternum parle sterno-thyroidien , ainsi que par l'artère sous-clavière gauche, qui marche à son côté. Sa longueur est en général d'un pouce environ , rarement plus considérable; quelquefois cependant elle s'élève jusqu'à deux pouces, et alors le tronc atteint presque au bord inférieur de la thyroïde.

L'artère carotide gauche s'élève plus perpendiculairement du côté gauche, le long de la trachée artère.

La sous-clavière et la carotide droites sont plus courtes que leurs homonymes du côté gauche, d'environ toute la longueur du tronc innominé.

Le diamètre des vaisseaux des deux côtés est le même, ou du moins ceux du côté droit ne surpassent que très peu ceux du côté gauche.

Ordinairement le tronc innominé naît immédiatement à

(1) Sabaticr a signalé le premier cette différence. ( Voyez son Mémoire sur les changemens qui arrivent aux organes de la circulation du fœtus lorsqu'il a commencé à respirer; dans Mtlm. de l'Institut; se. phys. et math., t. lit , p. 342.) Cependant je me suis convaincu, par une longue suite de recherches, qu'elle n'est point constante , à beaucoup près. Aussi la plupart des anatomistes n'y ont-ils pas eu égard. Portai dit même le contraire {loc. cit., p. 1 85 ), car il prétend que l'ouverture du tronc de la sousclavière gauche dans l'aorte est un peu plus inférieure que celle des deux autres troncs.

3l8 ANATOM1E SPÉCIALE.

côté de l'artère carotide gauche, tandis que la sous-clavière gauche sort de l'aorte, a quelque distance de cette dernière , mais sans en être toutefois séparée par un intervalle bien considérable.

La disposition que je viens de décrire est assurément la plus ordinaire; on doit donc la considérer comme normale. Cependant il arrive assez souvent, une l'ois au moins sur huit (i), qu'on rencontre des variétés dans le nombre des troncs fournis par la crosse de l'aorte. Ce nombre peut être augmenté ou diminué. Dans le premier cas, des vaisseaux qui ne sont ordinairement que des branches secondaires, naissent immédiatement de la crosse aortique ; dans le second, l'un des troncs primitifs se trouve confondu avec un autre, ou même tous trois sont réunis ensemble, et n'en font qu'un seul (2).

i555. Le nombre des troncs primitifs est plus souvent accru que diminué. Le plus ordinairement on n'en compte qu'un de plus qu'il ne devrait y en avoir , c'est-à-dire qu'alors on en trouve quatre. Cette anomalie n'a pas toujours lieu de la même manière.

(1) Bichat s'est trompé en disant ( Anat. descript., t. III, p. 13?) que la disposition de ces artères est très peu sujette à varier. Haller s'est exprimé à peu près de môme (le. an., VI, p. 1 ), et sans plus de fondement. Barclay n'a pas été plus exact , en assurant qu'il est rare que les artères vertébrales, thyroïdiennes , thymiques , péricardiennes et mammaires internes présentent des variétés ( loc. cit., p. 5). Il n'y a que les anomalies de la mammaire interne qui soient rares.

(2) Indépendamment de toutes les observations isolées sur les anomalies que présente l'origine des troncs fournis par la crosse de l'aorte, on peut consulter les ouvrages suivans, dans lesquels ce point de doctrine a été examiné d'une manière spéciale , et sous un rapport plus ou moins général. — Boehmer, De quatuor et quinque ramis ex arcu aorlai provenientibus, Halle, ij4i. — Neubauer, Descriplio anatomica aricriœ innominalœ et thyroideœ imœ, Jéna, 1772. — Huber, Dcarcus aortœ ramis; dans Act. llelvel., t. VIII, p. 6S-102. — Walter, Sur les maladies du cœur; dans Nouv. Mèm. de Berlin, 17S5, p. 57. — Malacarne, Oss. sopra alcune arlcric delcorpo ttmano ncllo slalo preiernat uralc enello stalo morboso; dans Osscrvaz. di chirurgia, II, Turin, 1784, p. 119. — Byan, De quarumd. arlcriarum in cor p. hum. dictribuiionc , Edimbourg , 1S10. — ^oberwein , De vasorum decursu abnormi , Wittenbcrg, 1S10.

DES GROS TRONCS FOURNIS PAR LA CROSSE DE t'AORTE. 3ig

i 556. Voici ce que j'ai observé a cet égard :

i° L'artère vertébrale gaucbe, ordinairement fournie par la sous-clavière , naît immédiatement de l'aorte; cette aberration est la plus commune de toutes (î).

Souvent, quoique l'artère vertébrale gauche provienne ainsi de l'aorte elle-même, le nombre des troncs fournis par la crosse de cette dernière ne se trouve point augmenté, parce . qu'en même temps l'artère carotide gauche passe à droite, et devient une branche du tronc innomicé. Cette disposition mé- • rite d'être signalée, car elle annonce un effort tendant a ramener les parties au type normal, malgré l'anomalie qui existe.

2° Après cette variété, la plus commune est celle dans la-

(i) Bichat a également commis une inexactitude en disant que cette anomalie est plus rare que l'augmentation du nombre des troncs de l'aorte par une artère thyroïdienne inférieure. Sabalier va même plus loin, car il n'en parle pas du tout, quoiqu'il indique plusieurs autres aberrations qui multiplient les troues primitifs de la crosse de l'aorte ( Anat., t. III, p. y). Portai garde également le silence à son égard, et ne cite que la scission du tronc innominé parmi les causes qui peu vent augmenter le nombre des artères fournies directement par la crosse aortique ( Anal, mèd., t. III, p. 1 55 ). A la vérité, dans un autre endroit ( loc. cit., p. 2i3), il parle de l'artère vertébrale gauche tirant directement son origine de l'aorte, mais en ajoutant, contre ce quialieuréellement, que cette disposition est fort rare. Monro ne la rapporte point quand il traite des anomalies des troncs de la crosse aortique (Outtines , t. III, p. 276, 278 ) , quoiqu'il en fasse mention à l'occasion des variétés de l'artère sous-clavière (.'oc. cit. , p. Soi). Sœmmerring, au contraire , paraît la regarder avec raison comme l'aberration la plus fréquente , puisqu'il la cito la première au nombre des cas dans lesquels la crosse de l'aorte fournit quatre artères. Boycr ( Tr. d'anal., t. III , p. 4i ) dit que l'implantation de l'artère vertébrale gauche et celle d'une des thyroïdiennes inférieures sont également communes l'une et l'autre , et qu'on les rencontre assez souvent. On a prétendu que cette anomalie était plus rare dans le midi de l'Allemagne, que celle dans laquelle l'artère sous-clavière droite émane directement de l'aorte. L'observation m'a convaincu qu'il n'eu est pas ainsi : je puis d'autant moins partager cette opinion , que d'autres anatomistes, dont le témoignage est d'un grand poids, en particulier Ilallcr ( le. an. fasc. vi, p. 1 ), Ncubauer ( loc. cit., p. 287, not. O), Sœmmerring et Boyer ( loc. cit., p. a5), disent précisément le contraire , et qu'elle se trouve réfutée par la comparaison établie entre les nombres de cas connus , dans lesquels se sont offertes les diverses anomalies présentées par les troncs de la crosse aortique.

quelle l'artère thyroïdienne inférieure tire son origine delà crosse de l'aorte. Elle peut naître de celle-ci en totalité, ou en partie seulement. Dans le second cas, il n'y a que sa branche thyroïdienne qui en provienne. On rencontre plus souvent celte anomalie au côté droit qu'au côté gauche, et alors l'artère prend naissance, comme la vertébrale gauche , entre le tronc innominé et la carotide gauche.

5° et 4° La crosse de l'aorte produit à peu près aussi souvent une artère thymique, ou une mammaire interne. L'origine de ces artères n'a point d'emplacement déterminé. D'ailleurs il est ordinaire qu'elles se détachent de l'aorte un peu en avant des gros troncs, et non sur la même ligne qu'eux, comme font les deux précédentes.

Il est plus rare que le nombre des troncs nés de l'aorle se trouve porté a quatre, parce que l'artère sous-clavière provient directement de la crosse. Celte anomalie peut se présenter sous deux aspects différens;

5° Tantôt, l'artère sous-clavière droite est la dernière branche du côté droit.

6° Tantôt, au contraire, ce qui est infiniment plus commun, elle est la dernière du côté gauche, et naît au-dessous de l'artère sous-clavière gauche.

Entre ces, deux conformations, il existe des degrés intermédiaires; car,

7° L'artère sous-clavière droite prend quelquefois naissance entre les carotides droite et gauche.

8° Dans d'autres cas, elle s'implante entre la carotide gauche et la sous-clavière du même côlé.

Parmi ces qualrc anomalies, dans toutes lesquelles l'artère sous-clavière droite s'isole de la carotide, la seconde est sans comparaison la plus commune de toutes. Presque toujours, lorsqu'elle existe, on voit la sous-clavière droite passer entre l'œsophage et la trachée-artère pour gagner le côlé droit. Il ne lui arrive presque jamais de s'y rendre en passant devant la trachée-artère.

9° Cette scission du tronc innominé est quelquefois accompagnée de la transposition des deux carotides ; alors ,

io° Tantôt l'aorte fournit d'abord la carotide gauche,

DES GROS TRONCS FOURNIS PAR LA CROSSE DE l'aOUTE. 521

puis la droite, ensuite Ja sous-clavière gauche , et enfin la droite.

ii° Tantôt les deux carotides et la sous-clavière droite occupent leur place ordinaire, mais la sous-clavière gauche est le plus reculé des quatre troncs vers le côté droit.

Mais la séparation de l'artère sous-clavière droite d'avec la carotide du même côté n'entraîne pas non plus nécessairement l'augmentation du nombre des troncs primitifs de l'aorte; car ordinairement alors les deux carotides se trouvent confondues en un seul tronc, disposition à laquelle s'applique aussi tout ce que j'ai dit au sujet de la réunion analogue qu'on rencontre quand l'artère vertébrale provient immédiatement de la crosse aortique.

1537. Il est plus rare que la crosse de l'aorte donne naissance à cinq troncs. Lorsque ce cas a lieu,

12° Indépendamment des trois troncs ordinaires, l'aorte fournit l'artère vertébrale gauche et la mammaire interne droite (i) ;

i5° Elle donne un tronc commun pour l'artère vertébrale gauche et la llvvroïdienne inférieure droite (2), et le tronc innominé se trouve partagé en artères sous-clavière et caçotide droites , dont la première forme le dernier tronc du côté droit.

i4° Celte dernière disposition peut-être accompagnée de l'implantation sur l'aorte même , soit de l'artère vertébrale gauche (5) , soit de la thyroïdienne inférieure droite (4).

i5° Dans le même temps que le tronc innominé est partagé en deux, et que l'artère vertébrale gauche provient de l'aorte elle-même , la sous-clavière droite naît au-des?ous delà gauche (5). ...

iG" Enfin il arrive quelquefois, mais très rarement, que, les trois troncs ordinaires se partagent en six. L'aorte produitalo r?

(1) Brchnier, loc. cil.; dans Haller, Coll. diss., t. II, p. /|5ô. (a) .l'ai rencontré deux l'ois cette anomalie.

(3) Loder , Nonnull. aricr. variel. .leua, 1781.

(4) Petschc , dans Haller , Coll. diss., t, V,I , § .

(5) Koberwein , De dccitrsti vusorum abnornt. WiUenbcrg, i8i3. 2. 21

la carotide et la sous-clavière droites, séparées l'une de l'autre* entre elles la vertébrale droite, et enfin la vertébrale gauche entre la carotide et la sous-clavière gauches (i).

i338. Le nombre des troncs diminue de plusieurs manières :

170 L'artère carotide gauche devient une branche du tronc iiïnominé ;

180 Elle naît d'un tronc commun avec la sous-clavière du même côté ;

19° Il n'y a que deux troncs, dont l'un fournit les deux carotides, et l'autre les deux sous-clavières ;

20° L'artère de droite est la sous-clavière droite, et le tronc gauche fournit la sous-clavière gauche et les deux carotides (2).

Les dernières anomalies sont aussi rares que la première est commune. Mes observations m'ont appris, en effet, que celleci et l'origine distincte de l'artère vertébrale gauche sont les variétés qu'on rencontre le plus souvent.

i53g. Quelquefois les troncs fournis parla crosse de l'aorte s'écartent de la disposition ordinaire , sans devenir ni plus ni moins nombreux. Il existe alors des réunions et des séparations anormales, dont je vais indiquer les principales;

ai0 Le tronc innominé est divisé, mais les deux carotides naissent par un tronc commun, qui s'implante entre les deux sous-clavières.

220 Le tronc innominé est divisé , mais les deux artères du côté gauche se trouvent réunies-en un seul tronc. La conformation précédente conduit doncà l'inversion totale des origines des. vaisseaux-

23° Le tronc innominé est divisé, mais il y a un tronc commun pour les deux artères carotides, un pour la sous-clavière gauche, et un pour la sous-clavière droite, qui naît alors beaucoup plus loin du côté gauche qu'à l'ordinaire, le plus souvent au-dessous de la gauche , et qui va gagner le membre droit en

( 1) Cette anomalie a été vue par F. Muller, autrefois prosecteur à Copenhague, qui me l'a communiquée.

(2) Zagorski , dans Mont, de Pétcrsboitrg , t. I , p. 5S/{.

DES GROS TRONCS FOURNIS l'AR LA. CROSSE DE L'AORTE. 525

passant devant ou derrière soit la trachée-artère , soit l'œsophage, comme il arrive même plus souvent.

24° Le tronc innominé fournit, outre ses branches ordinaires, l'artère carotide gauche; mais, en même temps, l'artère vertébrale gauche naît immédiatement de la crosse de l'aorte, entre les deux autres troncs.

i54o. Enfin l'anomalie étant aussi peu considérable que possible, elle ne consiste qu'en un changement dans la situation respective des trois gros troncs qui proviennent de la crosse de l'aorte ;

1° Les origines des troncs sont plus voisines qu'a l'ordinaire. Le plus souvent alors l'artère carotide gauche se rapproche du tronc innominé. Cette anomalie fait le passage à la réunion des deux carotides en une seule. D'autres fois , ce qui est plus rare, l'artère carotide gauche s'éloigne du tronc innominé, tandis que la sous-clavière gauche s'en rapproche. Cette autre aberration conduit au cas , bien moins fréquent , dans lequel l'artère carotide gauche naît par un tronc qui lui est commun avec la sous-clavière du même côté.

Quelquefois aussi les trois troncs sont si voisins l'un de l'autre qu'ils naissent réellement d'une même surface, ou qu'il n'en existe, à proprement parler, qu'un seul. Celte anomalie fait évidemment le passage à celle dans laquelle l'aorte se partage, au moment même de son origine, en un tronc ascendant et un autre tronc descendant.

2° Les origines des troncs sont plus éloignées qu'A l'ordinaire. Ainsi j'ai trouvé, chez un enfant âgé d'environ deux ans, l'artère carotide gauche éloignée de près d'un pouce du tronc innominé ; il y avait aussi près d'un pouce entier de distance entre la sous-clavière gauche et la carotide du même côté ; la crosse de l'aorte était exlraordin..irement pointue, et l'artère carotide gauche naissait de l'angle formé par In réunion de sa partie droite avec sa partie gauche.

•il.

ARTICLE III

dk l'artIîkk carotide.

i3/[i. L'a itère carotide primitive ou commune, tronc céphalique , Ch. [carolis primitwâ, s. cephalica), monte le long de la trachée-artère, en s'éloignant peu à peu de celle du côté opposé. Elle s'étend ordinairement jusqu'à l'extrémité supérieure du larynx, où elle se bifurque, à quelque distance de l'angle de la mâchoire inférieure, et rarement derrière cet angle. Sa situation est très superficielle, surtout dans le milieu de sa longueur, de sorte que c'est là l'endroit où l'on a le moins de peine à la trouver. Elle est couverte en devant par les muscles sterno-cléido-mastoïdien, sterno hyoïdien, et omoplal-hyoïdien. En dehors, et un peu en devant d'elle ? on découvre la veine jugulaire interne elle nerf pueumo-gaslrique; ce dernier est placé entre les deux vaisseaux. En dedans, on aperçoit la trachée-artère, le larynx, la thyroïde, et en outre, du côté gauche, l'œsophage. En arrière se trouvent la portion cervicale du nerf grand sympathique, le muscle long du cou, le grand droit antérieur de la tête, et l'artère thyroïdienne inférieure, qui séparent la carotide de la colonne vertébrale. 11 est très rare que la thyroïdienne inférieure passe au-devant d'elle.

Ordinairement les carotides primitives sont situées aux deux côtés de la trachée-artère, la droite un peu plus en avant que la gauche; mais quelquefois aussi elles se trouvent placées un peu au-devant de ce canal. C'est ce qui a lieu surtout pour leur partie inférieure. La carotide droite affecte principalement celte disposition lorsque l'origine du tronc innommé se trouve porlée à gauche, et la gauche quand elle provient de ce tronc. Dans l'un et l'autre cas, les deux artères croisent la trachée-arlèrc à sa face antérieure. Ces anomalies méritent d'être connues, à cause du danger auquel elles exposent de blesser les carolides en pratiquant la trachéotomie.

La carotide primitive est- renfermée dans une gaîne celluleusetrès solide, qui lui est commune avec la veine jugulaire interne et le nerf pneu mo-gastrique.

1542. En général cette artère ne donne que des vaisseaux

ne l'artère carotide externe. 5a5

il'uu petit calibre et iuconslans , destiné* aux parties qui l'entourent; mais quelq-iuifois aussi , clans des cas mêmes qui ne sont pas très raies, surtout au côté droit, elle ■ fournit-, en totalité ou en partie, la thyroïdienne inférieure ou la supérieure. Le second cas est plus commun que le premier. Lorsqu'ils ont lieu, l'origine de la thyroïdienne inférieure est communément plus voisine de l'extrémité inférieure de l'artère, et celle de la thyroïdienne supérieure,' au contraire, plus rapprochée de son extrémité supérieure. ; • '>>■■ '■ 'i 'jr

i345. L'artère.carotide primitive se partage ordinairement, à la hauteur du bord supérieur du cartilage thyroïde , en deux branches, dont l'une, la carotide interne, est destinée au cerveau et à l'œil, tandis que l'autre, la carotide externe, appartient à la partie supérieure du cou, au crâne et à la face. Quelquefois elle se bifurque beaucoup plus haut, vis-à-vis de l'extrémité supérieure de l'apophyse styloïde -, mais après avoir fourni les plus grosses d'entre les branches inférieures de la carotide externe (1). Celte disposition a une grande analogie avec celle dans laquelle le tronc primitif ne se partage point du tout, donne toutes les branches de la carotide externe, et se continue ensuite pour jouer le rôle de Pinlerne (2).

L'essence de cette anomalie consiste manifestement en ce que le tronc se divise prématurément, et fournit trop tôt ses branches. Dans quelques cas rares, la division s'étend bien plus loin, et gagne jusqu'au tronc lui-même de la carotide primitive. Ce tronc commence alors de très bonne heure à se partager, et quelquefois sa bifurcation a lieu vis-à-vis de ;la sixième vertèbre cervicale, mais les deux br.auches restent accolées l'une contre l'autre (5).

La distance entre le lieu delà bifurcation et le cartilage thyroïde est la même à toutes les époques delà vie (4); mais celte bifurcation est bien plus éloignée de l'angle de la mâchoire

(1) Burns, Surgical analomy, Edimbourg, 1811, p. 95 , 96.

(2) Idem , ibid, , p. t)5.

(ô) Idem , ibid. , môme page. — On regrette que l'auteur ne dise pas si l'anomalie existait des deux côtés, ou seulement d'un côté ( peut Ctrc à gauche? ).

(4) Idem , ibid. , p. 379.

chez l'entant que chez l'adulte, à cause du développement incomplet des dents, de sorte que, durant le premier 3ge , les deux grosses branches inférieures sont libres dans un espace assez considérable.

Ces deux branches montent presque perpendiculairement. En bas elles sont placées immédiatement l'une à côté de l'autre. L'interne, d'abord un peu plus superficielle que l'externe, devient ensuite un peu plus profonde. Leur volume proportionnel n'est pas toujours le même. Les différences qu'elles présentent sous ce rapport, dépendent soit de lTige, soit de la distribution de la carotide externe.

Sous le premier point de vue, la carotide interne est toujours plus grosse que l'externe , dans l'enfance, à cause du volume considérable de l'encéphale; sous le second, la carotide externe est plus grosse que l'interne, chez l'adulte, quand elle fournit la thyroïdienne supérieure, et plus petite qu'elle, au contraire, lorsque cette dernière provient de la carotide primitive.

i344- 'artère carotide externe , faciale , Ch. {arteria carotisexterna, s.Jacialis, s. pericephalica), monte sous le ventre postérieur du muscle digastrique de la mâchoire inférieure, se place entre l'oreille et la branche montante de la mâchoire, où elle est entièrement couverte par la parotide, et se partage, à la hauteur du col de la mâchoire, en'deux branches, l'une superficielle, Vartèfe temporale ± l'autre profonde, l'artère maxillaire interne. Mais toujours, avant de se bifurquer ainsi, elle fournit des rameaux considérables. Ordinairement ces rameaux s'en détachent peu à peu , et les uns après les autres. Quelquefois cependant la carotide externe ne forme qu'un tronc gros et court, qui se partage, immédiatement au-dessus de la bifurcation de la carotide primitive, en un faisceau de ramifications, composé de toutes les grosses branches inférieures et de la continuation du tronc (1).

i345. Au-dessous de sa bifurcation, l'artère carotide externe

(1) Bums, Surgicat anatomy , p. g5.

fournit des rameaux dans trois directions principalement, en devant, en arrière et en dedans.

A. BHANCHES ANTÉHIEUBES. «

i346. Les branches antérieures sont Vartere thyroïdienne supérieure, la linguale et la faciale.

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