‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologique [electronic resource] (volume 2)Chapitre 318 sur 529 · III. ARTÈRE BRACHIALE · texte numérisé non relu

III. ARTÈRE BRACHIALE

1 4 1 2 ■ L'artère du membre supérieur prend le nom de brachiale ou humérale (arteria brachialis, humeraria) quand elle sort de l'aisselle, à la hauteur du bord supérieur du tendon du muscle grand dorsal. Elle marche, entre l'insertion des muscles grand rond et grand dorsal d'un côté, et le coraco-brachial qu'elle couvre de l'autre, au côté interne du biceps brachial , et sur la face interne du bras, de manière qu'elle croise la direction de l'humérus, et qu'elle devient d'autaut plus superficielle qu'elle descend davantage , car, vers son extrémité inférieure, elle n'est couverte que par l'aponévrose brachiale, la veine médiane et la peau. Elle s'applique immédiatement sur l'os du bras à sa partie supérieure, et sur le muscle brachial antérieur à sa partie inférieure. Ordinairement elle s'étend jusqu'à la face antérieure de l'articulation huméro-cubitale , au voisinage de laquelle elle se termine, chez Je plus grand nombre fies sujets. Cependant il n'est pas rare qu'elle finisse beaucoup plus haut, et quelquefois même elle n'existe pas du tout , les branches qu'elle ne donne ordinairement qu'à la hauteur du coude prenant naissance dans l'aisselle même.

Ses bianchcs les plus fortes et les plus supérieures se por-

db l'artèriî brachiale. 58()

tent on dedans; elles constituent Varlère ou les artères brachiales profondes. L'origine de cette artère, surtout lorsqu'elle fournit des branches qui proviennent ordinairement de l'axillaire, en particulier la circonflexe postérieure de l'humérus, ou la sous-scapulaire , peut souvent être considérée comme un point où la brachiale se partage en deux branches, l'une superficielle, qui est la continuation du tronc, et l'autre profonde.

1 4 »3- L'artère brachiale profonde , ou collatérale externe , grande musculaire du bras , Ch. (arteria prqfunda humeri, s. brachii , s. collateralis magna, s. superior ), naît ordinairement au-dessous du bord inférieur du muscle grand dorsal, et audessus de la petite tête du biceps brachial. Elle accompagne le nerf radial, qu'elle couvre presque toujours, pénètre entre les trois têtes du muscle triceps, auxquelles elle donne des rameaux, se contourne de dedans en dehors sur l'humérus, de manière que son extrémité inférieure est placée au côté externe de cet os, et ne se termine communément qu'à l'articulation du coude, où elle se perd dans les muscles long supinateur et radiaux externes. Elle envoie en outre des rameaux au brachial antérieur et à l'anconé, fournit l'artère nourricière de l'humérus, à peu près vers le milieu de son trajet, et, parvenue au côté externe du coude . s'enfonce dans le muscle anconé , où , sous le nom d'artère collatérale radiale ( arteria collateralis radialis , s. communicans radialis a prqfunda ) , elle s'anastomose avec le rameau récurrent de la cubitale. Une de ses branches, qui naît quelquefois aussi de la brachiale même, toujours plus bas qu'elle, mais tantôt immédiatement au-dessous, et tantôt à quelques pouces de distance, et qui lui est constamment inférieure en volume, se porte plus en devant, descend entre la longue et la courte portions du biceps, auxquelles elle donne des ramifications, s'anastomose avec la branche latérale inférieure de la brachiale, et communique , sous le nom d'artère collatérale cubitale (arteria collateralis ulnaris, s. communicans ulnaris a profimda), avec le rameau récurrent des artères cubitale et interosseuse, à la face interne et postérieure de l'articulation huméro-cubitale.

Ainsi l'artérc brachiale profonde se distribue principalement

aux muscles extenseurs de l'avant-bras. Elle s'anastomose en haut avec la sous-clavière, et en bas , tant avec le tronc de la brachiale, qu'avec les artères de l'avant-bras.

141 4- Au-dessous ou au-dessus de l'artère brachiale profonde, quand elle est simple, ou même entre elle et la collatérale cubitale, lorsque celle-ci forme un tronc distinct, on voit ordinairement naître une branche destinée à la longue portion du muscle biceps, et qui s'anastomose avec la circonflexe postérieure de l'humérus. Celte branche provient quelquefois de la brachiale profonde. Ensuite l'artère brachiale donne en devant, en dehors et en arrière ; sous des angles droits, environ douze rameaux fort courts et de différentes grosseurs, qui pénètrent dans le biceps et le brachial antérieur. Quelques uns d'entre eux ne se rendent qu'à un seul de ces muscles, mais la plupart sont communs à tous deux. L'un des plus volumineux, qui se détache de la partie postérieure et interne de la brachiale , à deux pouces environ au-dessus du coude, porte le nom de grande branche anastomotique , ou collatérale interne, collatérale du coude, Ch., qu'il conviendrait davantage d'appeler branche anastomotique inférieure, ou artère brachiale profonde inférieure ( ramus anastomoticus magnus inferior, s. arteria yrofunda inferior) ; la première de ces épithètes lui vient de ce qu'il établit une co/nmunication entre le tronc de la brachiale et les artères de l'avant-bras. Il marche de dehors en dedans , en passant sur le muscle brachial antérieur , auquel il donne des ramuscules, ainsi qu'au rond pronaleur, s'unit d'abord, par un rameau transversal, avec le rameau cubital de la brachiale profonde, qui le met en rapport avec la branche récurrente de la cubitale, s'anastomose ensuite, sur la face postérieure de l'articulation du coude, avec la branche radiale de la brachiale profonde , d'où résulte l'arcade dorsale du coude ( arcus dorsalis articularis cubilalis ), et communique ainsi avec toutes les branches anastomotiques de l'avant-bras.

Cette branche provient quelquefois de la radiale, quand celle-ci naît beaucoup plus haut qu'à l'ordinaire; mais elle n'en tire cependant pas toujours son origine , et quelquefois alors se trouve fournie par la continuation du tronc de labr a-

DES ARTÈRES DE L'AVANT-BRAS. 5q 1

chiale , disposition que Bichat (1) regarde à tort comme une loi générale en pareille circonstance. Il est bien moins commun encore que cette branche émane de la cubitale, quand celle-cî se détache bien plus haut qu'elle n'a coutume de le faire. Il est très rare qu'au-dessus de l'articulation du coude, et immédiatement au-dessus de l'endroit où la brachiale se bifurque pour donner naissance aux deux artères de l'avantbras, elle fournisse, de son côté externe, une branche considérable, qui provient ordinairement de l'artère radiale, et a laquelle on donne le nom d'artère radiale récurrente («rieria radialis reciuTens) (2).

Les deux grandes anastomoses qui viennent d'être décrites permettent d'appliquer partout une ligature sur l'artère brachia'e, sans qu'il en résulte aucun trouble dans la circulation et la nutrition de l'avant-bras.

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