‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologique [electronic resource] (volume 2)Chapitre 320 sur 529 · ANOMALIES DANS l/oBIGWE DES ARTÈHES DE l'aVART-BBAS · texte numérisé non relu

ANOMALIES DANS l/oBIGWE DES ARTÈHES DE l'aVART-BBAS

1/416. Il n'est pas rare que l'artère brachiale se divise beaucoup plus haut qu'elle n'a coutume de le faire (§ 141 5 ) (1). Ces anomalies varient tant dans le mode que dans le degré. Voici quelles en sont les principales lois, sous ces deux rapports :

A. A l'égard du mode , on observe trois différences principales. En effet, l'artère qui naît à une hauteur insolite est tantôt la radiale , tantôt la cubitale, et tantôt enfin Pinter-osseuse. L'observation confirme ce qu'il est permis presque de conjecturer d'avance, c'est-à-dire que, de jces trois anomalies, la première est la plus commune, et la dernière la plus rare, ce qui tient évidemment à ce qu'en produisant la première, la nature se conforme encore au type primitif, sous ce point de vue, qu'elle se borne à faire naître plus haut l'artère qui se détache ordinairement la première, c'est-à dire la radiale. Dans la seconde anomalie, outre que la division se fait plus haut que de coutume , il y a inversion , attendu que l'artère inter-osseuse provient de la radiale, et que la cubitale naît au-dessus de cette dernière. Dans la troisième enfin, l'anomalie est portée encore plus loin, puisqu'un vaisseau qui n'est ordinairement fourni que par une des branches de la brachiale, l'artère cubitale, provient immédiatement du tronc de cette artère.

Les artères cubitale et radiale se distinguent l'une de l'autre, quand elles naissent plus haut qu'à l'ordinaire, en ce que la première marche communément plus près de la superficie que la seconde, de manière qu'il lui arrive souvent alors de se placer entre l'aponévrose brachiale et la peau, disposition qui

(1) Voyez mon Mémoire sur los différentes variétés qu'on observe dans la distribution de l'artère brachiale; dans Journ. compl. du dici. des se. mèd., t. III , p. 3i. J'y ai rassemblé tant mes propres observations que les principales d'entre celles qui ont été recueillies par d'autres anatomistes.

DES ARTERES DE LAVANT-ni\ AS. 3çp

n'est toutefois pas constante, si j'en juge d'après mes propres observations.

Mais, de quelque manière que s'opère l'anomalie qui consiste dans la division de l'artère brachiale au-dessus du point ordinaire, le vaisseau qu'elle produit ainsi d'une manière prématurée, se trouve toujours placé au bras, immédiatement à côté de l'artère brachiale superficielle.

B. A l'égard du degré, on peut considérer l'anomalie soit en elle-même, soit par rapport au système vasculaire tout entier.

i° Considérée elle-même , elle offre plusieurs différences, dont voici les principales.

a. Le premier degré consiste dans l'existence des vaisseaux anormaux [yasa aberrantià), branches plus ou moins considérables, qui naissent de la partie supérieure de l'artère brachiale superficielle, et vont se jeter soit dans sa partie inférieure, soit , ce qui est plus commun, dans une des artères de Pavant-bras, en particulier dans la radiale. En pareil cas, on rencontre à la fois la division normale et la division anormale, et l'artère de l'avant-bras dans laquelle se jette le vaisseau anormal, naît réellement par deux racines, l'une supérieure, l'autre inférieure. L'accroissement de la première de ces racines et la diminution de la seconde font que le type normal passe peu à peu à la conformation anormale, jusqu'à ce que celle-ci existe parfaite, lorsque la racine inférieure disparaît entièrement.

b. Un second degré consiste dans l'élévation plus ou moins considérable du lieu où s'opère la division de l'artère brachiale. La division s'effectue, en effet, dans tous les points de l'espace compris entre l'aisselle et l'articulation huméro-cubitale. Les trois artères de Pavant-bras diffèrent les unes des autres, sous ce rapport , en ce que, quoiqu'il arrive beaucoup moins souvent à la cubitale qu'à la radiale de naître plus haut qu'à l'ordinaire, cependant presque toujours, lorsque l'anomalie existe, l'artère cubitale provient d'un point plus élevé, en particulier de l'axillaire elle-même, tandis qu'en général la radiale se détache vers le. milieu du bras. Quand l'artère interosseuse s'écarte ainsi de la disposition ordinaire, elle tire son

origine, soit seulement de l'angle de la bifurcation, comme elle a coutume de le faire, soit d'un point plus élevé.

2° Considérée par rapport au système vasculaire tout entier, celte anomalie existe d'un côté seulement, ou des deux côtés a la fois. Bichat a prétendu qu'on rencontrait le premier cas plus souvent que le second; mais mes propres observations et celles d'autres anatomistes attestent suffisamment le contraire.

Il s'en faut cependant de beaucoup que l'anomalie soit alors exactement la même des deux côtés, à l'égard tant du mode que du degré, et i! paraît même plus commun de la voir présenter des différences sous l'un ou l'autre de ces deux rapports, que de rencontrer le cas contraire, c'est-à-dire une similitude parfaite entre les deux côtés du corps. On ne peut pas encore dire positivement si l'anomalie s'observe plus fréquemment à à gauche qu'à droite, quand elle n'existe que d'un seul côté, et si elle est plus prononcée de ce côté que de l'autre, quand les deux côtés en sont frappés, quoique la chose me paraisse très probable, en raisonnant d'après la différence qu'on sait exister entre le tvpe de formation d'un côté et celui de l'autre, ainsi que d'après ce qui a lieu pour d'autres anomalies, et même d'après diverses observations que j'ai pu recueillir.

Toutes ces anomalies sont également importantes sous le point de vue soit physiologique , soit chirurgical. Elles intéressent la physiologie, parce qu'elles sont des imitations des deux veines superficielles du bras. Le chirurgien doit aussi i. noter avec soin, d'une part, parce qu'elles multiplient les chances de lésion pour les artères du bras, de l'autre , parce qu'elles rendent le rétablissement de la circulation dans le membre supérieur plus facile, lorsque le cours du sang vient à être interrompu d'une manière quelconque dans l'artère brachiale.

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