‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologique [electronic resource] (volume 2)Chapitre 331 sur 529 · AKri.HK CCtfLIAQUE · texte numérisé non relu

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1442. L'artère cœliaque, opisto-gastrique, Ch. (arteriacœliacà) (i), est ordinairement la plus grosse de toutes, et celle qui naît le plus haut, car elle se sépare à angle droit de l'aorte , entre les piliers du diaphragme.

Ordinairement, presque toujours même, quand son tronc n'est pas d'une brièveté extraordinaire, elle fournit d'abord, de son côté supérieur, les artères diaphragmatiques supérieures , sous-diaphragmatiques , Ch. [arteriœ diaphraginaticœ, s. phrem'ece majores , s. principes, s. inferiores), qui en proviennent tantôt séparément et tantôt par un tronc commun très court. Quelquefois l'une de ces artères naît de l'aorte, et l'autre de la cœliaque ; plus rarement, l'une des deux ou toutes deux sont données par l'une des branches de l'a cœliaque, ou même par la rénale, ou enfin par la capsulaire inférieure. Elles montent immédiatement sur les piliers du diaphragme, auxquels elles distribuent des rameaux, fournissent aussi les artères capsidaires moyennes {arteriœ suprarenales medicé), qui sont destinées aux capsules surrénales, et lorsqu'elles ont atteint l'extrémité supérieure des piliers, se partagent en deux branches, l'une antérieure, l'autre postérieure.

La branche postérieure, qui est la plus faible, est quelquefois, au moins d'un côté, fournie directement par l'aorte , soit en partie , soit en totalité. Dans les cas mêmes où le tronc

: principal naît de la cœliaque, elle envoie aux capsules surrénales des rameaux considérables, appelés artères capsidaires supérieures [arteriœ suprarenales superiorcs). Ensuite elle se

^porle en dehors, en dessous et en arrière du centre tendineux

même) vol. III, p. 555). Mayer (p. i56) paraît croire aussi que cette disposition est la plus ordinaire. Murray ( p. Go) et Sœmmcrring ( p. 25a ) pensent qu'elles proviennent tout aussi fréquemment de l'aorte qne de Ja cœliaque. Bichat a été plus exact (p. 285) en disant qu'elles naissent plus souvent de la cœliaque que de l'aorte elle-même Cette remarque avait déjà été faite, long-temps avant lui , par Haller {Faso. II, Annot. ad t. I, p. 6).

(1) A. -F. Walther, De arteriis cœliacis, Léipsick, 172g.

du diaphragme, pour se répandre principalement dans la portion lombaire de ce muscle.

La branche antérieure, beaucoup plus considérable, et qu'on doit regarder comme la conlinuation du tronc, se dirige en avant, le long de PouverLure œsophagienne, au devant de laquelle elle se partage en deux rameaux, l'un interne antérieur, transversal, beaucoup plus petit, qui se distribue à la portion moyenne du diaphragme, et s'anastomose avec celui du côté opposé ; l'autre externe, bien plus gros, qui se jette en dehors, et donne des ramuscules à la portion costale du diaphragme presque tout entière.

Les artères diaphragmatiques inférieures sont principalement destinées a la face inférieure de la partie moyenne du diaphragme. Elles communiquent avec les externes, qui naissent des mammaires internes, des intercostales inférieures et des lombaires, -traversent aussi le diaphragme , pour pénétrer dans la poitrine, et fournissent, dans cette cavité, les artères œsophagiennes, péricardines et médiastines inférieures.

i443. Après et quelquefois aussi avant d'avoir donné les diaphragmatiques inférieures, le tronc cœliaque se partage, le plus ordinairement, en trois branches, qui sont Vartère coronaire stomachique , X hépatique et la splénique. Ces trois branches forment le trépied de Haller (tripus Halleri).

1 444- L'artère coronaire stomachique, storno-gastrique, Ch. ( arteria coronaria ventriculi , s. gastrica superior, major, sinistra, gastro-hepatica sinistra), est ordinairement beaucoup | plus petite que les deux autres branches de la cœliaque. Il arrive rarement qu'elle naisse de l'aorte elle-même, avant cette dernière, soit seule, soit par un tronc qui lui est commun, tantôt avec une des deux diaphragmatiques inférieures seulement, en particulier celle du côté gauche, tantôt avec les deux.

Elle marche d'abord de bas en haut et d'arrière en avant, se jette bientôt n gauche, et donne:

1" Plusieurs artères œsophagiennes inférieures (arteriœ œsophagiœ infeviores).

2° Plusieurs artères cardiaques postérieures (arteriœ cardiacœ posleriores). qui se répandent autour de l'oriGce supé-

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rtétir ot sur le grand cul-de-sac de l'estomac, et descendent principalement sur sa lace postérieure.

5° Très souvent, presque toujours même, Y artère hépatique gauche (1).

De cette artère ou du rameau suivant , naissent les artères gastriques antérieures et supérieures et d'autres œsophagiennes inférieures.

4" Le rameau gastrique (ramus gastricus). Lorsque l'artère coronaire stomachique fournit l'hépatique gauche, elle se bifurque pour lui donner naissance, ainsi qu'au rameau gastrique. Ce dernier se partage ordinairement en plusieurs gros minuscules antérieurs et postérieurs , qui se répandent sur les faces antérieure et postérieure de l'estomac, et s'anastomosent tant entre eux qu'avec les précédens. Constamment il donne un rameau anastômotique plus ou moins considérable , qui suit la petite courbure de l'estomac, et se porte vers le côté droit, où il s'anastomose avec l'artère pylorique.

i445- L'artère hépatique [arteria hepalicà) est plus grosse que la précédente. Quelquefois elle ne donne pas toutes les branches qu'elle a coutume de fournir. Dans ce cas l'anomalie peut avoir lieu de plusieurs manières différentes. En effet, tantôt l'artère hépatique se trouve partagée en deux troncs, qui naissent l'un de la cœliaque, comme à l'ordinaire, l'autre de la coronaire stomachique, ou, plus rarement, de l'aorte; tantôt il y a trois troncs qui proviennent l'un de la cœliaque, le second de la mésentériqù* supérieure, et le troisième de l'aorte

Quelquefois , mais rarement, l'artère hépatique naît tout entière de l'aorte. L'anomalie la plus rare est celle qui consiste en ce qu'elle provient entièrement de la mésentérique supérieure (2).

Le tronc des artères hépatiques marche d'abord transver-

(1) De là le nom de gaslro-lwpatique qu'on lui a donné. Dans ce cas, l'artère coronaire stomachique n'est pas, comme de coutume, beaucoup plus petite que les deux autres branches de la. cœliaque, mais non calibre égale souvent celui de l'hépatique , surtout lorsqu'elle donne

'i rhCme temps une des diaphragmaliques inférieures ou 1ns deux.

(2) Daller, te. anal. fasc. viti, p. 7>G.

salement de gauche à droite; il se porte ensuite un peu obliquement en avant et en haut , en s'engageant dans le sillon transversal du foie.

Un peu avant d'arriver au foie, il se partage en deux branches, Y artère gastro-êpiplo'iqiic droite et la branche hépatique.

i448. "L'artère gastro - épiploïque droite (arteria gastrica dextra inferior, coronaria venlriculi dextra inj'erior, gastroepiploica dextra , pancreatico -duodenalis) , qui est la plus petite de beaucoup , quand il n'existe qu'un tronc hépatique, mais qui, dans les autres cas, .4gale la branche hépatique en volume , se dirige en bas et à gauche, vers l'origine du duodénum, passe au-dessous de cet intestin, entre lui, le pylore et le pancréas, gagne la grande courbure de l'estomac, le long de laquelle elle marche de droite à gauche, et va s'anastomoser avec la gastro-épiploïque gauche.

Chemin faisant elle fournit les branches suivantes :

i° Peu avant d'arriver au duodénum, et en passant sous cet intestin, un ou deux rameaux considérables , les artères pancre'atico - duode'nales (arleriœ pancreatico - duodenales ) , qui descendent le long de la concavité du duodénum , lui envoient un grand nombre de ramuscules, en donnent un ou plusieurs rétrogrades , les artères pyloriques (arteriœ pyloricœ ififeriores), qui se répandent autour du pylore, en fournissent d'autres considérables à la tête et à la portion droite du pancréas, et communiquent par de larges anastomoses avec les ramifications de la mésentérique supérieure.

Un ou plusieurs de ces rameaux anastomoliques sont quelquefois si gros qu'on aurait droit de considérer l'artère gastroépiploïque droite comme une branche de la mésentérique supérieure, plutôt que comme une dépendance de la cœliaque.

2° La continuation du tronc marche le long de la grande courbure de l'estomac, donne un grand nombre de ramifications ascendantes aux deux tiers droits de ce viscère, et en envoie d'autres moins nombreuses, et descendantes, entre les deux feuillets du grand épiploon , où elles constituent les artères e'piploiques droites et moyennes (arleriœ epiploicœ dextrœ et rnediœ). Ces rameaux s'anastomosent , par de grandes

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arcades , tant les uns arec les autres, qu'avec ceux de l'artère gaslro-épiploïquc gauche.

Vers le commencement du tiers gauche de l'estomac, le tronc de l'artère gastro-épiploïque droite diminue peu à peu , et devient très petit, de sorte qu'on distingue très bien la limite qui le sépare de la gastro-épiploïquc gauche , avec laquelle il s'anastomose en cet endroit.

1447. De la branche hépatique (ramus hepaticus), quelquefois aussi du tronc de l'artère hépatique , avant qu'il ait fourni la gastro-épiploîque droite , sort un petit rameau , qui porte le nom d'artère pylorique ou pylorique supérieure [afteria gastrica dextra superior , coronaria ventriculi dextra superior , pylorica superior). Ce rameau descend vers le pylore, où il s'anastomose , par de petites arcades, avec les pyloriques inférieures et avec la gastro-épiploïque gauche.

Bientôt après, la branche hépatique se partage en deux rameaux, l'un adroite, l'autre à gauche.

- Uartère hépatique droite ( arteria hepalica dextra ) est plus grosse que. la gauche. Elle se distribue au lobe droit du foie et à la vésicule du fiel;

Elle ne tarde pas à se diviser en deux branches; l'une plus petite, et destinée à la partie moyenne du foie [arteria hepalica dextra minor, arteria hepatica média) , qui naît quelquefois de l'aorte immédiatement, quoique toutes les autres branches soient conformes à l'état normal, sous le rapport de leur origine; l'autre, plus considérable, qui est la continuation du tronc lui-même. Celte dernière va gagner la veine porte, s'enfonce dans le sillon transversal du foie , où elle se partage eu un grand nombre de ramifications, et donne presque toujours, un peu avant d'y pénétrer, Y artère cystique [arteria cystica) , qui est tantôt simple et tantôt double.

II n'est pas rare que l'artère hépatique droite, soit seule, soit avec la gaslro-épqdoïque droite, provienne de la mésenlérique supérieure, disposition qu'indique toujours la grande anastomose entre ces deux artères, au moyen des pancréatiooduodénales. Il n'est pas rare non plus que l'artère hépatique gauche soit séparée de la droite , et qu'elle naisse du trépied par un tronc commun avec la coronaire stomachique.

4'i2 ANAT0MIE SPECIALE.

1 44^- L'artère splénique (arteria splenica , s. lienalis), la plus considérable des trois branches de la cœliaque chez l'adulte, se porte à gauche , aussitôt après son origine, marchant , au-dessous de l'estomac et derrière lui , dans un sillon transversal du pancréas.

Dans ce trajet , elle donne :

i° De son côté inférieur, les artères pancréatiques moyennes et gauches ( arteriœ pancreaticœ medice et sinistrœ) . vaisseaux ordinairement d'un gros calibre et disposés en arcade, qui se dirigent de droite à gauche, sur le pancréas , et de la convexité desquels naissent un nombre considérable de branches antérieures et postérieures qui pénètrent de bas en haut dans le pancréas.

2" Plus à gauche, les vaisseaux courts [arteriœ gastricœ brèves, s. funcli ventriculi), au nombre de cinq ou six, qui font presque toujours partie des branches multipliées dans lesquelles le tronc de la splénique se divise avant de pénétrer dans la rate. Ces vaisseaux rétrogradent vers la grosse extrémité de l'estomac, sur les deux laces de laquelle ils commua niquent, par de nombreuses anastomoses, avec les artères coronaire stomachique et gastro-épiploïque droite.

On distingue surtout un rameau inférieur très considérable, V artère gastro-épiploïque gauche ( arteria gastrica , s. coronaria siiiislra inferior, gastro-epiploica sinistra), qui descend le long de la grande courbure de l'estomac, s'anastomose ordinairement d'une manière bien évidente avec la gastro-épi-, ploïque droite, et donne de gros rameaux, les artères épiploïques gauches , qui descendent dans le grand épiploon.

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