ARTËBE MÉSBNTKRIQUE SUPÉRIEURE
i449- L'artère rnésentérique supérieure (arteria mesardica , s. mesenterica superior), ordinairement un peu plus grosse que la cœliaque , et souvent plus volumineuse qu'elle, quand une partie de cette dernière naît de l'aorte , ou de la mésen-; térique supérieure elle-même , sort en général du .tronc aortique, immédiatement au-dessous du tronc cœliaque. 11 n'est pas très rare qu'elle provienne d'un tronc commun avec ce-
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lui- ci , et ce tronc commun a même quelquefois près d'un pouce de long (i); disposition remarquable, en ce qu'elle rappelle ce qui a lieu dans les tortues.
L'artère est d'abord couverte par le pancréas, derrière lequel elle descend perpendiculairement, sur la partie inférieuru du duodénum. Elle passe ensuite entre les deux feuillets du mésentère, vers le milieu duquel, à peu près, elle décrit une courbure considérable, dont la convexité regarde à gaucbe , en avant et en bas, tandis que sa concavité est tournée adroite, en arrière et en haut. Cette courbure, beaucoup plus éloignée de l'intestin grêle dans son milieu et supérieurement, que dans sa partie inférieure, diminue peu à peu, et se termine à droite et en bas, au côté droit de la légion lombaire.
De cette courbure naissent toutes les branches constantes de la mésentérique supérieure, qui est chargée de fournir le. sang à une partie du pancréas, à tout l'intestin grêle, et à la plus grande partie du gros intestin, notamment à sa portion droite et à sa portion transversale. Les premières branches se rendent au pancréas et au duodénum; les suivantes vont gagner le gros intestin , et les inférieures sont destinées à l'intestin grêle. Les premières s'anastomosent avec l'artère hépatique, plus rarement aufsi avec la coronaire stomachique (2).
Les artères de l'intestin grêle (arteriœ intestinales), qui proviennent de la convexité de la courbure de la mésentérique supérieure, méritent d'être examinées avant toutes les autres (5), parce que la première d'entre elles naît plus haut que celles qui sortent de la concavité, et que l'étude de ces dernières conduit naturellement à celles des branches qui émanent de la mésentérique inférieure.
(1) Ilaller regarde cette disposition comme une anomalie rare, parce qu'il ne l'a observée ■ qu'une seule fois (7c. an. f'asc. vin , p. 35, n° 11). Cependant elle me parait être plus commune qu'il ne le pensait , puisque je l'ai rencontrée cinq fois sans que j'eusse spécialement en vue de la chercher dans la plupart des cadavre* que j'ai ouverts. (2) Barclay, loc. cit., p. 182.
(5) Cette méthode a été suivie par Mayer (p. 170) et Monro (p. 535) mais non par Murray (p. 68), Sœmmcrring (p. 267) et liiehat (p. 267),
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Les artères intestinales supérieures sont ordinairement les plus longues; cependant la première de toutes est généralement un peu plus courte que celles qui viennent après; mais les dernières, ou les plus inférieures, sont beaucoup moins longues que les autres: elles sont en même temps les plus petites.
Ordinairement on en compte de seize à vingt; mais il faut réduire ce nombre à dix ou onze, parce qu'il est plus exact de considérer les plus inférieures, non comme des troncs particuliers, mais seulement comme des rameaux secondaires de la dernière branche qui, en se portant de gauche à droite et de bas en haut, s'anastomose avec la dernière des branches nées de la concavité. Si l'on suit la méthode ordinaire, le nombre des artères intestinales s'élève alors presque toujours à plus de vingt, et les huit ou neuf dernières sont extrêmement petites.
Sous le rapport du diamètre, ces artères diminuent, à la vérité, de haut en bas; cependant on en trouve ordinairement, entre les plus grosses, quelques unes qui sont d'un très petit, calibre, quoiqu'elles proviennent également du tronc même de la mésentérique.
Elles marchent toutes entre les deux feuillets du mésentère, pour gagner l'intestin , distribuant, chemin faisant, un très grand nombre de ramifications à cette membrane, ainsi qu'aux glandes mésenlériques. Elles se partagent ordinairement, d'autant plus tard qu'elles sont plus longues, en deux rameaux, l'un supérieur, l'autre inférieur. Ces rameaux, en s'anastomosant avec les rameaux opposés des branches voisines, forment une grande arcade, composée d'autant d'arcades plus petites qu'il y a d'artères intestinales, et dont la convexité est tournée vers la concavité de l'intestin grêle. Les deux rameaux ne se réunissent pas promptement ensemble , mais leur anastomose ne s'opère qu'à une distance, proportion gardée, peu considérable du canal intestinal.
De la convexité de ces arcades, naissent, très serrées les unes contre les autres, un grand nombre de ramifications secondaires, qui s'anastomosent fréquemment ensemble. De là résulte une arcade extérieure d'une bien plus grande étendue, ctcom-
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posée d'un nombre bien plus considérable encore de petites arcades, d'où proviennent une multitude extraordinaire de ramifications tertiaires. Celles-ci se bifurquent encore deux ou trois fois, et s'anastomosent également de la même manière, du moins dans les endroits où les artères intestinales sont plus volumineuses.
Ces vaisseaux représentent donc, par leur division , un réseau a mailles très larges.
Enfin, de la circonférence externe de ce réseau naissent une foule de petites artérioles, partagées en deux séries, l'une antérieure, l'autre postérieure, qui se portent au canal intestinal, dans la membrane interne duquel elles pénètrent, après s'être encore subdivisées et anastomosées un grand nombre de fois.
La description détaillée de leur distribution dans l'intestin sera mieux placée à la suite de celle du canal intestinal luimême, qu'elle ne le serait ici.
i45o. De la concavité de la courbure de l'artère mésentérique supérieure, à peu près en face de l'endroit d'où proviennent les troisième, quatrième , cinquième et sixième artères intestinales , et à la distance d'un pouce environ les unes des autres, naissent constamment deux branches au moins, et presque aussi souvent, ou du moins dans des cas qui ne sont pas beaucoup plus rares , trois rameaux, qui appartiennent exclusivement au colon, en particulier à sa portion droite, et qu'on peut appeler artères coliques droites (arlcrice colicœ dextrœ ). Parmi ces branches , la moyenne est ordinairement plus petite que les deux autres , et en général elle naît plus près de la supérieure que de l'inférieure.
1 45 1 - La plus inférieure, qui se porte à droite, en dehors et en bas , a repu le nom à'artère colique droite inférieure, ou iléo-colique, cœcale , Ch. ( arleria colica inferior dextra , ileocolica ). A quelque distance de son origine , elle envoie en bas une branche, qui en partie s'anastomose avec ce que je regarde comme la dernière artère intestinale , et qu'on considère ordinairement comme le tronc de la mésentérique supérieure, s'unissant avec cette artère un peu avant sa termi-
liaison ; en partie aussi se rend, sous le nom à" artère de l'appendice cœcal ( arleria appcndicalis) , ù l'appendice verni iforme du cœcuiu, le long duquel elle remonte jusqu'à son extrémité, en lui fournissant un grand nombre de ramifications , qui se détachent a angle aigu de sa convexité.
Elle se partage ensuite en deux rameaux, l'un ascendant , l'autre descendant.
Le rameau descendant , ou artère cœcale (arleria cœcalis), envoie un ramusculeanastoraolique considérable à la dernière artère intestinale ou à l'extrémité de la courbure de la mésentérique supérieure; après quoi il se partage en deux autre.} rameaux secondaires, Y artère cœcale antérieure et l'artère cœcale postérieure, qui se répandent dans les parties correspondantes du cœcum, et s'anastomosent avec l'artère de l'appendice cœcal.
Le rameau ascendant ou anastoniotique (ramus adscendens , s. anastomoticus) monte à peu de distance de la partie concave du canal intestinal, le long du colon ascendant, auquel il envoie une quantité considérable de ramifications, qui n'égalent cependant pas celles des artères intestinales en nombre , et qui s'anastomosent aussi moins fréquemment ensemble. Parve-: nues au voisinage du colon, ces ramifications se partagent en ramuscules, formant deux séries, l'une antérieure, l'autre postérieure , et qui pénètrent tous dans les parois de cet intestin.
i/j52. Uarlère colique droite moyenne , colique droite , Ch. ( arleria colica dextra média , colica dextra , colica dextra inferior) , toujours la plus petite des trois branches qui naissent de la concavité de la courbure de la mésentérique , pro vient très souvent de la supérieure. Quelquefois, mais fort, rarement, elle est fournie par l'inférieure (i). Ordinairement
(i) Bichat paraît révoquer ce l'ait en doute, mais à tort, puisqu'il dit ( p. 267) que la colique inférieure est constamment isolée. Murray cl Mayer n'en parlent pas non plus, quoiqu'ils lassent observer avec justesse i|uc , dans beaucoup de cas , les deux coliques droites supérieures ne forment qu'un seul tronc. Sabaticr et Sœmmerringse rapprochent davantage de la vti'ilé en disant qu'il est rare que les deux coliques droites inférieures naissent par une origine commune. D'autres , le.ls que Portai et
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son origine est placée à très peu de distance de celle de la colique supérieure.
Lorsque c'est cette dernière qui la donne, elle naît ordinairement à l'endroit même où, quand elle provient de la mésentérique, elle s'anastomose avec la colique supérieure par un rameau court, niais très considérable, de sorte que, lorsqu'elle constitue un tronc distinct , ou doit proprement la considérer comme une branche d'anastomose entre la colique droite supérieure et le tronc de la mésentérique.
Quand elle naît du tronc même de la mésentérique, elle se partage, a quelques pouces de son origine, en deux rameaux, l'un supérieur , l'autre inférieur.
Le rameau supérieur, ascendant, est beaucoup plus court, et s'anastomose avec un rameau analogue de l'artère colique droite supérieure.
L'inférieur , descendant, et bien plus gros, se porte le long de lu concavité du colon ascendant, et s'anastomose, par une grande arcade, avec le rameau ascendant de l'artère colique droite inférieure.
Cette artère fournit le sang à la partie moyenne du colon ascendant.
n'|53. L'artère colique droite supérieure , méso-colique, Ch. (arleria colica superior dextra, colica média, s. anastomolica dextra), naît ordinairement à quelques pouces au-dessous de l'origine du tronc , et à la hauteur du méso-colon transverse. Elle s'engage de suite entre les deux feuillets de cette duplicalure du péritoine, marche directement d'arrière en avant, vers la partie moyenne du colon transverse , et se partage en deux branches, l'une droite , l'autre gauche.
La branche droite, ordinairement un peu plus petite que l'autre, est aussi plus courte, et s'anastomose avec le rameau ascendant de l'artère colique droite moyenne, qu'elle remplace quelquefois entièrement (§ i/jSa).
La branclie gauche { ramus anaslomoticus magnus) passe derrière la portion gauche du colon trausverse, communique avec le rameau ascendant de l'artère colique gauche fournie
Moiu'o, île parlent que <Li cas où les trois artères forment autant de troncs distincts.
par la mésentérique inférieure, et forme avec lui la plus grande de toutes les anastomoses qu'on rencontre chez l'homme par- il faitement développé. Il est extrêmement rare que cette ana- | stomose manque.
L'artère colique droite supérieure se distribue à la partie supérieure du colon ascendant, ainsi qu'aux portions droite et moyenne du colon transverse.
i454- Une branche de l'artère mésentérique supérieure, dont l'existence ne se rattache qu'aux premières périodes de la vie , est Yartère omphalo-mésenlérique ( arteria omphalomesaraïca), qui naît ordinairement de ce tronc, quoique son origine n'y ait point, d'emplacement constant, et qui , accompagnée par la veine du même nom, quitte le mésentère, passe sur la partie inférieure de l'intestin grêle, gagne l'ombilic, sort du bas-ventre avec l'intestin, pour entrer dans la gaîne ombilicale, avant la fin du second mois de la grossesse, et s'étend jusqu'à la vésicule ombilicale, à la surface de laquelle ses ramifications se répandent. Cette branche existe constamment jusqu'à la fin du second mois, après l'expiration duquel on la trouve presque toujours totalement oblitérée , et visible seulement dans le mésentère et près du nombril. Mais quelquefois elle persiste sans s'oblitérer, conservant même un calibre assez fort, et s'étend, avec la veine qui l'accompagne, jusqu'à l'anneau ombilical, ou même jusque dans le cordon. D'autres fois elle est oblitérée , mais s'élend de l'intestin à l'ombilic. Ces deux cas ont lieu principalement lorsque le canal intestinal, soit seul, soit avec d'autres organes, s'est arrêté à l'un des premiers degrés au'il parcourt dans sa formation successive. L'artère omphalo-mésentérique est sans contredit la plus volumineuse de toutes celles de Fembryon.