‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologique [electronic resource] (volume 2)Chapitre 348 sur 529 · ARTÈRE ÉPIGASTRIQUE · texte numérisé non relu

ARTÈRE ÉPIGASTRIQUE

1486. L'artère épigastrique, sus-pubienne, Ch. (arteriâ epigastrica), est rarement une branche de l'artère crurale ou de la profonde (î); mais souvent elle naît par un tronc commun avec l'obturatrice, de sorte qu'on peut la considérer comme fournissant cette dernière (2) (§ i4?5), sans que,

(1) Monro, Morbid anatomy of the human gultct , Edimbourg, 1S11, p. 4 26.

(2) Je n'ai du moins jamais trouvé en pareil cas que l'artère épigaslrique fût une branche de l'obturatrice, quoiqu'il me soit arrivé assez souvent de les voir naître toutes deux par un tronc commun , et que j'aie plusieurs exemples de cette anomalie sous les yeux. Hesselbach ( Vcbcr den Urprung und das Forlschreitcn der Lcislen-undSchcnhclbrïtche, Wurzbourg, p. 17.) et Bekkcrs ( toc. cit., p. 3 1 5 ) parlent , à la vérité , d'un cas où l'artère épigastrique serait née de l'obturatrice. Mais c'est une erreur manifeste, puisqu'il résulte de la description que le premier donne de cette

pour cela, son origine soit nécessairement déplacée, et reportée un peu plus haut qu'à l'ordinaire. Il arrive aussi qu'elle se détache de l'iliaque externe , tantôt plus haut et tantôt plus bas, de manière' que l'endroit de son origine varie dans une étendue de deux pouces , sans que, pour cela, l'artère obturatrice soit nécessairement au nombre des branches qu'elle fournit (1). Ainsi l'on doit considérer comme erronées l'assertion d'Hesselbach, qui prétend que cette artère varie rarement dans son origine et son trajet (2), et celle de Mayer (3), qui dit, comme Burns, que toujours elle naît immédiatement au-dessous de l'arcade crurale. Ce dernier cas ne s'observe même pour ainsi dire jamais, car l'artère épigastrique prend presque toujours naissance au-dessus du ligament de Poupart. Au contraire, la hauteur à laquelle elle se détache de l'iliaque externe varie beaucoup, quoique l'artère ne provienne point d'un autre vaisseau (4). Cependant elle naît, en général, immédiatement au - dessus de l'arcade crurale (5) , et il n'est nullement de règle que son origine soit placée à un pouce (G) , ou même à deux pouces (7), au-dessus de cette arcade.

anomalie, en disant que l'artère obturatrice provenait du côté interne de la crurale à plus d'un pouce au-dessus de l'arcade crurale, puisqu'il en résulte, dis-jc, que le tronc commun provenait, comme on le voit ordinairement dans ce cas, jde l'iliaque externe et non de l'iliaque interne ou hypogastrique, ainsi que la chose aurait dû avoir lieu pour que les expressions employées par Hesselbach fussent exactes. Cependant il peut très bien se faire que cette anomalie ait lieu quelquefois. Monro {loc. cit., p. 4^7 ) parait l'avoir observée, car il dit que, dans une pièce qu'il a sous les yeux , l'artère épigastrique naissait de l'obturatrice , et se portait ensuite en haut et en dedans, vers le muscle droit du bas-ventre.

(1) Coïncidence qu'Hesselbach semble croire nécessaire.

(2) Hesselbach, toc. cit., p. 17-62.

(3) Mayer , Bcsclircibting der Blutgcfâsse des menschlichen Kôrpcrs , p. 206. I!

(4) Monro s'est donc montré très exact eh disant ( loc. cil., p. 254) qu'on observe de nombreuses variétés dans l'origine de l'artère épigastrique.

(5) Comme le disent très bien Ricuat (loc; cit.,?. 3n) et Murray (loà eit:,p.S9). ......... ..<{

(6) Monro', Outlincs , p. 55/(.

(7) Suivant Sœmnierring , foc. cit., p. 5o-.

Lorsque l'artère épigastrique naît plus haut qu'à l'ordinaire, «lie descend jusqu'aux environs de l'arcade crurale, quelquefois même très bas, jusqu'au-dessous de cette arcade, et toujours elle passe derrière le commencement du cordon spermalique , au-dessus de l'anneau l'inguinal, de manière à se placer au côté interne de ce cordon. Là , elle se recourbe tout-à-coup, et remonte ensuite verticalement, située à la face postérieure du muscle droit du bas-ventre, d'abordentrece i muscle et le péritoine, puis entre lui et le feuillet postérieur de la gaîne.

Aussitôt après s'être réfléchie autour de l'origine du cordon spermalique, elle donne, immédiatement au-dessus de l'anmeau inguinal, une branche constante, qui se partage en deux rameaux; l'un, dirigé en arrière et en bas, s'anastomose avec l'artère iliaque ; l'autre, transverse, se porte en dedans, marche le long de la branche horizontale du pubis, derrière l'anneau inguinal, et communique avec celui du côté opposé. Elle envoie aussi au cordon spermalique, ou au ligament rond de la matrice, quelques ramifications qui pénètrent jusque dans le scrotum elles grandes lèvres, et s'anastomosent en bas avec les artères spermatiques, en haut avec les utérines chez la femme. Ces ramiûcalions destinées au cordon sperma- [ tique et au ligament rond de la matrice proviennent quelquefois du tronc de l'iliaque externe, au-dessus même de l'épi— .gastrique, surtout lorsque celle-ci naît plus bas qu'à l'ordinaire. Celte disposition coïncide avec* l'origine très élevée des artères spermatiques, malgré la situation déclive des testicules et des ovaires, puisqu'elle dépend manifestement de ce que le cordon spermalique se trouve d'abord plus refoulé à l'intérieur et plus élevé.

Le tronc de l'artère épigastrique, divisé inféricurement en deux rameaux, l'un externe, presque toujours plus volumineux, l'autre interne , plus petit, monte sur la face postérieure et Idans la substance du muscle droit du bas-ventre, envoie plusieurs rameaux, dont un surtout est souvent plus gros que les autres, en dehors , dans la partie interne des muscles larges du bas-ventre, fournit à ces muscles, ainsi qu'aux pyramidaux et au péritoine, et se termine, à peu près vers le milieu

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de la hauteur de l'abdomen, en s'anastomosant avec les branches des artères thoraciques externes, des intercostales inférieures et de la mammaire interne.

La situation de l'artère épigastrique fait qu'elle se trouve au côté externe de la tumeur dans la hernie inguinale interne, et à son côté interne dans la hernie inguinale externe, de sorte qu'on la blesse, dans le premier cas, quand on conduit l'incision en dehors, et dans le second, lorsqu'on dirige le bistouri en dedans. Il est rare au moins qu'elle soit assez reculée du côté interne pour s'élever avec l'artère ombilicale ou les débris de ce vaisseau, et pour marcher en conséquence au côté interne de la tumeur, même dans une hernie inguinale interne (1). Dans la hernie crurale, elle se trouve ordinairement en dehors, de manière qu'on court risque de l'ouvrir quand on incise dans cette direction. Cependant il est difficile de la blesser quand elle ne naît pas plus bas qu'à l'ordinaire) tandis que la chose est facile lorsqu'elle provient de l'artère crurale, cas dans lequel tantôt elle monte s"ur le côté externe de l'anneau inguinal, tantôt elle passe au-devant de celte ouverture, pour gagner son côté interne. On peut encore la couper lorsque, sans naître plus bas qu'à l'ordinaire, elle descend d'abord superficiellement, et ne se redresse qu'ensuite pour se porter vers l'ombilic.

1487. Quelquefois, au-dessous de cette branche, ou même de la suivante, ou enfin de l'arcade crurale, il naît, du côté interne de l'iliaque , une branche considérable, dont Je volume égale presque la moitié du calibre de l'épigastrique , qui monte en dehors de l'anneau inguinal, entre la face externe du muscle oblique du bas-ventre et la peau, donne des ramifications à ce muscle, mais surtout aux tégumens, s'étend jusqu'à la région ombilicale, s'anastomose en bas avec l'artère épigastrique, et peut très bien, être considérée comme une seconde épigastrique. Lorsque cette branche existe, elle se trouve aussi en dehors de la tumeur, dans le cas d'une hernie inguinale externe, et on la blesserait si l'on conduisait le bistouri datis celte direction.

(1) Bekkers, loc. cit., p. 5 16.

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