‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologique [electronic resource] (volume 2)Chapitre 359 sur 529 · ARTÈRES PLANTAIRES · texte numérisé non relu

ARTÈRES PLANTAIRES

a. Artère plantaire interne.

i522. L'artère plantaire interne (arteria planlaris interna) est toujours plus petite que l'externe , et varie moins que celte dernière sous le rapport du volume. Elle suit la direction du tronc, et se porte en avant, sous les tendons du long fléchis seur des orteils, au-dessus de la longue tête de l'abducteur du gros orteil , non loin du bord interne du pied. Dans ce trajet , elle envoie des rameaux superficiels aux muscles abducteurs du gros orteil, court fléchisseur de cet appendice et court fléchisseur commun des orteils, donne des rameaux profonds à la moitié interne de la face plantaire de l'appareil ligamenteux du tarse, au calcanéum , à l'astragale et au scaphoïde, s'anastomose, sur plusieurs points , au-dessus du bord interne du pied, avec les branches de l'artère interne du tarse et dé lapédicuse, produit antérieurement , entre le gros et le second orteils , ordinairement une , souvent aussi deux branches , qui constituent l'artère plantaire du gros orteil, et s'anastomose assez souvent, par un rameau externe, avec l'arcade plantaire profonde.

b. Artère plantaire externe.

1 5a5. L'artère plantaire externe ( arteria planlaris externa ) est plus profonde que l'interne. Son volume varie bien davantage que celui de cette dernière. Souvent elle est à peine marquée ; d'autres fois elle a un calibre triple de celui de l'interne. Ces différences dépendent principalement de celles qui ont lieu dans levolume de l'artère pédieuse (§ i5i2), car il règne toujours un rapport inverse entre le calibre de ces deux vaisseaux.

L'artère plantaire externe s'écarte sur-le-champ beaucoup en dehors. Marchant entre l'abducteur du gros orteil et le <-ourt fléchisseur des orteils, qu'elle couvre, et le muscle carré de la plante du pied qui se trouve au-dessus d'elle, elle gagne

le bord externe de la plante du pied , où elle se dirige d'arrière en avant, le long du bord interne de l'abducteur du petit or- * teil , donne des rameaux à tous les muscles qui viennent d'être énumerés , et s'anastomose avec les artères du tarse et du métatarse par plusieurs rameaux qui remontent au-dessus du bord externe du pied.

Arrivée à l'extrémité postérieure du cinquième os du métatarse, elle se replie en dedans, et donne, soit en cet endroit, soit un peu auparavant, une branche considérable, Yartère plantaire péronière du petit orteil ( arteria digitalis plantaris pcronœa digiti quinti) , qui se porte en avant, sur le muscle fléchisseur du petit orteil, le long du bord péronier de cet appendice, jusqu'à son extrémité antérieure , distribue des ramifications à son muscle fléchisseur, au troisième interosseux interne et à la peau, et s'anastomose enfin, sur la phalange unguéale du petit orteil, avec la branche tibiale.

Ensuite l'artère plantaire profonde ou interne se dirige presque transversalement en devant et en dedans, entre les inlerosseux internes et les autres muscles de la plante du pied, et, s'anastomosant avec le rameau anastomolique profond de l'artère pédieuse (§ i5i6), forme Y arcade plantaire profonde, dont la concavité regarde en arrière, et la convexité en devant, et qui est située très profondément sur les extrémités postérieures des os du métatarse.

c. Arcade plantaire.

i52/j. Hz. Y arcade plantaire profonde (arcus plantaris profundus) naissent les artères des orteils et les perforantes , tant antérieures que postérieures.

a. Artères des orteils.

1 525. De la convexité de cette arcade , en devant , proviennent les artères des orteils (arterice digitales), dont voici les caractères généraux :

i° Profondément situées à la plante du pied, elles marchent derrière en avant, sur le ventre carré du long fléchisseur des orteils et le ventre transversede l'adducteur du gros orteil.

DES ARTÈRES DES MEMBnES INFERIEURS.

•2° Elles se partagent, entre les extrémités postérieures de deux orteils, en deux branches, qui vont gagner, l'une le côté tibial de l'orteil externe , et l'autre le côté péronier de l'orteil interne.

5° Les deux branches se réunissent ensemble sur la phalange unguéale, et s'anastomosent en outre tant l'une avec l'autre qu'avec les rameaux dorsaux.

4° Elles s'anastomosent en devant avec les artères du métatarse, tant supérieures qu'inférieures, à l'endroit même de leur bifurcation.

Mais elles présentent de grandes différences sous le point de vue de leur origine. Le plus généralement , l'arcade profonde donne naissance aux deux artères plantaires des trois orteils externes et à la branche péronière du second. Il est plus rare qu'elle produise aussi la branche tibiale de ce dernier orteil et les branches plantaires du gros.

La branche péronière du cinquième orteil naît souvent de l'arcade plantaire immédiatement, et même, plus loin derrière elle, de l'artère plantaire externe (§ i52o); mais il n'est pas rare qu'elle provienne d'un tronc commun avec la branche tibiale du cinquième orteil et la branche péronière du quatrième. Je n'ai jamais vu que, quand cette première artère digitale donnait aussi la branche tibiale , elle fût destinée seulement au cinquième orteil , et ne se rendît point en même temps au côté péronier du quatrième. Lors même que la branche péronière du cinquième orteil forme un tronc distinct et séparé, elle communique ordinairement , par des rameaux anastomoliques très considérables, tant sur le métatarse que sur la première phalange de l'orteil, avec la seconde artère digitale et la branche tibiale du cinquième orteil.

La seconde artère digitale , lorsqu'elle ne forme pas un tronc commun avec la précédente, est destinée au côté tibial du cinquième orteil et au côté péronier du quatrième.

Vient ensuite la troisième, qui se rend au côté tibial du quatrième orteil et au côté péronier du troisième. Quelquefois cette artère est double depuis l'arcade , d'où elle naît, jusqu'à la partie antérieure du tarse ; mais là ses deux troncs se réunissent en un seul, qui se partage bientôt en deux branches,

4g4 ANAT0M1E SPÉCIALE.

la tibiale du quatrième orteil et la péronière du troisième. Cette disposition a lieu principalement lorsque le nombre ordinaire des artères digitales se trouve diminué d'une manière quelconque, comme par la réunion en un seul tronc de la branche péronière du cinquième orteil et des deux branches suivantes.

Ordinairement on observe plus loin une quatrième artère digitale, qui se distribue de la même manière au troisième orteil et au second.

La cinquième forme très constamment la branche tibiale du second orteil. Quelquefois, lorsque l'artère tibiale antérieure est beaucoup plus faible, et la postérieure au contraire bien plus grosse qu'à l'ordinaire , elle constitue Vartère plantaire commune du gros orteil, d'où provient en même temps alors la branche tibiale du second.

L'artère plantaire du gros orteil et la branche tibiale du se-' cond sont celles qui varient le plus dans leur origine et leur disposition.

Le plus ordinairement celte artère est la continuation et laterminaison du tronc de la pédieuse , qui , parvenue à la première phalange du gros orteil, se porte à sa face plantaire, et produit toutes les branches, tant plantaires que dorsales, de cet appendice, fournissant d'abord le rameau péronier dorsal, puis le péronier plantaire, ensuite le libial plantaire, et enfin !e libial dorsal, qui s'anastomosent ensemble à la manière ordinaire.

Plus rarement, la continuation du tronc de l'artère pédieuse se partage, aussitôt après avoir donné le rameau anastomotique profond à la plante du pied, en deux branches, l'une supérieure , qui devient le tronc commun de l'artère dorsale du gros orteil et la branche tibiale du second; l'autre inférieure, ou le tronc commun des deux artères plantaires de cet orteil, qui, vers le milieu de la face inférieure du gros orteil, se bifurque pour donner naissance aux deux branches plantaires. Mais il est à remarquer qu'ici encore nous trouvons un rapprochement entre l'anomalie et la disposition normale ou plus ordinaire que j'ai décrite d'abord, puisque les deux branches communiquent ensemble , à la base des deux

DES ARTÈnES DES MEMBRES INFERIEURS. 4£)5

premiers orteils, par un rameau anastomotique très considérable.

L'artère plantaire interne superficielle, fournie par la tibiale postérieure, participe toujours a la formation des deux branches plantaires du gros orteil et de la branche interne du second, puisque constamment elle s'anastomose , vers l'extrémité antérieure du premier os du métatarse , avec le tronc de ces branches, d'où résulte V arcade plantaire superficielle (arcus planlaris superficialis ).

Quand l'artère tibiale antérieure est plus petite qu'à l'ordinaire, il lui arrive, rarement toutefois, de ne fournir que l'artère dorsale du gros orteil ; quelquefois aussi elle donne en

, partie l'artère tibiale du second. Au contraire, le tronc d'où proviennent les branches plantaires du gros orteil et la branche plantaire du second, Yarlhre plantaire interne, est bien plus volumineux que de coutume, et cependant encore fortifié toujours par une branche variable dans son calibre , il est vrai, qui provient de l'arcade plantaire profonde, et qui

• communique avec lui vers l'extrémité du premier os du métatarse.

Enfin , quelquefois, mais rarement aussi, toutes les artères du gros orteil et du second ne proviennent que de la tibiale postérieure, principalement de l'arcade profonde. L'artère tibiale antérieure, qui est fort petite , se termine alors simplement, par le rameau anastomotique profond, dans l'arcade plantaire profonde , et de celle-ci naît une forte branche, qu ne tarde pas quelquefois à se partager elle-même en deux rameaux : l'un, plus profond et plus gros, qui est la continuation du tronc, se dirige d'arrière en avant, sur le premier os du métatarse , se trouve encore fortifié par une ou deux branches provenantes de l'artère plantaire interne, qui offre aussi, dans ce cas , un volume extraordinaire , et se bifurque pour donner naissance à l'artère plantaire commune du gros orleil, ainsi qu'a l'artère tibiale du second; l'autre, plus petit et (tins rapproché de la superficie , monte vers le dos du pied, entre les deux premiers os du métatarse , donne les branches dorsales du ;,rros orteil , et devient, conjointement avec une seconde n-iire digitale fournie par l'arcade profonde, le tronc com-

49G ANAT0MIE spéciabe.

m un de la branche libiale du troisième orlcil et delà branche péronière du second.

(3. Artères perforantes antérieures.

1526. Les artères perforantes antérieures {arteriœ perforantes anteriores) naissent du côté antérieur de l'arcade plantaire profonde, quelquefois entre les artères digitales. Ce sont de petits vaisseaux destinés uniquement aux muscles inlerosseux, au ventre transversal de l'adducteur du gros orteil, et aux os du métatarse , et dont une partie des ramiGcations se jettent antérieurement dans les artères digitales et la pédieuse.

y. Artères perforantes postérieures.

1527. Du côté postérieur et supérieur de l'arcade plantaire profonde naissent les artères perforantes postérieures (arleriœ perforantes posteriores). Celles-ci fournissent des rameaux £ la partie postérieure des muscles inlerosseux, en donnent aussi de rétrogrades à la partie antérieure des ligamens du tarse et aux os, et, traversant les extrémités postérieures des espaces inlerosseux, arrivent sur le dos du pied , où elles s'anastomosent avec les artères interosseuses supérieures.

En général , ces artères sont petites , et ne peuvent être considérées que comme des anastomoses entre les arcades plantaires et dorsales. Cependant , comme ces dernières et les artères interosseuses dorsales sont ordinairement bien plus volumineuses que les parties qui leur correspondent à la main, il arrive quelquefois que les artères perforantes postérieures se développent a un degré extraordinaire, et fournissent les interosseuses dorsales , de sorte que l'artère transverse du tarse n'envoie plus que de faibles rameaux anastomotiques à leurs extrémités postérieures , dans l'endroit où elles apparaissent sur le dos du pied. Mais, dans ce cas, elles ne sont pas l'unique source des artères interosseuses dorsales, celles-ci provenant en même temps des artères plantaires des orteils . qui sont beaucoup plus grosses que les troncs ordinaires des artères digitales, et qui donnent toutes les branches digitales

Page 1