DE L'ARTÈRE PULMONAIRE
i63a. L'artère pulmonaire ( artcria pulmoralis , s. vena arteriosa), ordinairement un peu plus petite que l'aorte, naît do sommet ou du cône du ventricule droit, monte de droite à j gauche et d'avant en arrière, et présente une convexité à droite, en haut, en devant, tandis qu'elle offre une concavité à gauche, en bas et en arrière. A sa partie inférieure, elle couvre le commencement de l'aorte en devant, et, dans le reste, de son trajet, elle marche à côté et à gauche de celte artère , au-dessous de sa crosse et à la gauche de son tronc. Après avoir parcouru l'espace d'environ deux pouces, elle se partage en deux branches, l'une droite, l'autre gauche. De sa bifurcation part un cordon arrondi, solide, épais d'une ligne, et long de quatre à peu près , qu'on appelle ligament artériel (ligamentum arteriosum). C'est le débris d'un conduit qui existait autrefois, le canal artériel on de Botal( ductus arleriosus, s. Botallianus ), ou racine droite de l'aorte, dont je décrirai exactement les changemens lorsque j'exposerai l'histoire du foetus. Ce cordon monte un peu obliquement de droite à gauche , vers le commencement de l'aorte ascendante, à la partie antérieure de laquelle il est fixé d'une manière si solide qu'oa ne peut l'en détacher sans occasioner une solution de conti-
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nuité. Ordinairement une ossification cylindrique plus ou moins apparente se forme dans son intérieur , même chez les jeunes gens, peu de temps après que le canal s'est oblitéré complètement, d'après cette loi générale, que l'ossification est un signe de diminution de l'activité vitale dans les organes.
Les deux branches s'écartent du tronc à angle droit, pour gagner chacune le poumon qui lui correspond.
La branche droite se porte transversalement à droite, imimédiatement derrière l'aorte et la veine cave supérieure, au devant de la bronche droite. Non seulement elle est plus grosse que la gauche, ce qui tient au volume plus considérable du poumon droit, mais encore elle est plus longue qu'elle de toute a largeur de l'aorte. Elle s'enfonce aussi plus profondément dans la scissure du poumon, et se partage, de haut en bas, avant d'être parvenue à la substance de l'organe, en deux rameaux, l'un supérieur, plus petit, l'autre inférieur, beaucoup ilus gros.
Le rameau supérieur se porte en haut , et, au moment où il entre dans le poumon, se divise de nouveau en deux ramuscules , dont l'inférieur est également plus volumineux, tandis que le supérieur se bifurque à son tour.
Le rameau inférieur descend derrière la veine pulmonaire ■supérieure, pour gagner le lobe moyen et le lobe inférieur du poumon. II se divise, vis-à-vis du lobe moyen , en deux ramuscules, l'un antérieur et supérieur, qui se bifurque encore avant de s'enfoncer dans la partie la plus interne du lobe moyen, l'autre beaucoup plus gros et inférieur, qui, couvert d'abord en devant par la branche moyenne de la bronche droite, gagne le lobe inférieur, et se divise en trois ramifications avant d'y pénétrer.
La branche gauche de l'artère pulmonaire, plus courte et plus étroite, monte un peu à gauche, se dirige vers le poumon gauche, en passant devant l'origine de l'aorte descendante , se porte de dedans en dehors dans la scissure de ce poumon, entre son lobe supérieur et son lobe inférieur, et se partage en rameaux supérieurs et en rameaux inférieurs. Ceux de ses rameaux qui naissent les premiers, les posté-
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rieurs, sont ordinairement plus petits que ceux qui viennent après, les antérieurs; et ceux qui montent clans le lobe supérieur sont moins gros mais plus nombreux que ceux qui descendent dans l'inférieur. Tous se bifurquent ordinairement au moment de leur entrée dans l'organe.
Les deux branches de l'artère pulmonaire et toutes leurs ramifications sont placées au-dessus et en avant des bronches et de leurs subdivisions.
i633. Les anomalies congéniales de l'artère pulmonaire sont :
i° L'absence totale ;
2° L'occlusion;
3° L'étroitesse considérable ;
4° L'implantation sur l'aorte. Alors tantôt elle ne forme qu'un seul tronc, et tantôt ses deux branches principales naissent de deux endroits distincts;
5° L'implantation sur le ventricule gauche;
6° L'implantation sur les deux ventricules, par le fait de la perforation de la cloison inter-ventriculaire à sa base;
y" L'existence de deux ou de quatre valvules, en place de trois;
8° La persistance du canal artériel ; 9° L'insertion de ce canal dans la veine sous-clavière ; io° Enfin l'implantation de ce même canal sur le ventricule droit.
SECTION V