DES GLANDES LYMPHATIQUES DU TRONC
Quoiqu'on soit dans l'usage de considérer ces corps comme de véritables glandes lymphatiques, tous les auteurs n'en ont cependant point agi ainsi. Quelques uns, comme Portai, distinguent les glandes lymphatiques du poumon des glandes bronchiques, ou n'admettent dans l'organe pulmonaire qu'une seule espèce de glandes, à laquelle ils rapportent aussi les glandes bronchiques, mais, au lieu de regarder ces corps comme des glandes lymphatiques, voient en eux des glandes sécrétantes. Cette opinion est , en particulier, celle de Sénac (1) : suivant cet anatomiste, et, quant à ce qui concerne les glandes bronchiques , suivant Portai aussi , elles renferment une cavité qui communique avec la trachée-artère par un canal dont on parvient aisément a démontrer l'existence , dans l'état de maladie, en y insinuant une soie de cochon, et par lequel il est facile de faire passer clans le canal aérien le fluide qu'elles contiennent.
Il n'est pas rare en outre qu'on trouve le rapport le plus parfait entre le liquide que ces glandes renferment et celui qui tapisse les parois de la trachée-artère. Sénac prétend qu'elles n'agissent que chez le foetus; suivant Portai, leur action continue pendant toute la vie.
D'après Portai, les glandes bronchiques diffèrent des glandes lymphatiques que cet anatomiste admet, indépendamment d'elles, dans le poumon, par leur situation , leur volume et. leur forme, attendu que les glandes lymphatiques ne sont pas situées, comme elles, au-dessous des ramifications de la trachée-artère, mais disséminées sans ordre dans la substance du poumon, et rapprochées surtout de la surface de cet organe; attendu aussi qu'elles sont plus petites, plus rondes, plus dures, et qu'elles reçoivent manifestement des vaisseaux lymphatiques. Ellés s'en distinguent encore par les changemens que la maladie leur fait subir, les deux sortes de glandes pouvant tomber malades indépendamment l'une de l'autre.
Cependant je crois devoir me ranger à l'opinion de ceux qui ne distinguent pas les glandes bronchiques des glandes lymphatiques du poumon. Tous les caractères qu'on leur assi-
(i) Sonat, Tr. du cœur, t. II, p.G86.
gne sont purement accidentels ; très souvent même les glandes bronchiques diffèrent les unes des autres par tous ces caractères, ainsi qu'on peut en juger d'après les détails dans lesquels je suis entré précédemment.
En examinant des glandes bronchiques très tuméfiées , et qui contenaient sensiblement un. liquide, je n'ai jamais pu découvrir aucun canal se rendant de ces corps à la trachée-artère, et lorsqu'il y a communication entre les deux organes , elle peut tenir à Pampliation , a la dégénérescence des glandes et à la compression qu'elles exercent sur la trachée-artère , d'autant plus qu'il arrive quelquefois à certaines personnes d'expectorer des portions ossifiées de ces glandes.
En effet, mes observations m'ont appris que les glandes bronchiques sont plus sujettes que toutes les autres à s'ossifier, soit dans l'intérieur de la substance même du poumon, soit autour des bronches.