DES CANAUX THORACIQUES
1700. Le canal ihoracique passe dans la poifrine, derrière l'aorte, et à sa droite, entre les piliers internes du diaphragme. D'abord il est placé sur la partie moyenne des vertèbres du dos, un peu plus à droite qu'à gauche, cependant entre l'aorte et la veine azygos, un peu au devant de cette dernière, et immédiatement derrière le feuillet droit du médiastin postérieur. En montant , il se porte à gauche, sans conserver toujours la même situation, quoique, depuis la troisième jusqu'à la sixième vertèbre dorsale, il soit placé derrière l'œsophage, couvert par ce canal dans une étendue plus ou moins considérable. A partir de la troisième vertèbre du dos, il monte au côté de l'œsophage , et , passant derrière la crosse de l'aorte, il sort de la poitrine pour s'étendre jusqu'au bord supérieur de. la dernière vertèbre cervicale. De là il se dirige en bas , en dedans et en devant, ce qui favorise beaucoup la progression du chyle , et, chez le plus grand nombre des sujets , il va se jeter dans l'angle de réunion des veines sous-clavière et jugulaire interne gauche, ordinairement par un seul tronc, quelquefois par plusieurs. Il est rare de le voir s'ouvrir dans l'une de ces deux veines.
1701. Constamment il est un peu rétréci à la hauteur de la vertèbre dorsale moyenne ; mais, au-dessous de ce point, il se diiate de nouveau plus ou moins, parce qu'il reçoit les lymphatiques intercostaux supérieurs et pulmonaires. Dans son trajet, il n'offre pas de bosselures, mais décrit des flexuosités plus ou moins considérables , et ne reçoit pas un grand nombre de lymphatiques, si ce n'est vers son extrémité supérieure, où les troncs de la moitié gauche de la tête et du membre supérieur gauche s'y jettent, immédiatement avant qu'il ne s'abouche avec le système veineux.
Il est rare ou même il n'arrive jamais de le trouver parfaitement simple ; toujours il est accompagné d'un plus ou moins grand nombre de branches accessoires, qui s'abouchent avec lui et renaissent ensuite de ses parois.
Très souvent il se partage, surtout un peu au-dessus du milieu de la poitrine, en deux, quelquefois en trois branches, qui se réunissent presque toujours après un trajet plus ou moins long. Quelquefois il se divise de cette manière en plus
d'un endroit, les vaisseaux accessoires acquièrent un volume plus ou moins considérable, et prennent le caractère de véritables troncs. Lorsque cette structure réticulée est portée au plus haut point, on trouve le canal thoracique partagé en deux moitiés, dans toute sa longueur (1).
1702. Les valvules ne sont nombreuses dans ce canal, ni auprès de son origine , ni au voisinage de sa terminaison. Audessus de la vertèbre dorsale supérieure , mais seulement en face de cette vertèbre, on en aperçoit une paire ; plus haut elles se doublent ou se triplent. Ces valvules ont leur bord convexe tourné en bas, et leur bord libre ou concave tourné en haut. Ordinairement elles sont disposées par paires ; il est rare de les trouver trois à trois , ou isolées.
A l'endroit de l'insertion du canal thoracique dans le système veineux, on découvre presque toujours, au-devant de son embouchure, deux valvules très complètes, dont le bord libre regarde la cavité de la veine, et qui s'opposent à ce que le sang reflue de cette dernière dans le canal. Elles sont cachées quelquefois par des valvules de la veine jugulaire interne, de sorte qu'on a prétendu, mal à propos, qu'elles n'avaient point de rapport au canal thoracique, parce qu'elles sont plus éloignées du cœur que l'orifice du canal (2).