‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologique [electronic resource] (volume 2)Chapitre 452 sur 529 · PARALLÈLE ENTRE LES REGIONS DU SYSTEME VASCXJLA1UE · texte numérisé non relu

PARALLÈLE ENTRE LES REGIONS DU SYSTEME VASCXJLA1UE

tère obturatrice est plus souvent fournie par la crurale à gauche qu'a droite. Lorsque l'artère innominée de la crosse de l'aorte éprouve une scission qui la partage en ses deux troncs, il est extrêmement rare que l'artère sous-clavière droite reste à droite; elle se porte à gauche, et naît plus à gauche de l'aorte, en sorte que réellement cette anomalie paraît tenir primitivement à un développement extraordinaire du côté, gauche, et à la prédominance de son type sur celui du côté droit; conjecture en laveur de laquelle s'élève avec force cette circonstance que, dans les cas de celte nature, l'artère sousclavière droite ne suit pas le plus court chemin pour arriver à son membre, mais se détourne, en passant derrière l'œsophage.

Très souvent les caractères propres aux deux membres sont développés simultanément au-delà de la mesure ordinaire. Ainsi, par exemple, l'artère carotide gauche est une branche du tronc innominé, en même temps que la vertébrale gauche provient immédiatement de l'aorte; ou bien les carotides droite et gauche sont réunies en un seul tronc, lorsque la sous-clavière droite naît au-dessous de la gauche.

Le contraire paraît avoir lieu pour le système veineux et le système lymphatique; car la veine sous-clavière et l'iliaque commune gauches sont beaucoup plus longues que les troncs homonymes du côté droit, et les canaux thoraciques supérieur et inférieur du côté gauche se réunissent ensemble, tandis que le supérieur droit marche seul.

Au reste, il n'est -pas rare que la disposition devienne plus symétrique qu'à l'ordinaire , soit par des réunions ou des scissions de troncs, soit parce qu'un tronc placé ordinairement à droite ou à gauche se trouve reporté sur la ligne médiane.

1707. Quoique la moitié supérieure et la moitié inférieure du système vasculaire se ressemblent moins que celle de droite et celle de gauche, les analogies qui existent entre elles l'emportent cependant aussi de beaucoup sur les différences qu'elles présentent.

Le diaphragme forme la séparation entre la moitié supérieure et la moitié inférieure du système vasculaire. Si l'on

compare les deux moitiés l'une avec l'autre, à partir de cette cloison musculeuse, on arrive aux résultats suivans :

i° Dans la poitrine, comme dans le bas-ventre, le grand système de la circulation en renferme deux autres plus petits, savoir, les vaisseaux pulmonaires dans la première de ces deux cavités, et le système de la veine porte dans la seconde. Le Ironc de la veine porte est une répétition incomplète du cœur droit ; sa portion artérieuse représente les artères pulmonaires, et les veines hépatiques correspondent aux veines pulmonaires. Le système de la veine porte n'est qu'une imitation fort imparfaite du système pulmonaire, parce qu'il ne s'y est pas développé de cœur musculeux, et parce que les veines s'abouchent dans le système veineux général. Cependant ce sont là deux conditions qui, seules ou réunies, se rencontrent dans le système des vaisseaux pulmonaires de la plupart des animaux pourvus de vaisseaux sanguins, qui occupent un rang inférieur à celui des oiseaux.

2° La moitié supérieure et la moitié inférieure du système artériel sont des répétitions l'une de l'autre, sous les points de vue suivans.

a. Les artères diaphragmatiques supérieures et inférieures se correspondent (§ »443).

b. Les artères du canal alimentaire, le cœliaque et les deux mésentériques , se correspondent surtout par de grandes anastomoses.

c. Les artères bronchiques sont représentées par une partie des rénales et des capsulaires, et par l'hépatique. En effet, on peut considérer Je foie, les capsules surrénales et les reins comme les analogues des poumons dans l'abdomen, de sorte que les vaisseaux de ces organes sont des répétitions de ceux des poumons, à divers degrés de perfection. Le système vasculaire du foie est celui qui se rapproche le plus du pulmonaire, en ce qu'il renferme des artères différentes du système de la veine porte; cependant il est moins parfait que lui. Les vaisseaux rénaux et capsulaires occupent un degré plus bas encore, car il n'y existe plus aucune trace de séparation entre les vaisseaux nourriciers et sécréteurs; tout au plus cette séparation est-elle indiquée . dans les reins , par quelques vaisseaux diffé-

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rens des artères rénales , qui se distribuent à la surface de ces organes, et dans les capsules atrabilaires, par un grand nombre de ramifications vasculaires provenant de régions très différentes.

d. Les vaisseaux thymiques correspondent auxspermatiques, en ce que les uns et les autres naissent presque toujours du tronc de l'aorte , et que les premiers proviennent souvent des bronchiques, comme les seconds des rénaux.

e. Les artères intercostales aortiques sont représentées par les lombaires. A Ja vérité le nombre de ces dernières est moins considérable ; mais comme les branches qui naissent de l'artère sacrée moyenne, continuation du tronc aortique (§ 1469), se comportent absolument de la même manière qu'elles , toute espèce de différence disparaît sous ce rapport. L'analogie qu'on remarque entre les artères qui passent par les trous de conjugaison , au-dessus et au-dessous du diaphragme, est encore fortifiée évidemment par cette circonstance, que l'artère intercostale supérieure est une branche de la sous- clavière (§ i5g8) , comme la sacrée latérale en est une de l'hypogastrique.

f. La division des extrémités supérieure et inférieure de l'aorte, et la disposition des vaisseaux qu'elle envoie, d'un côté , au cou, à la tête et aux membres supérieurs, de l'autre aux organes pelviens et aux membres inférieurs , offrent une analogie des plus frappantes. L'artère iliaque primitive correspond au tronc commun des sous-clavière et carotide droites. L'analogie n'existe pas du côté gauche, il est vrai; mais, outre que cette différence n'est pas très essentielle, puisqu'elle ne dépend que d'une scission consécutive , l'analogie entre les deux régions se trouve accrue par les cas si communs dans lesquels l'artère vertébrale gauche naît immédiatement de la crosse de l'aorte, entre la carotide et la sous-clavière gauches, attendu que cette anomalie opère en quelque sorte la réunion des deux vaisseaux.

Les artères carotides correspondent aux hypogastriques, et les sous-clavières aux crurales , sous le rapport de la situation, de. l'origine et de la distribution.

Parmi les troncs qui naisscut de la carotide et de l'hypogas-

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trique, l'artère thyroïdienne supérieure et ses branches correspondent à l'utérine et aux vésicalcs , la linguale , la faciale et la pharyngienne ascendante , à la honteuse interne et à ses ramifications.

Les différences qui ont lieu à cet égard sont les suivantes : L'artère sous-clavière donne naissance à la vertébrale et à la thyroïdienne inférieure ; l'hypogastrique , à la fessière et à l'ischialique. Ces dernières correspondent aux branches de la sous-clavière et même de l'axillaire, sous le rapport de leur distribution. Les premières semblent, au premier aperçu , ne point avoir de correspondantes dans le système vasculaire inférieur, ou correspondre à des vaisseaux qui naissent de l'artère hypogastrique.

Cependant la différence se réduit presqu'à rien , lorsqu'on considère les choses de près.

En effet, on ne saurait disconvenir que les artères vertébrale et thyroïdienne inférieure ne correspondent proprement à l'hypogastrique. Les artères carotides ne représentent qu'une portion de cette dernière, qui s'est développée beaucoup, et réduite à un seul tronc, à cause du volume plus considérable des parties qu'elle alimente. L'artère hypogastrique s'est donc déployée, dans la moitié supérieure du corps , en trois troncs, la carotide, la vertébrale et la thyroïdienne inférieure. Voilà pourquoi on voit si souvent la thyroïdienne inférieure naître, en totalité ou en grande partie, soit de la carotide, soit du tronc innommé, ou manquer tout-à-fait, et être remplacée par des branches de la supérieure. L'origine de la plupart des vaisseaux du oou et de la région supérieure de l'épaule , qui proviennent de l'artère thyroïdienne inférieure, parle également très haut en faveur de ce rapprochement, puisque ces vaisseaux ressemblent beaucoup aux artères fessière , ischiatique et obturajtrice.

L'artère vertébrale est montée au rang de tronc distinct à cause du volume du cerveau et de la moelle épinière, organes auxquels elle conduit le sang ; mais elle correspond manifestement, sous le rapport de son mode de distribution, aux artères sacrées latérales fournies par rhypogaslrique.

Plusieurs vaisseaux qui se correspondent, en raison de leur

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