‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologique [electronic resource] (volume 2)Chapitre 453 sur 529 · PARALLÈLE ENTRE LES RECIONS DU SYSTEME VASCULA1RE · texte numérisé non relu

PARALLÈLE ENTRE LES RECIONS DU SYSTEME VASCULA1RE

distribution, naissent, supérieurement de l'artère sous-clavière, et inférieurement de l'hypogastrique.

Les branches qui émanent ensuite de l'artère sous-clavière et de la crurale ont entre elles la plus grande analogie. La mammaire interne correspond exactement à l'épigastrique , puisque la première marche sur les parties latérales de la face postérieure du sternum, et la seconde en arrière et sur les côtés de la ligne blanche, qui correspond à cet os. Les artères intercostales antérieures, fournies par la mammaire interne, sont représentées par des branches analogues de l'épigastrique.

L'artère circonflexe iliaque me paraît correspondre exactement à la longue thoracique externe ( § 1404 )•

Les honteuses externes représentent manifestement plusieurs des thoraciques externes.

Dans les deux membres , le tronc de l'artère se partage, à peu de distance au-dessous de la première articulation, en un vaisseau superficiel, qui descend jusqu'à l'extrémité du membre, et en un profond, qui ne va pas au-delà de sa première section, c'est-à-dire qui ne dépasse ni le bras, ni la cuisse.

Les deux artères circonflexes naissent très haut , tantôt à<i tronc superficiel, et tantôt du tronc profond. Elles se correspondent d'une manière évidente, par leurs rapports avec l'os et la première articulation du membre, quoiqu'à l'égard de leur distribution elles diffèrent un peu en ce que celles du bras se répandent dans les muscles supérieurs , et celles de la cuisse dans les muscles profonds, en ce qu'aussi l'une des circonflexes du bras est beaucoup plus petite que celle qui lui correspond à la cuisse. Cette dernière circonstance dépend du plus grand développement des muscles de hi cuisse. La première tient à ce que des branches plus élevées, provenant de l'hypogastrique elle-même, se distribuent aux muscles correspondant à ceux du bras qui reçoivent le sang des circonflexes.

Parvenue à la seconde articulation, l'artère brachiale superficielle, de même que la crurale, se partage, sur la face de flexion, en deux troncs, dont l'un ne tarde pas non plus à so bifurquer d'une manière très analogue. L'arlèrc tibiale anté-

rieure correspond à la radiale , la postérieure à la cubitale, et la péronière à l'interosseuse.

Cependant la division de ces vaisseaux offre une différence remarquable , en ce qu'elle a très souvent lieu plus haut qu'à l'ordinaire , dans le membre supérieur, tandis que cette anomalie est fort rare dans le membre inférieur, comme l'attestent les nombreuses observations que j'ai faites et celles qui ont été recueillies par d'autres anatomistes. Il serait difficile d'assigner la cause de cette différence. La manière la plus probable de l'expliquer consiste à la faire dépendre de ce que les membres supérieurs se forment et se développent plus tôt que les inférieurs , et sont plus rapprochés du cœur. Peut-être dépend-elle aussi en partie de la plus grande longueur des doigts, dont le volume, comparé à celui de la partie postérieure de la main, surpasse de beaucoup celui des orteils comparés aussi à la partie postérieure du pied , de sorte qu'ils paraissent toujours bien avant ces derniers. Cette anomalie, qui est presque particulière aux artères des membres supérieurs, aurait par conséquent sa source dans la disposition normale de ces derniers ; conjecture à l'appui de laquelle je n'omettrai pas de dire qu'il existe une différence analogue dans la disposition des muscles des doigts et des orteils , puisque la main n'offre aucune trace des courts extenseur et fléchisseur de ces appendices qu'on trouve au pied. On reconnaît même, avec un peu d'attention, que toute la moitié supérieure du système vasculaire diffère ainsi de l'inférieure, car la séparation des artères carotides d'avec les vertébrales et thyroïdiennes inférieures , la séparation constante de l'artère carotide d'avec la sous-clavière, au côté gauche, la séparation fréquente de la vertébrale d'avec cette dernière, et l'existence assez commune d'une seconde thyroïdienne inférieure (§ i3g4), sont des phénomènes analogues , dont les membres inférieurs ne présentent pas la plus petite trace.

Ainsi le système vasculaire de la moitié supérieure du corps' a pour caractère évident une tendance à l'individualisation; mais il n'est pas le seul dans lequel on observe cette tendance, puisqu'on la retrouve dans le développement du cerveau , la multiplication des organes des sens , et le perfectionne-

Page 1