PARALLELE ENTRE LES REGIONS DU SYSTEME VASCULAIRE
Htncnt des membres , qui en sont peut-être la cause et la condition.
Les artères des membres inférieurs ont un caractère lout-àfait opposé. Les circonflexes delà cuissesont bien plus souvent fournies par la crurale profonde, que celles du bras ne le sont par la brachiale profonde. Non seulement la crurale superficielle ne se divise presque jamais plus haut qu'à l'ordinaire, mais encore le nombre des branches que donne la poplitée est souvent moins considérable, parce que la péronière ou la tibiale antérieure, la première beaucoup plus fréquemment et à un bien plus haut degré que l'autre, cesse de constituer un tronc distinct, et se trouve remplacée par des branches d'autres vaisseaux de la jambe , absolument comme le péroné n'est en quelque sorte qu'un annexe du tibia, tandis qu'à l'avant-bras le radius et le cubitus sont également développés et s'articulent tous deux immédiatement avec l'humérus , absolument aussi comme les orteils sont beaucoup plus imparfaitement développés et bien moins mobiles que les doigts.
Les artères articulaires du coude et du genou diffèrent principalement: i° en ce que les supérieures du membre thoracique naissent plus haut, et toujours séparées des autres, tandis que celles du membre pelvien naissent plus bas, et ordinairement par un tronc commun ; 2° en ce que les inférieures du membre pectoral proviennent des artères de l'avant-bras , et celles du membre abdominal de la partie inférieure de la poplitée. Cependant il n'est pas rare que l'artère articulaire poplitée interne et supérieure prenne son origine très haut; il y a toujours deux articulaires poplitées inférieures plus petites, qui proviennent des artères tibiales antérieure et postérieure, et il n'est point très rare qu'au moins la récurrente radiale soit fournie par la brachiale. Lorsque l'artère poplitée se divise un peu plus haut qu'à l'ordinaire, ses deux branches fournissent aussi les deux plus grosses articulaires inférieures du genou.
Plusieurs anatomistes indiquent comme une différence dans la distribution des artères de la main et du pied le défaut d'arcade superficielle dans ce dernier. Je n'ai jamais trouvé
cette assertion exacte, et elle tient certainement à ce qu'on n'a pas mis assez de soin à rechercher toutes les analogies. Nul doute, en effet, que l'artère plantaire interne ne corresponde à la branche palmaire superficielle de la cubitale, tant dans son origine que dans son trajet. D'ailleurs j'ai toujours vu qu'elle s'anastomosait avec la branche plantaire de la tibiale antérieure , de manière à former une arcade plantaire superficielle.
Mais il y a une différence réelle entre l'origine des artères des doigts et celle des artères des orteils, en ce que les premières naissent de l'arcade superficielle, et les secondes de l'arcade profonde. Cette aberration des vaisseaux de la surface de la plante du pied se développe même quelquefois à tel point que les artères des orteils proviennent plus des perforantes supérieures que des inférieures (§ 1529). Une pareille disposition paraît avoir pour but de mettre les artères des orteils à l'abri de la compression Occasionée par le poids du corps. Peut-être tient-elle aussi à- la différence qui existe entre le dos et la paume de la main, de même qu'entre le dos et la plante du pied, sous le rapport de la musculositè ; et peut-être le développement, sur le dos dû pied, démuselés qui n'existent pas sur celui de la main , est-il la raison pour laquelle les artères des orteils prennent leur origine à une plus grande profondeur. Au reste, cette différence disparaît elle-même quelquefois , puisque, chez certains sujets, les artères des doigts sont fournies par l'arcade palmaire superficielle. - 3° Les veines de la moitié supérieure et de la moitié inférieure du corps se ressemblent peut-être encore plus que les artères; du moins les artères offrent-elles une différence qui n'a point lieu entre la disposition des veines jugulaire at sous-clavière gauches et celle de la veine iliaque primitive du même côté.
4° Les moitiés supérieure et inférieure du système lymphatique présentent aussi les mêmes analogies, sous le rapport de l'existence, du nombre et de la situation des vaisseaux et des glandes.
1708. Dans le système vasculaire, comme dans tout le reste de l'organisme, l'analogie est moins grande d'avant en arrière,
PARALLÈLE ENTttE LES REGIONS DU SYSTÈME VASCULAIRE. 5f)J
que de droite à gauche ou de haut en bas. Cependant on peut aussi, dans cette direction, comparer les artères mammaire interne et épigastrique à l'aorte, et les branches qu'elles donnent aux intercostales postérieures et aux lombaires. De même il y a correspondance entre les branches antérieures et postérieures des artères intercostales, antérieures et postérieures, et des lombaires; peut-être au cou et à la tête, entre les artères superficielles et les profondes , certainement dans ces deux régions et à la moelle épinière, entre la spinale antérieure et la spinale postérieure , comme aussi entre l'occipitale et la frontale; aux membres enfin, entre les circonflexes antérieure et postérieure de l'humérus, les circonflexes externe et interne du fémur, les brachiale et crurale superficielles et profondes, la radiale et la cubitale , la tibiale antérieure et la postérieure, les arcades dorsales du pied et de la main , avec les artères interosseuses supérieures des arcades plantaires et palmaires.
Le système veineux offre les mêmes analogies, qui sont même rendues plus frappantes encore par l'existence de la veine azygos et de la veine demi-azygos, lesquelles correspondent très clairement aux veines mammaires internes.
On peut également comparer au grand canal thoracique, qui marche devant la colonne vertébrale, un second conduit lymphatique qui monte derrière le sternum.