FORME EXTKHIEOBK
A. Face inférieure.
1724. La face inférieure du bulbe rachidien est faiblement convexe, et partagée en deux moitiés, l'une droite et l'autre gauche, par un sillon profond d'uue , deux ou trois lignes, qui se continue avec le sillon antérieur de la moelle alongée, dont il est cependant un peu séparé par l'entre-croisement des cordons antérieurs (§ 1717)-
Cette face inférieure est surmontée de deux paires d'éminen^ ces , les pyramides et les olives.
a. Pyramides.
1725. Les pyramides , éminenccs pyramidales, éminences médianes, Ch., pyramides antérieures, Gall [eminenliœ, s. corpora pyramidalia, s. corporapyramidalia antica, s. cinincntiœ
(1) Loc. cit., p. 1 30.
(a) Vom /ithmen, p. 108.
6lO ANATOMIE SPÉCIALE.
oblongœ, Gordon, médianes inlernœ), qui sont visibles avec l'entre-croisement des cordons antérieurs de Iamoelle épinière (S 1 7 1 7 )» et qui en sont la continuation , se trouvent placées tout-à-fait en dedans , de manière qu'elles se touchent par leurs faces internes. Elles occupent toute la longueur du bulbe rachidien. Leur largueur est à peu près de deux lignes et demie à trois lignes. Elles vont en s'élargissant un peu par degrés de bas en haut, et sont en même temps plus saillantes à leur partie supérieure qu'à leur partie inférieure. Antérieurement, elles se terminent, par une extrémité rétrécie de nouveau et un peu arrondie, au bord postérieur de la protubérance annulaire , dont la saillie dépasse la leur de beauco«p en bas et en avant. Dans le même temps elles s'écartent légèrement l'une de l'autre, de manière à laisser, sur la ligne médiane, entre elles et le bord postérieur de la protubérance , un petit vide triangulaire , dans lequel s'enfonce la pie-mère. Entré les deux pyramides se continue le sillon antérieur de la moelle épinière, qui augmente beaucoup de profondeur à leur partie supérieure. Quoique ces éminences s'arrêtent, comme telles, à la protubérance annulaire, cependant elles la traversent, pour se porter en avant, sans éprouver la moindre interruption.
Il n'y a point d'entre-croisementau-dessus du point que j'ai déjà indiqué»(§ 1717)- Les pyramides sont aussi séparées l'une de l'autre, par le sillon antérieur, dans tout le reste de leur longueur , à l'exception toutefois de l'endroit situé immédiatement au-dessous de leur extrémité inférieure, où elles sont réunies par une petite commissure médullaire transversale, haute d'une ligne et demie à peu près. Cette réunion a lieu, sinon toujours, du moins fréquemment, peu avant qu'elles ne s'écartent l'une de l'autre, comme si, dans cet endroit, leur substance se trouvait refoulée en arrière.
Prochaska (1) dit qu'il y a de la substance grise dans leur intérieur; je n'ai pas mieux réussi que Vicq-d'Azyr (2) à la découvrir.
(1) Destruct. nerv., Vienne, 1779. 0/>/>. min, t. I, p. ?>~7i.
(2) Mém. de Paris, 1781, p. 5S7.
DE LA MOELLE ALONGÉE. Gll
Dans leur trajet de bas en haut, elles envoient quelquelois des filainens qui se jettent autour des olives (i).
b. Olives.
1726. Les olives, éiidncnces olivaires, éminences latérales [plivœ, s. eminentiœ olivares, Vieusscns, s. latérales, Chaussier, s. ovales, Sœmmerring, Gordon), sont situées en dehors des pyramides. Elles se dirigent un peu obliquement de bas en haut et d'arrière en avant, et forment une saillie arrondie, fort alongée, dont le plus grand diamètre s'étend de haut en bas. Cette saillie, qui s'efface peu a peu en haut et en bas, fait le passage de la face inférieure a la face latérale de la moelle alongée ; elle a environ sept lignes de long, sur deux et demie de large , et une de haut. Les olives ne s'étendent pas si haut que les pyramides; elles cessent à une ligne environ au-dessous du bord postérieur de la protubérance annulaire.
Les racines des nerfs hypoglosses naissent du sillon qui les sépare des pyramides.
Ces éminences sont médullaires à l'extérieur ; mais il est facile d'enlever la couche mince de substance blanche qui les couvre, et l'on aperçoit ainsi un noyau solide, gris , alongé, entouré d'un bord inégal et dentelé , qui est blanc à sa partie moyenne, etd'un gris foncé à sa circonférence. Ce noyau , plongé dans la substance médullaire, a laquelle il adhère faiblement , porte le nom de corps frange, dentelé ou rhomboidal des olives [corpus olivœ fimbriatum, s. denticulatum, s. rhomboïdeum}. Des coupes, soit longitudinales , soit transversales ou horizontales, font voir clairement que le bord gris des olives est interrompu en dedans, et par conséquent que la substance blanche qu'elles renferment se continue de ce côté avec les pyramides. Au contraire ce rebord gris fait corps, en bas, avec la substance grise de la moelle épinière. Dès l'endroit où s'opère l'entrecroisement , et par le fait même de cette décussalion, le noyau gris de la moelle alongée se trouve partagé antérieurement en deux moitiés (§1717). Les olives paraissent n'être
(1) Sanlurini, Scplcmd. lab., p. aG-?j.
6l2 ANATOMIE SPECIALE.
qu'un développement de cette disposition. En effet de nouvelle substance médullaire se développe dans la subtance grise à mesure que la moelle épinière augmente de volume en cet endroit , et se continue en dedans avec la pyramide. Il serait peut-être plus exact de dire que celle-ci s'élargit en dehors , et qu'elle pénètre dans la substance grise , de la même manière que les deux moitiés de la moelle épinière s'écartent l'une de l'autre , sur les côtés , avant son entrée dans le crâne, et sont enveloppées par la substance grise.
B. Faces latérale».
1727. Les deux laces latérales du bulbe rachidien sont surbaissées et un peu convexes en dehors. Elles sont formées par une saillie médullaire, située au-devant des olives, en dehors et en arrière , qui se dirige de bas en haut et de dedans en dehors, et qui va gagner le cervelet. Cette saillie porte le nom de pyramide latérale, corps restiforme , cuisse du cervelet, e'minence postérieure, pédoncule de là moelle épinière ( eminentia pyramidalis laleralis , Tarin ; corpus , s. processus restiformis, Ridley ; crus cerebelli ad médullam oblongatam, eminentia posterior , Chaussier ; pedunculus medullœ spiiïalis , Gordon ). Celles des deux côtés se réunissent ensemble a leur extrémité inférieure interne. Chacune d'elles est le prolongement du cordon postérieur de la moelle épinière de son côté. A l'endroit de leur réunion, elles font une légère saillie en dedans. Elles s'écartent l'une de l'autre de bas en haut, d'arrière en avant et de dedans en dehors.
De la partie postérieure du bord supérieur du corps restiforme part, de chaque côté, une mince lamelle médullaire ^ longue d'à peu près trois ligues, et dont la largeur ne s'élève pas à trois, qui se porte en dedans. Ces deux lamelles, soutenues par la pie-mère , qui passe d'un corps restiforme à celui du côté opposé, uiarehenl à la rencontre l'une de l'autre, mais n'arrivent point à se toucher dans l'état de parfait développement. On peut les appeler petits ponts du sinus rhomboïdal (§ 1728), et les considérer comme un indice de la réunion des deux cordons postériejurs. Un second prolongement
DE LA MOELLE ALONGEE. 6l3
médullaire plus considérable , et surtout plus épais, naît de la partie antérieure du corps restiforme, est couvert par la racine des nerfs pneumo - gastrique et glosso -pharyngien , et tient au plexus choroïde du quatrième ventricule.