‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologique [electronic resource] (volume 2)Chapitre 467 sur 529 · C. Face supérieure ou calamus scriptorius · texte numérisé non relu

C. Face supérieure ou calamus scriptorius

1728. La face latérale se continue insensiblement avec la face supérieure, par le moyen du corps restiforme. .Celte face supérieure est très excavée à sa partie antérieure, où elle présente un enfoncement triangulaire, terminé en pointe, qu'on appelle sinus rhomboidal , sinus du bulbe rachidien, calamus scriptorius , ventricule d' A ranzi , fossette du quatrième ventricule , fosse triangulaire ( sinus rhomboideus , sinus bulbi rachidici, calamus scriptorius , ventriculus Aranzii,foveola ventriculi quarti, Chaussier ; fossa triangularis , Gordon). Cet enfoncement s'étend plus ou moins loin dans l'extrémité supérieure de la moelle épinière, où il se rétrécit peu à peu à un degré considérable.

Sur la face antérieure du bulbe rachidien, immédiatement à côté de la dépression médiane, on aperçoit deux cordons médullaires, qui s'élargissent peu à peu d'arrière en avant, et qui ne sont autre chose que la face supérieure des cordons antérieurs de la moelle épinière, lesquels traversent, de bas en haut, toute l'épaisseur de la moelle alongée. Entre eux et les corps restiformes se trouve une couche plus large, formée de substance grise.

a. Stries médullaires de ta face supérieure.

1729. Vers l'extrémité antérieure de la face supérieure, on remarque constamment des stries blanches (1), dirigées de dedans en dehors, la plupart du temps un peu saillantes, qui s'étendent presque toujours de l'enfoncement médian à la partie externe de la face, mais qui varient beaucoup sous le rapport de leur existence, de leur nombre, de leur volume, de leur marche et de leur direction.

(1) frochaska , De strucl. nerv., Vienne, 1779; ft«Ç. i" opp. juin,, t. I p. 38i. — Wenzel, De penit strttct ccrebri , cap. XVIII.

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i° Existence. Elles sont 1res constantes', à la vérité; cependant il arrive quelquefois qu'elles n'existent pas d'un côté, ou même des deux côtés. Je n'ai jamais rencontré ce dernier cas; mais le premier s'est offert à moi deux fois, et toujours du côté gauche. Prochaska (1) et Wenzel (2) les ont observés tous deux.

2° Volume. Elles varient beaucoup à l'égard des trois dimensions. Quelquefois elles sont extrêmement étroites de haut en bas, presque capillaires, et en même temps simples. Dans d'autres cas, elles forment des stries considérables, dont la largeur surpasse deux lignes. Quelquefois aussi elles sont très minces, ne dépassent point la face inférieure du sinus rhomboïdal, et ne pénètrent point non plus dans la profondeur. 11 n'est pas rare qu'elles fassent une saillie arrondie au-dessus de celte même face , et qu'elles s'enfoncent plus ou moins dans le bulbe rachidien , de manière à pénétrer presque à sa face inférieure. Enfin leur longueur varie beaucoup. Ordinairement, mais non toujours, toutes ou quelques unes s'étendent, jusqu'au nerf auditif en dehors, et la plupart du temps elles se portent jusqu'au sillon médian en dedans ; mais , quelquefois aussi, elles dépassent ce sillon, et se confondent avec Celles du côté opposé. Il n'est pas rare non plus qu'elles ne s'étendent pas jusqu'à lui. En général , j'ai remarqué que, quand elles sont volumineuses et nombreuses, elles se réunissent assez ordinairement, en totalité ou en partie, sur la ligne médiane.

5° Nombre. Leur nombre varie quelquefois, indépendamment de leur volume, et le plus souvent en raison inverse de ce dernier, depuis une seule jusqu'à quatorze.

4° Disposition. La plupart du temps, les stries d'un côté s'entrelacent diversement ensemble (3). Cependant elles sont quelquefois tout-à-fait séparées les unes des autres.

5° Direction. Leur direction est presque toujours plus ou moins transversale , quoiqu'un peu oblique d'arrière en avant.

(1) Loc. cit., p. 383.

(2) Loc. cit., p. 171. - '

(3) Wenzel , loc. cit., p. 17a. — C'est ce que j'ai vu plusieurs fuis.

DE LA MOELLE AL0NGEE. 6l'5

Quelquefois elles se portent presque directement en avant. Presque toujours ces stries, ou du moins quelques unes, s'étendent jusqu'au nerf auditif, comme je l'ai déjà dit, et forment très manifestement la partie la plus interne de son origine.

Il est très ordinaire aussi que les antérieures, qui composent la plus petite partie de la masse, se portent obliquement plus loin en avant et en dehors, et se dirigent vers le nerf de la cinquième paire , sans qu'on puisse démontrer clairement aucune liaison entre elles et ce nerf. Les postérieures tiennent quelquefois aux filamens radicaux du pneumogastrique..

Elles varient souvent de la manière la plus frappante, des deux côtés du corps d'un même sujet, sous tous ces rapports.

Il est très vraisemblable que ces stries ne sont pas seulement les racines du nerf auditif, et qu'elles ont aussi des relations, moins évidentes à la vérité, tant avec le nerf de la cinquième paire qu'avec le pneumogastrique, ce que j'examinerai plus au long en parlant de la réduction des nerfs cérébraux à un nombre de paires moins considérable que celui qui est admis généralement.

b. Bandelettes grises de la face supérieure.

1730. Au-devant des stries blanches, on aperçoit, sur la face supérieure du bulbe rachidien , d'autres stries (1) plus considérables, un peu élevées, qui naissent à quelque dislance de la ligne médiane en dehors , de manière qu'elles ne se confondent jamais ensemble parleurs extrémités internes. Ces stries, qui s'étendent de dedans en dehors, en se renflant peu à peu, sont convexes en devant, et passent au-dessus de la partie antérieure des pyramides postérieures. Elles s'unissent aussi toujours avec le nerf optique, à leur extrémité externe, et sont très constantes ; car sur quatre-vingt-dix-sept cas, il n'y en eut que deux dans lesquels on ne les rencontra pas (2). Elles portent le nom de bandelettes grises (fasciôlœ

(2) Wcnzel a bien le mérite d'avoir fait des recherches approfondies sur ces stries , mais il n'a découvert ni leur existence, ni leur constance , ni leur liaison avec le nerf auditif , puisque tous ces faits sont aéjà indiqués positivement par Prochaska (lue. cit., p. 387 et 5y 1 ) .

(a) Wenzel , Inc. cit., p. iS/{.

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cinereœ). Presque toujours elles sont très marquées, et se ressemblent des deux côtés ; mais quelquefois aussi, quoique rarement, il y a de la dissemblance entre, celles des deux côtés, ou bien on les aperçoit à peine, sur l'un et sur l'autre, sans que cette particularité dépende ni de l'âge, ni du sexe. Elles naissent par une racine, la plupart du temps simple, rarement double, et sont toujours simples de chaque côté. Ce qui prouve qu'elles ont une liaison intime avec le nerf auditif, dont on doit les considérer comme le ganglion de renforcement, c'est qu'on a observé qu'elles avaient disparu dans les cas de surdité.

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