‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologique [electronic resource] (volume 2)Chapitre 488 sur 529 · V. CIRCONVOLUTIONS ET AHrfiACTUOSITKS · texte numérisé non relu

V. CIRCONVOLUTIONS ET AHrfiACTUOSITKS

i?65. La face supérieure du cerveau, l'interne, l'externe

(1) Sœmmening, De basi encephall , tab. m.

et la plus grande partie de l'inférieure sont inégales, en raison d'un nombre considérable d'élévations et d'enfoncemens qu'on y aperçoit.

Les élévations, qu'on appelle circonvolutions {gyri), k cause des flexuosités qu'elles décrivent, sont situées entre les enfoncemens nommés anfractuosités (sulci), de telle sorte que chacune d'elles se trouve comprise entre deux sillons. Elles sont couvertes de toutes parts, en dehors, d'une couche de substance grise, dont cependant l'épaisseur s'élève tout au plus à une ligne ou une ligne et demie. Elles-mêmes sont formées par la substance médullaire , de sorte que c'est celte dernière seule qui détermine la forme de la surface du cerveau. La couche extérieure de substance grise est presque partout simple; ce n'est que dans une très petite étendue, dans les circonvolutions postérieures et inférieures de la l'ace interne des hémisphères, qu'on la trouve presque toujours partagée, par une bandelette de substance blanche, eh deux lames , l'une interne et l'autre externe (*), de sorte que cette partie du cerveau a une structure plus complexe que le reste du viscère. La bandelette médullaire est infiniment plus mince que ne le sont les deux lames grises , qui, prises ensemble, n'ont pas plus d'épaisseur qu'une lame simple, et dont l'interne en a une tantôt égale à celle de Pexterne, tantôt aussi plus ou moins considérable. Quelque constante que celte disposition soit en cet endroit, je n'ai jamais pu la rencontrer ailleurs, si ce n'est dans la corne d'Ammôn.

Les circonvolutions ont une surface arrondie, et sont situées immédiatement à côté les unes des autres , de manière que les saillies de l'une correspondent aux enfoncemens des autres, quoique là où il y a des angles très rentrans, la partie saillante d'une circonvolution voisine ne les remplisse pas parfaitement, d'où résultent, dans beaucoup d'endroits, mais principalement dans ceux ou l'on remarque de grandes inflexions, des" espaces triangulaires compris entre deux circonvolutions. Mais, même en ces lieux, celles-ci se rapprochent ou se touchent au fond des anfractuosités.

(i) Vicq-d'Azyr, dans Mèm. de Paris, 1781, p. 5o6.

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Ces circonvolutions présentent des variétés nombreuses dans 1 a manière dont elles se continuent les unes avec les autres.

Leur largeur et leur hauteur ne sont pas les mêmes partout. En général elles sont de quelques lignes plus hautes que larges. Ordinairement leur hauteur est d'un peu plus et leur largeur d'un peu moins d'un pouce.

On a coutume d'observer, dans les endroits où elles sont plus larges qu'ailleurs , une dépression plus ou moins considérable, la plupart du temps, mais non pas cependant toujours, dirigée suivant la longueur de la circonvolution, e| dont la profondeur est ordinairement proportionnée à la lar-r geur de cette dernière. Ce sillon est manifestement un indice de la scission de la circonvolution en deux. Il est plus rare de voir des enfoncemens analogues s'étendre transversalement d'un bord à l'autre.

Les circonvolutions ne se ressemblent parfaitement ni chez des sujets différens, ni sur les deux hémisphères d'un môme cerveau ; elles présentent, au contraire , une grande diversité, circonstance qu'on pourrait presque considérer comme un, caractère particulier au cerveau de l'homme, puisque, ainsi que Yicq-d'Azyr en a déjà fait la remarque (1), le cerveau des autres mammifères offre une bien plus grande symétrie sous ce rapport. Les circonvolutions de la face inférieure sont beaucoup plus symétriques et plus constantes que les latérales e^ les supérieures. Les premières sont longitudinales pour la plupart; les autres se dirigent dans tous les sens. Les antérieures et les postérieures sont en général plus petites que les moyennes.

1766. Après avoir décrit les parties de la surface du cerveau qu'on aperçoit sans rien déranger dans la disposition de ce viscère, et qu'on peut par conséquent désigner sous le nom d'externes, je vais parcourir, en suivant le même ordre, celles qu'on ne découvre qu'après avoir enlevé les précédentes en totalité ou à peu près, et les faire connaître d'après la situai tion qu'elles occupent, sans avoir égard, pour le présent,

(1) Mém. de Paris , 1780 , p. 5i2. — Ce sujet a été développé plus amplement par Wenzel , toc. cit., p. 23.

aux connexions qu'elles ont, soit les unes avec les autres, soit avec la masse cérébrale tout entière.

i. Tubercules quadrijumeaux.

1767 "Les tubercules quadrijumeaux, éminences bigémmées , Ch. (eminentia quadrigemina , s. bigemina , s. notes et testes), forment une masse carrée, située entre les extrémités postérieures des couches optiques , au-dessous de la glande pinéale et de la commissure postérieure, devant le cervelet, et audessus des pédoncules cérébraux. Celte masse , oblique de haut en bas et d'avant en arrière, a environ neuf lignes de long sur dix a douze de large, et pèse une demi -drachme. Elle se compose de deux paires d'éminences arrondies, placées à la suite l'un de l'autre, d'avant en arrière. Les éminences antérieures sont ordinairement les plus grosses, et ont à peu près une ligne de large. On les appelle nates , tandis que les postérieures portent le nom de testes cerebri. Le rapport du poids de la masse totale est à celui du cerveau entier dans la proportion de 1 : 5y6. Les quatre émiuences sont séparées les unes des autres par un enfoncement crucial. Ordinairement les antérieures sont plus grises que les postérieures; cependant cette différence de teinte est rarement aussi sensible dans le cerveau de l'homme que dans celui de plusieurs animaux, ep particulier des ruminans.

Les éminences sont d'un gris rougeâtre dans leur intérieur^ et entourées d'une couche médullaire très mince, de manière que la teinte rougeûtre qu'elles présentent tient à ce que la couleur de. la substance grise perce au travers de l'enveloppe extérieure. La couche sur laquelle elles reposent est d'un gris bien plus foncé, et se continue avec la substance grise des pédoncules cérébraux.

De l'extrémité antérieure des éminences antérieures parlent une bandelette médullaire considérable, dirigée en avant, vers le tubercule qui termine postérieurement la face interne de la couche optique, et une seconde bandelette qui va gagner soit directement le nerf optique, soit le corps genouillé interne, ou même en partie l'externe. Des éminences postérieu-

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res s'en détache une autre, plus considérable encore, et plus longue, qui se porte à la saillie arrondie de l'extrémité inférieure delà face postérieure, c'esl-à-dire au corps genouillé externe.

Les tubercules quadrijuineaux couvrent la partie supérieure des pédoncules cérébraux. Ils forment une voûte tendue sur un petit vide, appelé aqueduc de Sjlvius (aquœductus Sjls>ii), qui établit une communication entre le quatrième ventricule et le troisième.

Dans le fond et sur les côtés de cet aqueduc, on remarque des enfoncemens longitudinaux , sur lesquels je reviendrai lorsque je donnerai la description des ventricules cérébraux.

Entre les deux éminences postérieures, descend, du milieu de leur hauteur a peu près, une bandelette médullaire , étroite , saillante, et située précisément sur la ligne médiane, qui se termine dans la grande valvule cérébrale.

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