Glande pinéale
1768. La glande pinécde , conarium , Ch. (glandulapinealis, conarium), est un corps arrondi, oblong , beaucoup plus large de droite à gauche que d'avant en arrière, solide, terminé par une extrémité obtuse * d'un gris très foncé, quelquefois rougefitre, long de trois à quatre lignes , large de deux ou trois, épais de deux, et pesant trois grains, qu'on rencontre constamment dans le cerveau, et qui, très probablement, n'a paru manquer quelquefois que parce qu'on s'était contenté d'un examen superficiel. Ce corps, tourné d'avant en arrière, tient en devant, par sa base, au moyen de deux minces cordons médullaires divergens d'arrière en avant , aux couches optiques, entre lesquelles il est situé, à leur partie postérieure, mais séparé d'elles, de chaque côté , par une distance de quelques lignes. Il recouvre entièrement la partie moyenne de la face supérieure des tubercules quadrijuineaux antérieurs. En arrière, il se détache de sa base une lame médullaire, qui se porte d'abord en avant, se confond également avec la face supérieure des couches optiques, puis se recourbe promptement
en arrière, et va se jeter dans le point de réunion de la paire antérieure des tubercules quadrijuineaux. C'est ce qu'on appelle la petite commissure cérébrale postérieure , qui est plus mince à sa partie antérieure qu'à sa partie postérieure, dont la première envoie quelquefois à la glande pinéale des filets analogues a des nerfs, tandis que la seconde présente toujours des sillons transversaux , et ne tarde pas à se perdre de chaque côté. La glande pinéale renferme constamment , dans sa partie inférieure, une petite cavité, de grandeur variable, dont l'orifice est tourné vers le ventricule cérébral moyen, et dont la face interne est quelquefois tapissée très sensiblement par une lamelle médullaire. Il est fort rare que cette cavité soit fermée de toutes parts, et les parois qui la revêtent ont une épaisseur proportionnelle très considérable. Les variations qu'elle offre dans sa capacité ne se rattachent ni à l'âge nia aucune autre condition constante. Sa consistance est un peu plus grande que ne l'est en général celle de la substance grise.
Au-devant de la glande, à sa circonférence, dans sa cavité, ou enfin dans sa propre substance, et quelquefois dans tous ces points à la fois, on trouve une substance jaunâtre, rarement abondante, demi-transparente , brillante, dure, et formée de grains en apparence irréguliers , mais qui sont réellement arrondis, et dont le diamètre s'élève tout au plus à une demi-ligne ( acervulus cerebri, s. glandulœ pineales ) (1).
Sauf quelques exceptions rares (2), celte substance dure se rencontre constamment à dater de la septième année, suivant "Wenzel (5) , et , quelquefois au moins , dès la sixième , d'après mes propres observations. Avant cette époque, on trouve à sa place une masse plus visqueuse, qu'il n'est pas rare non plus de rencontrer clans un âge plus avancé, et dont l'existence coïncide même alors quelquefois avec celle des concrétions.
(1) Sœmmerring , De acervulo cerebri, Mayence, 1785, Ed. II ; dans Ludwig , Opp. neurol., t. II, p. 3a2.
(2) Je ne l'ai jamais vue manquer. Wenzel n'a observé son absence que six. fois sur cent cas ( p. 1 56) .
(3) hoc. cit., p. 1 35.
65o AN A.T0MIE SPÉCIALE.
Les concrétions pinéales ne se trouvent ordinairement qu'autour de l'organe et dans sa cavité , chez les jeunes gens , tandis que, chez les vieillards, on en rencontre aussi dans sa substance, ou même on ne les observe que dans cette dernière.
Leur couleur n'est pas toujours parfaitement la même. En général, elles ont une teinte plus claire dans la jeunesse et chez les personnes d'un âge avancé, que durant les autres périodes de la vie. Cependant on observe aussi, sous ce rapport , des différences qui ne dépendent point de l'âge. Les grosses pierres ont ordinairement une couleur plus foncée que celles d'un petit volume.
Relativement à la quantité proportionnelle de ces concrétions, c'est dans la jeunesse et dans l'âge avancé qu'on en trouve le moins. Cependant on observe aussi à cet égard des différences qui ne se rattachent point à une cause déterminée, II est de fait également que le nombre des concrétions n'est point en raison directe du volume de la glande pinéale.
Ces concrétions et la masse qu'elles forment sont unies entre elles et avec les parties voisines par un tissu cellulaire serré et par une enveloppe en forme de sac: La masse ne se compose pas seulement d'un certain nombre de masses plus petites, mais chacune de ces dernières est formée de plusieurs calculs qui sont tous parfaitement ronds.
Exposées à l'air, ces concrétions deviennent sèches, opaques et blanchâtres. Elles paraissent ressembler tout-ù-fait ou presque entièrement aux os, par leur composition chimique (1).
Les calculs de la glande pinéale sont d'autant moins un phénomène pathologique, et la cause ou l'effet des maladies mentales (a), comme le pensaient Morgagni (5), Gunz (4)
(1) Gordon , toc. cit., p. 1 55. — Pfaff , qui a analysé ces concrétions, les a trouvées composées d'une matière animale , de beaucoup de phosphate de chaux et d'un peu de carbonate calcaire. Voyez Deutsches Archiv fûr die Physiologie , t. III, p. 170.
(2) J.-F. Meckel, Mém. de Berlin, iy5i, p. 9a. — Rœderer, Deccrcbro, Goettingue, 1758. — Morgagni, De caus. at sed., ep. LXI, a. 5,4. — Sœmmerring, loc. cit.
(3) De caus. et sed., ep. V,a. 12.
(4) De tapiltis gland ulœ pinealis in quinr/uc mente alien. , Léipsick , 175.3.
et Greding (1), qu'on les a précisément trouvés en très petite quantité chez quatre individus atteints de folie (2). Quoiqu'il ne soit pas rare de les voir moins abondans qu'a l'ordinaire sans qu'il y ait aucun dérangement dans l'esprit, cependant la coïncidence de leur rareté avec l'aliénation mentale est remarquable, en ce que le peu d'abondance de ces concrétions chez les jeunes gens et chez les vieillards semble conduire à quelque chose d'analogue.