‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologique [electronic resource] (volume 2)Chapitre 494 sur 529 · Corps strit's · texte numérisé non relu

Corps strit's

1775. Les corps striés ou emmêlés, couches des nerfs eihnwidaux , Ch. ganglions cérébraux antérieurs , Gall. incorpora slriata , corpora striata antica inferiora , ganglia cerebri ma-

66a ANATOMIE SPÉCIALE.

gna antica) (1), sont deux corps alongés , arrondis, aplatis, formés presque entièrement de substance très grise à l'extérieur, qui occupent la plus grande parlie des ventricules latéraux et la partie inférieure des lobes antérieurs. Leur longueur est ordinairement de deux pouces et demi à peu près, et leur plus grande liauleurs'élève à la moitié environ. Ils ont huit à neuf lignes d'épaisseur. C'est en devant qu'ils présentent le plus de hauteur et d'épaisseur; ils deviennent graduellement plus minces et moins élevés en arrière. Le poids de chacun s'élève à environ cinq drachmes, terme moyen, de sorte qu'il est à celui de la couche optique dans le rapport de 5 : 4- Cependant on ne trouve pas toujours ia même proportion dans le poids et le volume respectifs de ces deux éminences, ainsi que l'ont reconnu Vicq-d'Azyr et Gordon, dont les observations sont d'accord avec les miennes. Le rapport de leur poids à celui du cerveau entier est de i : 29. Leur plus grand diamètre se dirige d'avant en arrière et de dedans en dehors. Ils sont distans l'un de l'autre d'à peu près quatre lignes en devant, et d'environ deux pouces en arrière, ce qui tient à ce que postérieurement, on trouve entre eux les couches optiques et les tubercules quadrijumeaux , tandis qu'ils ne sont séparés antérieurement que par la cloison et la partie antérieure de la voûte.

Une étendue considérable de leur partie supérieure et de leur partie interne se trouve libre et dégagée, constitue le plancher et la paroi externe de la corne antérieure du grand ventricule cérébral , a une forme conique, s'alonge insensiblement d'avant en arrière, où elle se termine en pointe, et décrit, dans son milieu, une courbure considérable, dirigée également d'avant en arrière. A partir du bord externe de celte partie libre , la substance médullaire se réfléchit de bas en haut sous un angle aigu , pour former la paroi latérale et la paroi supérieure du grand ventricule cérébral. Lorsqu'on pratique une coupe dirigée de dedans en dehors , en prenant ce bord pour point de départ, on ne tombe que dans la substance médullaire des hémisphères; mais si l'on dirige la sec-

(1) Magendie, Note sur les fonctions des corps stries et des tukerculcs qua* drijumeaux; dans Journ. de phys. expèrim., t. III, p. 376,

tion en dessous et un peu en dehors, on obtient la face externe du corps strié, qui fait un angle obtus avec la supérieure. Cette face externe s'étend jusqu'au voisinage de l'entrée et de l'île de la scissure de Sylvius, dont elle n'est séparée que par une distance de quelques lignes. Sa partie su-» périeure est droite, et formée d'arrière en avant par une couche de substance médullaire large d'à peu près quatre lignes. L'inférieure est convexe dans presque toute son étendue, composée de substance grise, et assez faiblement unie à la substance médullaire de la partie postérieure du lobe antérieur, au milieu de laquelle elle est plongée, de sorte qu'on parvient aisément à détacher le corps strié de cette dernière. Il n'y a que la partie postérieure de cette moitié inférieure de la face externe qui soit également droite et médullaire, parce que la bandelette blanche dont je viens de parler se réfléchit en dessous et en avant; mais, tout-â-fait en arrière, elle redevient encore grise, et, en cet endroit, la substance grise, visible supérieurement à l'extérieur, forme une queue, qui s'infléchit en bas et en devant, dans la même direction que la substance médullaire, sans cependant s'étendre jusqu'à la moitié antérieure de la face grise externe.

La substance grise du corps strié semble donc être partagée extérieurement, par une eouche considérable de substance médullaire, en deux moitiés, l'une interne et supérieure,, l'autre externe et inférieure.

La face inférieure de ce corps est arrondie et étroite. Elle se continue, d'une manière insensible, avec l'interne et avec l'externe. Inférieurement, elle fait corps avec la substance médullaire des hémisphères, ce qui lui donne à elle-même une teinte d'un gris blanchâtre.

La partie inférieure de la face interne est convexe, et embrasse exactement la face externe de la couche optique.

Des coupes horizontales, verticales et obliques mettent en évidence les caractères essentiels de la structure des corps cannelés. Elles démontrent que ces corps sont composés de trois substances, l'une d'un gris foncé, la seconde d'un gris clair, et la troisième médullaire , formant plusieurs couches qui alternent les unes avec les autres.

Toutes ces couches décrivent des arcs dont le bord convexe est tourné en haut, et le bord concave en bas.

La substance médullaire sort d'arrière en avant et de bas en haut, du pédoncule cérébral et de la couche optique, au milieu de la substance grise. A son entrée, qui correspond à l'extrémité postérieure de la face inférieure du corps strié , elle occupe toute la hauteur de ce dernier; mais elle ne tarde pas à se partager en plusieurs couches dentelées et superposées, ordinairement au nombre de trois, qui se dirigent en avant, et dont les deux inférieures sont bien plus étroites et bien plus courtes que la supérieure. Celle-ci, qui se porte aussi plus loin que les deux autres en devant, ne s'étend jusqu'à la face libre du corps strié qu'à sa partie postérieure et supérieure, tandis qu'en devant et en bas, elle est entièrement enveloppée par la substance grise, qui forme son extrémité antérieure. Dans le même temps, sa largeur diminue en devant et en bas, et elle est interrompue par de la substance grise, tant d'avant en arrière que de haut en bas, de sorte qu'elle se divise intérieurement en plusieurs couches de petits rayons blancs, dont on trouve aussi quelques uns entre la troisième et la seconde couche. Cependant cette substance blanche pénètre d'arrière en avant et de bas en haut , à travers la grise, et se continue , dans toutes les directions, avec la substance médullaire des hémisphères.

La substance d'un gris clair forme la partie moyenne et inférieure du corps strié; elle est située entre la couche médullaire inférieure et la première , de même qu'entre celle-ci $i lu seconde, qu'elle surpasse de beaucoup en épaisseur. Elle occupe la plus petite partie du corps strié.

La portion la plus considérable de la masse de ce corps est formée par la substance d'un gris foncé, qu'on trouve surtout accumulée en haut, où elle occupe l'espace compris entre la seconde et la troisième couche médullaire, et forme la partie libre du corps strié, située au -dessus et au-devant de cet espace.

Le corps strié résulte donc d'un assemblage de couches al? ternalives de substance grise et de substance blanche. Toutes ces couches ont une forme conique. Celles de substance grise

sont renflées en devant, et celles de substance blanche le sont, en arrière. Toutes se terminent en pointe à l'extrémité opposée, et s'engrènent les unes dans les autres.

La substance d'un gris clair, qui forme la partie moyenne et inférieure, paraît devoir naissance à une séparation imparfaite des substances blanclie et grise, car les deux couches inférieures, de substance blanche sont elles-mêmes d'un blanc moiDS pur que les supérieures, qui sont en opposition avec la substance d'un gris foncé.

La meilleure manière pour bien comprendre la structure du corps strié, consiste à couper et racler sa partie postérieure et inférieure, afin de poursuivre la substance médullaire du pédoncule cérébral dans son intérieur. Le pédoncule cérébral s'y rend de bas en haut et d'arrière en avant, et la substance médullaire, avec laquelle il se continue , est enveloppée surle-champ, en dessous, en dedans et en dehors, par la substance grise: il n'y a qu'une petite portion de l'extrémité postérieure du corps strié où cette dernière offre une interruption.

Parvenue à l'extrémité postérieure du corps strié, la substance médullaire du pédoncule cérébral s'y épanouit, à la manière des branches d'un éventail, sous la forme de faisceaux qui pénètrent la substance grise de toutes parts , s'élargissent d'avant en arrière et s'amincissent de dedans en dehors. Elle envoie en dehors et en dedans une multitude de prolongemens rayonnes et terminés en pointe, qui se répandent dans la substance grise , sans s'étendre jusqu'à sa circonférence.

La substance grise du corps strié est donc partagée, dans toute sa longueur, par la blanche, qui se continue avec le pédoncule cérébral, en deux moitiés, l'une externe, l'autre interne, qui font corps ensemble inférieurement, mais non supérieurement. La bandelette blanche de sa face supérieure est le bord antérieur de l'expansion médullaire qui le traverse, et le commencement de la substance médullaije de l'hémisphère, produit par la substance blanche qui pénètre à travers la partie moyenne du corps strié.

Comme, dans ce trajet, la substance médullaire fournit

dos expansions qui rayonnent en tous sens, l'intérieur du corps strié doit nécessairement présenter l'aspect que j'ai décrit plus haut, lorsqu'on y pratique des coupes transversales et longitudinales , de manière qu'il a beaucoup de ressemblance avec le cervelet, dont la substance médullaire s'épanouit aussi en lames minces; seulement ici la substance grise qui couvre cette dernière , au lieu de prendre la même forme qu'elle, se contente de produire une couche uniformément répandue à sa surface.

S. Bandelette demi-circulaire.

1774. Le sillon qui sépare l'une de l'autre les faces supérieures du corps strié et de la couche optique, est parcouru par une bandelette étroite et saillante, qu'on appelle bandelette demi- circulaire (stria cornea, s. terminalis , s. tœnia striata, s. gerninum centrum semi-circulare). Cette bandelette, large d'un peu plus d'une ligne , et légèrement saillante , commence devant l'ouverture de Monro, aux environs du pilier antérieur de la voûte, avec lequel elle a toujours des connexions. Il est rare qu'elle cesse à l'extrémité postérieure du corps strié; ordinairement elle se recourbe en bas et en dehors, et se perd, en s'épanouissant, dans le toit de la corne descendante du ventricule latéral, vers son extrémité, où elle communique avec les fibres les plus externes du corps frangé et de la commissure antérieure.

Cette bandelette est peu saillante dans les premiers temps de la vie, blanchâtre et formée de fibres longitudinales, qui soulèvent en cet endroit la membrane interne du ventricule. Plus tard, elle devient, surtout à son côté interne, plus saillante et brunâtre, parce qu'il se dépose, à la surface des fibres médullaires d'abord existantes, et qui seules la constituaient dans le principe, une couche dure, solide, et plus ou moins brunâtre, d'où lui est venu le nom de lame cornée. Ce changement coïncide avec les progrès de l'âge et l'existence des affections céphaliques, de manière qu'il n'est point essentiel à l'organisation de la bandelette. Tarin considérait cette sub-

stance comme élant de nature particulière (1). Vicq-d'Azyr ne voyait en elle que de la substance grise ordinaire (2). Suivant Wenzel, qui s'est occupé spécialement de sa formation, elle doit naissance a un épanchement de fibrine, et à mesure qu'elle se développe, on voit en même temps la membrane voisine des ventricules s'épaissir, et le nombre des glandes de Pacchioni augmenter (51.

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