Couches optiques
1772. Les couches optiques, couches des nerfs optiques, couches des nerfs oculaires, Ch. ganglions cérébraux postérieurs ( ganglia postica, Gall. corpora striata posteriora et superna, Vieussens, thalami , s. colliculi nevrorum opticorum), sont deux corps grisâtres, alongés, arrondis, convergens d'arrière en avant et dedehors en dedans, qui, placés au-devant des tubercules quadrijuraeaux, enveloppent les extrémités antérieures des pédoncules cérébraux , dans la plus grande partie de leur étendue, notamment en haut et en dedans, de manière à n'en laisser libre qu'une très faible portion en dehors et en dessous, si l'on fait abstraction de la racine du nerf op-
du cerveau. ; 65g
tique; mais si l'on embrasse aussi cette racine, le pédoncule cérébral se trouve entouré , en cet endroit, d'un anneau complet, dont la couche optique est le commencement, et la réunion des racines des nerfs optiques la fin. La longueur de ces corps s'élève à environ un pouce et demi, leur hauteur à neuf ou dix lignes , et leur largeur à huit ou dix. Ils .pèsent près de quatre drachmes, de manière que leur poids est a celui du reste du cerveau proprement dit, environ dans la proportion de i : 56.
Leur face supérieure est convexe. On y remarque un renflement longitudinal, dirigé d'avant en arrière, dont la saillie la plus considérable correspond à sa partie antérieure, et qui se perd insensiblement en arrière. La plus forte saillie de ce renflement est l'extrémité d'un gros faisceau médullaire qui provient des éminences mainillaires, et qui s'épanouit supérieurement en éventail.
La face interne est peu convexe, et presque droite à sa partie antérieure, qui est la plus étendue.
Elle se continue avec la supérieure sous un angle presque droit. A la partie antérieure de sa jonction avec cette dernière, on aperçoit une bandelette médullaire blanche , large d'une ligne et demie à peu près. Les bandelettes des deux côtés, qui s'infléchissent pour aller à la rencontre l'une de l'autre , se réunissent sur la ligne médiane, où elles deviennent les pédoncules de la glande pinéale, puis se dirigent en arrière vers les éminences mamillaires, cachées un peu par la face interne de la couche optique en devant et en dessous.
Derrière l'extrémité postérieure de cette bandelette médullaire, la paroi interne est légèrement concave, et se termine enfin par une saillie arrondie.
Les couches optiques ne sont point unies ensemble par de la substance nerveuse à leur partie supérieure, ni chez les sujets qui ont pris tout leur accroissement, ni môme aux premières époques de la vie (1) quoique Vieussens (2) , Santorini (.1),
(1) C'est du moins ce que j'ai toujours observé. Sabatier a l'ait la même remarque (Anal., t. III, p. 457).
(2) Neurogr. , 1. I, c. 11.
(3) Obs. anal., c. m, § 7.
GGO ANATOM1E SPECIALE.
Morgagni (1), Winslow (2) el Gunz (3) aient prétendu le contraire. La connexion n'est établie entre elles, en cet endroit, que par la pie-mère qui passe de l'une a l'autre. Mais leurs faces internes sont adhérentes antérieurement , dans l'étendue de trois à quatre lignes, par le moyen d'un petit cordon arrondi, long d'une ligne environ, et formé de substance grise , qu'on appelle commissure molle (commissura mollis) (4;.
Il est très rare que la commissure molle n'existe pas (5). Je n'ai encore pu jusqu'à présent constater son absence que trois fois, de manière à n'avoir aucun doute à cet égard. Il n'est pas commun non plus d'en trouver deux situées l'une au-dessus de l'autre (6).
Inférieurement il n'y a point continuité de substance entre les couches optiques. Ces deux corps n'y sont unis l'un à l'autre que d'une manière médiate, parle plancher du ventricule cérébral moyen.
La face externe est convexe et unie étroitement au corps strié , de telle sorte cependant qu'on découvre partout, entre les deux éminences, de ia substance médullaire, qui est la continuation du pédoncule cérébral.
La face postérieure est également convexe, et toujours manifestement partagée en trois tubercules arrondis, disposés en triangle , et situés, l'un, le postérieur, (tuberculurn ganglii poslici posterius , s. poslerius superius) en haut et en arrière ; le second, ou le corps genouillé interne {corpus geniculatum inlernum , s. tuberculum poslicum médium ), en bas et en dedans, le troisième enfin, ou le corps gcnouillé externe (corpus geniculaturn exler num , s. tuberculurn posticum inferius , s. externum), plus bas encore et en dehors.
(1) Advers. anat., 1. VI, c. x.
(2) Ex/i. anat . 1. IV, p. i65.
(3) Prolusio de ccrcbro , Il ,[,Léipsick, 1760, p. xi.
(4) Morgagni et Gunz s'arrogent l'honneur de celle découverte.
(5) Wenzcl l'a vue manquer dans dix cas sur soixante-six ( De ccreb . p. i2y). Gordon (p. 9S) l'a rencontrée toujours , et Sabatier (p. 45/) presque toujours.
(6) Vicq-d'Azyr, p. 527. — Wenzcl, Prodr., p. iô. — J'ai observé aussi celte anomalie.
Le tubercule postérieur est toujours plus volumineux que les deux corps genouillés, mais moins détaché qu'eux de la substance du ganglion cérébral postérieur.
Les deux corps genouillés sont quelquefois égaux, mais ordinairement l'interne est plus gros. Us ont une forme arrondie.
Tous deux ont des connexions immédiates avec les tubercules quadrijumeaux, par le moyen de bandelettes médullaires, quelquefois confondues en une seule , mais qui sont ordinairement séparées et distinctes l'une de l'autre.
La bandelette médullaire des tubercules quadrijumeaux postérieurs se porte au corps genouillé externe, et celle des antérieurs au corps genouillé interne. La première est beaucoup plus constante et plus forte que la seconde.
Les deux corps genouillés ne sont composés que de substance médullaire à l'extérieur. Intérieurement ils sont formés par un mélange de substance blanche et de substance grise.
lisse continuent, en bas, avec la racine du nerf optique.
La face supérieure et la face postérieure de la couche optique sont couvertes d'une couche mince de substance blanche. L'interne est grise.
A l'intérieur, ils offrent un mélange de substance blanche et de substance grise. Indépendamment des faisceaux médullaires nés des tubercules quadrijumeaux, et qui restent en partie dans la substance du ganglion, en partie aussi se confondent, à sa surface, avec la glande pinéale, ce corps est composé de plusieurs couches superposées, dont les rayons, dirigés de dedans en dehors , s'unissent à la substance du pédoncule cérébral, et s'entrelacent avec elle de la manière la plus intime.