‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologique [electronic resource] (volume 2)Chapitre 496 sur 529 · Ventricules cérébraux · texte numérisé non relu

Ventricules cérébraux

1776. La substance du cerveau n'est pas complètement solide. Elle renferme, dans son intérieur, un vide considérable, i dont la forme correspond en général à celle de la face externe, parce qu'il se prolonge dans toutes les parties du viscère, mais dont l'étendue est beaucoup moins considérable. On peut désigner ce vide sous le nom général de ventricule du cerveau (ventriculus cerebri) , ou fissure centrale [fissura centralis).

Le plancher de cette excavation est formé par la partie du cerveau qui correspond aux cordons antérieurs de la moelle épinière, et qui n'en est à proprement parler qu'un développement. Ses parois latérales et son toit sont formés par les parties surajoutées à ces cordons.

Elle commence l'extrémité postérieure de la face supérieure de la moelle alongée, dans l'endroit où les cordons postérieurs de la moelle épinière s'écartent l'un de l'autre, et prend en cet endroit le nom de sinus rhomboïdal ou calamus scriplorius; elle se continue ensuite sous le cervelet, où elle donne naissance au quatrième ventricule , parce qu'elle s'y dilate en

DU cerveau. 66g tous sens; delà elle se rétrécit pour passer sous les tubercules quadrijumeaux,et former ce qu'on appelle V aqueduc de Sylvius; puis elle s'agrandit de nouveau dans tous les sens, mais principalement de haut en bas, entre les couches optiques, où elle produit le troisième ventricule , se termine antérieurement en cul-de-sac dans cet endroit, mais s'étend beaucoup à droite et à gauche, et produit ainsi, de chaque côté, le ventricule latéral.

Considérée dans tout son ensemble, la scissure cérébrale a la forme d'une croix, dont la branche longitudinale supérieure aurait été considérablement raccourcie, et dont chacune des

I latérales se partagerait en trois bras.

Tous les compartimens qu'on peut y distinguer, communiquent les uns avec les autres sans la moindre interruption.

Cette cavité n'est pas parfaitement close. Sa face interne, par conséquent celle du cerveau, communique avec l'externe, : sur plusieurs points , savoir , en devant, entre le cervelet et la i moelle allongée , par le moyen de la petite J'ente transversale '{fissura cerebri transversa parva); en devant, entre le corps calleux, le corps frangé, les tubercules quadrijumeaux et les couches optiques , par la grande J'ente transversale (Jïssura cerebri transversa magna ). Cependant les vides qui résultent de l'interruption de la substance cérébrale sont remplis par l'arachnoïde et la pie-mère.

Les parois de ces diverses excavations sont lisses et arrosées par de la sérosité. Plusieurs anatomistes (i) n'y admettent que la membrane choroïdienne et point de membrane propre. Suivant Bichat (2) et Wenzel (5), au contraire, dont l'opinion est plus exacte , on y trouve une membrane propre, considérée par le premier comme une continuation de l'arachnoïde, et par le second comme une membrane de nature particulière.

II est évident que la membrane interne des premier , second, troisième et quatrième ventricules se continue avec l'arach-

(1) Par exemple Sœmmerring , loc. cil., p. 48 , § 5g.

(2) Tr. des membranes , p. 216.

(5) Prodromus , §8, p. 8. De cerebro , cap. vin, Intcgumcntum vcnlriculorum cerebri et partium in iis silarum , p. 80.

6yO A.NAT0M1E SPECIALE.

noïde ; mais celle qui tapisse le cinquième forme un sac clos de tontes parts. Cependant cette circonstance ne prouve rien contre l'opinion de Bichat, puisqu'il est probable que le ventricule de la cloison communique avec les autres dans le principe.

La membrane interne de la fissure cérébrale est surtout très facile à démontrer dans la jeunesse, lorsqu'on enlève la substance médullaire avec soin , au-dessus des ventricules latéraux. On parvient assez aisément aussi à la mettre en évidence (1) dans le ventricule de la cloison, sur les corps striés, dans la corne postérieure des grands ventricules , et sur le plancher du quatrième. Elle s'épaissit ordinairement dans l'hydrocéphale interne. Quelquefois aussi on l'aperçoit très bien lorsqu'il s'est accumulé de la sérosité entre elle et la substance cérébrale. Il est rare cependant qu'on parvienne à l'isoler d'une manière complète, et presque toujours une certaine quantité de substance cérébrale demeure adhérente à sa face externe. Voilà pourquoi plusieurs anatomistes l'ont appelée lame mé~\ dullaire ( lamina medullaris). Tout récemment encore , Reil a donné le nom d'epilhelium à l'union de cette membrane avec la substance amorphe qui couvre les parties du cerveau situées au-dessous d'elle (2).

Son épaisseur varie aussi, dans l'état normal, suivant les diverses régions dans lesquelles on la considère.

Parmi les divisions que comprend la fissure cérébrale, j'ai déjà décrit (§ 1728 ) le sinus rhomboïdal ; il ne me reste donc plus qu'à examiner les autres.

a. Ventricule du cervelet.

1777. Le ventricule du cervelet, quatrième ventricule, cinquième ventricule (ventriculus cerebelli, ventriculus quartus, s. quinlus, Y^enzel) (5 , a la forme d'un triangle dont

(1) Wenzel, toc. cit., p. 81.

(2) Archiv fiir die Physiologie , t. IX, p. î/p.

(3) Desnioulins , Mémoire sur le rapport qui unit le développement du nerf pneumogastrique à celui des parois du quatrième ventricule ; dans Journ. de phys. ex-p., t. III, p. 36?..

la base regarde en bas et en arrière, et le sommet en haut et en avant. Il se continue, en arrière et en bas, avec le sinus rhoinboïdal de la moelle alongée. En arrière et en haut, il pénètre, entre l'extrémité antérieure et l'extrémité postérieure du ver, dans la substance du cervelet, où il se termine en pointe. En devant il passe sous le bord postérieur des tubercules quadrijuineaux , et se continue avec l'aqueduc de Sylvius. Son plancher, qui, dans la situation naturelle du cerveau, constitue la paroi antérieure, est formé par la face supérieure de la protubérance annulaire. Le long de la ligne médiane règne un sillon longitudinal , qui a environ une ligne de profondeur, et de chaque côté duquel s'élève un renflement renversé de dedans en dehors.

Depuis l'extrémité antérieure de ce plancher jusqu'auprès de la postérieure, s'étend, de chaque côté , une place bleue , étroite et alongée, qui n'existe probablement que chez l'homme, qui est formée par une multitude de vaisseaux sanguins très déliés, et qui, suivant toutes les apparences, a des connexions avec l'origine du nerf auditif (1).

La paroi postérieure et inférieure est formée par la face antérieure et interne de la moitié postérieure du ver , et latéralement surtout par la valvule postérieure. Les parois latérales le sont par les prolongemens antérieurs et moyens du cervelet. Enfin la supérieure l'est , en arrière, par la face postérieure de la moitié antérieure du ver, et en devant par la valvule cérébrale antérieure.

Le quatrième ventricule est ouvert en arrière, de sorte qu'en cet endroit la face interne du cervelet se continue avec l'externe, parle moyen de la petite fente cérébrale.

b. Aqueduc de Sylvius.

1778. L'aqueduc de Sylvius (aguœductus Sylvii, s. canalis eminentiœ quadrigeminœ) est un conduittrès étroitqui faiteommuniquer ensemble le quatrième et le troisième ventricules.

(1) Loculi cœrulci in basi ventriculi quinti; dans Wenzcl, toc. cil., t. XVI I , p. 168-169. ~ Cette tache bleue a déjà été décrite par Vicq-d'Azyr, dans Métn. de Paris, 17815 p. 585.

Il est formé en bas par la fice supérieure et convexe des pédoncules cérébraux, sur les côtés et en haut par les tubercules quadrijumeaux , en devant par la commissure postérieure et la glande pinéale. Il se continue en arrière avec le quatrième ventricule , en devant avec le troisième , et communique aussi, dans ce dernier endroit, avec la face externe du cerveau.

Les parois de ce canal présentent quatre enfoncemens longitudinaux, un inférieur, deux latéraux et un supérieur (1).

L'inférieur est le plus postérieur, et situé sur la ligne médiane ; il termine le sillon longitudinal qui règne sur le plancher du quatrième ventricule. Les latéraux sont situés plus en devant, augmentent de profondeur vers la partie moyenne, et convergent d'arrière en avant. Le. supérieur, qui correspond exactement à l'inférieur , et qui parcourt le milieu de la face supérieure, est le plus profond de tous; il a plus de largeur en devant et davantage de profondeur en arrière.

Je ne crois pas que ces enfoncemens aient une importance particulière , comme le pense Wenzel. Je ne vois en eux qu'un débris du vaste ventricule que les tubercules quadrijumeaux couvrent chez l'embryon.

c. Troisième ventricule.

177g. Le troisième ventricule [venti'iculus tertius , s. processus fissurœ medianœ perpendicularis , Gordon) commence à l'extrémité antérieure de l'aqueduc de Sylvius, et descend obliquement d'arrière en avant. Il est bien plus considérable, chez l'homme, que le quatrième ventricule, tandis que, chez les animaux , on observe une proportion inverse (2). Sa forme est très irrégulière, et se rapproche de celle d'un carré long. Il est beaucoup plus long que haut, et sa largeur s'élève à peine à quelques lignes.

Son plancher est formé par la substance grise située devant des pédoncules cérébraux, par les éminences mamillaires. enlin, entre ces dernières, et au-devant d'elles, parlechiasma des nerfs optiques. Sa face antérieure l'est par la plaque mince

(1) Wenzel, Scrobiadi in canali corporitm quadrigeminorum. Loc. cil., n. xvi , p. 166-167.

(2) Wenzel, loc. cit., cap. 21-22.

DU CERVEAU. UJÙ

de substance grise placée au-devant du chiasma des nerfs optiques, par les pédoncules antérieurs de la voûte, et par lu commissure antérieure. Sa paroi supérieure, on son toit, l'est par le corps et les pédoncules postérieurs de la voûte, ainsi que par le renversement postérieur du corps calleux. En6n ses parois latérales sont formées, intérieurement, par les faces internes, et supérieurement, par les laces externes des couches optiques. Sa face inférieure est la plus inégale de toutes; considérée d'une manière générale, elle descend d'arrière en avant ; mais on y remarque deux enfoncemens en cul-de-sac, dont le postérieur est le commencement de l'entonnoir, et dont l'antérieur est situé au-devant du chiasma des nerfs optiques. Ces enfoncemens s-e terminent tous deux en pointe.

Vers le milieu de sa hauteur, le quatrième ventricule est, postérieurement, partagé, niais d'une manière incomplète, en deux parties, l'une supérieure, et l'autre inférieure, par la commissure molle des couches optiques.

Les parois antérieure , supérieure et inférieure sont complètes. Mais la latérale offre un vide, ou plutôt les parois latérales, l'antérieure et la supérieure ne sont point unies en^ semble par de la substance cérébrale. Ce vide, situé entre les couches optiques et la voûte, établit une communication entre le quatrième ventricule et les latéraux. Il est très considérable après qu'on a enlevé la pie-mère et l'arachnoïde, auxquelles il livre passage ; mais lorsqu'on a laissé ces deux membranes en place, il est très petit, et forme une ouverture fort étroite, qui se trou ve entre l'extrémité inférieure antérieure des couches optiques et les piliers antérieurs de la voûte.

On appelle cette ouverture trou de Monro (foramen Mon~ roi).

Elle existe toujours, si ce n'est dans certains cas pathologiques. On a cité, comme argumens contre son existence, la non possibilité de faire passer l'air d'un des ventricules latéraux dans l'autre, la réplétion persistante d'une de ces cavités, après que l'autre a été ouverte et que le fluide qu'elle contenait s'est écoulé , enfin la différence qu'on a quelquefois observée entre les liquides accumulés dans les deux ventricules' 2. 45 \

kitéraux (i). Mais la plupart de ces phénomènes peuvent dépendre de la procidence du plexus vasculaire à travers l'ouverture , et plus encore de son adhérence morbide avec les bords de cette dernière, où de ces bords eux-mêmes entre eux (2). Cette dernière cause est d'autant plus probable , que la plupart des observations sur lesquelles reposent les argumens qui viennent d'être rapportés, ont été faites dans des circonstances favorables à la producticm d'une adhérence morbide (3).

Il ne faut pas confondre avec le trou dè Monro l'ouverture que des anatomistes moins exacts ont admise dans la cloison transparente, car cette ouverture n'existe point, et lorsqu'on l'a rencontrée, elle devait naissance à l'inhabileté de l'anatomiste , au mauvais état du cerveau, ou à une déchirure morbide.

A la vérité le troisième ventricule se continue , en haut et en arrière, avec l'aqueduc de Sylvius , mais il communique en même temps avec le dehors, sous l'extrémité postérieure du corps calleux, au-dessus et au-devant de la glande pinéale, par une large ouverture, dont la pie-mère et l'arachnoïde, qui s'enfoncent dans le cerveau, rétrécissent le diamètre , et qui forme la partie moyenne de la grande fente cérébrale.

Il existe par conséquent en cet endroit, à peu près daus le milieu de l'encéphale, entre le cerveau et le cervelet, un point où la face externe du cerveau se continue avec l'interne, tant d'arrière en avant, par le troisième ventricule, que d'avant en arrière, par l'aqueduc de Sylvius.

d. Ventricules latéraux.

1780. Les ventricules latéraux, ventricules antérieurs, ou grands ventricules [yenlriculi cerebri latérales , s. anteriores, s. magni, s. tricornes) (4)? sont situés dans chaque hémi-

(1) Portai, Sur une hydropisic particulière des ventricules latéraux du cerveau et sur la cloison qui les sépare; dans Mèm. de Paris, 1770, p. 240. 5

(2) Monro , On tke brain, Edimbourg, 1795 , ch. 1. (5) Vicq-d'Azyr, dans Mèm. de Paris, p. 53g.

(4) Haase , De ventricutis cerebri tricornibus , Léipsick, 1789. — Rudolptii, De veniriculis cerebri, Gripswald . 1796.

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sphère, sur les côtés du corps calleux, de ly voûte et de la cloison. Ils ont une forme irrégulière , mais sont en général alongés, etdisposés de telle sorte, que leurplus grandelongueur s'étend d'avant en arrière. Supérieurement, ils ne dépassent pas le corps calleux et la partie des hémisphères dans laquelle ce corps se prolonge. Les hémisphères forment donc leur toit, qu'il ne faut d'ailleurs point se figurer comme étant une partie séparée et distincte du reste de la substance cérébrale.

On peut y distinguer une partie moyenne et des cornes ou courbures [cornua).

La partie moyenne marche directement d'arrière en avant et de haut en bas. Elle est bornée, en dedans par la cloison transparente et le corps calleux, en dehors par le corps strié. Son plancher forme la plus grande partie de la voûte.

a. Corne antérieure.

1781. La corne antérieure est la plus petite. Elle se dirige en dehors et en bas. Sa convexité regarde en devant, et sa concavité en arrière. Elle est située entre la paroi antérieure du ventricule et l'extrémité antérieure du corps strié".

|3. Corne postérieure'

1782. De l'extrémité postérieure de la partie moyenne se détachent la corne postérieure et la corne inférieure ou descendante.

La corne postérieure , cavité digitale ou ancyrdide [foveadigitata), terminée insensiblement en pointe mousse, se porte assez directement en arrière, quoiqu'elle s'incline aussi un peu en dehors, et s'étend presque jusqu'à un pouce de distance de l'extrémité postérieure de l'hémisphère ; cependant sa longueur varie beaucoup.

La paroi interne, et toujours celle-là seulement, présente, à son côté interne, une emmence considérable, appelée ergot, petit hippocampe, ou érninence unciforme [calcai; unguis, pes hippocampi minor) (1). Cette érninence est très constante*.

(1) Morand, Obs. anal, sur quelques parties du cerveau ; dans Mom. de Paris , 1744 , p. 4^0.

Je ne l'ai jamais vue manquer dans aucun des nombreux cerveaux que j'ai disséqués. Sur cinquante et un sujets qui avaient été examinés exprès, Wenzel n'en a compté que trois chez lesquels elle n'existait ni d'un côté ni de l'autre , et deux qui n'en présentaient aucune trace d'un côté seulement (1).

L'ergot offre un léger renflement à sa partie moyenne, et se termine en arrière par une extrémité arrondie , qui éprouve un amincissement graduel. 11 est très constant sous le rapport de son existence et de sa situation ; mais sa forme et son volume offrent des différences considérables, qui se ?encontrent même quelquefo'19 entre les deux hémisphères d'un même cerveau.

Sous le point de vue de la forme , il est tantôt étroit et alongé , tantôt plus large. Ordinairement il est lisse; mais quelquefois il offre plusieurs sillons transversaux, surtout en arrière, ou bien il est partagé, par un sillon longitudinal, en deux moitiés, dont la supérieure surpasse presque toujours l'autre en grosseur.

Quant au volume de l'éminence unciforme, il est généralement en raison directe du développement de la corne postérieure. Mais cette règle souffre des exceptions , car il arrive souvent qu'une très petite corne renferme un très gros ergot, tandis qu'une autre fort grande en loge un qu'on aperçoit à peine.

En général la structure de cette éminence est toujours la même. Elle se compose d'une circonvolution et demie. Du fond d'une des anfractuosités comprises entre deux circonvolutions voisines , à la face interne du lobe postérieur du cerveau, s'élève un petit, renflement triangulaire, ayant son sommet tourné en haut , dont la substance médullaire se continue avec celle de la face interne de la corne postérieure. Sa substance grise l'ait corps avec une couche de substance corticale située immédiatement au-dessous de la substance blanche qui couvre la paroi interne de la corne postérieure, et forme avec cette dernière la couche interne de l'éminence unciforme. Supérieurement la couche médullaire de celte

(1) hoc. cit., p. i44-ï45.

éminence se continue avec la substance blanche de la oireonvolution située au-dessus, de même que sa substance blanche se continue aussi avec celle d'une circonvolution qui vient après.

Cette disposition est facile à reconnaître lorsqu'on coupe l'ergot en travers.

Il y a donc, sous le rapport delà forme, entre les circonvolutions extérieures et l'éminence unciforme , une certaine ressemblance, qui disparaît ou diminue au moins lorsqu'on enlève la pie-mère (i).

y. Corne descendante .

1785. La corne descendante ou latérale, la plus grande des trois cornes du ventricule latéral , offre une convexité en dehors et une concavit^, en dedans. Elle se porte en bas et en avant, le long du pédoncule cérébral, sur sa l'ace externe , et occupe la partie inférieure , interne et antérieure du lobe moyen , jusqu'à l'extrémité duquel elle ne s'élend cependant pas, car elle se termine à un demi-pouce en arrière.

Sa face inférieure présente deux éminences considérables , la corne d'Ammon et le corps frangé.

La corne d'Ammon . pied d'hippocampe, protubérance cylindroide, Ch. (cornu Ammonis, s. arietis , s. pes hippocampi, protuberantia cylindricà), convexe en dehors , et concave en dedans , repose sur la face inférieure de la corne descendante. Elle devient peu à peu plus large et plus haute d'arrière en avant. Son extrémité antérieure, qui est en même temps celle de la corne descendante du ventricule latéral, et qui a une largeur considérable, se courbe en dedans, et présente ordinairement, mais non toujours, deux à cinq petites entailles longitudinales. La corne d'Ammon est médullaire sur toute sa face libre, et souvent on aperçoit très distinctement des fibres longitudinales dans cette couche de substance blanche, qui a , du reste, une épaisseur si faible qu'ollepermet de distinguer la substance grise dont la protubérance est en grande partie formée.

(1) Wemcl , loe. cit., p. i.i6.

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Quelquefois, mais rarement, à côlé de la corne d'Ammon, et derrière elle, se trouve une seconde éminence plus ou moins longue, de manière qu'elle semble partagée en deux moitiés situées l'une au-dessus de l'autre. Cette éminence , appelée cuissarl, ou accessoire du pied d'hippocampe (eminentia çollaterdlis Meckelii ), paraît devoir naissance à une suspension de développement.

Au côté interne et concave de la corne d'A mmon on remarque une saillie médullaire étroite, falciforme, qui est parfaitement parallèle à ce côté, mais beaucoup moins large que lui, et qui se terminé par un bord interne, libre et tranchant, sur lequel repose le grand plexus choroïde. C'est ce qu'on appelle le corps frangé (tœnia, s. fimbria). Ce corps cesse à environ un pouce avant la grande corne d'Ammon, et se perd insensiblement dans une circonvolution du cerveau.

A côté du corps frangé, plus en dedans et en arrière, par conséquent un peu couvert par lui, mais situé hors de là corne descendante, se trouve un autre corps analogue, mais composé de substance grise, qui est encore plus court que lui . et qu'on aperçoit dans l'enfoncement qui existe entre lui et le bord interne descendant de la grande corne latérale ; c'est le corps dente' ou la bandelette dentelée (Jascia dentala).

Cette petite éminence a son bord libre divisé > de haut en bas, par un grand nombre d'incisures transversales, ou de plis, en à peu près douze ou quatorze petits segmens qui lui donnent une apparence ondulée, et qui s'effacent lorsqu'on enlève la pie-mère.

Une incision transversale , faite à travers les parties contenues dans la corne descendante, montre que la corne d'Ammon est couverte, à sa face supérieure et à sa face inférieure, d'une couche médullaire qui se termine en haut par le corps frangé, mais qui inférieuremenl pénètre plus loin en dedans, et se réfléchit dans la substance médullaire de la face inférieure de la corne.

A cette couche médullaire en succède une , beaucoup plus épaisse, de substance grise, qui a l'épaisseur de celle qu'on trouve à la surface du cerveau, revêt exactement la précédente, et se continue avec l'enveloppe corticale de l'encé-

du ccnvEA.u. 679

plia le. La face supérieure , qui est placée à une plus grande distance de la ligne médiane, et qui forme par conséquent la partie externe de cette couche grise , est le corps denté: L'interne se continue avec la substance grise de la lace interne de la partie inférieure du lobe postérieur du cerveau.

Entre celte partie interne et cette partie externe se trouve intercalée une couche médullaire plus mince , qui s'élargit supérieurement, où elle se montre libre et dégagée.

Ces parties ressemblent donc manifestement aux moitiés correspondantes de deux circonvolutions voisines, entre lesquelles une couche médullaire se serait enfoncée , au lieu de la seule pie-mère, et qui lie seraient couvertes en dedans que d'une couche médullaire fort mince.

La couche médullaire peu épaisse dont la substance grise est couverte, se continue bien de toutes parts avec le reste de la substance blanche, mais celle qui se trouve au-devant de la face inférieure de la corne d'Ammon est constamment séparée, dans toute sa hauteur, de celle, située vis-à-vis, qui revêt la face supérieure de l'éminence , et ne s'infléchit qu'à sa partie supérieure pour marcher à sa rencontre. S'il y avait adhérence entre elles, cette couche inférieure et cette couche interne de substance grise de la corne d'Ammon, réunies au plancher de lu corne descendante du ventricule latéral et à la substance située au-dessous , formeraient une circonvolution complète.

L'enveloppe médullaire de la corne d'Ammon se continue avec la partie postérieure du corps calleux, et en partie aussi avec le pilier postérieur de la voûte. C'est dans ce dernier que va se jeter le corps frangé tout entier.

Les ventricules latéraux sont , d&us la plus grande partie de leur étendue, clos et enveloppés par la substance cérébrale, qui ne présente aucune interruption.

C'est ce qui a lieu surtout pour la corne antérieure et la «orne postérieure. Au contraire, la région moyenne et la corne inférieure sont interrompues dans une portion cmi sidérable de leur étendue, attendu que la voûte et le eorps frangé ne s'unissent point aux parties voisines. Il résulte de cette disposition que la région moyenne comiinnmiuc, de haut

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en bas et de dehors en dedans, avec le troisième ventricule, que la corne descendante se trouve en rapport avec la face externe du lobe postérieur du cerveau, et qu'il existe, par conséquent, entre le corps frangé et la partie postérieure des couches optique?, un vide qui forme les deux côtés de la grande fente cérébrale, avec la partie moyenne de laquelle il se confond en dedans. Si donc l'on écarte les bords de ce vide, qni est rempli par l'arachnoïde et plus encore par la pie-mère et le tissu cellulaire, on parvient , sans être obligé d'inciser la substance cérébrale, dans la corne descendante du ventricule latéral et dans le troisième ventricule, et l'on peut, en fendant le toit de la corne descendante de dedans en dehors , renverser d'arrière en avant toute la partie postérieure des hémisphères, avec le corps calleux et la voûte.

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