II. TEXTCKE
1 j?84- Le cerveau est la partie antérieure de la moelle épinière développée et déployée.
Les deux cordons latéraux de cette partie antérieure s'entre-croisent, et forment, au-dessus de la décussation, les pyramides, dont la saillie se prononce à la face inférieure de la moelle alongée.
A leurs côtés marche un faisceau plus étroit, dont les fibres se divisent, au-dessous des olives, en deux couches , l'une antérieure , l'autre postérieure, qui entourent ces éminenees, au-dessus desquelles on les voit se réunir de nouveau pour entrer dans la protubérance annulaire*
Le troisième faisceau est le plus fort de tous. Il se trouve placé à côté du précédent, en dedans et en arrière. Il forme le plancher du calamus scriploi^ius et du quatrième ventricule, endroit où il est couvert par de la substance grise.
Ces trois faisceaux, situés l'un au-dessus de l'autre, et séparés par la substance grise, ainsi que par les couches fibreuses transversales qui tirent leur origine des proîongemens latéraux du cervelet, traversent la protubérance annulaire.
En avant de celte protubérance, ils se réunissent pour produire le pédoncule cérébral, dont les pyramides forment le
côlé externe et inférieur, et les deux autres cordons le côté interne et supérieur.
Le pédoncule cérébral est plus manifestement composé dans sa partie inférieure que dans sa partie supérieure, dont la face inférieure, convexe, repose sur la face supérieure, concave, de l'inférieure , de lames , qui suivent une direction longitudinale , et dont les bords convergent de dehors en dedans. On peut donc opposer cette partie supérieure et celte partie inférieure l'une à l'autre, en appelant la première base, et la seconde toit ou bonnet du pédoncule cérébral (i).
Les trois faisceaux que chaque cordon latéral antérieur produit en se divisant dans la moelle alongée, continuent encore d'être séparés les uns des autres dans le pédoncule cérébral et le cerveau.
Celui qu'il convient de décrire le premier est le faisceau moyen, parce que c'est lui qui se termine le plus tôt.
Ce faisceau marche de dedans en dehors, et se partage, dans la partie postérieure du pont de Varole, en deux fascicules: l'un s'avance au-dessous de la substance noire du pédoncule cérébral ; l'autre, appelé ganse ou lacet (2), se dirige en haut, se montre à l'extérieur, entre le prolongement antérieur et le prolongement moyen du cervelet, et, marchant le long de la face externe du premier, va gagner obliquement les tubercules quadrijumeaux postérieurs. Arrivé au côté externe de ces derniers , il se divise en deux bras : l'un se porte en devant, sur le corps genouillé externe et dans la couche optique ; l'autre se dirige transversalement en dedans, s'épanouit audessous des tubercules quadrijumeaux, forme le toit de l'aqueduc de Sylvius , et se confond, en devant, avec la commissure postérieure, en arrière, avec le cordon moyen qui se rend des lubercules quadrijumeaux postérieurs a la grande valvule cérébrale.
Les faisceaux antérieurs inférieurs du cordon antérieur de la moelle épinière, qui correspondent aux pyramides, dans la moelle alongée, et qui en sont la continuation immédiate,
(1) Reil , Arcliiv. fur die Physiologie , t. IX, p. i5o. (a) Id. ibid. , p. 5o5.
forment la partie inférieure du pédoncule cérébral, et se dirigent de bas en haut et de dedans en dehors, au-dessous des couches optiques.
Les supérieurs postérieurs, qui sont. les plus forts, s'avancent en ligne droite vers la partie postérieure des couches optiques.
Les uns et les autres, réunis ensemble , sortent de la couche optique en dehors, et, en devant, les fibres de la couche ellemême, qui marchent clans la direction de dedans en dehors, passent au-dessus d'eux. Arrivés au côté antérieur et externe de la protubérance , ces cordons et ces fibres donnent naissance à une sorte de suture , par leur entrelacement, et se répandent en rayonnant de tous côtés. Quant aux feuillets externes du pédoncule cérébral, ils se réfléchissent en arrière, sans traverser la couche optique.
Il résulte de là, dans chaque hémisphère du cerveau, un demi-cercle dont la concavité regarde celle du demi-cercle opposé , tandis que sa convexité est tournée en dehors, et qui, comme le pédoncule cérébral, se compose de lames ou baguettes dirigées de haut en bas. Ces baguettes se déploient dans tous les sens , a la manière des branches d'un éventail. C'est ce que I\eil appelait la couronne rayonnante. Les baguettes postérieures et moyennes , qui sont les moins nombreuses , se portent aussitôt en dehors et en arrière , et forment la plus grande partie de la masse des lobes cérébraux postérieur et moyen. Les antérieures, dont le nombre est beaucoup plus considérable, traversent d'abord le corps strié, et forment ensuite le lobe antérieur du cerveau.
Les circonvolutions sont composées de deux couches de lames appliquées l'une contre l'autre, qui se décollent par l'effet d'une congestion de sérosité dans les ventricules, et qu'on détache plus ou moins aisément, sur le cadavre, en ayant recours à la compression , ou en faisant durcir le cerveau par différons procédés.