‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologique [electronic resource] (volume 2)Chapitre 498 sur 529 · NERVEUX · texte numérisé non relu

NERVEUX

1787. La partie centrale du système nerveux est entourée de plusieurs membranes superposées, ainsi que je l'ai déjà dit précédemment (§ 176). Depuis long-temps on compte trois de ces membranes , une interne, la pie-mere , une moyenne, V arachnoïde , et une externe, la dure-mère. Mais les anciens anatomistes, et, parmi les modernes, Lieutaud, Sabatier et Chaussier , ont considéré l'interne et la moyenne comme n'en formant qu'une seule, appelée méningine ( meningina) , laquelle se compose de deux feuillets , distincts dans la colonne vertébrale, sur le cervelet et à la face inférieure du cerveau, mais intimement confondus l'un avec l'autre dans tous les autres points.

Ce qu'il y a d'exact dans cette manière de voir, c'est que les deux méninges internes sont unies l'une avec l'autre d'une manière si étroite, sur plusieurs points, qu'on doit les considérer comme n'en formant qu'une seule; car il est impossible de démontrer dans les parties supérieure et latérales de la surface du cerveau les deux lames que Chaussier y indique, et qu'il dit être unies par un tissu cellulaire très court. On n'aperçoit réellement que la pie-mère sur ces points. A la vérité on prétend que l'arachnoïde s'étend en manière de pont sur les sinuosités, tandis que la pic-mère se plonge dans ces cavités , et qu'il est facile d'isoler la première de ces deux mcui-

brancs par l'insufflation; mais j'ai toujours trouvé, en répétant cette expérience et d'autres analogue?, que c'était la piemère elle-même qu'on soulevait, et non une membrane distincte et séparée de celle-là.

Cependant il ne résulte pas de là qu'on doive admettre l'identité des deux méninges internes ; bien au contraire, les argumens suivans s'élèvent contre ceux qui partagent cette opinion.

i° La différence de structure. L'arachnoïde est blanchâtre , demi transparente , et tout-à-fait dénuée de vaisseaux : la piemère est transparente et entièrement composée de vaisseaux sanguins réunis par du tissu cellulaire.

2° La différence dans la disposition. Les deux membranes sont lout-à-fait distinctes sur plusieurs points , et jamais l'arachnoïde ne se trouve qu'à la superficie, tandis que la piemère pénètre dans la profondeur, et accompagne partout la surface proprement dite du cerveau et de la moelle épinière.

5° ha structure du fœtus, dans le cerveau duquel on parvient aisément à isoler l'arachnoïde, sur toute l'étendue de l'encéphale.

4Ù La différence des altérations pathologiques. L'arachnoïde devient plus dure et plus épaisse; elle exsude des fausses membranes. La pie-mère se contente, en général, de recevoir davantage de sang, et de prendre par conséquent une teinte plus rouge. Cependant on ne peut disconvenir que, dans plusieurs points de son étendue, la pie -mère, notamment l'interne, ne subisse quelquefois des cbangemens analogues à ceux qu'on regarde comme étant l'apanage exclusif de l'arachnoïde.

De même que cette dernière se confond en une seule membrane avec la pie-mère, dans l'intérieur du crâne, de même aussi elle s'unit avec la dure-mère , tant dans le crâne que dans le canal vertébral, d'une manière si intime qu'il est extrêmement difficile ou même tout-à-fait impossible de l'en séparer.

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