‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologique [electronic resource] (volume 2)Chapitre 501 sur 529 · II. PIE-MÈRE DE L'ENCÉPHALE · texte numérisé non relu

II. PIE-MÈRE DE L'ENCÉPHALE

1790. La pie-mère de l'encéphale doit nécessairement être distinguée en interne et externe , à cause des différences notables qu'elle présente dans sa configuration, suivant qu'on la considère à l'extérieur ou à l'intérieur de l'organe.

A. PIE-MÈRE EXTERME.

1791. La pie-mère externe du cerveau, du cervelet et de la moelle épinière est appliquée d'une manière intine à la surface de ces trois sections de la portion centrale du système nerveux, et pénètre dans les plus grandes, comme dans les plus petites excavations, jusqu'à .leur fond, de sorte qu'elle représente exactement la forme extérieure des parties. Elle ne s'écarte de la surface du cerveau que sur un petit nombre de points. C'est ainsi que, dans le calamus scriptorius, elle passe d'un côté à l'autre, formant un pont transversal, soutenu par une petite saillie médullaire, qui se continue en devant, sous un angle aigu, avec la pie-mère dont la face postérieure du cervelet est couverte. De même la lame mince qui clôt le troisième ventricule en devant et en bas, devant le chiasma des nerfs optiques, est remplacée souvent par la pie-mère seule, qui s'étend d'un hémisphère à l'autre, en manière de pont. Ces prolongemens , qui pénètrent dans les excavations superficielles, en particulier dans les sillons du cervelet et les anfractuosités du cerveau, sont de véritables plis (1), puisque chacun se compose de deux lames, entre lesquelles il règne une union bien plus intime à l'entrée des

(1) Sœminerring, De cerebri adminisiralionibus analomicis , vasorum- .;/.■(! eju.i habita; dans M iïnclmcr Denhschriften fur 1S08, p. 66, 6?.

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anfractuosilés que dans leur trajet et leur fond, ce qu'on doit attribuer en partie aux gros vaisseaux qui passent, en cet endroit, à la surface de l'encéphale, de sorte qu'il devient très facile de les isoler l'une de l'autre, lorsqu'on a opéré la destruction de ces vaisseaux.

La pie-mère externe se continue avec l'interne dans tous les points où la face externe de l'encéphale se continue ellemême avec l'interne, c'est-à-dire avec celle qui forme les parois des ventricules. Ainsi ces deux membranes s'unissent, dans le quatrième ventricule , par la fente cérébrale postérieure, et dans l'aqueduc de Sylvius, ainsi que dans les ventricules latéraux, par la fente cérébrale antérieure.

On observe très souvent, sur la pie-mère externe , des corpuscules arrondis, la plupart du temps mous, d'un blanc jaunâtre, et réunis en plusieurs amas, qu'on désigne ordinairement sous le nom de glandes de Pacchioni (glandulœ Pacchionianœ ) (1), et que Bichal appelait granulations cérébrales ( granulationes cérébrales). Ces corpuscules sont placés principalement le long de la partie moyenne du sillon longitudinal supérieur, surtout à l'orifice des veines qui s'y jettent. Appliqués sur ïa face externe de la pie-mère, ils percent la duremère, et pénètrent même dans la cavité du sinus, où ils sont couverts par la membrane interne du système veineux. Presque toujours ils sont disposés en plusieurs groupes, mais de manière que les divers corpuscules d'un amas reposent sur une base commune. Leur nombre et leur volume varient beaucoup; leur structure est absolument homogène. Comme ou les rencontre particulièrement dans les derniers temps de la vie, qu'ils n'existent jamais avant la naissance, qu'on ne les trouve en quantité considérable que chez les hommes qui ont éprouvé souvent des maladies de tête, et qu'ils ne s'observent très probablement chez, aucun animal, on est fondé à les considérer comme des produits morbifiques, résultats du fréquent raptus du sang vers le cerveau (a).

(1) Facchioni, Epist. phys. anat. ; dans Opp. omn. , Rome, 17^1, p. ia5.

(?) Wenzcl, toc. cit., cap. 1. Corpuscula in exteriori méninge et infra

Dans aucun cas ils ne méritent le nom de glandes. Ils n'ont pas non plus de canaux excréteurs qui versent un fluide sécrété par eux entre la dure-mère et la pie-mère, entre cette dernière et l'encéphale , ou même dans l'intérieur des ventricules cérébraux, comme le prétendait Pacchioni.

B. PIE-SltaB 1KTEBNE.

1792. La pie-mère interne diffère de l'externe, tant par sa texture que par sa configuration. En effet, elle est plus mince et d'un tissu plus délicat. Elle adhère davantage aux parties qu'elle tapisse, et se confond réellement avec elles, à pea près comme font les membranes séreuses a l'égard des cartilages articulaires sur lesquels elles passent. La portion qui ne revêt pas la surface des ventricules donne naissance aux plexus choroïdes (plexus choroidei). Ces derniers ne sont essentiellement composés que de la portion de la pie-mère interne qui se trouve .libre et dégagée de toute adhérence dans le veutricule. Ils forment un nombre immense de plis entre-croisés et disposés en plusieurs séries longitudinales parallèles. Ils sont appliqués sur la pie-mère interne, très près de sa jonction avec l'externe, et sur les bords des fentes qui font communiquer la surface externe du cerveau avec l'interne. On en trouve dans toutes les sections de la fissure cérébrale, ou de la cavité ventriculaire générale. Les plis qu'on y remarque ne seraient-ils point autant de vestiges des prolongemens de la pie-mère externe, qui s'enfoncent dans les sillons de la face externe, ou plutôt un résultat de l'affaissement des plexus choroïdes après les premiers temps de la vie, époque a laquelle ils ont un

cam abs ulroque falcis laierc. — Portai (Cours d'anat. mcd., t. II] avait déjà révoqué en doute (p. 91) la nature glanduleuse de ces corpuscules, et soutenu qu'ils ne sont autre chose qu'un tissu cellulaire rempli de substance adipeuse (p. 10). A l'égard des corps analogues qu'on trouve dans les plexus choroïdes , il s'exprime en ces termes (p. 44) •' * Ces corps glandiformes n'étant rendus appareils que par la maladie , ne sont-cc pas des concrétions formées dans le tissu cellulaire de la pie-mère, qui acquièrent plu* ou moins de volume et de dureté ï »

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