‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologique [electronic resource] (volume 2)Chapitre 516 sur 529 · CEBVEAD · texte numérisé non relu

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Si l'on fait abstraction des premières périodes , durant lesquelles la moelle épinière et la moelle alongée ont une prédominance si marquée, le cerveau est d'abord beaucoup plu? volumineux et plus pesant que chez l'adulte, en proportion de toutes les autres parties de la masse centrale du système nerveux.

Les différences considérables qu'il offre dans sa structure m'imposent l'obligation de considérer ses parties dans le même ordre que j'ai suivi pour les décrire.

a. Prolongemens cérébraux. Ce que les pédoncules cérébraux offrent de plus remarquable , c'est la direction qu'ils affectent dans l'origine : leur partie postérieure s'élève perpendiculairement , et se continue ù angle aigu avec l'antérieure, qui descend tout aussi verticalement que l'autre et immédiatement devant elle.

(1) Carus, toc. cit., p. 285.

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Ils sont en outre beaucoup plus volumineux, en proportion des autres parties du cerveau, dans l'embryon que chez l'adulte.

b. Tubercules quadrijumeaux. Ces tubercules sont, avec les pédoncules cérébraux , la partie la plus considérable du cerveau, dans le principe. Proportionnellement au volume qu'ils ont ensuite , ils sont alors beaucoup plus gros qu'une des portions centrales , et forment la partie la plus élevée du cerveau, de sorte qu'autrefois on les avait méconnus , en les prenant pour le cervelet (1).

Ils ne méritent point d'abord le nom sous lequel on a coutume de les désigner, car ils ne sont divisés ni dans le sens de la longueur, ni dans celui de la largeur, mais forment une masse homogène, très alongée d'avant en arrière. Il est très probable que leurs moitiés latérales ne sont point unies primitivement par de la substance nerveuse , sur la ligne médiane, et que la pie-mère établit seule une communication entre elles.

Leur sillon longitudinal paraît un peu plus tôt que le transversal. Il se développe d'avant en arrière, de sorte qu'il sépare les deux éminences antérieures avant les deux postérieures. Le sillon transverse est situé d'abord , proportion gai-dée , plus en arrière, de sorte que la paire antérieure d'éminences a toujours, dans le principe, un volume proportionnel supérieur à celui qu'on lui découvre chez l'adulte.

Les tubercules quadrijumeaux sont encore beaucoup plus longs, eu égard à leur largeur, chez le fœtus à terme que chez l'adulte. Quoique leur largeur surpasse un peu leur longueur chez ce dernier , cependant ils ont acquis déjà leur longueur absolue au moment de là naissance , et, à partir de cette époque, ils ne font plus que croître plus ou moins en largeur.

Leurs parois sont d'autant pins minces qu'on les examine à une époque plus voisine du terme de la conception ; aussi renferment-ils une cavité considérable , qui se rapetisse peu

(1) Harvey , De gencrat. Amsterdam , 166a, y>. 001. — Autunrretli, Suppl. ad liisl. emb., p. 21.

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à peu , par le fait de l'épaississement de leurs parois, et dont les fossettes qu'on remarque dans leur intérieur sont des vestiges.

c. Glande pincale. Il paraît qu'on ne commence à apercevoir ce corps que du troisième au quatrième mois de la vie intra-utérine (i). Il est d'abord plus arrondi et plat. On n'y trouve aucune trace de concrétions jusqu'au moment de la naissance; mais, soit plus tôt, soit plus tard, quelquefois seulement vers la septième année, il se forme, au-devant de lui, une substance molle et visqueuse, située sur la commissure postérieure, qui s'endurcit peu à peu après l'âge de sept ans, et qui commence par l'entourer. Quelquefois cependant on ne rencontre non plus aucun vestige de concrétions pinéales chez des sujets d'un âge bien plus avancé, particularité rare à la vérité, niais dont les observations de Wcnzel et les miennes propres ne permettent pas de douter. En général le nombre de ces concrétions augmente avec l'âge. Dans la jeunesse la substance visqueuse et les concrétions'sont situées au-devant de la glande pinéale; chez l'adulte on en trouve aussi dans l'enfoncement antérieur et dans la substance de la glande; chez les sujets âgés il y en a dans tous ces endroits à la fois. Ces concrétions ont une teinte plus pâle dans l'enfance et chez les vieillards, que dans les périodes intermédiaires (2).

d. Couches optiques. Ces éminences sont plus grosses dans l'embryon que chez l'adulte, eu proportion des corps striés et des hémisphères.

Dans l'origine elles sont absolument séparées l'une de l'autre. Plus tard, mais toujours cependant à une époque très voisine de la conception , elles deviennent adhérentes, sur la limite de leurs faces supérieures et internes , au moyen d'une lamelle médullaire mince, mais bien prononcée, qui s'étend de l'une à l'autre, en manière de pont. Beaucoup plus tard, ii peu près vers le quatrième mois, la commissure molle se forme; mais elle est d'abord beaucoup plus volumineuse que chez l'adulte, caractère qu'elle conserve encore chez le fœtus à

(1) Tiedemano, loc. cit., p. 216.

(2) Wcnzel, loc. cit., p. 5 1 5.

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terme, et même dans l'enfonce. Il y a déjà long-temps que le pont supérieur a disparu au moment de la naissance.

e. Corps striés. Ces corps paraissent plus tard que les couches optiques. Ils sont plus petits d'abord, en proportion de celles-ci et des hémisphères, se développent sous l'apparence de renflemens de la paroi inférieure de ces derniers, ne sont jamais creux dans leur intérieur, et sont d'autant plus distincts des hémisphères et des couches optiques que l'embryon est plus jeune.

f. Hémisphères. J'ai toujours trouvé les hémisphères du cerveau avant les corps striés. Ils sont d'autant plus grands et plus étendus, proportionnellement à ces derniers, que l'embryon est moins avancé en âge. Cependant ils sont d'abord extrêmement petits, eu égard aux autres parties, au-devant desquelles ils se trouvent placés, sans les dépasser sur le côté. Ils commencent par être fort arrondis, puis ils prennent une forme plus oblongue que celle qu'ils présentent après l'entier développement. On ne sait pas encore bien positivement s'ils sont séparés l'un de l'autre à l'époque de leur formation, ou s'ils ne forment qu'un seul renflement transversal arrondi. Quelques observations recueillies sur des fœtus de brebis, l'analogie avec le développement d'autres parties, des tubercules quadrijumeaux ^par exemple, et la manière dont ils se développent eux-mêmes dans la série animale, donnent beaucoup de vraisemblance à la seconde hypothèse (i). Cependant celte période, si elle a lieu, comme je n'en doute point, d'après des recherches que j'ai faites depuis peu sur de très jeunes embryons de brebis, passe très vite, et fait place à une autre dans laquelle on observe une disposition inverse de celle que je viens de décrire. Les deux hémisphères se séparent complètement l'un de l'autre ; leurs parois internes sont complètes, à l'exception d'un petit vide à leur partie postérieure ; leurs faces internes sont , il est vrai, appliquées immédiatement l'une contre l'autre, mais on peut les séparer dans toute leur hauteur, sans produire la moindre déchirure, comme dans les hémisphères du cerveau des oiseaux.

(i) Mcckel , JUculschcs Archiv fur die Physiologie , l. I , p. 585.

iHATOMIE SPÉCIALE.

Peu à peu les hémisphères, qui continuent de croître, s'alongent en dehors, en arrière et en haut, de sorte qu'ils couvrent d'abord les couches optiques , puis aussi les tubercules quadrijumeaux , et enfin le cervelet.

Pendant long-temps leur surface demeure lisse, et l'on n'y aperçoit aucune trace, soit de division en lobes, soit de circonvolutions et d'anfractuosités. Leurs parois sont d'abord excessivement minces en proportion du vide qu'elles circonscrivent.

La scissure de Sylvius se développe, au troisième mois , sous la forme d'une fente oblique, entre le lobe antérieur et le lobe moyen ; mais elle demeure encore pendant longtemps bien moins profonde que chez l'adulte, et ne constitue d'abord qu'un enfoncement superficiel, ce qui tient surtout à ce que le lobe moyen est alors, proportion gardée, beaucoup plus court, et à ce qu'il ne s'accroît que peu à peu de haut en bas. Voilà pourquoi l'île de la scissure de Sylvius se trouve d'abord tout-à-fait libre et dégagée. Les circonvolutions et les anfractuosités paraissent plus tard, du quatrième au cinquième mois seulement, et les internes de la face supérieure deviennent apparentes avant toutes les autres. Les renflemens de l'île de la scissure de Sylvius se forment en dernier lieu, et je n'en ai encore rencontré aucun vestige dans le fœtus de huit mois. « .'KtHiiiir. »•*!.'** V '.■!■' ::.-; ij rjq,

g. De toutes les parties du cerveau, les appareils de réunion, les corps calleux et la voûte , sont celles qui se développent les dernières. On ne trouve d'abord à leur place qu'un pli de la paroi interne des hémisphères , qui est tout-à-fait creux en dehors , et qui fait saillie dans l'intérieur de la cavité cérébrale. Ce pli disparaît peu à peu à sa partie antérieure , et, à mesure qu'il s'efface, le corps calleux se forme d'avant en arrière , de sorte que ce dernier paraît dépendre, de ce que la substance cérébrale , d'abord renversée en dehors , se réfléchit en dedans, et de ce qu'ensuite les parois internes des deux hémisphères s'unissent ensemble dans celte dernière direction.

Mais, au-dessous de ce point, les parois internes s'écartent alors un peu davantage l'une de l'autre, et forment de

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cette manière le ventricule de la cloison, qui se rétrécit considérablement par la suite.

La voûte et le corps frangé doivent naissance à ce qu'un petit vide dans l'hémisphère, par lequel pénètre la pie-mère, s'élargit d'avant en arrière pour produire la grande lente cérébrale , ce qui l'éloigné de la couche optique.

Les étninences mamillaires forment , jusqu'au septième mois, une éminence simple, qui se développe peut-être dans la même proportion que la paroi interne des ventricules latéraux vient à être déchirée par la pie-mère qui pénètre à l'intérieur.

La commissure antérieure paraît à trois mois.

Les ventricules du cerveau offrent plusieurs différences remarquables aux diverses époques du développement.

Une loi générale, c'est qu'ils ont d'autant plus d'ampleur, en proportion de leurs parois , que l'organisme est plus jeune. Cette circonstance tient principalement à ce que leurs parois sont très minces, et même incomplètes , comme je l'ai dit en parlant des tubercules quadrijumeaux , des couches optiques, des hémisphères cérébraux et de la moelle alongée. La fosse de la moelle alongée est en outre beaucoup plus grande dans les premiers temps, a cause du développement considérable de cette partie.

La forme des hémisphères varie aussi aux diverses époques de la vie.

Dans les premiers temps de la vie intra-utérine , les hémisphères ne forment réellement qu'une grande cavité , puisqu'il n'y a encore ni ventricule de la cloison, ni corps calleux, le vide qui existe entre les parois internes des hémisphères n'étant comblé nulle part.

Plus tard , le ventricule de la cloison, qui, après l'entier développement, est ordinairement tout-à-l'ait séparé des autres . communique avec le troisième, au-dessous de la commissure antérieure.

Le troisième ventricule n'est d'abord point partagé en deux CôridnftS, l'un inférieur, l'autre supérieur, par la commissure molle; mais, dans les derniers temps de la vie embryonnaire, cette séparation est plus marquée que chez l'adulte.

Dans le principe, les ventricules latéraux ne sont point partagés en trois cornes, mais tout-à-fait simples. Les cornes antérieure et moyenne se développent les premières , lorsque le corps strié se forme. La corne postérieure est celle qui paraît la dernière. La formation de celle-ci et la séparation complète des deux premières dépendent de l'épaississement des parois des hémisphères et de l'augmentation du volume des corps striés.

4° Texture, consistance cl couleur. Le système nerveux , en général, et principalement sa masse centrale, sont extrêmement mous dans les premiers temps de la vie. Un fait très remarquable cependant, c'est que, malgré cette mollesse , on distingue très bien sa texture fibreuse (i), qui est même plus évidente que chez l'adulte, absolument de même que, chez les poissons, on l'aperçoit, dans plusieurs parties du cerveau , sans, être obligé d'avoir recours à aucun moyen artificiel pour la rendre plus sensible. Les fibres paraissent être coordonnées en faisceaux alongés et pyramidaux, donlles sommets sont tournés en dedans, et dont les bases regardent la surface du cerveau. J'ai du moins observé plusieurs fois ce phénomène dans des cerveaux d'embryons qui avaient été soumis à une légère macération, avant ou après leur immersion dans l'alcool.

La différence entre la substance grise et la substance blanche se prononce plus tard. Elle paraît de meilleure heure dans la moelle épinière que dans le cerveau, où elle se développe évidemment d'arrière en avant et de bas en haut. Elle est déjà très sensible à sept mois dans la moelle épinière, et peut-être même l'y apercevrait-on plus tôt. La substance grise a même alors urie teinte plus foncée que celle qui la caractérise par la suite. Mais la moelle alongée est encore tout-à-fait grise vers l'époque de la maturité du fœtus. Après cette époque , on voit d'abord les pyramides blanchir, puis les olives se couvrir de substance blanche. La protubérance annulaire est encore totalement grise à l'extérieur , dans les premières semaines qui suivent la naissance, quoique les fibres longitudinales, pro-

(i) Petschc, Sytloy. obs. anal, sclect. Halle, 1736, p. 33, § -G.

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longées dans les pyramides, qui la traversent, soient tout-à-fait lilanches. TJn peu plus tard les fibres transversales deviennent blanches aussi, les inférieures et externes avant les supérieures et internes, qui , à deux mois, ne le sont encore qu'en petit nombre et d'une manière à peine sensible. La différence entre la substance grise et la substance' blanche s'aperçoit dans le cervelet dès les derniers mois de la vie intra-utérine. Cependant la substance grise y existe encore en bien plus grande quantité, proportion gardée, que chez l'adulte. La substance jaune, placée entre la grise et la blanche, se forme rarement avant la fin de la première année, et on ne la voit jamais paraître dans le cours des six premiers mois.

Les pédoncules cérébraux sont encore gris à l'extérieur dans les premiers mois de la vie, quoique les prolongemens des pyramides dans leur intérieur aient déjà une couleur blanche à cette époque. Quelques mois après ils sont souvent toutà-fait blancs à la surface. Cependant il m'est arrivé quelquefois de les y trouver encore gris chez des enfans de cinq mois, tandis que la substance blanche s'était complètement développée dans la moelle alongée et le cerveau. Il est vrai qu'ils avaient alors une teinte moins foncée que le reste de la substance blanche. La substance noire , qu'on rencontre dans leur intérieur chez l'adulte, est simplement grise dans la première année. Les éminences mamillaires sont ordinairement tout-àfait grises encore à cinq et six mois.

La différence entre la substance grise et la substance blan che commence déjà à se manifester dans les autres parties du cerveau à l'époque de la naissance, ou du moins durant les premières semaines qui la suivent. Cependant leur disposition diffère alors beaucoup de ce qu'elle est ensuite. Les couches optiques et les corps striés sont loul-à-fait gris , quoiqu'ayant irès manifestement une texture fibreuse, ou du moins on a beaucoup de peine à y distinguer les deux substances l'une de l'autre, parce que la grise est peu foncée en couleur, et la blanche grisûtre. A la surface des corps striés s'étend une couche extrêmement riche en vaisseaux, lui donnant une teinte plus rouge et plus foncée que la leur , et sous laquelle on trouve une masse homogène d'une couleur plus claire et entièrement

£lS AN ATOMIE SPÉCIALE.

grise encore. Il se développe dans cette couche des rayons d'un jaune blanchâtre, qui tranchent parfaitementavec elle, sont bien moins abondans qu'elle , et ne tiennent nullement a ceux du pédoncule cérébral ; mais je n'ai point encore pu fixer avec précision l'époque à laquelle ils paraissent, quoique ce soit bien certainement dans les premières semaines de la vie extrautérine, et non dans les dernières de l'existence foetale. Ces rayons jaunes disparaissent dans le cours du premier mois. En même temps la substance rouge et vasculaire se décolore, et il se l'orme, entre elle et la substance grise extérieure, une bandelette médullaire, a peine large d'une ligne d'abord, qui peu à peu s'étend., principalement en dedans.

Cette couche, formée alternativement de substance rouge et de substance d'un jaune blanchâtre, qui a jusqu'à six lignes de largeur , présente une analogie très marquée avec le noyau dentelé des olives et du cervelet. Mais le cerveau diffère du cervelet et de la moelle alongée , en ce que son corps dentelé n'est qu'une formation temporaire, tandis qu'il persiste dans les deux autres.

La substance corticale grise est aussi bien plus épaisse au cerveau dans les premiers temps de la vie qu'aux époques subséquentes. A cinq mois elle a encore deux lignes d'épaisseur, terme moyen.

De même que la substance jaune intermédiaire ne s'est point encore développée dans le cervelet à cette époque, de même aussi l'écorce des circonvolutions postérieures du cerveau n'est point encore partagée, par une bandelette médullaire intermédiaire , en lame externe et en lame interne ; on doit donc attribuer à une suspension de développement l'absence de cette disposition , qui s'observe quelquefois chez les adultes eux-mêmes.

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