‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologique [electronic resource] (volume 2)Chapitre 524 sur 529 · DE L'AXE CÉRÉBBO-SPINAL DANS L'ÉTAT ANORMAL · texte numérisé non relu

DE L'AXE CÉRÉBBO-SPINAL DANS L'ÉTAT ANORMAL

b. La seconde classe de corps étrangers se compose surtout des épanchemens sanguins.

Il n'est pas rare que du sang pur, ou une sérosité plus ou moins sanguinolente s'épanche, soit entre les méninges ou dans les ventricules, soit dans la substance du cerveau et de la moelle épinière (1), soit enfin entre la dure-mère et le crâne. Ce dernier cas est assez rare au crâne , et presque toujours le résultat d'une lésion extérieure. Un pareil épanchement a pour résultat, tantôt la suspension plus ou moins complète, momentanée ou permanente et mortelle de l'action cérébrale, l'apoplexie, tantôt la paralysie des organes soumis à l'empire de la volonté, suivant son abondance et l'endroit où il s'opère (2). Il ne suppose pas nécessairement la dilacération

Esquirol a constaté l'existence d'acéphalocystes dans la cavité de l'arachnoïde racbidienne (Bàllct. de la Fac. de Méd., t. V, p. 426).

{Note des traducteurs.) (1) On s'est peu occupé des épanchemens sanguins dans la moelle épi" uière , où ils sont rares en effet. Home a trouvé un caillot de sang de deux pouces de long environ , au centre de l'organe, à la suite d'une luxation de la sixième vertèbre cervicale sur la septième (Plùl. irans., 1814). Cette hémorrhagie interne a quelquefois lieu d'une manière spontanée, et forme un épanchement circonscrit, semblable à ceux de la substance cérébrale dans l'apoplexie : mais il paraît qu'on ne l'a observée jusqu'à présent que dans la portion supérieure de la moelle épinière, ou, pour mieux dire, dans la moelle alongée, et même seulement au-delà du bulbe rachidien, dans l'épaisseur de la protubérance annulaire. Serres en a rapporté plusieurs exemples ( Annuaire des hôpitaux, 1819). Ces épanchemens sont susceptibles de résolution, comme ceux qui se l'ont dans la substance de l'encéphale , quand ils sont peu étendus. Pinel-Grandchamp a trouvé dans la moitié gauche de la protubérance annulaire d'un cadavre des traces évidentes d'un épanchement résorbé, c'est-à-dire une cavité circonscrite remplie d'un tissu filamenteux infiltré de sérosité jaunâtre : la cavité aurait pu loger un haricot ordinaire. Ollivier a décrit et figuré ce cas ( loc. cit., p. a63, P. II, fig. 3, a). Cependant Gautier-Claubry 0 rapporté l'observation d'un sujet chez lequel on trouva un épanchement sanguin dans une très grande étendue de la substance de la moelle épinière, qui était réduite en une bouillie rougeatre, diffluente, semblable à de la lie de vin rouge , et sans aucune trace d'organisation (Journ. gén. de méd., 1808). ( Note des traducteurs. )

(a) Les plaies profondes, la compression par une portion d'os, par un corps étranger, par un épanchement sanguin , séreux ou purulent , lo ramollissement de la portion nerveuse; telles sont les causes qui peuvent dé-

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des vaisseaux; souvent, et plus fréquemment même, selon toutes les apparences, de cette manière que de toute autre, il provient d'une exsudation sanguine fournie par les capillaires (î).

Cependant les artères du cerveau sont plus exposées que d'autres à se déchirer, en raison de leur faiblesse, et cette lésion paraît atteindre de préférence Ja grande artère cérébrale moyenne, à l'extrémité inférieure de la scissure de Sylvius (2).

On conçoit aisément qu'un épanchemennt de sang dans la substance du cerveau et de la moelle épinière ne peut avoir lieu sans que les vaisseaux se déchirent.

Ces épanchemens paraissent être plus communs dans les corps striés que dans toutes les autres parties du cerveau , à cause de leur mollesse ; cependant il est peut-être plus exact de dire que ceux qui se font dans ces éminences compromettent davantage la vie que ceux qui se font dans les autres régions de l'encéphale, notamment dans les hémisphères du cerveau, où l'on trouve souvent des traces d'anciens épanchemens (5).

terminer, soit l'apoplexie , soit la paralysie. Iiochoux assigne pour caractère à l'apoplexie, effet d'un épanchement sanguin , de se manifester par une paralysie subite. Lallemand pense que la paralysie qui survient à la suite des phénomènes combinés d'excitation et de collapsus est l'effet du ramollissement, qui lui-même est dû à l'inflammation. Si la paralysie survient à la suite des symptômes dé I'arachnoïdite, elle est probablement due à un épanchement séreux, séro-sanguinolent ou sanguin, mais situé dans les ventricules, ou à la surl'ace du viscère. Serres, Flourens, Fo~ ville , Pinel-Grandchamp et Lachampe-Lousteau se sont occupés , après Willis, Morgagni et tant d'autres, de rechercher des rapports exacts entre les phénomènes de paralysie et la lésion de l'encéphale ou de la moelle. Leurs recherches sont contradictoires. Il demeure seulement prouvé, comme cela l'était avant eux , que la lésion est toujours du côté opposé à la paralysie, et que les épanchemens sanguins, les ramollissemens de la voûte, du corps calleux et de la cloison transparente ne produisent point la paralysie. (Note des traducteurs.)

(1) Wepfer, Hist. apoplect., p. 5. — Gheync, On apoplexy, Londres,

(2) Portai , loc. oit., t. IV, p. 80. — Wepfer, loc. cit. , p. S.

(3) Itochoux a trouvé, en épanchemens sanguins, dix-huit à gauche, <lont onze dans l'intérieur des corps striés, dix-sept à droite, dont Uuil

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Lorsque I'épanchement ne cause pas la mort, on en découvre des traces long-temps encore après. Tels sont les vides simples ou multiloculaires remplis d'un reste de sang ou Je sérum liquide, coagulé, ou mêlé tic tissu cellulaire, et revêtus souvent d'un kyste séreux , qu'on trouve dans le cerveau des personnes qui ont survécu long-temps à une attaque d'apoplexie, ou qui ont été privées de l'usage de leurs facultés intellectuelles pendant un laps de temps plus ou moins long (1).

C'est là, en effet, la marche que la nature emploie le plus ordinairement pour guérir les déchirures de la substance cérébrale qui sont causées par les épanchemens de sang. Dans des cas plus rares, le fluide épanché est résorbé tout entier, et la solution de continuité de la substance cérébrale se ferme par une cicatrice solide (2).

dans cette même partie, enfin six des deux côtés, dont trois dans le même endroit. ( Note des traducteurs. )

(1) Brunncr, dans Eph. nat. c.ur., dec. III, a. 1 , p. 274. — Santorini , Obs. anal., III, § 6. — Morgagni , De sed, et eaus., ep. III, 6, IX, 20,a3. — Cruveilhier, Anat. pathot., Paris, 1816, t. I, p. 2o5. — Rochoux, Recherches sur l'apoplexie, Paris, 18 14- C'est cet auteur qui le premier a bien fait connaître les altérations du cerveau qui accompagnent ou qui suivent les épanchemens sanguins dans ce viscère. Mais les kystes qui se développent autour, et qu'on a appelés apoplectiques, n'ont été bien décrits que par Riobé ( Observations propres à résoudre cette question : L'apoplexie dans laquelle il se fait un èpanchement de sang dans le cerveau est-elle susceptible de guérison? Paris, i8i4). — Voyez aussi Bricheteau , Considérations et observations sur l'apoplexie ; dans Journ. compl. des semcd. , t. I, p. 129 et 289. — Consultez également l'ouvrage de Lalle" mand.

(2) Depuis l'impression du premier volume, nous avons reçu un travail tout nouveau de Gmelin , qui, ayant analysé l'encéphale de l'homme et du bœuf, conclut de ses recherches que la substance pulpeuse contient , indépendamment d'un corps gras (luidc , deux autres espèces de corps gras , savoir : 1" une substance lamelleuse qui ressemble à la choleslérine sous tous les rapports, si ce n'est qu'elle contient en mélange du phosphore, dont la quantité n'a pu être déterminée; 1" une petite quantité d'une substance qui se rapproche de la cire : cotte dernière est le plus fusible de tous les corps gras, et n'est point susceptible de se saponifier ; elle contient aussi une petite quantité de phosphore ( Tiedemann , G..R. Treviranus et L.-C. ïreviranus, Zeitsclirifl fur die Physiologie, cah. i, 1824, p. i'9). {Note des traducteurs.)

Les ventricules cérébraux sont quelquefois tellement remplis de sang, que la substance encéphalique finit par se déchirer, et que le liquide s'épanche, par cette ouverture, à sa surface , entre les méninges.

Un épanchement de sang (apoplexie/ sanguinea) n'est cependant pas nécessaire pour produire l'apoplexie, puisque celle-ci survient quelquefois par suite d'une accumulation de sérosilé , soit dans les cavités, soit a la surface du cerveau (apoplexia serosa) (i), ou même sans aucun changement appréciable (apoplexia sine materia) (2).

(1) Tout porte à croire que cette apoplexie n'est qu'un- effet de l'arachnoïdite. (Note des traducteurs.)

(2) Cette apoplexie sans matière est précisément aujourd'hui celle qui offre des cas si fréquens de ramollissement de l'encéphale. On pourrait ajouter aux trois variétés indiquées par l'auteur, ['apoplexie convulsive de quelques pathologistes, qui parait n'être que l'inflammation de l'encéphale, amenant moins proniptement l'état comateux et la paralysie.

(Note des traducteurs, )

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