‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologique [electronic resource] (volume 2)Chapitre 523 sur 529 · DE L'AXE CÉRÉBRO-SPINAL DANS L'ÉTAT ANORMAL · texte numérisé non relu

DE L'AXE CÉRÉBRO-SPINAL DANS L'ÉTAT ANORMAL

vertébral distend les membranes et la peau de manière à produire une tumeur plus ou moins saillante, qui finit le plus ordinairement par crever (1).

Assez généralement l'hydrorachis est accompagnée de Vhydrocéphale , qu'on a coutume de distinguer en aiguë et chronique (2). La congestion séreuse a son siège, tantôt dans les ventricules cérébraux [hydrops cerebri, hydrocephalus), tantôt à la surface du cerveau, entre l'arachnoïde et la dure-mère , tantôt enfin, ce qui est le plus ordinaire, dans les deux endroits à la fois. Nul doute que, dans tous ces cas, l'arachnoïde n'ait été l'organe primitivement malade. Le cerveau lui-même est presque toujoursplus ou moinsramolii Lorsque la sérosité s'est accumulée principalement ou uniquement dans les ventricules, ces cavités ont éprouvé une dilatation proportionnée à sa quantité , la substance du cerveau est amincie , et les circonvolutions sont plus plates. Ces dernières finissent par s'effacer tout-à-fait, quand le cerveau se trouve distendu et aminci à un degré considérable. Lorsqu'au contraire la sérosité se rassemble à la surface du viscère, celle-ci éprouve un affaissement d'autant plus grand qu'elle est plus abondante.

La masse du cerveau est moins considérable que dans l'état

(1) Cette tumeur est située le plus fréquemment aux lombes, plusrarement au dos, souvent dans ces deux régions à la fois, rarement au cou, rarement aussi au sacrum , où elle a été vue, entre autres par Vrolik ( Mémoires sur quelques sujets intéressons d'anatomie et de physiologie, trad. par Fwllot , Amsterdam, 182a, p. 76). {Note des traducteurs. )

(a) Breschet , Recherches anatomiques et chimiques sur une hydrocéphale chronique; dans Jouni. de physiol. expérimentale , t. I, p. 92. — ld., Note sur deux enfans nouveau-nés hydrocéphales et manquant de cerveau , même recueil , t. II, p. 26g. — J.-L. Brachet, Estai sur l'hydrocéphalite, ou hydropisic aiguë des ventricules du cerveau, Paris', 1818. — Coindet, Mém. sur l'hydrocéphale , Genève, 1817. — Bricheteau, Mémoire sur l'hydrocéphale interne; dans Journ. compl. des se. méd., t. V, p. iq3, t. VI, p. 5o2, t. VII, p. 97. — John , Recherches chimiques sur la liqueur que les ventricules du cerveau renferment dans l'hydrocéphale; même recueil, t. VI, p. 270. — Consultez aussi Coutanceau, Des épanchemejis dans le crâne pendant le cours des fièvres essentielles, Paris, 1802, l'excellent article Hydrocéphale d'Itard , dan» le Dictionnaire des sciences médicales, l'article Hydrocéphale par Boisseau., dans le Dictionnaire abrégé des sciences médicales. et Ducrot, Essai sur lacéphalilc, Paris, 1812.

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normal, au moins lorsque la congestion .séreuse est considérable, et qu'elle s'est l'aile lentement.

Malgré la communication qui existe entre les ventricules cérébraux, dans l'état normal , il arrive quelquefois à la sérosité de ne s'amasser que dans une seule de ces cavités (1) , ce qui prouve que les ouvertures ont été oblitérées par le fait d'une exsudation inflammatoire, et non, comme on l'a prétendu (2), qu'elles n'existent point.

L'hydrocéphale chronique est presque toujours congéniale , et très probablement même originelle. Elle dépend alors de ce que le cerveau continue de croître d'après un type de première formation (5). C'est peut-être, du moins en partie, cette circonstance qui fait qu'elle dure souvent très long-temps, et qu'elle ne dérange pas nécessairement les facultés intellectuelles, de même que la déchirure de la cloison du coeur est un accident mortel, tandis que sa perforation originelle paraît ne point porter atteinte à la vie, qui se prolonge quelquefois jusqu'à un âge assez avancé, malgré cette anomalie.

5° Inflammation. La substance et les enveloppes de l'encéphale et de la moelle épinièresont susceptibles de s'enflammer. Elles reçoivent alors plus de sang qu'à l'ordinaire.

Wenzel a prétendu que la glande pituitaîre offrait toujours des traces de l'inflammation et de ses suites dans Pépilepsie idiopathique (4)- Présentée d'une manière aussi générale, cette assertion est fausse , ainsi que l'attestent les faits recueillis par divers observateurs (5) et par moi-même.

Parmi les membranes, l'arachnoïde est surtout sujette à s'enflammer. Aussi est-ce en elle qu'on observe le plus souvent les produits de l'inflammation (6). Ici se rangent:

(1) Tulp , Obs. méd. , I , c. 25. — Wepfer, Obs. anat. de apoplexie, Schaffouse, 1675, p. 68. — Portai, Mém., t. II, p. 58. — Monro, On tlic brain, p. 18.

(2) Portai, entre autres ( loc. cit. ).

(5) Voyez mon Handbuch derpalhologischcn Anatomie, t. I.

(4) Observations sur la glande pituitaire dans l'èpilepsie , Paris, îSn.

(5) Par exemple Kelch , loc. cit., p. io3. — Otto , Scltnc Beobachlungcn, 1816 , p., 106.

(6) Parent-Duchâlelet et Martinet, Recherches sur l'inflammation de l'a-

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a. L'épaississcment de sa substance, résultat de l'exsudation.

b. La formation de corpuscules d'un blanc jaunâtre , les glandes de Pacchioni, qui se développent dans plusieurs régions, mais principalement au sinciput , et qu'on rencontre de préférence chez les maniaques et chez les personnes qui ont été sujettes aux congestions cérébrales pendant leur vie (1).

c. L'épanchement de pus entre l'arachnoïde qui revêt la dure-mère et celle qui tapisse la pie-mère.

d. Très probablement aussi les formations anormales sans analogue dans l'économie, les ossifications , etc.

L'inflammation de la substance cérébrale (2) est très remarquable, principalement sous le rapport de ses suites, en ce qu'il n'est pas rare que cette substance ait été détruite, dans une étendue même très considérable, sans que, pendant longtemps, un pareil désordre ait causé de trouble notable dans les fonctions du cerveau, et compromis ostensiblement les jours du malade (5).

rachnoide cérébrale et spinale, Paris, 1821. — Deslaudcs, Examen des diverses formes que peut prendre la phlcgmasic des méninges , Paris . 1817.

(1) Meckel , loc. cit., p. 77. — Greding, toc. cit., t. II, p. 471- — Wenzel, Prod., cap. 1.

(2) L'inflammation de la substance cérébrale a été appelée encéphalite, ou cérébrite et cèrébellile , quand elle se borne au cerveau ou au cervelet (Lallemand, toc. cit.); celle de la moelle épinière porte le nom de myélite , bien préférable à ceux de raclùalgie et de spinite (Klohs, Diss. de myelitide, Halle, 1S20. — Harles, Ueber die Enlzùndung des Rùchenmarhs. — Clot , Recherches et observations sur le spinitis , Montpellier, 1820. — Brera, Délia racliiatgitc; dans Atli iicll' accademia di Livorno , 1S10. — Bergamaschij, Osscrvazioni suit' infiammazione délia] midolla spinale, Pavie, 1810). Dans l'encéphale et même dans la moelle épinièio, l'inflammation paraît déterminer ordinairement le ramollissement et quelquefois l'endurcissement de la substance médullaire, avec formation de tissus anormaux, ou du inoins tendance à cette formation. Il paraît que ce dernier etTet, c'est-à-dire l'induration, est plus particulièrement le résultat d'une phlegmasie lente, ou , comme on dit, chronique.

(Note des traducteurs. ) (ô) Depuis que l'inflammation du cerveau est plus étudiée on sait mieux ce qu'il faut penser de ces cas. Un ramollissement de quelques lignes de diamètre paraît déterminer la mort. S'il n'en est pas ainsi, au moins promptement, d'une dégénérescence squirrheuse , ou mCme cancéreuse, c'est que celle-ci s'établit avec lenteur, et qu'on peut considérer comme

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Quelquefois le pus qu'on rencontre dans le cerveau est renfermé dans des kystes particuliers (i), phénomène dont on ne saurait peut-être donner de meilleure explication qu'en disant que ce n'est pas la substance cérébrale elle-même qui est tombée en suppuration, maisun tissu accidentel développé dans son intérieur; car,

a. Les kystes adhèrent très peu à la substance cérébrale qui les entoure.

b. Celle-ci n'est pas endurcie, mais au contraire ramollie autour d'eux (2).

4° Formations nouvelles. Indépendamment des altérations dans la consistance du cerveau, dont j'ai parlé plus haut, et qui surviennent sans qu'on en aperçoive aucune dans lu texture, la composition et la couleur du viscère, la masse centrale du système nerveux est assez fréquemment aussi le siège de formations véritablement nouvelles. Ces formations constituent une série d'altérations pathologiques qui commence par les altérations de texture bien manifestes, mais taisant corps avec le reste de la masse, et qui se termine par les corps plus ou moins isolés, entre lesquels et cette masse il n'existe qu'une adhérence assez légère.

Les kystes remplis d'un fluide analogue à de la sérosité, ou plus épais, doivent probablement être considérés comme le premier degré de ces formations nouvelles , puisque le fluide concrescible qu'ils renferment n'a point encore pris de caractère déterminé. Ces kystes se rencontrent tanrdans la substance du cerveau, du cervelet et de la moelle alongée (5), qu'à leur circonférence , entre les méninges et dans les ventri-

une loi de l'organisme , dans l'état de maladie, qu'une altération, môme profonde , mais lente , abrège moins sûrement et moins rapidement la vie qu'une autre moins profonde, mais aiguë. ( Note des traducteurs. )

(1) Bateman , Case of an encysted tumour , occuping the greater part of the right hémisphère ofilie brain ; dans Edinb. med. and surg. journ. , vol. I , p. i5o.

(2) Brodie , Case ofabcess in the brain ; dans Trans. ofa soc. for the improv. ofmed. and cfair. hnowl., vol. III., p. îofi.

(3) Portai , loc. cit. , p. 72. — Morrah, A case of hydatid in the brain : dans Mcd. chir. irons., vol. II, p. 7.62. — Home, loc. cit., p. 5i.

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ouïes (1). Ceux que renferment les cavités ventriculaircs sont surtout communs dans les plexus choroïdes, qui sont, généralement parlant , le siège le plus ordinaire de leur développement.

La plupart du temps ils ont des parois minces ; mais, quelquefois aussi , l'épaisseur des membranes qui les constituent s'élève à plusieurs lignes. Ordinairement ils ne sont unis aux parties voisines que par de faibles liens.

Leur volume varie beaucoup, depuis la grosseur d'une tête d'épingle jusqu'à celle d'un œuf de poule. Presque toujours, surtout les plus volumineux, et ceux qui ont leur siège dans la substance cérébrale, ils sont isolés ; mais les petits, ceux qui se développent à l'extérieur et dans les ventricules cérébraux, sont réunis en plus ou moins grand nombre.

Les répétitions anormales de tissus normaux, autres que celle du tissu séreux, à la surface ou dans la substance du cerveau , sont rares. Peut-être n'ont-elles lieu que pour les tissus cartilagineux et osseux.

Les ossifications anormales ont le plus souvent leur siège dans l'arachnoïde, et sont, comme loutes les formations de ce genre, un attribut de l'Sge avancé. Elles paraissent être plus rares dans la portion spinale que dans la portion crânienne de cette membrane (2). Cependant tout porte à croire que celte différence tient en grande partie à ce qu'on explore moins souvent la moelle épinière que le cerveau, car Morgagni les y a rencontrées une fois, et j'ai déjà eu deux fois occasion de les observer dans cette région. Elles affectent la forme île plaques minces et irrégulières, plus ou moins saillantes audessus de la surface de l'arachnoïde, dont elles envahissent principalement le côté postérieur et la partie inférieure , et à laquelle elles n'adhèrent souvent que d'une manière très faible.

A la surface du cerveau , elles se développent entre la dure-

(1) Buchanan , Case of encyslcd tumour ofthe brain ; dans Edinb. mcd. journ., vol. VIII, p. 276.

(2) Morgagni , De scd. et cnus. morb., ep. 25 , a. 9. — Subalierj Sur quelques particularités de la moelle épinière cl de ses enveloppes ; dans Mèm. deParis, 1780, p. yH. — Hcrtcl, De cerebriel ménitigum lumoribus , fierlin, 1814.

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mèrt: el l'arachnoïde, du moins se forment-elles presque toujours à la surface interne de la première , c'est-à-dire réellement dans l'arachnoïde externe , qui la tapisse. Celles qu'on considère comme tenant à la pie-mère (1), sont toujours des produits, non de celte membrane, mais du feuillet de l'arachnoïde qui la recouvre, puisqu'on les trouve à la face externe delà pie-mère, et qu'elles adhèrent souvent avec beaucoup de force à la face interne de la dure-mère (2). Leur nombre, leur étendue, leurtigure et leur degré d'adhérence varient beaucoup. Elles sont tantôt isolées, tantôt répandues sur plusieurs points, quelquefois à peine perceptibles, dans d'autres cas larges de plusieurs pouces, lisses ou raboteuses, à bords unis ou dentelés, ta»nlôt adhérentes par une large base, et tantôt appliquées seulement sur la membrane, à laquelle elles ne tiennent que par un petit nombre de filamens. Leur situation est la seule chose à l'égard de laquelle on puisse établir avec précision quelques généralités. On les trouve presque toujours sur la grande faux, ou du moins tout près de ce repli, le long du sinus longitudinal supérieur. .L'influence qu'elles exercent sur le cerveau dépend des circonstances énoncées précédemment, de l'âge du sujet, et de «on plus ou moins de susceptibilité.

Indépendamment de ces ossifications accidentelles, le tissu de l'arachnoïde éprouve quelquefois , mais plus rarement, des altérations analogues ; il s'épaissit, s'endurcit, et devient cartilagineux (3).

L'ossification de la substance cérébrale elle-même, ou le développement de substance osseuse dans l'intérieur du cerveau, est, au contraire, un phénomène fort rare. Il est très probable que la plupart des cas où il a été admis ne concernaient que des exostoses des os du crâne, dont la saillie dans l?intérieur de cette cavité avait occasioné le refoulement ou la destruction de l'encéphale. Cependant on a réellement trouvé quelquefois de la substance terreuse accumulée

(1) Greding, loc. cit., vol. Il, p.4S3-485, vol. III, p. 626-628.

(2) Greding, toc. cit., vol. II.

(3) Greding , loc. cit., vol. II, p. 484- — Esquirol , dans Bull, de ta fac. de mcd., t. V, p. 426.

de l'axe cérébro-spinal dans l'état anormal. 74 1 en si grande quantité dans le cerveau, qu'on éprouvait de la peine a le diviser avec l'instrument tranchant (1) ; on a vu aussi des concrétions osseuses, tout-à-fait distinctes de la substance cérébrale, qui s'étaient formées dans son intérieur (2); enfin on a rencontré delà substance osseuse et de la substance cartilagineuse dans un kyste développé au milieu de la masse cérébrale (3).

Il n'est pas très rare de trouver, principalement dans le cerveau , des formations tout-à-tail nouvelles, affectant la forme de tumeurs arrondies ; mais il est rare , ou même il n'arrive jamais qu'elles sedéveloppent uniquement dans ce viscère , et, en général, elles ne sont que des portions d'une masse de la même dégénérescence répandue dans la plupart des autres organes (zj). Elles diffèrent tellement les unes des autres, sous le rapport de la consistance, du volume, du nombre et des connexions, qu'il faut nécessairement les rapporter à des espèce

(1) Home ( toc. cit. ) a observé cette particularité dans la protubérance annulaire d'un garçon idiot depuis sa naissance, et qui, à seize ans, époque de sa mort, n'avait que la taille d'un enfant de trois ans. Andral a trouvé , chez un individu mort de pbthisie pulmonaire, à la surface supérieure de l'hémisphère gauche, non loin de son extrémité antérieure, et près de la grande scissure, une granulation du volume d'un gros pois, ayant la consistance des concrétions calcaires du poumon , et enfoncée dans la substance cérébrale, qu'elle refoulait; mais ce n'était peut-être qu'une ossification de l'arachnoïde (Journal de physiologie expérimentale , t. II, p. 110). Le même observateur a rencontré une sorte de dègénération fibro-cartilagineuse de plusieurs des circonvolutions des deux hémi sphères du cerveau : celles-ci résistaient à la manière des fibro-carlilages , quand on les pressait entre les doigts. En l'es tirant, elles s'alongeaient, puis revenaient sur elles-mêmes en montrant une grande force d'élasticité ; elles avaient la couleur de l'ivoire , sans aucune trace de teinte grise. De pareils endurcissemens existaient dans l'épaisseur même des hémisphères , et jusqu'à leur base ( toc. cit., p. 5). L'induration cartilagineuse de la moelle épinière a été observée aussi par Bergamaschi et Portai.

(■>.) Greding, loc. cit., vol. III, p. 658 , dans le cervelet.

(3) Hutchinson, Case of discase in tiicbrain; dans Mcd. cltir. Irons. , vol. IV, p. 202.

(4) Reifj Memorab. clin., vol. II, f. i, p. 3o. — Portai, hc. cit., p. 92. — Earle , A case of diseascd tcsliclcs , accompanied with discascs of tlie lungs

and brain ; dans Med. cliir. trans., vol. III, p. 5?. Mératj dans Jokrn.

de mèd., vol. X, p. 3.

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différentes, entre lesquelles il existe néanmoins une multitude de degrés intermédiaires , comme, en général, entre toutes les formations anormales nouvelles (1)

Sous le rapport de la couleur , ces masses sont blanchâtres , d'un blanc jaunâtre (2), rougeâtre (3), d'une teinte semblable à celle de la substance corticale d'un rouge foncé (5), ou rouges et striées de blanc (6).

La plupart du temps elles sont extrêmement solides (7), circonstance à raison de laquelle on leur donne souvent le nom de squirrhes. Quelquefois cependant elles sont spongieuses , molles, d'un tissu lâche et analogue à celui de la rate (8).

Tantôt elles sont homogènes (9), tantôt plus ou moins sen siblement fibreuses (10), et comme composées de plusieurs petits corps arrondis (1 1).

(ï) Parmi ces tumeurs il s'en trouve qu'on doit rapporter aux tissus squirrheux et encéphaloïde , qu'Andral a observés une fois, à l'état tant de crudité que de ramollissement , depuis le niveau des couches optiques jusque près de la base du cerveau' ( Noie sur le cancer du cerveau ; dans Journ. de p/iys. exp., t. II, p. 106). Jusqu'à présent, Bayle est le seul qui ait bien décrit le cancer du cerveau. On ne connaît pas encore d'exemple bien avéré de cancer de la moelle épinière. Cependant Guersent et Piuel Grandchamp disent avoir trouvé uu cancer du bulbe racbidien qui avait détruit principalement les éminences pyramidales et olivaires (Ollivier, De la moelle épinière el de ses maladies, p. S). Audi al (loc.cil.) a rencontré aussi de nombreux tubercules dans le cerveau d'un homme qui succomba à un épanchement pleurétique. Quelques uns étaient déjà suppurés etentourés tle substance cérébrale ramollie. (Note des traducteurs. )

(2) Portai. — Reil. — Ilutchinson. — Morgagni , (oc. cit., t. XII, p. i5. — Bateman. Baillie, — Ozanam, Observations sur une affection tuberculeuse du cerneau ■ dans Journ. comp. du Dict. des se. mcd., t. XIX, p. iSg.

(5) Mérat. — Salter, Case ofdiscasc in thebrain; dans Edinb. mcd. journ., vol. II , p. 46g. — Morgagni.

(4) Steinbach.

(5) Earle, p. 67. — Buchanan, Case ufencysled lumour in the brain ; dans Edinb. mcd. journ., vol. VIII , p. 276.

(6) Earlc

(7) Earle. — Portai. — Mérat. — Reil. — B aillie. (S) Buchanan , p. 279.

(g) Hutchinson.

(10) Salter.

(1 1) Morgagni.

DE L'AXE CÉftÉBlU) -SPINAL DANS L'ÉTAT ANORMAL. r][\h

Elles acquièrent quelquefois u« volume considérable, undiamètre de deux à trois pouces (i).

Elles sont tantôt uniques (2), tantôt plus ou moins nombreuses (3).

Dans certains cas elles se continuent avec la substance du cerveau par une gradation insensible, ou du moins y adhèrent d'une manière intime, sans être entourées d'un kyste (4)- Dans d'autres circonstances elles tiennent peu à la substance cérébrale (5), ou sont renfermées dans un kyste particulier , à parois ordinairement fort minces (6).

Ces formations anormales ne restent point dans le même état pendant toute la durée de leur existence. Il est infiniment probable qu'elles ont toutes de la tendance à tomber tôt ou tard en suppuration , quoique la mort arrive souvent avant celte époque, et que le plus ou moins de promptitude avec laquelle elles suppurent n'a aucun rapport avec leur volume. Lorsque la suppuration s'est emparée d'elles, elles ressemblent à des sacs plus ou moins épais, fermés ou ouverts (7).

Il se développe aussi des formations nouvelles analogues dans les enveloppes de la masse centrale du système nerveux.

Parmi les méninges, la dure-mère est celle dans laquelle elles établissent principalement leur siège. On les y désigne sous le nom général de fongus de la dure-rnere {fuiigi dures matris) (8), quoiqu'elles n'appartiennent certainement pas toutes

(1) Mérat. — Earle.

(2) Buchanan. — Mérat. — Hutcliinson.

(3) Mérat , deux fois. — Salter, deux fois. — Earle, sept fois.

(4) Reil. — Hutchinson. — Salter. — Morgagni.

(5) Earle. — Steinbach. — Bateman. — Brodie. — Mérat.

(6) Home, loc. cit., p. 5i. — Mérat. — Bucbanao.

(7) Brodie. — Bateman.

(8) Louis, Sur les tumeurs fongueuses delà dure-mère; dans Mcm.dc l'ac. de chir., t. V, p. 1. — Wenzel, Vebcr die schwammigen Auswiichsc der harten Hirnhaut, 1811. — Waltbcr, Essai sur les fongus de la durcmère; dans Journ. compl. des se. mcd., t. VII, p. 1 18. — Esquirol, Tumeur considérable développée dans l'intérieur du crâne; dans Archw. gènér. de mcd. t. III , p. 5g4. — G. -H. Tilnnus , De fongosâ durât meningis excrescente . disscrlafib, Utrcclil , i8iy. — Ilcusingcr rapproche de ces tuinuurs celle que les Allemands ont décrite sous le nom de céphaléiuatonu: , et qu'on

ANATOM1E SPÉCIALE.

â la même classe, car elles différent beaucoup entre elles sous le rapport de la texture et de la configuration. Elles n'envahissent pas seulement la portion crSnienne de la duremère (i). Des observateurs clignes de foi on constaté aussi leur existence dans la portion do cette membrane qui revêt le canal vertébral (2), quoiqu'elles paraissent y être , proportion gardée, moins fréquentes.

Enfin on doit placer au dernier les corps étrangers qui se rencontrent dans l'intérieur ou à la surface de la masse centrale du système nerveux. Les uns doivent naissance à l'activité plastique portée au plus haut degré d'exaltation : ce sont les entozoaires. Les autres sont des liquides qui ne s'épanchent au moins pas toujours à l'intérieur ou à la surface du système nerveux, par suite d'un changement survenu dans son mode d'action.

a. Entozoaires. Le seul ver intestinal dont on ait encore bien positivement constaté la présence dans l'encéphale , est le cysticercus cellulosœ (3) , qui se rencontre principalement dans la pie-mère interne et externe, notamment dans lès plexus choroïdes des ventricules cérébraux. Il est très probable que les kystes séreux qu'on trouve souvent dans ces corps se rattachent à sa formation (4)-

trouve décrite dans Michaelis, Ueber cine cigene Art von Blutgeschwiilstcn; dans Loder, Journ. fur die Chirurgie, t. II, cah. iv, p. 65j. — Naegele, Erfahrungcn und Abhandlungeu ans dem Gebieilte der Kranhheiien des weiblichen Geschlechts , Manheim , 1812, p. 245. — C. Zeller, De cephalœmatomate, seu sanguineo cranii tumore recens nalorum cotnmentatioj Heidelberg,

(1) Wenzel, toc. cit., XXIII.

(2) Knox , dans Mcd. obs. and inq., toi. III, p. 160. — Philipps, New med. journ., vol. I, p. 1 44-

(3) Steinbacli , Cogitata quœdam de vcrmium visceratium physiotogia, Erlangue , 1801.

(4) Le cysticercus cellulosœ est certainement de tous les entozoaires celui qu'on rencontre le plus fréquemment dans l'encéphale , où il habite même quelquefois dans la substance cérébrale (Zeitschrift fur die Ànthopologic, i8a3 , cah. 3, p. 197); mais Romberg y a trouvé aussi des acéphalocystes , et Arndt Vcchinococcus Iwminis ( V. Romberg, Sur les entozoaires du cerveau; dans Journ. comp. du Dict. des se. nièd., t. XIX, p. 276}.

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