‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologique [electronic resource]Chapitre 10 sur 186 · DU SYSTÈME VASCUIAIRE EN GENERAL · texte numérisé non relu

DU SYSTÈME VASCUIAIRE EN GENERAL

Ces trois vésicules sont d'abord séparées par des rélrécissemens proportionnellement fort alongés, dont l'un, celui qui se trouve entre le vésicule et l'oreillette , porte le nom de canal auriculaire. Ces rétrécissemens ne tardent pas à disparaître , et les trois vésicules à se rapprocher l'une de l'autre. Toutes les parties qui doivent être doubles dans la suite , sont donc encore simples à cette époque.

En même temps la disposition du reste du système vasculaire se perfectionne. La veine porte se réunit à la veine ombilicale , avec laquelle elle se ramifie dans le foie. C'est donc alors seulement que le sang qu'elle contient commence à faire ce détour pour aller gagner le cœur à travers les veines hépatiques. Cependant il reste , pendant toute la vie fœtale, une trace de la disposition primitive de la veine porte, et du rôle important qu'elle jouait d'abord. Ce vestige est le canal veineux, qui s'étend de la veine ombilicale et de la veine porte, sous la face inférieure du foie, à la veine cave inférieure, et qui, en conséquence, conduit immédiatement une partie du sang dans cette dernière. On voit même quelquefois la disposition primitive se maintenir pendant tout le cours de la vie, et le tronc entier de la veine porte s'ouvrir d'une manière immédiate dans la veine cave.

Tandis que ces phénomènes ont lieu, le cœur continue à se développer. De toutes ses parties, l'oreillette est la première qui devient double : une cloison incomplète , descendue de sa circonférence, flotte dans sa cavité, de manière que les deux moitiés communiquent d'abord ensemblepar une ouverture très lar^e. Le canal inter-auriculaire et le tronc commun des veines du corps , de la veine ombilicale et delà veine porte , s'ouvrent dans l'oreillette , à l'endroit de cette cloison. La duplication des ventricules ne s'opère pas de la même manière; elle a lieu en quelque sorte par gemmation, et dépend de ce que la portion primitivement existante se prolonge à sa partie supérieure. Là on voit paraître le ventricule droit, d'abord sous la forme d'un petit tubercule , qui s'étend peu a peu vers le sommet du cœur, et qui communique avec le ventricule gauche, non seulement à 1 époque de sa première apparition, mais encore un peu plus tard. Cet abouchement a lieu vers la partie supérieure des deux

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ventricules, parce qu'il n'y a d'abord que la cavité gauche qui se prolonge. Voilà pourquoi l'aorte naît, dans le principe, des deux ventricules à la fois. L'arlère pulmonaire est la dernière qui se détache de manière à constituer un tronc distinct; mais elle était déjà indiquée auparavant le long de l'aorte. En effet, dans les premiers temps, cette dernière, qui naît seule du cœur, se partage, à quelque distance de l'organe, en deux branches au moins, qui ne tardent pas à se réunir pour former sa portion descendante. Peu à peu, à mesure que l'aorte se confond avec le ventricule, la bifurcation s'abaisse aussi, et lorsque l'une des deux branches se sépare complètement de l'autre, par l'achèvement des portions de leur circonférence qui sont placées en regard, l'artère pulmonaire paraît, formant un tronc distinct. Mais comme les cavités du cœur communiquent encore toutes ensemble, l'artère pulmonaire se continue, non seulement dans le principe, mais encore pendant toute la durée de la vie fœtale, avec l'aorte, dont elle constitue la seconde racine. Cependant, comme aussi elle se partage, dans le même temps, en deux branches, qui vont gagner chacune un poumon, la continuation proprement dite de son tronc, qui se trouve entre le point où elle se bifurque et celui où elle s'implante sur l'aorte, a reçu le nom particulier de canal artériel ou de canal de Botal.

Le système vasculaire est donc formé , dans l'origine, de moins de parties qu'on n'en trouve par la suite. Au contraire, dans les derniers temps de la vie fœtale, le nombre de ces parties est plus grand, et il y en a plusieurs alors qui disparaissent après la naissance. La circulation est d'abord simple, et même encore après que les différens systèmes se sont formés, la ligne de démarcation n'est pas parfaitement tranchée entre le système du sang rouge et celui du sang noir. Quelques unes des parties surnuméraires qui s'effacent plus lard sont des vestiges de la formation primitive, à l'époque où le nombre des parties était moins grand qu'il ne l'est dans l'état parfait: toutes sont relatives aux rapports qui existent entre le fœtus et les objets extérieurs. La disposition du système vasculaire détermine une circulation entièrement différente de celle qu'on observe chez l'adulte, et qui diffère surtout de celte dernière

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