DO SYSTÈME VASCÏ1LA1AE KM GÉNÉRAI
système entier représente un cône, ses portions, prises chacune à part, sont des cylindres.
63. Le nombre des divisions n'est pas le même dans toutes les régions du système vasculaire, mais il est rare qu'un vaisseau en offre plus de vingt.
64. Elles n'ont pas non plus lieu partout sous le même angle, sans cependant que le calibre des vaisseaux exerce une influence marquée sur le degré d'ouverture de cet angle. Le plus ordinairement il est aigu, mais il l'est plus ou moins, et présente beaucoup de variétés à cet égard. Les vaisseaux spermatiques sont peut-être ceux qui se détachent sous l'angle le plus aigu. Les vaisseaux des membres se divisent aussi presque tous sous des angles fort peu ouverts. Au contraire les troncs émanés de la crosse de l'aorte, l'artère cœliaque, la mésentérique supérieure, les rénales, la plupart des intercostales et les diaphragmatiques , naissent sous un angle plus ou moins droit. Les artères intercostales supérieures, et les récurrentes des membres décrivent un angle obtus avec leurs troncs.
65. II. Cependant, malgré ces divisions, il règne une communication non interrompue entre les diverses parties du système vasculaire , non seulement par la réunion de toutes en troncs communs, mais encore par les connexions qui existent entre plusieurs. Cette dernière disposition porte le nom d'anastomose; elle offre des différences considérables, tant sous le rapport de sa forme , que sous celui de sa fréquence plus ou moins grande dans les diverses régions d'une même section du système vasculaire.
1° Le cas le plus ordinaire est celui où deux vaisseaux s'anastomosent de manière à former une arcade, sans qu'on puisse déterminer précisément l'endroit où l'union a lieu, et de la courbure de laquelle naissent de? vaisseaux d'un plus petit calibre. C'est ce qui arrive au voisinage des articulations et au canal intestinal.
a" Il est plus rare que deux vaisseaux communiquent ensemble par une petite branche transversale de peu d'étendue. Cette disposition a lieu, par exemple, entre les deux artères ombilicales, à l'endroit où elles entrent dans le placenta.
Elle s'observe fréquemment aussi entre les artères ombilicales des eufans jumeaux. On en trouve encore un exemple dans l'anastomose des artères cérébrales antérieures entre elles et avec les postérieures , qui donne naissance au cercle vasculaire de Ridley. La veine ombilicale s'unit de la même manière avec la veine cave, par l'intermédiaire du canal veineux. Ce genre d'anastomose est très commun dans les veines des membres, surtout dans celles de la couche superficielle.
3° Il est encore plus rare de voir deux vaisseaux se réunir à angle aigu pour n'en former qu'un seul, dont la direction est la moyenne de celle des deux troncs qui l'ont produit. Cette disposition caractérise l'union de l'artère pulmonaire et de l'aorte, par le moyen du canal artériel, dans le fœtus, et la jonction des deux artères vertébrales pour donner naissance, en devant, à l'artère basilaire, en arrière, a la spinale antérieure.
Dans ce dernier genre d'anastomo9e, les deux vaisseaux qui se réunissent ont un volume à peu près égal, tandis que, dans les deux autres, il y a souvent entre eux une grande différence de calibre.
A l'égard de la fréquence des anastomoses, on peut dire, en général , qu'elles abondent surtout dans le9 petits vaisseaux, et qu'elles se multiplient à mesure que les vaisseaux s'éloignent du cœur, de manière que les plus petits forment un réseau très compliqué. Les anastomoses entre les gros vaisseaux sont rares; ce sont le canal intestinal et les membres qui en offrent le plus d'exemples. La plus considérable, celle qui a lieu entre l'artère pulmonaire et l'aorte, n'est que temporaire. Elles rendent le cours du sang plus facile , et diminuent les inconvéniens des obstacles à la circulation, et même ceux de la destruction des gros troncs principaux, puisque les canaux de jonction, largement ouverts déjà dans l'état normal, ou du moins très dilatables, permettent an sang d'arriver aux parties. Voila pourquoi les plus gros troncs eux-mêmes, tels que l'aorte (1), la veine
(i) Paris, clans Dcsault, Journal de chirurgie, t. II. — Scarpa , sur l' Ànévrisnie , trad. par Dclpcch, Paris 1809. — A. Cooper et 15. Travers,
DU SYSTÈME VASCULA1RE EN GENERAt, 129
cave (1), la veine jugulaire interne (2) et le canal thoracique (3), ont été trouvés rétrécis ou oblitérés dans une partie de leur étendue, sans que le sujet eût souffert de cette anomalie.
66. III. Les vaisseaux marchent généralement en ligne droite. Cet axiome est vrai surtout pour les troncs et les branches. Quant aux petites divisions, elles sont un peu flexueuses. Mais, en général, le cours des vaisseaux offre, sous ce rapport, et indépendamment du calibre, des différences qui tiennent à la nature des organes. En effet, les organes sujets à éprouver de grands changemens dans leur volume, ont leurs vaisseaux très flexueux. Cette disposition est bien prononcée, pendant la grossesse, dans ceux de la matrice, dont les flexuosités sont si nombreuses et si considérables qu'il en résulte des angles aigus. On l'observe aussi, quoique à un degré moins fort, dans ceux de l'estomac, du canal intestinal, de la face , des lèvres, en particulier, dans ceux de l'iris, delà langue, et de l'arbre bronchial. C'est elle qui permet au sang de circuler d'une manière uniforme, dans l'état d'affaissement comme dans celui de dilatation des organes, car les vaisseaux s'alongent et s'étendent dans cette dernière circonstance. Quant aux organes qui ne sont pas sujets à changer ainsi de volume, mais qui subissent des déplacemens , semblables, par exemple, à ceux que les membres éprouvent dans la flexion et l'extension, l'élasticité des vaisseaux tient lieu de flexuosités.
Œuvres chirurgicales, trad. de l'anglais , Paris , i823.— Graham , dans Med. chir. trans. vol. V. — Th. Goodisson, dans Dublin hospitat reports, Dublin , 1818 , p. 194.
(1) Haller, De gravior. quibusdam aortœ vcnœquecavcv morbis , Goettingue, 1749, §viu. — Baillie, dans Trans. of a soc. for (lie improv. of med. and surg. knowt , vol. I , n° vin , p. 127. — Wilson , ibid. , vol. III , n° vi. An instance of Ihe oblitération ofthe vena cavainferior by inflammaium, p. 65. — Hogdson, Maladies des artères et des veines , trad. par Breschct, Paris , 1809.
(2) G. Lardner, Case of Ihe oblitération ofthe internat jugular vein ; dans Ed. med.journ. , vol. VII , n° 28, p. 407.
(3) A Cooper , dans Med. records and rcscarchcs , Londres, i8i3. - Flandrin , Journal de Médecine , t. LXXXVII , 1791.
1Ô0 ANATOM1E GÉNÉRALE.
Il est encore d'autres cas dans lesquels les vaisseaux ne suivent pas la droite ligne , mais affectent une marche très flexueuse, comme font ceux de la rate et les artères du cerveau. Cette anomalie paraît avoir pour but de ralentir un peu le cours du sang.
Il y a d'autres vaisseaux dont les flexuosités ne sont inhérentes qu'à une certaine époque de la vie , et s'observent quand des organes se développent sur un point qu'ils abandonnent plus tard. Ainsi les vaisseaux des testicules ont une marche très flexueuse tant que ces glandes sont encore renfermées dans la cavité du bas- ventre ; mais, plus tard, ils se redressent.
67. IV. Le système vasculaire , considéré d'une manière générale , est symétrique , c'est-à-dire que le côté gauche et le côté droit, la moitié supérieure et inférieure, et même jusqu'à un certain point les deux moitiés antérieure et postérieure du corps se correspondent sous ce rapport. Cependant les régions mêmes qui se ressemblent le plus , celle de droite et celle de gauche, sont fort éloignées de la symétrie qu'on observe, par exemple, dans le système nerveux. Ainsi le cœur n'est point perpendiculaire et situé de telle sorte que son axe corresponde à la ligne médiane. Les troncs impairs, tant des artères que des veines et des lymphatiques, ne sont pas non plus placés sur cette ligne. Enfin les vaisseaux correspondans des deux côtés ne se comportent pas de la même manière ; car, par exemple, les artères de la tête et du membre supérieur proviennent d'un tronc commun à droite , tandis qu'à gauche elles naissent séparément de l'aorte. A la vérité, la symétrie semble un peu plus grande quand on considère tout l'ensemble du système vasculaire, puisqu'on trouve, par exemple, le tronc des veines du corps à droite, celui de l'aorte à gauche, et celui des vaisseaux absorbans dans le milieu; mais elle n'en est pas moins toujours fort imparfaite. Il y en a davantage chez les animaux, particulièrement chez ceux qui sont éloignés de l'homme , et dans l'embryon.
68. V. La distribution du système vasculaire offre aussi des différences nombreuses et très considérables, puisque l'origine et La distribution des plus gros vaisseaux eux-mêmes ne
UV SYSTÈME VASCULAIRE EN GÉNÉRAL. l3l
se ressemblent pas. Ce système est incontestablement celui dans lequel on rencontre le plus de variations. Lorsqu'une anomalie existe d'un côté , ordinairement on en observe une pareille ou analogue de l'autre côté. Ces anomalies ajoutent fréquemment à la symétrie , mais souvent aussi elles la rendent moins évidente.
Il n'est pas rare non plus que des anomalies de même genre se reproduisent dans la partie supérieure et dans la partie inférieure' du système vasculaire. Ainsi , deux fois j'ai trouvé sur le même sujet l'artère rénale gauche divisée, et l'artère vertébrale naissant immédiatement de l'aorte.
Au contraire, l'anomalie d'une portion du système vasculaire n'a ordinairement pas d'influence sur la marche des autres. Voilà pourquoi il est si commun, dans toutes les parties du corps, que les artères s'écartent de la disposition normale, sans que les veines varient, et vice versa. Souvent l'anomalie d'une partie la rapproche de la conformation normale de l'autre, effet que produit, par exemple, le développement de grandes anastomoses ou de gros vaisseaux superficiels dans le système artériel.
6g. A l'égard de sa forme intérieure ou de sa texture, le système vasculaire est presque partout compose' de plusieurs couches.
La couche interne est la plus essentielle, puisqu'elle règne dans toute l'étendue du système, et qu'elle passe de l'une à l'autre de ses divisions principales sans éprouver la moindre interruption. Cette membrane est très mince, blanchâtre, plus ou moins transparente, homogène et sans traces de fibres ; mais elle présente de grandes différences relativement à son épaisseur, à son extensibilité et à sa solidité, non seulement dans les diverses portions du système, mais encore dans les diverses parties de chaque portion principale. Elle adhère d'une manière assez peu intime à la face externe de la couche qui suit, et toujours on peut aisément l'isoler. Les membranes séreuses sont celles avec lesquelles elle semble avoir le plus d'analogie, et peut-être fait-elle le passage de ce système au système muqueux.
Fournit - elle une sécrétion ? On trouve un fluide onctueux
l52 ANATOMIE GENERALE.
dans les vaisseaux des cadavres, même lorsqu'ils ne contiennent point de sang, comme les artères; mais ce fluide peut fort bien être du sérum du sang, ou le résultat d'une transsudation cadavérique. Bichat, qui ne considérait la membrane interne que comme un épiderme destiné à protéger les vaisseaux contre le sang, ne croyait pas que ce fluide fût un produit de l'action vitale des artères, et il se fondait sur ce que les artères privées de sang contractent d'intimes adhérences par leur surface interne. Mais ce phénomène ne prouve rien contre l'opinion à laquelle on l'oppose, puisque l'exemple des membranes séreuses annonce que le fluide dont il s'agit pourrait bien être l'agent de l'adhérence, et qu'on voit aussi des membranes muqueuses adhérer entre elles.
La membrane interne forme, sur plusieurs points, des replis appelés valvules ( valvulœ), qui s'avancent dans l'intérieur des vaisseaux. En général, ces replis ont une forme demi-elliptique; ils sont adhérens par leur bord convexe, et libres par leur bord droit. Leur disposition est toujours telle qu'ils s'opposent au reflux du liquide quand une cause quelconque trouble son cours, parce que le mouvement rétrogradede ce fluide les éloigne des parois du vaisseau, les redresse et les rapproche l'un de l'autre. Au contraire , quand la colonne liquide marche sans que rien la dérange, elle les applique contre les parois des vaisseaux. Presque toujours il y a plusieurs valvules sur le même point, ce qui multiplie les obstacles au reflux du liquide dans le premier cas, et gêne d'autant moins sa progression dans le second.
En dehors de la membrane interne, la seule qui soit commune à tout le système vasculaire, se trouve celle qu'on appelle tunique celluleuse ou nerveuse. Mais, entre cette couche et l'interne, il .s'en trouve encore, dans toutes les artères et dans les grosses veines, une autre qu'on nomme tunique fibreuse, musculaire ou charnue. La tunique celluleuse se confond d'une manière insensible avec le tissu muqueux disséminé entre tous les organes ; elle ne consiste réellement qu'en un tissu muqueux plus épais et plus dense, mais dont la résistance est telle qu'il forme un cylindre différent de tout le reste du tissu muqueux. La limite n'étant pas moins tranchée entre
DD SYSTÈME VASCULAIRE EN GENERAL. l33
lui et la tunique fibreuse, on doit le considérer comme une membrane spéciale, qui appartient au tissu vasculaire.
Scarpa prétend qu'on ne doit pas regarder la tunique celluleuse comme une appartenance de9 vaisseaux, qu'elle leur sert seulement d'enveloppe extérieure, pour les maintenir en place et les unir aux parties voisines, et qu'elle est la continuation du tissu muqueux mol et extensible de ces dernières. Mais je ne puis partager son opinion, parce que la tunique celluleuse des vaisseaux est plus étroitement unie à leur membrane fibreuse qu'au tissu muqueux du voisinage, dont elle paraît être bien distincte. Partout on trouve les vaisseaux entourés de cette couche, semblable à un feutre, qui tient à la membrane fibreuse par une couche peu épaisse d'un tissu muqueux lâche, et qui est manifestement distincte du tissu muqueux interposé entre les organes. Si l'on coupe une artère en deux, en ayant soin de ne diviser que la membrane fibreuse sur une portion de sa circonférence , on parvient aisément à soulever la tunique celluleuse dense et blanchâtre, sous la forme d'une membrane continue , et à la détacher nettement, avec le manche d'un scalpel, du tissu cellulaire placé au-dessous.
C'est principalement à cette membrane extérieure que sont dues les flexuosités des vaisseaux, qui s'effacent aussitôt qu'on vient à la couper. Il ne^s'amasse point dé graisse dans ses interstices, et elle ne fournit pas non plus de sérosité. Elle ne pénètre point à l'intérieur, entre les autres membranes.
70. Le système vasculaire renferme le fluide nourricier commun de tous les organes. Mais sa propre substance se renouvelle par le moyen de vaisseaux particuliers qui s'y distribuent (vasa vasoncm). Cette disposition n'est pas bornée seulement à la portion du système vasculaire qui charrie un fluide nourricier imparfait ; elle s'étend â toutes. Les vaisseaux dont il s'agit naissent de ceux du voisinage, et rarement ou jamais de l'artère même à laquelle ils appartiennent. Ils se divisent et s'anastomosent dans la membrane celluleuse, avant de pénétrer dans lc9 tuniques intérieures. La membrane fibreuse s'approprie presque toutes leur» ramifications , du moins l'interne en reçoit -elle fort peu; les artères et les
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veines s'y accompagnent réciproquement. L'existence des lymphatiques n'est pas démontrée , mais elle est très probable (1), quoiqu'on n'ait point vu le sang diminuer dans une portion de vaisseau comprise entre deux ligatures (2) ; car cette expérience prouve seulement que l'action des lymphatiques ne s'étend pas jusque dans la cavité des vaisseaux.
71. Les vaisseaux ne reçoivent pas une quantité très considérable (3) de nerfs. Ceux-ci forment en général des réseaux à leur surface. Le système nerveux do la vie organique fournit des filets à une grande partie du système vasculaire ; mais il n'en donne pas à toutes , puisque ceux des vaisseaux des membres proviennent du système nerveux de la vie animale (4).
72. Les branches les plus déliées des vaisseaux portent le nom de capillaires ( vasa capillaria ). Cette épithète s'applique aussi bien aux dernières ramifications des artères , qu'à celles des veines. Doit-on considérer les capillaires comme un système à part, différent de tout le reste du système vasculaire , dans lequel les artères se terminent, et d'où naissent les veines et les vaisseaux tant exhalans qu'inhalans ? Bichat a adopté cette idée. Autenrieth est allé plus loin encore , car il a prétendu que les capillaires constituent, sous le rapport même
(1) Elle paraît être démontrée, non seulement par les observations microscopiques de Malpighi et de Leeuwenhock , ainsi que par les injections d'Ent, mais encore par les inflammations dans lesquelles il n'y a pas de sang épanché, et où les lymphatiques s'en trouvent gorgés. Dans ce cas, les lymphatiques ont absorbé l'excès de ce fluide qui distendait les vaisseaux sanguins. C'est aussi ce qui explique l'utilité, dans les inflammations , des moyens propres à activer l'absorption. Voyez Cruikshank, The anatomy ofthe absorbant vesscls , ch. x , p. 4g. — E.-A. Lauth , Essai sur les vaisseaux lymphatiques , Strasbourg, 1824. Sect. 11. p. 12. — Àlard, De l'inflammation des vaisseaux absorbons lymphatiques, dermoïdes et souscutanés , etc. , 2e édition, Paris , 1S24. (Note des traducteurs. )
(2) Bichat , Anatomie générale ,t. I , p. 3oi.
(3) Les nerfs des vaisseaux sont très nombreux , surtout dans les cavités pectorale et abdominale. ( Note des traducteurs. )
(4) Wrisberg, De nervis arlerias venasque comitantibus ; dans Syllogc romm. Goellingue , tSoo.
DU SYSTÈME VASCULAIRE EN GENERAI.. l55
de la l'orme, un système intermédiaire entre les artères et les veines , disant que les dernières ramifications artérielles s'anastomosent avec les premières de ce système , et que cellesci se réunissent en troncs, qui se ramifient ensuite une seconde fois, de manière que, suivant lui, le système capillaire aurait la même forme que celui de la veine porte (1). Mais cette forme que leur assigne Autenrieth ne repose point sur des observations positives. Les injections les plus délicates n'indiquent partout que deux séries de ramifications , et non quatre. D'un autre côté , Bichal a trop marqué la séparation entre le système capillaire et les artères et les veines. II a trop étendu les limites de ce système en disant que c'est lui qui fournit tous les vaisseaux chargés de porter à nos organes la matière nutritive. La nutrition doit nécessairement s'opérer hors de la cavité du système vasculaire, et elle ne peut avoir lieu sans que le fluide nourricier sorte des vaisseaux qui le contiennent. Il n'est donc pas vrai que, même sous ce rapport , on doive considérer le corps animal comme un simple assemblage de vaisseaux.
y3. Cependant les capillaires diffèrent , à plusieurs égards , des ramifications plus volumineuses du système vasculaire.
1°. Ils en diffèrent par la nature du fluide qu'ils contiennent. Ce n'est pas du sang qu'on y trouve partout , comme dans les grosses ramifications des artères et des yeines ; on y rencontre aussi d'autres fluides incolores , en particulier du sérum.
2°. Le mouvemeut des fluides qu'ils contiennent est moins soumis à l'influence du cœur. C'est ce que démontrent le défaut de pulsations dans le système veineux, qu'on explique en grande partie de cette manière ; le surcroît d'activité qu'acquièrent ces vaisseaux dans l'inflammation , qui y a son siège principal , ou qui du moins s'établit beaucoup plus rarement dans les gros vaisseaux; enfin , jusqu'à un certain point, l'indépendance dans laquelle sont , de l'action du cœur , les sécrétions qui s'opèrent sur les limites du système capillaire.
(0 PI>ysiolo%ic, t. II , p. i38.
l36 AN ATOMIE GÉNÉRALE.
74- Les capillaires ne s'étendent pas également loin partout. La proportion entre le sang et les autres fluides qu'ils renferment, n'est pas non plus la même partout. On parvient rarement à démontrer la présence de vaisseaux très déliés dans les cartilages , la plupart des organes fibreux , l'épiderme , les ongles, les poils, et ceux qu'on y rencontre quelquefois ne contiennent jamais de sang rouge dans l'état normal. Les os ^ la peau -, les glandes , les ongles , les parois des vaisseaux les membranes séreuses , etquelques organes fibreux sont pourvus de capillaires, qui contiennent les uns du sang et les autres des fluides sans couleur. C'est ce qui fait qu'au moyen des injections délicates , et quelquefois même sous l'influence de la vie , comme à la suite de certaines irritations , par l'effet des maladies, etc. , on voit des parties qui , au premier abord, semblent tout-à-fait dénuées de vaisseaux, se couvrir tout-àcoup d'un réseau vasculaire. Dans d'autres organes , tels que les muscles, les capillaires paraissent ne charrier que du sang rouge : cependant il faut bien observer qu'ici la substance colorante se trouve aussi Lors des vaisseaux.
Au reste , nulle part le rapport entre le sang et les fluides incolores n'est toujours le même. Les exemples cités de pénétration du sang dans des parties qui sont ordinairement sans couleur, en fournit déjà une preuve. L'injection des liquides colorés n'est pas non plus un moyen sur lequel on doive compter pour découvrir les limites véritables du sang dans les capillaires ; puisque , quand elle réussit , et qu'elle remplit jusqu'aux plus petits vaisseaux , elle teint en rouge des parties $ qui , commeles membranes séreuses , ne le sont pas , ou du moins le sont très peu pendant la vie.
?5. Le système vasculaire contient le fluide nourricier commun , le conduit à tous les organes, et le puise dans tous. Comment ce fluide sort-il de sa cavité ? Comment y pénètret-il ? Il faut d'abord faire observer que l'inhalation et l'exhalation n'ont lieu très probablement que dans les ramiûcations les plus déliées du système vasculaire , parce que tous les vaisseaux sont pourvus de plus petits vaisseaux conducteurs du sang qui se distribuent dans leurs parois , parce que les vaisseaux se ramifient partout à l'infini , et enfin parce qu'il n'y a
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pas de raisoDS plausibles pour admettre l'opinion contraire.
Mais, comment les fluides entrent-ils dans les ramiûcations les plus déliées, et comment en sortent-ils ? Les artères sontelles ouvertes ou fermées à leur terminaison , et les vaisseaux absorbans à leur origine ? L'observation n'a démontré , soit dans les plus petits vaisseaux, soit dans les plus volumineux, ni lacunes dans leurs parois, ni orifices à leur extrémité. On ne peut donc pas assurer que les ramifications les plus déliées du système vasculaire soient ouvertes. Cependant il y existe vraisemblablement des ouvertures constantes , mais dont le jeu de l'activité vitale dont elles sont douées, fait varier beaucoup le diamètre. Au moins est-il de toute nécessité que ces vides existent à l'époque où les fluides entrent et sortent. Mais l'inhalation et l'exhalation ne s'iuterrompent jamais , et il est impossible de démontrer que la substance se détruise et se produise alternativement, à l'extrémité du système vasculaire, dans des espaces infiniment petits.
76. Il est encore moins probable que les diverses portions du système vasculaire forment partout des cavités closes et sans communication les unes avec les autres. J'ai déjà dit ( § 60 ) que les vaisseaux lymphatiques ne sont qu'un annexe du système veineux, auquel ils aboutissent par plusieurs gros troncs : aucun doute ne peut s'élever à cet égard. Il est moins certain qu'une communication ait lieu entre les dernières ramifications des artères et des veines ( 1). Cependant l'opinion de ceux qui refusent d'admettre cette communication , et qui pensent que le sang s'épanche entre les deux ordres de vaisseaux, soit dans la substance de l'organe, soit dans.des
(1) Parmi les modernes qui ne croienj pas à cette communication se rangent Doellinger et Willbrand. Le premier pense que les .artères n ont plus de parois à leur dernière extrémité ; que le sang s'y meut à nu dans la substance solide du corps, appelée par lui muqueuse , et en partie continue, son trajet pour passer dans les vaisseaux veineux et lymphatiques naissant de cette substance , comme les artères s'y terminent. Suivant Willbrand , tout le sang se change eu organes et en sécrétions, et ces organes, se fluidifiant à mesure, redeviennent du sang veineux et de la lymphe, qui continuent la circulation.
( Note des traducteurs. )
l58 ANATOMIE GÉNÉRALE.
cellules particulières, ou qui veulent que le sang artériel se convertisse, à l'extrémité des artères, en la substance des organes , et que le sang veineux se forme de toutes pièces aux dépens de cette même substance , cette opinion est au moins très peu vraisemblable, car :
i° Des matières , même grossières , pourvu qu'elles soient assez chaudes , et par conséquent bien fluides , passent facilement des artères dans les veines d'une partie dont la température a été portée aussi au degré convenable.
a" Les observations microscopiques faites sur des parties transparentes d'animaux vivans, telles que les branchies des têtards, le mésentère et les membranes natatoires des grenouilles, la queue des poissons, etc. , démontrent clairement que les artères se continuent sans interruption avec les veines.
3° Ce phénomène s'observe souvent aussi avec le secours du microscope, dans les mêmes parties transparentes, lorsqu'elles ont été bien injectées.
Mais ces anastomoses sont toujours fort étroites. Elles ne laissent passer à la fois qu'un seul ou qu'un petit nombre de globules du sang , et celles que certains anatomistes admettaient entre des branches artérielles et veineuses d'un gros calibre, par exemple, entre les artères et les veines spermatiques (î), sont depuis long-temps reléguées parmi les êtres de raison (2). Les systèmes du sang rouge et du sang noir ne passent de l'un à l'autre , mais d'une manière opposée à celle qui a lieu ordinairement, que dans un seul point du corps, danslepoumon.il existe bien de grosses branches d'anastomose entre les artères et les veines pulmonaires ; mais ce sont la plutôt des anastomoses entre des vaisseaux de même espèce , puisque les rameaux un peu déliés de l'artère pulmonaire charrient du sang rouge.
Le passage des artères aux veines n'a pas lieu partout de la même manière, ni sous le rapport de l'ampleur des vaisseaux, ni sous celui des autres conditions du phénomène.
(ijLealis lealis, De partibus semen conf. , Leyde, 1707. (2) G. Martin , Reficelions and observations on ilie séminal bloodvesscls ; dans Med. essays and observ. of Edimb. , vol. V,n° 19.
DU SYSTEME VASCDLAIRE EN CÉNÉnAt.
Quelquefois l'artère ne fait que se replier sur elle-même, et devient ainsi une veine; d'autres fois il s'en détache de petites branches qui se jettent dans la veine voisine. Mais il est fort probable que , dans ce cas , la réunion s'opère au moyen d'une petite branche intermédiaire, dont, par conséquent, une moitié est artérielle, et l'autre veineuse.
77. Le rapport des vaisseaux aux organes peut être envisagé sous plusieurs points de vue : i° sous celui de la quantité de fluide nourricier qui arrive aux organes et qui en revient , et p;ir conséquent sous celui, toutes choses égales d'ailleurs, de l'ampleur plus ou moins considérable des vaisseaux; 20 sous celui de leur nombre ; 3° sous celui de leur direction; 4° sous celui de leurs divisions et de leurs anastomoses; 5° sous celui de leur origine; 6° enfin sous celui de leur longueur.
78. i° Abondance de vaisseaux et abondance de fluide nourricier ne sont pas deux idées semblables, puisqu'un organe qui a beaucoup de vaisseaux d'un petit calibre , comme sont les os , peut cependant ne pas recevoir une grande quantité de fluide nourricier. Les organes sécréteurs sont ceux qui ont les vaisseaux les plus amples en proportion de leur volume. Viennent ensuite le système musculaire, le système nerveux, les os, et, en dernier lieu, les organes fibreux, etles cartilages. L'épiderme, l'émail des dents, l'amnios, l'arachnoïde, ne reçoivent point de vaisseaux, du moins chez l'homme.
2° Ordinairement il se rend plusieurs vaisseaux à un même organe. Non seulement les organes impairs formés de deux moitiés plus ou moins confondues sur la ligne médiane, comme le cerveau , les fosses nasales , la thyroïde , le larynx , l'estomac, le foie, la matrice, la vessie et la verge, reçoivent deux vaisseaux du même nom , l'un à droite, l'autre à gauche ; mais encore chaque organe , sans égard a son volume ni à son importance, reçoit, sur plusieurs points , des vaisseaux qui naissent souvent de parties fort éloignées du système sanguin , et qui s'anastomosent ordinairement près de lui ou dans son inturicur. Ainsi les artères carotide interne et vertébrale se rendent de chaque côté au cerveau , et s'y anastomosent ensemble. La moelle épinière, indépendamment des artères
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spinales, antérieure et postérieure, en reçoit un grand nombre de l'aorte, à \ravers les trous de conjugaison. La thyroïde reçoit de chaque côté deux artères, l'une supérieure, l'autre inférieure, qui s'anastomosent entre elles et avec leurs congénères du même nom. De même il se rend quatre artères à l'estomac, deux aux intestins, quatre à la matrice, et il sort de ces organes un nombre égal de veines. Les reins reçoivent presque plus souvent deux artères ou davantage qu'une seule, et le nombre de celles qui parviennent aux capsules surrénales est très grand. Il n'y a pas de muscle , pas d'os , dans lequel des vaisseaux ne pénètrent par plusieurs points de sa circonférence. S'il paraît n'y en avoir qu'un seul dans certains organes, par exemple, dans l'œil, qui ne reçoit que l'artère ophthalmique , cette disposition est bien compensée par la multiplicité des anastomoses. Il est rare qu'un vaisseau l'emporte assez sur les autres pour qu'on soit fondé à dire, avec Walther (1) , que chaque organe important n'en reçoit qu'un seul principal.
3° En général les vaisseaux marchent presque en droite ligne. Lorsqu'on rencontre des exceptions à cette règle, les flexuosités des vaisseaux coïncident avec la variabilité du calibre ou de la forme, comme dans les organes creux, et n'ont par conséquent rien de constant; mais quelquefois elles tiennent à d'autres circonstances que nous ignorons, et alors elles sont constantes, comme dans le cerveau.
4° Jamais un vaisseau n'entre dans un organe , ou n'en sort, sans s'être auparavant divisé plus ou moins. On peut s'en convaincre dans le cerveau, l'œil, la langue, tous les organes des sécrétions et les muscles. Ordinairement la division du vaisseau a lieu près de l'organe, mais quelquefois elle s'opère à une certaine distance. Les muscles fournissent un exemple de ce dernier état de choses. On ne trouve pas toujours ici la même disposition , et l'élongation des branches conduit à la multiplication des troncs vasculaires, comme on peut s'en convaincre aisément dans le rein. Ces branches s'anastomosent presque toujours ensemble. J'ai indiqué plus haut
(1) Physiologie, 1. 1, p. 55.
DXJ SYSTÈME VASCCLAIHE EN GENERAL. l/jl
les différences qui se rencontrenl à l'égard du nombre et du volume des anastomoses.
5° L'origine des vaisseaux n'est pas toujours la même, ainsi que je l'ai déjà dit ( § 68 ) , et peu importe , soit pour le développement, soitpour la fonction d'un organe, de quel point ses vaisseaux prennent naissance , qu'ils émanent immédiatement de l'aorte, de la veine cave , ou qu'ils proviennent de troncs secondaires. Ainsi l'artère vertébrale gauche se. détache souvent de la crosse de l'aorte; la thyroïdienne inférieure est sujette à la même anomalie, ou en présente d'autres très variées; l'artère rénale naît quelquefois de l'iliaque primitive , ou même de l'hypogastrique; les trois branches du tronc cœliaque proviennent directement de l'aorte, chez certains sujets; chez d'autres, à leur tronc se réunit celui de la mésentérique supérieure , etc. Tous ces faits prouvent que l'importance et l'individualité d'un organe ne sont pas d'autant plus grandes, que ses vaisseaux appartiennent à ceux du second ordre, comme l'a dit Walther.
6° L'origine des vaisseaux n'est ordinairement pas éloignée du lieu où ils pénètrent dans l'organe gui doit les recevoir , et il est rare d'en voir un qui parcoure un espace un peu considérable sans envoyer des branches aux parties devant lesquelles il passe. Lorsque le contraire a lieu, ainsi qu'on en trouve des exemples dans les ovaires, les testicules, le cerveau, la contradiction n'est qu'apparente, et s'explique facilement par la situation qu'occupaient d'abord les organes ; ainsi les testicules et les ovaires se sont formés très près du lieu où naissent les artères spermatiques, et la brièveté primitive du cou fait que, dans le principe, le cerveau luimême reposait immédiatement sur le point d'où émanent ses vaisseaux.
79. Il y a peu d'observations générales à faire sur les actions du système vasculaire, parce qu'elles varient autant que la structure, dans les diverses portions dont il se compose. On peut seulement dire qu'il a un certain degré d'élasticité, qu'il est extensible et contractile, et que , dans l'état de santé, il ne jouit pas de la sensibilité. C'est encore un sujet de contestation que de savoir s'il est susceptible de contractions vitales,
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en d'autres termes, s'il est irritable. Le cœur et les vaisseaux absorbans jouissent incontestablement de l'irritabilité (1); mais les observations faites sur l'aorte, les artères elles veines, se contredisent, aussi bien que les résultats qu'on en a tirés. Huiler n'a jamais vu les stimulans produire de contractions, si ce n'est dans les troncs des veines caves, quoiqu'il ne refuse pas précisément pour cela l'irritabilité auxartères. Ce sujet sera mieux placé à la suite des considérations sur chacune des trois portions du système vasculaire , car elles n'offrent pas toutes les mêmes phénomènes, lorsqu'on les envisage sous ce point de vue.
80. Le tissu vasculaire étant composé de plusieurs portions tout-à-fait différentes les unes des autres, cette forme très compliquée est une des principales causes qui le font différer beaucoup de lui-même aux diverses époques de la vie. Les principaux points de l'histoire de son développement sont : l'examen de celte question , si certaines parties du système naissent avant les autres, et quelles elles sont; la recherche de la manière dont il se comporte à sa première origine; l'étude des rapports qui existent, aux diverses époques de la vie, entre les systèmes du sang rouge et du sang noir, et les deux circulations, la grande et la petite; enfin celle des rapports que les vaisseaux ont enlre eux, à l'égard du nombre et de la capacité, aux diverses périodes de l'existence.
81. i° Nous manquons d'observations exactes, chezl'homme et même chez les mammifères , relativement à l'antériorité de formation d'une partie quelconque du système vasculaire. Cependant on peut admettre, presqu'en toute assurance, que les veines se forment avant les artères, et même que les premières à paraître sont celles de la vésicule ombilicale , car il est prouvé, chez les oiseaux, que les veines viteliines, et en particulier les omphalo-mésentériques , sont les premiers de tous les vaisseaux qui se développent. Or la vésicule ombilicale de l'homme correspond exactement, sous tous les rapports , au sac vitellin des oiseaux.
(1) Vcrschuir, Diss. dcarlcr. et venar. viirritabili, Groninguc, 1766. — Uaslings, Diss. de vi conlraclili vasorum , Edimbourg, 1820.
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Cependant il n'est pas invraisemblable que le tronc principal du système artériel , l'aorte , naît au moins en même temps que les veines, ou peut-être auparavant, dans le corps de l'embryon bumain. Cette conjecture acquiert un certain poids, quand on a égard d'un côté à la disposition du système vasculaire dans les monstres acéphales , de l'autre , à la manière dont ce système se forme dans le règne animal. En la supposant vraie, il se forme d'abord à la face antérieure de la colonne vertébrale un long canal qui se ramifie à ses deux extrémités, et qui, supérieurement, dans l'endroit où le cœur existe plus tard, se confond avec la veine porte, avec laquelle il ne faisait peut-être auparavant que communiquer au moyen de rameaux très déliés (1).
2° Quant au mode des développement de vaisseaux, voici ce que l'observation de l'œuf couvé (2) nous apprend. A quelque distance de l'embryon, il s'opère, dans la substance, d'abord homogène, de la membrane du jaune, des déchirures circonscrites et arrondies , qui se remplissent d'une masse plus fluide. Ces déchirures sont d'abord tout-à-fait séparées les unes des autres , et représentent comme des îles dans le reste de la masse; mais peu à peu il se forme de nouvelles lacunes dans la substance de la membrane du jaune, ce qui augmente le nombre des îles, et donne naissance à un réseau vasculaire très-ramifié , qui bientôt contient du véritable sang, au lieu du fluide clair et ténu qui le remplissait d'abord. Ce réseau vasculaire est le commencement de la veine ora-
(1) Je ne donne ceci que comme des conjectures plausibles, ce dont je fais expressément la remarque , pour prévenir toute fausse interprétation.
(2) Parmi les travaux modernes sur ce sujet, on distingue surtout : Rolando, Sur ta formation du cœur et des vaisseaux artériels, veineux et capillaires; dans Journ. complément, du Dict. des se. méd. , t. XI, p. 325, et t. XII , p. 34 ; — Pander, Méritoire sur le développement du poulet dans ''««f; mÈme journal, t. XIV, p. 3o6; — Home, Observations sur les changemens qu'éprouve l'œuf de poule pendant l'incubation, avec notes de Prévost; dans Archives générales de médecine , juillet 1823, p. i5v; — Prout, Expériences sur les changemens nui arrivent dans les principes fixes de t œuf pendant l'incubation ; mCme recueil , septembre 1823 , p. 1 19.
phalo-mésentérique. La portion de celle-ci qui se forme la première n'est pas son tronc; mais elle se compose de ses dernières extrémités, qui se réunissent peu à peu en branches , jusqu'à ce qu'enfin elles donnent naissance au tronc. D'abord les vaisseaux n'ont point de parois propres et distinctes du reste de la substance , et ils représentent seulement des lacunes, des voies creusées dans cette substance ; mais insensiblement celle-ci s'accumule davantage autour d'eux, et c'est alors qu'on voit paraître leurs parois, dont la structure ne se développe non plus que par degrés et avec beaucoup de lenteur.
3° Lorsqu'une fois la veine omphalo-mésentérique a été formée ainsi, le reste du système vasculaire se produit de la manière suivante, en concluant toutefois, comme on est forcé de le faire , d'après les résultats fournis par l'organogénésie des oiseaux. La veine se réfléchit de bas en haut, et se dilate à la face antérieure du corps de l'embryon , pour donner naissance au cœur. De celui-ci naîtle tronc des artères du corps, quiconduisent le sang aux organes , et après lesquelles on voit paraître les veines qui les accompagnent. Puisse montre aussi l'artère omphalo-mésentérique. On ne sait pas encore positivement si les veines ombilicales, semblables aux veines omphalo-mésentériques , se forment avant les artères du même nom, ou si la formation de celles-ci précède la leur; mais le premier cas est plus probable que le second.
En examinant les choses de plus près, voici quelle est la marche de la formation. Le vaisseau auquel la veine omphalo-mésentérique aboutit, ou plus exactement dans lequel elle se convertit, est la veine porte. Celle-ci qui, à une époque postérieure , se trouve simplement englobée dans le système général des veines du corps, constitue maintenant le tronc principal, qui produit le cœur à sa partie supérieure. Le cœur paraît d'abord sous la forme d'un demi-anneau situé à découvert : la portion qui se montre la première est le ventricule gauche. Immédiatement après on voit se manifester le tronc de l'aorte, sous l'apparence d'une dilatation considérable. Un peu plus tard , l'extrémité supérieure de la veine se dilate , puis se resserre au-devant du tronc veineux, et produit ainsi l'oreillette.