VIII. MAXILLAIRE INFERIEUR
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6n. "Vos maxillaire inférieur (maxilla, s. mandibula inferior , os maxillare inferius) est situé vis-à-vis du supérieur. Il a une forme parabolique , et ressemble à un fer à cheval. On peut, pour la commodité de l'élude, le diviser en partie moyenne, alvéolaire ou horizontale [pars alvealaris , ramas ho rizon \talis ), et en parties articulaires, latérales ou ascendantes ( partes articulares , rami perpendicularcs).
612. Ces trois parties sont garnies d'empreintes musculaires qui en rendent la surface inégale. Sur le milieu des faces
antérieure et postérieure de l'alvéolaire régnent deux éminences longitudinales, appelées crêtes mentales externe et interne [crista mentalis e x le ma et interna). A quelque distance de cette crête, sur l'une et l'autre face également, on aperçoit, de chaque côté, une ligne dont la^irection suit peu à peu celle du bord supérieur : on l'appelle ligne oblique externe et interne {linea obliqua interna et externa). Cette ligne s'étend, d'avant en arrière, jusqu'à la seconde petite dent molaire. Au-dessous de cette même dent, sur le milieu de la hauteur de l'os, se trouve le trou mentonnier (Jbramen maxillare anticum , s. mentale ).
6i3. La branche montante se divise supérieurement en deux apophyses, dont l'une antérieure, appelée coronoide {processus coronoideus ), est plus grande, plus mince, plus élevée que la postérieure, aplatie de dehors en dedans, et terminée en pointe. La seconde, qu'on nomme condyloïdienne {processus condyloideus) , est plus large d'un côté à l'autre que d'avant en arrière. Elle se dirige un peu obliquement de dehors en dedans et d'avant en arrière , de sorte que les deux surfaces articulaires convergent l'une vers l'autre en arrière. Sa face supérieure est arrondie, et ordinairement divisée, par une ligne transversale, en deux parties , l'une antérieure, l'autre postérieure.
La largeur de cette apophyse, qui est la partie la plus large de l'os maxillaire inférieur, s'élève environ à six lignes d'un côté à l'autre; sa hauteur et son épaisseur sont d'à peu près trois lignes. La partie épaisse et resserrée qui vient après elle, est son col. On appelle êchancrure sigmoïde {incisura semilunaris , s. sigmoidea) celle du bord supérieur qui se trouve entre les deux apophyses, et angle de la mâchoire {angulus maxillaris), l'endroit où les bords postérieur et inférieur se réunissent l'un avec l'autre. Un peu au-dessous du milieu de la l'ace interne se trouve une ouverture considérable, le trou maxillaire postérieur {foramen maxillare posterius), qui conduit dans le canal maxillaire {canalis maxillaris). Ce dernier marche à travers la substance de l'os, plus près de son bord inférieur que du supérieur, s'ouvre au dehors par le trou mentonnier, mais continue encore de s'avancer jusqu'à la ligne
de l'os maxillaire inférieur. 661
médiane, et fournit, à sa partie supérieure, de petits canaux qui se rendent aux racines des dents. Du trou maxillaire postérieur part un petit sillon qui descend le long de la face interne, et qu'on appelle sillon mylo-hyoidien (sulcus inaxillœ superioris , s. mylo-kyoideus). Quelquefois, mais rarement, ce sillon se convertit en un véritable canal, soit à son origine, soit sur un ou plusieurs points de son trajet; plus rarement encore il se partage en deux branches au moment de son origine. >
614. La mâchoire inférieure ne s'articule qu'avec le temporal, sur lequel elle est mobile.
61 5. Je n'ai trouvé cet os formé, dans les plus jeunes embryons, que de deux pièces latérales unies ensemble pur une substance cartilagineuse, sur la ligne médiane. A la vérité, Autenrieth prétend qu'il se développe par trois ou quatre points d'ossification , appartenants au condyle, à l'apophyse coronoïde, à la portion horizontale et à l'angle (1). Avant lui déjà, Kerkring disait avoir trouvé que l'apophyse coronoïde, au moins, se développait à part (2). Tout récemment encore, Spix (3) non seulement a admis les noyaux osseux indiqués par Autenrieth, mais encore en a décrit et figuré un cinquième, une lame qui ferme le rebord alvéolaire en dedans, et qui, suivautlui, demeure distincte et séparée jusqu'au quatrième mois. Mais , avec quelque soin que j'aie examiné les embryons, même les plus jeunes, je n'ai jamais trouvé, soit pendant, soit après la préparation, plus d'une seule lame dans chaque moitié de la mâchoire inférieure. Il est vrai que le rebord alvéolaire n'est d'abord point clos en dedans par de la substance cartilagineuse, mais il ne se forme pas de noyau osseux spécial sur ce point ; il s'y développe une apophyse dirigée d'avant en arrière, qui fait corps avec le reste de l'os en avant, et qui en est d'abord séparée par une petite fissure en arrière. Lorsqu'elle a gagné la région de la branche montante , elle s'unit, par un pont, à s.» lace in-
(1) Wiedemann , Arch'w fûr Zoologie und Zootumic , t. I. cah. 1, [>• 79.
(2) Opp. omn. anal., p. a33.
(5) Cephatogenesis , p. ao.
terne, ce qui donne naissance au trou maxillaire postérieur. Dans l'origine, le canal maxillaire n'est pas encore fermé à sa partie supérieure, et ne fait qu'un avec le rebord dentaire.
On trouve toujours , même dans le fœtus à terme , deux ouvertures au moins, à la place du Irou maxillaire postérieur; l'une, beaucoup plus ample, conduit a une gouttière qui règne au fond de l'alvéole postérieur, et qui cesse à son extrémité antérieure. L'autre, plus petite et inférieure, mène à un canal qui passe sous l'alvéole, et qui va gagner l'extrémité interne de la moitié de la mâchoire. La gouttière et le canal communiquent ensemble par plusieurs ouvertures, et tous deux conduisent au trou maxillaire antérieur, mais la gouttière y mène plus directement.
Une prétendue ligne de démarcation entre la lame indiquée par Spix et le reste de l'os maxillaire inférieur, n'est autre chose que le sillon mylo-hyoïdien ( § 609) , qui a beaucoup d'étendue dans l'embryon, à cause du développement considérable du nerf mylo-hyoïdien de la cinquième paire.
Je traiterai du développement du rebord alvéolaire lorsque je m'occuperai des dents.
Plus l'os est jeune, plus ses deux moitiés latérales sont droites et rapprochées l'une de l'autre, plus la branche montante, notamment l'apophyse articulaire, est surbaissée, de sorte que le rebord alvéolaire ne fait point encore saillie à quatre mois, moins il y a de différence entre la direction du bord postérieur de la branche montante et l'inférieure de la portion horizontale, de même qu'entre l'antérieure de la première et la supérieure de la seconde, plus enfin l'apophyse articulaire est comprimée de droite à gauche.
Dans le fœtus à terme la mâchoire inférieure ne s'est rapprochée de la conformation qui la distingue chez l'adulte , que sous le rapport de la quatrième condition. Quant ù la première, l'os diffère même plus alors que celui de l'adulte de ce qu'il est dans les premiers temps de la vie intra-utérine , puisqu'il a une forme beaucoup plus arrondie. Il est vrai que cela tient en partie à la saillie plus grande que font les alvéoles; mais cette circonstance n'en est pas a beaucoup près la cause unique. Cependant l'os maxillaire est encore très sur-