COMPARAISON DES OS DU CBANE AVEC D'AUTRES OS
d'eux-mêmes aux diverses époques de la vie, en ce que, depuis le quatrième mois de la gestation jusqu'à la fin de la première année de la vie extra-utérine, ils sont beaucoup moins uniformément bombés qu'aux époques antérieures et subséquentes. En effet ils offrent une saillie considérable a leur partie moyenne , dans l'endroit où se développe le point d'ossification , de sorte que la portion supérieure et l'inférieure se réunissent presque à angle droit dans cet endroit. Avant le quatrième mois, les os du crâne sont beaucoup plus plats que dans le reste de la vie, et d'autant plus qu'ils sont plus petits.
20 La masse. Les os de la tête augmentent beaucoup en étendue , en épaisseur et en poids, depuis leur première origine jusqu'à leur parfait développement , dans l'âge adulte; mais, cette époque passée, et jusqu'à la vieillesse , ils vont toujours en diminuant sous ces trois rapports. Voilà pourquoi on les trouve , chez les vieillards , plus minces, souvent percés clans plusieurs points , surtout ceux où ils ont naturellement peu d'épaisseur, comme la partie externe et antérieure delà grande aile du sphénoïde , et la portion orbitaire du jugal; pourquoi même il arrive souvent que l'os de la pommette est séparé du sphénoïde en cet endroit; pourquoi la fente sphénoïdale antérieure a fréquemment une étendue énorme; pourquoi les mâchoires s'abaissent de toute la hauteur des rebords alvéolaires ; pourquoi enfin le crâne devient beaucoup plus léger et plus petit.
La différence de poids est bien plus considérable que celle de volume , entre les crânes des vieillards et ceux des personnes à la fleur de l'âge. Le crâne d'une femme de 70 ans, que j'ai sous les yeux, pèse quatorze onces, et celui d'une fillft de vingt ans en pèse vingt-quatre ; le premier est donc près de moitié plus léger que le second.
3° Le nombre des os de la tête n'est pas le même aux diverses périodes de la vie. On en compte moins dans les premiers temps, parce que l'ossification ne commence pas sut tous les points à la fois. Il y en a ensuite beaucoup plus, parce que certains os se développent par plusieurs points d'ossification , d'où résultent des pièces distinctes qui ne se soudent ensemble que peu à peu.
(j<)0 ANATOMIE Sl-liClALE.
4" Les connexions des os de la tête sont d'autant moins serrées que le sujet est plus jeune, parce que les pièces osseuses ont d'autant moins d'étendue , et sont séparées par des intervalles cartilagineux d'autant plus grands. Chez les personnes très avancées en âge, les os unis, pendant la plus grande partie de la vie, par une simple substance cartilagineuse qui ne leur permet d'exécuter aucun mouvement, se soudent presque tous ensemble. C'est ce qui arrive surtout aux pariétaux, soit entre eux , soit avec le frontal et l'occipital, ;\ l'ethmoïde avec les cornets inférieurs, à ceux-ci avec les maxillaires supérieurs.
5° ha forme totale de la tête est beaucoup plus ronde dans les premières périodes de la vie qu'à un âge avancé, ce qui tient surtout au peu de développement de la face , que le crâne déborde beaucoup de ,tous côtés , et qui paraît d'autant plus petite , on proportion de ce dernier, que l'embryon est plus jeune. A la vérité, la différence entre la plus grande longueur et la plus grande largeur de la tête , est d'autant plus considérable , en général , que l'embryon se rapproche davantage du moment de sa formation ; mais elle est plus bombée sur tous les points de sa circonférence , ce qui donne plus de rondeur à sa forme générale. On remarque, surtout durant les premiers mois delà vie intra-utérine , que le crâne est beaucoup plus large et moins resserré à la région des tempes qu'il ne l'est dans la suite, et que le frontal , les pariétaux et l'occipital sont bien plus bombés. Plus tardées os s'affaissent d'une manière notable.
La forme plus arrondie du crâne pendant les premières périodes de la vie est aussi le résultat du développement moins considérable de sa base. En effet , celle-ci est plus courte et plus étroite; elle se joint aux faces latérales et à la face postérieure sous des angles plus obtus.
649. La forme des os de la tête, et par conséquent aussi celle de toute la tête osseuse, varie très sensiblement selon les races (1). Les différences qui existent, sous ce point de vue,
(1) Blunicnbach , Décades collcctionis suas craniorum divorsarum Pentium iUustrata}, Gœttingue, 1 790-1 81 /j .
COMPARAISON DlîS OS mi CftANIî AVEC I>'aUTRES OS. Gf) l
sont plus ou moins prononcées dans tous les sens et dans toutes les répions. Il suit de là que l'angle facial de Camper (g 5i ) ne suffit pas pour les mesurer avec exactitude, puisqu'il D'indiqué que la direction de la partie antérieure du crSne cl de la l'ace , et ne donne par conséquent qu'une idée générale du proûl. On est donc obligé d'avoir recours, en même temps, à d'autres moyens de détermination. Ainsi, d'une part, on met en pratique la méthode recommandée par Blumenbach(i), c'est-à-dire qu'on embrasse autant que possible toutes les particularités d'un seul coup d'œil , en contemplant d'arrière en avant le crâne appuyé sur la mâchoire inférieure, de manière que les os delà pommette soient horizontaux ; d'un autre côté, on suit la méthode de Cuvier , qui consiste à regarder la tête de haut en bas et d'avant en arrière, pour juger du rapport de capacité qui existe entre le crâne et la face. J'ai déjà fait connaître (§54) les résultats de ces mesures, qui fournissent les principaux caractères propres à distinguer les races humaines.
Ce qu'il y a de plus important, c'est la différence qui existe entre le crâne et la face sous le rapport de leur capacité respective. La différence est plus à l'avantage du crâne dans la race européenne que dans les autres, et plus à son désavantage dans l'éthiopienne que dans aucune autre ; aussi un crâne de nègre, comparé avec trente-six crânes d'Européens, fut-il celui qui contint la quantité d'eau la moins considérable (2).
Outre ces différences de races , il y en a d'autres qui font que les crânes de divers peuples , appartenant à une même race, s'éloignent plus ou moins notablement les uns des autres.
Les peuples du midi , principalement ceux chez lesquels le caractère de la race caucasique est exprimé avec le plus de pu.reté, ou ceux qui s'en rapprochent le plus, connue les Turcs et les Grecs, diffèrent des autres nations appartenant à cette race par lu forme très arrondie de la tête (5).
(1) De uariei. gen. hum. nat., Gœttinguej 179/i , p, ao5i
(2) Saumarcz , Principles of physiqlogy , Londres, 1798,1). i63.
(3) Voyez, pour les autres différences, qui sont moins constantes, l'ouvrage cité de Blamenbach, et l'oétéologie de Sœmmcrïing.