HÉUNION ANOHMALB DBS OS DE LA TÊTE
654- L'état contraire à celui que nous venons d'examiner survient ordinairement dans un âge avancé, mais il n'est pas rare non plus de le rencontrer chez les jeunes gens, et il s'observe même assez fréquemment dans l'hydrocéphale, par suite de la disparition de la couche cartilagineuse interposée entre des os voisins.
Ces anomalies sont également soumises à certaines lois : a. Les pièces osseuses qui demeurent distinctes et séparée*
DES OS DE IA TÊTE DÀHS l/Él'AT ANOllMAL. 6()9
au-delà des périodes normales se soudent ordinairement plus tôt avec les os voisins , que ceux-ci ne se réunissent entre eux.
b. De tous les os du crâne, les pariétaux sont ceux qui se soudent le plus souvent et le plus tôt ensemble; en général, uiaÎA. non toujours cependant, leur soudure commence par la partie moyenne de la suture sagittale. Après eux viennent les temporaux et l'occipital, puis le frontal, à l'égard duquel il faut observer que la partie moyenne de la suture coronale est ordinairement aussi la première à s'effacer. On observe plus rarement la soudure du frontal avec les temporaux, de ceuxci avec le sphénoïde , et de l'ethmoïde avec les os voisins. A la face, les soudures qu'on rencontre le plus souvent sont celle des cornets inférieurs et moyens avec le maxillaire supérieur, celle du vomer avec le sphénoïde, et celle des deux os propres du nez l'un avec l'autre.
655. Les os du crâne acquièrent quelquefois une grandeur extraordinaire. Ordinairement cet état accompagne l'hydrocéphale, et l'anomalie devient surtout frappante lorsqu'on a en même temps la base du crâne sous les yeux , parce que cette dernière porte des traces plus ou moins sensibles de la compression que lui a fait éprouver une puissance mécanique agissant de dedans en dehors.
656. L'épaisseur des os du crâne varie également. Ils sont surton t plus minces chez les vieillards que dans les premiers temps de la vie On observe la même chose dans l'hydrocéphale. Cependant, sur la fin de la vie, ils deviennent plus épais, mais en même temps très spongieux. Ils offrent aussi une grande épaisseur chez les fous (1), quoique le rapport de causalité entre cet état du Crâne et celui du cerveau ne soit vraisemblablement pas alors toujours le même, puisqu'il peut se faire que le développement excessif des os à l'intérieur soit l'anomalie primitive, d'où résulte une compression nuisible du cerveau, ou que leur accroissement démesuré dépende du défaut de nutrition
(i) Greding, dans Ludwif,', Adv. mcd. pruci., vol. II , p. tf56, vol. IJI, !>• Goo.
et de l'affaissement du cerveau. Au reste, l'épaississement des os du crâne coïncide tantôt avec l'augmentation, tantôt avec la diminution de la densité de leur tissu.
65j7. Il n'est pas rare que les os du crâne s'écartent de l'état normal par défaut de symétrie, de sorte qu'eux, et par suite la tête entière, paraissent obliques. Cet état dépend peutêtre d'une congestion primitive de sérosité dans le crâne, et de la pression inégale que le fluide a exercée. II accompagne quelquefois l'aliénation mentale.
La forme des os du crâne offre encore d'autres anomalies, surtout dans le crélinisme (1). Quoique celle delà tête ne soit pas parfaitement la même chez tous les crétins , cependant la plupart du temps le crâne est déprimé, surtout moins bombé dans les régions frontale et occipitale, et, au contraire, élargi d'un côté à l'autre; sa base est raccourcie d'avant en arrière , et comme comprimée ; les sutures sont plus ou moins complètement effacées, et remplies d'une multitude d'os wormiens. Quant aux os particuliers, le basilaire est surtout celui qui s'éloigne de l'état normal; il est petit, plane , et même concave à sa partie supérieure , tandis que ses parties articulaires et le trou occipital sont plus ou moins obliques, et quelquefois presque perpendiculaires, de sorte que les portions articulaires regardent directement en avant, et que l'apophyse basilaire et le corps du sphénoïde sont droits et très élevés.
Il arrive souvent aussi que le crâne est plus ou moins oblique, surtout dans le crétinisme qui n'a pas atteint un bien haut degré, ce qui paraît tenir à ce que les anomalies qu'il a éprouvées n'ont eu lieu que d'un seul côté.
(1) J.-F. Ackermann , Ucber die Kretinen , einc besonderc Menschenabart in dm Alpen , Gotha , 1790. — Foderé , Essai sur le goitre et le crû tinage , Turin, 1792. — Michaelis, Ucber die Kretinen im Salzburgischen ; dans Blumenbach, Med. Dibl. , t. III , p. 658. — Joseph et Charles Wcnzel, Ucber den Kretinismus , Vienne, 1S02. — H. Reeve , Somc accounl of crelinism; dans Edimb . med. Jottrn. , vol. V, 1809, p. 3i-36. — A. S. Iphofcn, Der Cretinismus , pltilosophisch und medicinisch untersucht Dresde , 1817.