DES DIFFÉRENCES ENTRE LES VRAIES ET LES FAUSSES VERTÈBRES
478. Les caractères énoncés jusqu'ici conviennent à toutes les vertèbres, tant aux vraies qu'aux fausses.
Les vraies diffèrent des fausses du sacrum, parce qu'elles ne sont point soudées ensemble lorsqu'elles ont pris tout leur accroissement. Cependant, il est à remarquer qu'après l'âge
de l'ossification du corps des vertèbres du têtard de crapaud, il a reconnu que c'est un point impair; la même chose a lieu dans les autres batraciens, les mammifères et les oiseaux. Quant à la cause de l'erreur, il l'attribue à ce qu'on a observé des sujets trop jeunes, et pris pour le commencement du corps, le pédicule de chacune des masses apophysaires. A cette occasion , il fait remarquer que , dans les animaux qui ont une situation horizontale, le corps de la vertèbre en étant la partie la moins importante, se développe le dernier, par un poiut relativement plus petit, tandis que dans l'homme c'est l'inverse , surtout pour les vertèbres lombaires , sacrées et dorsales inférieures. Voyez Nouveau Journal de médecine, t. VII 1 , 1820, p. 8a. ( Note des traducteurs. )
de cinquante ans, on trouve très souvent les véritables vertèbres soudées les unes aux autres sur un ou plusieurs points de l'étendue de la colonne vertébrale.
Les vrais vertèbres se distinguent aussi des fausses par leur mode d'ossification. Dans l'état normal , leurs moitiés latérales se confondent ensemble en une seule pièce, sur la ligne médiane, avant de se souder avec le corps. Dans le sacrum, au contraire, ces deux moitiés sont encore séparées l'une de l'autre long-temps après s'être réunies à demeure avec le corps.
ARTICLE III
DES VRAIES VERTÈBRES El? PARTICULIER.
479. Les vraies vertèbres sont partagées , d'après la région du tronc qu'elles occupent , en cervicales ( vertebrœ cervicales), thoraciques ou dorsales ( vertebrœ thoracicœ , dorsales ) , et lombaires {vertebrœ lumbares). On compte sept des premières, douze des secondes et cinq des troisièmes. Ces vertèbres diffèrent beaucoup les unes des autres sous le rapport de leur volume et de leur épaisseur, sous celui de la forme et de la grandeur du canal rachidien , enfin sous celui de la forme et de la proportion de leurs parties.
480. i° Le volume des vertèbres s'accroît peu à peu, mais beaucoup, de haut en bas, de sorte que les cervicales sont les plus faibles , et les lombaires les plus grosses. Les corps surtout augmentent considérablement en largeur, en épaisseur et en hauteur. La masse d'une vertèbre lombaire est quadruple de celle d'une vertèbre cervicale.
481. 2° Le trou rachidien est plus petit et plus rond que partout ailleurs dans les vertèbres cervicales, spécialement les moyennes ; c'est dans les lombaires qu'il a le plus d'ampleur. A la vérité, la première vertèbre du col en offre un bien plus grand que toutes les autres , mais ce trou n'y est pas , à beaucoup près , rempli en entier par la moelle épinière. Cette ouverture est plus oblique dans les vertèbres lombaires supérieures; et dans les inférieures et les cervicales, elle a 1a forme d'un triangle dont le sommet regarde en arrière.