DES VRAIES VERTEBRES EN PARTICULIER
482. 5° a. Les corps des diverses vertèbres diffèrent les uns des autres par plusieurs particularités. Dans les vertèbres cervicales, il est non seulement plus petit que dans toutes les autres, mais encore fort peu élevé, eu égard à sa largeur et à sa profondeur. La face supérieure est un peu concave d'avant en arrière , et surtout de droite à gauche , car les deux .bords latéraux s'élèvent beaucoup au-dessus de son niveau ; elle s'incline aussi d'arrière en avant. L'inférieure est également et même davantage inclinée dans le même sens, mais un peu aplatie vers ses bords latéraux.
Les vertèbres dorsales supérieures n'offrent que de faibles traces de cette disposition de la face supérieure du corps. Ici les deux faces, tant la supérieure que l'inférieure, sont toutà-fait droites, et seulement un peu déprimées dans le centre. Les corps des vertèbres dorsales s'épaississent beaucoup d'avant en arrière et de haut en bas , moins d'un côté à l'autre , de sorte que ceux des moyennes sont plus étroits que ceux des dorsales supérieures et des dernières cervicales ; mais les inférieures sont plus volumineuses dans tous les sens.
C'est dans les vertèbres dorsales que le rétrécissement du corps dont j'ai parlé précédemment est le plus prononcé, et dans les cervicales qu'il l'est le moins.
Les corps des vertèbres dorsales se distinguent principalement de ceux de toutes les autres par la présence de petites surfaces articulaires, qui sont situées sur les côtés, immédiatement au devant de la réunion de ces mêmes corps avec les deux moitiés des arcs postérieurs. Dans la plupart on en trouve deux de chaque côté du corps, l'une supérieure et l'autre inférieure, dont la première se continue avec le bord supérieur, et la seconde avec le bord inférieur de la face latérale. Chacune de ces facettes est incomplète; elles ne deviennent toutes complètes que quand elles se réunissent à la facette correspondante delà vertèbre inférieure y de manière à ne former avec elle qu'une seule cavité composée de deux moitiés jointes ensemble à angle obtus, dont la supérieure est la plus petite et l'inférieure la plus grande. Les trois dernières vertèbres ne portent, de chaque côté, qu'une seule de ces surfaces articulaires. La dixième n'offre que la demi-
facette supérieure ordinaire, qui s'unit à l'inférieure de la neuvième. Sur la onzième et la douzième, ou n'en voit aussi qu'une seule, qui est droite et éloignée du bord supérieur. Voilà pourquoi on appelle facettes articulaires latérales communes celles des dix vertèbres dorsales supérieures , et facettes articulaires latérales propres [faciès articulares latérales communes et propriœ) celles des deux dernières. Elles reçoivent les têtes des côtes.
483. b. Les apophyses des vertèbres offrent des différences considérables.
Les apophyses articulaires sont moins obliques dans les vertèbres du cou que dans toutes les autres; leur direction se rapproche beaucoup de l'horizontale dans les deux premières. Dans les vertèbres dorsales, principalement les inférieures, elles sont presque perpendiculaires ; il en est de même poulies vertèbres lombaires. Leurs surfaces articulaires sont disposées, dans les vertèbres cervicales, de manière que la supérieure regarde en haut et en arrière, l'inférieure en devant et en bas. Dans les vertèbres dorsales , elles sont tournées directement, la supérieure en arrière, et l'inférieure en avant. Dans les lombaires, elles le sont, directement aussi, la supérieure en dedans, et l'inférieure en dehors ; il n'y a que la dernière vertèbre de cette région qui se rapproche en quelque sorte des cervicales sous ce rapport.
Les vertèbres lombaires sont celles qui ont les facettes articulaires les plus fortes et les plus hautes, et les cervicales, celles qui ont les plus faibles. Les plus larges de toutes se trouvent à la première vertèbre du cou.
La forme deces surfaces varie aussi. Elles sont droites dans toutes les vertèbres du cou et du dos, tandis qu'aux lombes, les supérieures sont concaves et les inférieures convexes. Celles de la première vertèbre cervicale sont très profondes.
Dans les vertèbres cervicales , la première exceptée, et dans les dorsales supérieures, leur plus grande largeur est dans le sens d'un côté à l'autre. Elle correspond à celui de haut en bas dans les dorsales inférieures et les lombaires. A la première cervicale, les supérieures sont plus larges d'avant en arrière que d'un côté a l'autre, tandis que les inférieures
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sont rondes, ainsi que les supérieures de la seconde vertèbre cervicale, qui leur correspondent.
La forme et les proportions des apophyses articulaires et de leurs surfaces ne permettent donc qu'un mouvement de haut en bas dans la région lombaire, tandis qu'elles se prêtent en outre à un mouvement latéral dans les régions du dos et du cou. A la partie inférieure de la région dorsale, le mouvement de haut en bas est très limité par la direction plus perpendiculaire et par la hauteur des apophyses, et le mouvement latéral, par la direction en arrière des apophyses transverses qui resserrent l'articulation. Les vertèbres, les plus mobiles sont celles du cou, à cause de la situation plus horizontale des surfaces et de la brièveté des apophyses articulaires.
484. Les apophyses transverses présentent des différences non moins remarquables.
Les plus fortes et les plus longues sont celles des vertèbres dorsales supérieures et moyennes et des lombaires supérieures. Celles des cervicales sont moins longues, a l'exception de celle delà première, qui est très considérable. Les plus petites sont celles des deux dernières vertèbres du dos.
Leur direction varie. Dans les vertèbres dorsales , elles se portent en avant. Celles des dorsales , surtout des inférieures, sont fortement inclinées en arrière. Celles enfin des lombaires sont les plus transversales, quoiqu'elles penchent aussi tin peu en arrière.
Les différences q'u'elles offrent sous le rapport de leur configuration sont encore plus considérables. A cet égard , les vertèbres cervicales se distinguent de toutes les autres on ce que leurs apophyses transverses sont percées de haut en bas d'un large trou arrondi, qu'une lame osseuse transversale partage quelquefois en deux portions , l'une antérieure et l'autre postérieure, dont la dernière est ordinairement la plus petite. Ce trou livre passage à l'artère vertébrale , ce qui lui a fait donner le nom de trou vertébral (Jbrainen vertébrale). Sa présence fait que les apophyses transverses offrent une largeur très considérable d'avant en arrière , et que, comme leurs bords antérieur et postérieur, surtout dans les cinq vcrtèltres cervicales inférieures, se courbent plus ou moins en haut ,
elles ont La forme d'une gouttière dans laquelle le nerf qui sort du canal rachidien croise la direction de l'artère vertébrale qui passe au-devant de lui.
Cette gouttière est surtout très prononcée dans la sixième vertèbre du cou. Il n'y a que la portion de l'apophyse transverse située derrière le trou vertébral qui corresponde à l'apophyse transverse desautres vertèbres. L'antérieure correspond aux côtes; cependant on appelle ordinairement la prernièreracme^osferieure, et la seconde, racine antérieure de l'apophyse'transverse.
Quelquefois le trou vertébral n'est pas complété en dehors. La première vertèbre cervicale est la seule dans laquelle la portion de l'apophyse transverse située en dehors de cette ouverture, et qui offre une largeur considérable d'avant en arrière, soit en même temps fort large de dehors en dedans.
Les apophyses transverses des vertèbres dorsales sont les plus massives de toutes. Elles ne se terminent pas en dehors par une pointe, comme celles des autres vertèbres , mais se renflent peu à peu , et sont aussi épaisses que larges, ou à peu près. Les dix supérieures se distinguent des autres , en ce qu'on aperçoit sur la face antérieure de leur extrémité une surface articulaire [faciès articularis transversalis) , encroûtée de cartilages, qui se joint à la tubérosité des côtes. Cette surface est concave dans les supérieures, plane et même convexe dans les inférieures; elle est tournée, dans les premières , d'arrière en avant et de bas en haut ; dans les autres sa direction devient de plus en plus oblique de dedans en dehors et de haut en bas. Son étendue diminue également à mesure qu'on se rapproche des lombes.
Les apophyses transverses des vertèbres lombaires augmentent de longueur depuis la première jusqu'à la troisième, et se raccourcissent ensuite beaucoup depuis celle-ci jusqu'à la cinquième, de sorte que, dans cette dernière, elles ne forment plus que de petites pointes très minces. Elles sont très aplaties d'avant en arrière, et par conséquent bien rplus faibles que celles des vertèbres du dos. Leur base se prolonge ordinairement , à sa partie postérieure , en un petit tubercule, appelé apophyse accessoire [processus accessorius) , qu'on ne rencontre que dans ces vertèbres.
485. Les apophyses épineuses des Vertèbres dorsules sont plus minces de haut en bas, et plus larges d'un côté à l'autre, que celles de toutes les autres vertèbres; leur face supérieure est convexe, et l'inférieure concave ; leur extrémité postérieure se termine par deux dentelures, l'une a droite, l'autre à gauche, qui s'écartent en arrière, et qui souvent sont ellesmêmes bifurquées. Elles augmentent beaucoup de longueur, à partir de la première vertèbre du cou, et se portent presque directement eu arrière, quoiqu'en même temps elles soient un peu inclinées en bas. Je parlerai plus loin des différences qu'elles présentent dans les première, seconde et septième vertèbres cervicales.
Les apophyses épineuses des vertèbres dorsales sont les plus longues de toutes; elles s'alongent surtout beaucoup depuis la première vertèbre, jusqu'à la septième; dans le même temps elles sont les plus épaisses , et ont une forme triangulaire. Les supérieures sont les plus larges , en proportion de leur hauteur, mais elles s'amincissent peu à peu, de manière que leur bord supérieur finit par devenir fort tranchant. Légèrement resserrées dans leur milieu , elles se renflent toujours , à leur extrémité postérieure , en une petite tête simple.
Les apophyses épineuses des vertèbres lombaires sont un peu plus longues que celles des trois dernièresdorsales, et plus longues aussi que celles des cervicales. Ce sont les plus hautes et les plus comprimées de toutes , en sorte que, sous ce rapport, elles offrent une disposition contraire à celle qu'on observe dans les apophyses épineuses du cou. Elles ne sont pas, comme les autres, dirigées tout droit en arrière, ou en arrière et en bas, mais un peu d'arrière en avant et de bas en haut.
ï ARTICLE IV.
486. La première, la seconde et la septième vertèbres cervicales présentant quelques particularités dans leur cônfiguMltion, elles méritent d'être décrites a pari.
ANÀT0M1E SPECIALE.
A. IiTAT PARFAIT.