La formation défectueuse s'exprime
a. Par un nombre inférieur à celui qu'on trouve ordinairement. A cet égard, on peut établir en règle générale qu'il ne manque jamais plus d'une côte de chaque côté; que ce n'est jamais la supérieure, mais toujours l'inférieure qui manque; qu'il est plus commun de la trouver absente des deux côtés à la fois que d'un seul côté ; enfin que l'absence d'une côte coïncide ou non avec celle d'une vertèbre. Quelquefois il ne manque qu'un cartilage costal, et alors deux côtes aboutissent au même.
b. Par la brièveté. Les dernières côtes, et principalement la douzième, sont surtout celles qu'il arrive souvent de trou ver plus courtes qu'à l'ordinaire, soit d'un seul côté , s.ojl des deux côtés à la fois, de manière qu'elles semblent alors
n'être que de petites apophyses des vertèbres. Quelquefois ces os ont leur longueur accoutumée, mais ils sont très peu arqués, ce qui établit une ressemblance avec la plupart des mammifères, et en général avec la plupart des animaux, dont la cavité pectorale est presque toujours plus étroite que celle de l'homme. Ce vice de conformation est ordinairement borné à quelques côtes; mais, dans certains cas, il s'étend â toutes, soit d'un seul côté , soit à droite et à gauche en même temps , et alors , tantôt les côtes n'atteignent point le sternum , tantôt elles n'offrent aucune anomalie dans leurs connexions avec ces os. Lorsque ce dernier cas a lieu, il n'en résulte qu'un rétrécissement extraordinaire de la poitrine.
c. Par l'ossification incomplète , qui fait tantôt que les côtes sont coupées par un cartilage dans le milieu de leur longueur, comme chez les oiseaux, tantôt qu'il manque une portion plus ou moins considérable des cartilages costaux , de sorte que les eûtes ne se portent point jusqu'au sternum, comme chez les derniers des reptiles et les poissons. Le moindre degré de cette anomalie , et le plus commun , est celui qui consiste dans le raccourcissement du cartilage de la septième côte, disposition qui rend le nombre des fausses côtes égal à celui des vraies.
5a 1. L'excès d'activité plastique s'exprime d'une manière encore plus diversifiée dans les côtes.
a. La moindre aberration qui en résulte est l'excès de longueur et de hauteur des côtes, ou de leurs cartilages, ou des deux parties à la fois , qu'il est plus ordinaire de rencontrer dans quelques côtes seulement que dans toutes, qui existe tantôt d'un seul côté, tantôt des deux côtés à la fois, et qui, dans ce dernier cas, ne porte pas nécessairement sur les côtes correspondantes à droite et à gauche. Il est surtout très commun de trouver l'extrémité antérieure de ces os d'une largeur extraordinaire, ce qui conduit par degrés à l'augmentation de leur nombre normal. Leur élargissement établit une analogie entre l'homme et beaucoup d'animaux, notamment les tatous et les fourmiliers écailleux parmi les mammifères, et les chéloniens parmi les reptiles.
DES CÔTtS. l63
Le prolongement du cartilage de la huitième côte élève le nombre des vraies côtes a huit , comme chez les singes.
b. Portée à un plus haut degré, cette anomalie produit la scission des côtes, qui commence toujours par leur extrémité antérieure. Je n'ai jamais vu ces os se partager en uue pièce interne et une pièce externe, mais toujours en une apophyse supérieure et une autre inférieure. Celte dernière disposition peut donc être érigée en une règle générale, d'autant plus importante qu'elle semble annoncer que la nature imite le type fondamental jusque dans ses anomalies , ainsi que j'en ai déjà signalé un exemple en parlant de la multiplication des vertèbres. Il est extrêmement rare que les deux apophyses aient la même longueur l'une que l'autre. Lorsque le vice de conformation n'existe qu'à un faible degré, les côtes se referment au-devant de la scission , en sorte qu'elles paraissent seulement percées d'une ouverture. A un degré de plus, l'un des deux prolongemens s'unit au cartilage, et quand l'anomalie est portée plus loin encore, tous deux ont des connexions avec lui. Ce cartilage alors, tantôt est simple, et seulement plus large que de coutume , tantôt est fendu partiellement, ou dans toute son étendue, du côté de son extrémité postérieure. Cette dernière anomalie peut aussi exister sans qu'il y ait scission des côtes , qui sont simplement élargies. En pareil cas, le cartilage est plus large qu'à l'ordinaire, ou bien, il offre une ouverture qui le traverse de part en part; quelquefois il est bifurqué à l'une ou à l'autre extrémité ; enfin il peut être tout-à-fait double, et alors avoir sa partie postérieure soit libre, soit unie à une côte.
Un autre résultat du développement excessif des côtes consiste dans la formation d'apophyses à leur partie postérieure, spécialement au voisinage du tubercule. Cette anomalie est elle-même susceptible de plusieurs degrés. Tantôt l'apophyse ne s'étend pas jusqu'à la côte voisine, tantôt les deux côtes s'unissent ensemble, soit par une apophyse simple, et d'une certaine longueur, qui n'appartient qu'à l'une d'elles, soit par deux apophyses qui partent de chaque côte pour venir à la rencontre l'une de l'autre; quelquefois même il y a un os distinct entre les deux prolongemens. Celte disposition est
Gl4 ANATOMIE SPÉCIALE.
une cause assez fréquente de soudure entre deux ou plusieurs côtes \ soudure qui s'observe ordinairement à leur partie postérieure : le premier cas rappelle l'organisation des oiseaux, et le second celle d<;s chéloniens. Il arrive quelquefois aussi que les cartilages costaux supérieurs s'unissent d'une manière analogue, par le moyen de prolongemens ou d'apophyses insolites.
c. La surabondance des côtes, à laquelle leur scission et leur élargissement conduisent par degrés, présente des différences relatives à la situation, au nombre, à la grandeur et aux connexions des côtes surnuméraires.
ex. La côte surnuméraire se forme ordinairement au-dessous de la douzième , et non au-dessus de la première , parce qu'on trouve le nombre et les dispositions des côtes supérieures et des vertèbres cervicales les mêmes que de coutume , tandis qu'ily a une vertèbre dorsale de plus , ou qu'au moins les côtes inférieures sont un peu plus développées. Cependant il arrive quelquefois qu'on rencontre cette côte surnuméraire au-dessus de la première: dans ce cas, elle doit presque toujours naissance à la racine antérieure de l'apophyse transverse de la septième vertèbre cervicale , qui a pris un développement • insolite , et qui ne s'est pas soudée au reste de l'os ; en général alors la première côte est plus longue et plus mince que de coutume.
L'augmentation du nombre des côtes à la partie supérieure ! de la poitrine rapproche l'homme des mammifères. Celle qui a lieu au bas de cette cavité établit uneanalogie entre lui et les oiseaux.
p. A l'égard du nombre, il peut n'être augmenté que d'un ■ seul côté, ou l'être également des deux côtés; il peut aussi se trouver une ou plusieurs côtes surnuméraires d'un seul côté, on des deux côtés a la fois. C'est ordinairement d'un seul côté qu'on trouve une côte surnuméraire , qui , par une double scission, peut élever en apparence le nombre total de ces os jusqu'à quinze ; mais il est plus commun de rencontrer une paire de côtes qu'une seule côte de trop.
y. Les dimensions des côtes surnuméraires varient beaucoup. En général, elles sont très petites, et réduites à l'état