‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologique [electronic resource]Chapitre 85 sur 186 · I, OS BASILAIRE · texte numérisé non relu

I, OS BASILAIRE

5a6. L'os basilaire (os basilare) a été, pour la première fois, considéré comme un seul os par Sœmmerring. Il correspond, par sa partie antérieure , au sphénoïde (os cunéiforme, s. sphenoideum, s. alatum, plerygoideum, multiforme , polymotphon), et par la postérieure, à Yoccipital (os occipitis) , qu'on décrit ordinairement chacun à part, parce qu'ils sont séparables l'un de l'autre dans les crânes des jeunes sujets; mais comme on les trouve soudés ensemble à une époque où les autres os du corps semblent avoir acquis tout leur développement, puisque les diverses pièces dont ils se composent sont réunies et confondues, l'opinion de Sœmmerring est plus exacte que celle qui régnait avant lui (i). L'os basilaire peut donc prendre aussi le nom d'os sphéno -occipital (os spheno-occipitale).

537. L'os basilaire occupe la partie inférieure, moyenne et postérieure du crâne. Il est tellement enclavé entre les autres os de celte boîte, qu'il s'articule avec tous. Quoiqu'on doive le considérer comme un os unique, la meilleure méthode pour le décrire consiste à le distinguer, comme par le passé, enjeux portions, l'une antérieure, le sphénoïde, l'autre postérieure , Yoccipital.

a. POBTION OCCIPITALE.

528. L'occipital (pars, s. os occipitale) forme la partie inférieure et postérieure de l'os basilaire. Il est impossible , à tous

(1) Knochenlehre , p. 109. — Spix attribue cette mauière de voir à Mondini, et la blâme (Ccphatogcncsis , Munich , i8i5, p. 16); ruais je pense qu'il a tort des deux cùtés. Mondini parle bien (Anal., Marbourg, i54o, p. 48 et 5j ) d'un os basilaire de la tGtc, mais il en sépare expressément l'occipital , dont il fait un os à part , et désigne sous ce nom le sphénoïde, les temporaux et l'ethmoïde, ce qui fait qu'il ne compte au crAne que cinq os. D'une autre part, comme le sphénoïde et l'occipital sont toujours soudés ensemble avant même que tous les os aient acquis leur entier développement , on ne peut pas les considérer comme deux os distincts , du moins chez l'homme, quoiqu'ils restent séparés pendant foule la vie cher la plupart des animaux, car alors on ne serait pas moins fondé à ne point regarder le sphénoïde lui-même comme un seul os.

6l8 ANATOMIE SPÉCIALE.

égards, de méconnaître en lui uneverlèbre agrandie. De même que toutes les vertèbres , il représente un anneau composé d'une partie antérieure plus épaisse, et d'une autre postérieure plus mince : seulement cette dernière est beaucoup plus développée, plus large etplus haute , d'une manière soit absolue , soit relative, que dans les autres vertèbres, tandis que l'antérieure est au moins plus petite que les corps des vertèbres dorsales et lombaires.

5sg. On distingue, dans l'occipital , la partie basilaire {pars, s . processus basilaris) , les parties condyloïdiennes {partes condyloideœ , s. jugulares) , et lapartie squameuse {pars squamea).

53o. La partie basilaire correspond au corps des autres vertèbres , et devrait , par conséquent , porter aussi le nom de corps. C'est la plus antérieure, la plus petite et la plus étroite des trois. Elle représente un hexagone irrégulier , plus large en arrière et en bas qu'en devant et en haut. Par la partie moyenne de son bord postérieur, qui est échancrée, elle forme le rebord antérieur de la circonférence du grand trou occipital. Les deux bords latéraux postérieurs , qui sont inclinés d'arrière en avant et de dedans en dehors , se confondent avec les bords antérieurs des portions condyloïdiennes. Les deux bords latéraux antérieurs convergent l'un vers l'autre en devant. Sa face antérieure , dirigée transversalement, est couverte de cartilage , et quand l'os basilaire a pris tout son développement, elle se trouve soudée avec la partie moyenne de la portion sphénoïdale.

La face supérieure ou postérieure du corps s'incline fortement d'avant eu arrière, ce qui dépend surtout de l'épaisseur considérable de la partie antérieure. Elle offre, d'un côté à l'autre, une dépression profonde, appelée fosse de la moelle alongée {fossa medullœ oblongatœ ). La ligne de démarcation qui la sépare du bord latéral antérieur est presque toujours parcourue par le sillon du sinus pétreux postërieur{sulcus sinus pelrosi posterions) .

La face inférieure ou antérieure est droite, en proportion de la précédente. Cependant, lorsque le crâne se trouve dans sa situation naturelle , elle monte beaucoup d'arrière en avant. Onyremarque, sur la ligne médiane, une saillie dirigée d'avant

de l'os basilaihe. 619

en arrière, qu'on appelle crête ou épine basilaîre , ou pharyngienne (crista, s. spma basilaris, s. pharyngea) ; sur lescôlés , deux élévations transversales , symétriques ; et en arrière de celles-ci , plusieurs enfoncemens. Tout-à-fait en arrière, elle contribue un peu à la formation de l'extrémité antérieure des condyles de l'occipital.

53 1. La portion écailleuse forme la partie postérieure et les parties latérales de l'occipital. Elle est mince, plaie, large et récourbée dans sa portion supérieure et postérieure, qui est la plus considérable ; inégale, épaisse et irrégulière dans l'inférieure et antérieure , qui est la plus petite. Celle-ci correspond à la partie antérieure de l'arc des vertèbres, qui porte les apophyses transverses et articulaires; celle-là, à la partie postérieure de ce même arc, du milieu de laquelle s'élève l'apophyse épineuse, dirigée en arrière. La seconde est la portion occipitale proprement dite de la plupart des anatomistes; l'autre embrasse les parties condyloidiennes , articulaires ou jugulaires [partes condyloideœ , articulares , jugulares) des auteurs.

552. Les portions condyloidiennes ou articulaires sont plus étroites et plus larges en devant. Elles s'élargissent et s'amincissent en arrière. Leurs faces et leurs bords sont chargés d'inégalités. La face supérieure forme, dans l'endroit où elle s'unit à la portion basilaire , une protubérance considérable , appelée jugulaire [tuberculum jugula ré). En arrière et en dehors, elle offre une gouttière considérable , dirigée d'arrière en avant et de dehors en dedans, qu'on nomme sillon du sinus transverse (sulcus sinus transversi). Entre cette gouttière et la tubérosité, se trouve l'ouverture antérieure du canal condyloidien postérieur ( canalis condyloideus posterior).

A la face inférieure on remarque une éminence convexe, l'apophyse condyloïdienne (processus condyloideus ) , qui se dirige d'arrière en avant et de dehors en dedans. Au-devant, au-dessus et en dehors de cette éminence, se trouve l'ouverture externe du canal condyloidien antérieur (foramen condyloideurn anlerius ) . Immédiatement derrière son extrémité postérieure on aperçoit l'ouverture postérieure du canal condyloidien postérieur et la fosse condyloïdienne ( sinus condyloideus)^ En arrière et en dehors de celte ouverture, à la

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circonférence de la partie postérieure des parois latérales du grand trou occipital , existent de fortes empreintes musculaires.

Du côté interne, la portion articulaire est large en devant, et présente une surface inclinée de haut en bas et de dedans en dehors. Son bord interne est échancré. Elle forme la paroi latérale du grand trou occipital, qui est la plus grande de toutes. Derrière et au-dessous de la protubérance jugulaire, elle présente l'orifice interne du canal condyloïdien antérieur.

Le bord externe commence par une large échancrure, appelée jugulaire (sinus jugularis ) , à l'extrémité du sillon du sinus trausverse. On y voit ensuite une petite émineuce revêtue de cartilage, qu'on nomme apophyse jugulaire (spina jugularis'), puis un rebord dentelé peu profondément (margo niillaris ).

En arrière, la portion condyloïdienne se continue avec la portion occipitale proprement dite.

553. Cette dernière portion, à laquelle plusieurs anatomistes, Loder par exemple, donnent le nom de corps, contre toute analogie, se recourbe de bas en haut et d'avant en arrière. Elle est triangulaire , et semble formée de deux moitiés, l'une inférieure plus large, l'autre supérieure plus étroite, qui s'unissent à angle obtus.

La surface externe est lisse dans sa moitié supérieure, tandis que, dans l'inférieure, on observe des empreintes musculaires et des enfoncemens qui la rendent inégale. Le contour supérieur de cette dernière est formé par la ligne courbe supérieure (linea serni-lunaris superior), dont la convexité regarde en haut, et qui s'étend d'un côté à l'autre de la portion squameuse. A peu près vers le milieu de la moitié inférieure se trouve une seconde élévation demi-circulaire, la ligne courbe inférieure ( linea semi-lunaris ijiferior) , dont l'étendue égale cellede la précédente. Cette moitié inférieure est partagée ellemême en deux parties, l'une à droite et l'autre à gauche, par une éminence longitudinale plus ou moins prononcée, suivant les individus, la crête occipitale externe (crista occipitalis externa) , qui commence toujours par une saillie plus considérable et plus large , appelée protubérance, occipitale externe { spina occipitalis externa ) , et qui s'étend jusqu'au milieu du

PE L'OS BASILA1RC. Q2l

bord postérieur du grand trou occipital. Le bord renflé et renversé de ce dernier produit en quelque sorte une troisième ligne courbe, concentrique aux deux précédentes, et qui remplit les mêmes usages.

La face interne de la portion écailleuse est partagée en quatre enfoncemens, de capacité à peu près égale, par une érninence en forme de croix {eminentia cruciatà). La moitié supérieure de la branche longitudinale de cette éminencë est le sillon qui loge la fin du sinus longitudinal de la dure-mère (sulcus longiludinalis ) . Les deux branches de côté sont les gouttières latérales (sulci latérales)^ qui reçoivent les sinus latéraux. De la partie <re la branche longitudinale située au-dessous de Pentre-croisement, et qu'on nomme crête occipitale interne (crista occipitalis interna) , parce qu'elle est plus ou moins saillante , et remplacée rarement par un enfoncement , naît la faux du cervelet. Les gouttières sont bordées par deux élévations parallèles et rarement symétriques. A la vérité la partie inférieure de la branche longitudinale correspond exactement à la ligne médiane; mais il est très rare que la supérieure offre la même disposition, que les deux élévations latérales, entre lesquelles s'étend le sillon, descendent a égale distance de cette ligne, et que le milieu du sillon tombe précisément sur cette dernière. Plus ordinairement la gouttière s'écarte à droite et a gauche, et l'un des bords descend le long de la ligne médiane elle-même. Dans d'autres cas, qui ne sont pas rares, la gouttière se jette encore davantage sur l'un ou l'autre côté , de sorte que son bord interne dépasse la ligne médiane de beaucoup, quelquefois même d'un demi-pouce, ce qui rend le défaut de symétrie encore plus sensible. En général, deux fois sur trois, la gouttière longitudinale se porte à droite. Il en résulte que la gouttière transversale gauebe est plus longue ; mais , en même temps, la droite offre plus de largeur. Celle dernière est la continuation immédiate de la gouttière longitudinale, tandis que la gauche se réunit a elles deux par un sillon oblique. Il arrive quelquefois, mais rarement, qu'une, des gouttières transversales suit la même dircelionque la longitudinale, de manière que l'extrémité inl'érieurcdecelle dernière se continue avec elle sans interruption ; mais alors.

l'éminence transversale, qui est simple , occupe sa place ordinaire, de même que, quand la gouttière longitudinale est fortement déjelée à gauche , la moitié supérieure de l'éminence longitudinale se trouve cependant sur la ligne médiane.

Les enfoncemens inférieurs logent le cervelet : aussi les appelle-t-on fosses cérébelleuses , ou occipitales inférieures ( fossœ cerebelli). Comme les supérieures reçoivent l'extrémité postérieure des lobes du cerveau, on leur donne le nom de fosses cérébrales , ou occipitales supérieures [fossœ cérébrales). Les premières sont souvent lisses; quelquefois, cependant, on y aperçoit des élévations et des dépressions alternatives, formant des séries concentriques, étroites , planes , qui se portent de la ligne médiane aux bords latéraux, et qui ont leur convexité tournée en haut. Les impressions digitales et les éminences mamillaires des fosses inférieures sont plus arrondies, plus droites, plus larges et plus marquées.

A l'endroit où les gouttières se croisent, la face interne de la portion écailleuse fait une saillie considérable, appelée protubérance occipitale interne ( spina occipitalis interna). Comme cette protubérance se trouve placée en face de l'externe, c'est aussi dans ce point que l'os est le plus épais ; son épaisseur s'y élève quelquefois à un demi-pouce.

b. PORTION SP1IÉNOÏDALE.

534- Le sphénoïde occupe la région moyenne de la base du crâne, une partie de l'antérieure et une petite partie de la latérale.

Il est composé d'une portion moyenne , le corps, et de plusieurs apophyses , qui se dirigent les unes sur les côtés et les autres en bas. Cette disposition lui donne aussi de la ressemblance avec une vertèbre.

555. Le corps se continue en arrière avec celui de l'occipital , c'est-à-dire avec la portion basilaire de celui-ci. Au-dessus de ce point , il se recourbe plus ou moins en haut et en devant, de manière que la parlie supérieure et libre de sa face postérieure fait suite à la face supérieure delà portion basilaire. Celteface postérieure est hérissée partout d'aspérités, et son bord supé-

DE L'OS JM.SILAIUE. 625

rieur se prolonge plus ou moins, pourdonner naissance anxapophyses olinoïdes postérieures ( processus clinoidei posteriores).

La face supérieure se partage presque toujours , d'une manière très distincte, en trois parties situées l'une derrière l'autre. La postérieure est excayée en travers , et forme la selle turcique ( sella turcica ) , qui loge la glande pituitaire. La moyenne, plus petite, monte plus ou moins obliquement d'arrière en avant; elle est presque toujours un peu convexe ou plane, rarement excavée. L'antérieure est horizontale.

Le bord antérieur de cette l'ace supérieure est dentelé, et forme une saillie considérable dans son milieu.

Les faces latérales descendent légèrement de dedans en dehors. Sur la limite qui les sépare de la supérieure , règne un léger sillon, dirigé d'avant en arrière, qu'on appelle sillon carolidien ( sulcus caroticus ) , parce qu'il loge l'artère carotide interne. Près de leur extrémité antérieure, entre elles et la face supérieure, on aperçoit, de chaque côté, une saillie plus ou moins considérable, à laquelle aboutit la ligne de démarcation entre les portions moyenne et postérieure de la face supérieure : ce sont les apophyses clinoïde s moyennes (processus clinoidei medii). Ces apophyses se confondent quelquefois , lorsqu'elles sont très développées, avec les postérieures et les antérieures ; le second mode d'union est plus commun que le premier, et se rencontre quelquefois seul, tandis qu'on n'observe jamais l'autre sans lui.

La face antérieure , légèrement convexe , n'est pas toujours formée par une lame soudée au reste de l'os; elle l'est souvent par deux pièces osseuses distinctes et fort minces , qu'on appelle cornets sphénoidaux ( cornua sphenoidea ). Constamment, elle est incomplète à sa partie supérieure. Elle présente à sa partie moyenne une éminence longitudinale, nommée crête sphénoidale [spina, s. crista sphenoidalis).

La face inférieure est un peu enfoncée. En devant et à sa partiemoyenne , elle se prolonge en une éminence mince etplus ou moins longue, qu'on appelle bec du sphénoïde ( rostrum sphénoidale ).

La crête et le bec du sphénoïde se continuent plus ou moins immédiatement l'un avec l'autre.

Le corps de cet os est formé de parois fort minces chez l'adulte , et creusé de deux vastes cavités , les sinus sphénoidaux [sinus, s. antra sphenoidalia), l'une à droite, l'autre à gauche, que sépare une cloison longitudinale , perpendiculaire, dont la crête et le bec sont des prolongemens , et dont la surface est souvent accrue par des saillies qui s'en élèvent.

536*. Les apophyses du sphénoïde sont les grandes ailes ( alœ magnœ ) , ou apophyses moyennes ( processus medii ) ; les petites ailes {alœ minores) , ou apophyses supérieures [processus superiores) , et les apophyses ptérygoïdes ou inférieures [processus pterygoidei, s. iiiferiores).

537. Les grandes ailes naissent en bas de la paroi latérale du corps. D'abord étroites, elles s'élargissent en devant et en arrière, se recourbent en avant et en dehors, et se terminent en deux pointes, l'une supérieure, l'autre postérieure. Elles ont une forme triangulaire. Leur face concave , qui regarde en dedans, est inégale (§ 524). L'antérieure, carrée et tournée aussi un peu en dedans, est presque droite, ou pour mieux dire trèslégèrement concave. L'externe est convexe de haut en bas, et un peu concave d'avant en arrière. L'inférieure, qui se continue avec celle-ci, est plane.

538 Les petites ailes, beaucoup plus petites que les précédentes, sont des prolongemens latéraux de la partie antérieure de la face supérieure du corps. Elles naissent par deux racines, l'une mince, antérieure et supérieure, l'autre plus épaisse , postérieure et inférieure. Elles se dirigent en avant et en haut, mais principalement en dehors. Convexes et tranchantes en avant, concaves et plus épaisses en arrière, elles sont plates, minces, et se terminent en dehors par une pointe libre. Le commencement de leur bord postérieur s'alonge , du côté interné, en un tubercule , appelé apophyse clinoide antérieure (processus clinoideus anterior'). Cette apophyse fait face à la clinoide postérieure. Il lui arrive souvent de s'unir avec l'apophyse clinoïde moyenne, disposition d'où résulte , derrière le trou optique, une seconde ouverture , qui se trouve à l'extrémité antérieure du sillon carolidien , et par laquelle passe l'artère carotide.

Il est un peu moins commun de rencontrer une troisième

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ouverture provenant de ce que l'apophyse clinoïde moyenne s'unit également à la postérieure.

Ce qu'il y a de plus rare, c'est que les apophyses clinoïdcs antérieures soient unies seulement avec les postérieurespar une longue languette osseuse.

Toutes ces anomalies se rencontrent plus fréquemment des deux côtés à la fois que sur un seul.

53g. Les apophyses ptérygoïdes se détachent chacune de la limite qui sépare la face inférieure et latérale du corps de l'origine de la grande aile , dans l'endroit où l'os est le plus épais. Elles se dirigent de haut en bas, dans le même temps qu'elles s'inclinent légèrement en dehors. Peu après leur naissance, et quelquefois même en naissant , elles se divisent, à leur partie postérieure, en deux lames minces, appelées ailes ptérygoïdiennes ( laminœ pterygoideœ) , qui sont soudées ensemble dans presque toute leur hauteur, en devant. L'intervalle qui les sépare en arrière se nomme fosse pte'rygoïdienne (fossa plerygoidea) ; à leur partie inférieure, elles s'écartent aussi l'une de l'autre en avant , offrant ainsi Yéchancrure ptérygoide , ou ptéty go-palatine ( fissura pterygoidea, s. pterygo-palatina ) .

La lame interne, qui est la plus longue, se termine par un crochet arrondi et tourné en dehors , le crochet pterygoïdien (hamulus, s. uncus pterygoideus). Comme ce crochet est la continuation du bord postérieur , et que le bord antérieur se prolonge également , quoiqu'un peu moins, il résulte de là, entre eux deux, une gouttière plus ou moins considérable.

La lame externe, qui est la plus courte, se termine beaucoup plus haut que laprécédente. A son sommet, elle se courbe en dedans , sous la face inférieure du corps, avec laquelle il lui arrive souvent de se souder d'une manière intime- Cette partie réfléchie porte le nom d'apophyse vaginale (processus vaginalis ).

54c. Dans et entre les diverses parties du sphénoïde, il se trouve des fentes profondes , des échancrurcs et des ouvertures, par lesquelles passant des vaisseaux, mais surtout des uerfs.

Entre les deux racines de la petite aile, on découvre le trou

(foramen opticum) , ou, pour mieux dire, le canal optique ( canalis opticus ) , canal court , arrondi et plus large que haut.

Au-dessous de ce trou , entre la grande et la petite ailes et la partie antérieure de la face latérale du corps , se remarque un vide très considérable , irrégulier , ayant la forme d'un triangle alongé , plus large en dedans et en bas , et dirigé obliquement de dehors en dedans : c'est la fente sphéndidale (fissurasplienoidea propria, s. spheno-sphenoideà). Ordinairement elle est ouverte en dehors , parce que la pointe de la petite aile ne s'applique pas sur le bord supérieur de la grande aile; niais souvent ces deux parties arrivent à se toucher, et il en résulte un véritable trou.

Plus bas que cette fente , de l'extrémité inférieure et postérieure de laquelle il est séparé par un petit pont osseux, se trouve le trou rond (foramen rolundurn) , creusé dans la base de la grande aile. C'est, à proprement parler, un canal très court, qui se continue, en arrière et en devant, avec un demicanal.

Le demi-canal postérieur s'unit d'une manière plus ou moins sensible avec une ouverture beaucoup plus considérable, voisine de l'angle postérieur de la grande aile, dirigée de haut en bas, et située bien plus en arrière et en dehors, qu'on appelle trou ovale {foramen ovale).

Entre le trou rond et le trou ovale se trouve quelquefois une ouverture beaucoup plus petite, qui traverse également la grande aile de haut en bas.

Immédiatement derrière le trou ovale , et en dehors de son extrémité externe, la grande aile est toujours percée de haut en bas d'un autre trou appelé sphéno-èpineux {foramen spi~ nosum ) .

Enfin le conduit vidien ou pte'rygoidien ( canalis vidianus ) traverse la substance du sphénoïde à l'endroit où la grande et la petite ailes se détachent du corps , immédiatement au-dessous de la cloison de ce dernier. Sa direction est d'avant en arrière , de bas en haut et de dedans en dehors.

54i. L'histoire du développement de l'os basilaire est très compliquée, parce que chacune de ses deux parties, qui sont

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encore distinctes l'une de l'autre peu de temps avant l'époque où l'organisme entier a pris tout son développement, doit naissance à la formation successive d'un nombre considérable de noyaux osseux.

542. La pièce occipitale paraît bien avant la sphénoïdale. D'après mes recherches, elle résulte ordinairement de onze points d'ossification, qui se développent peu à peu, huit pour la portion écailleuse (1), les trois autres pour les portions articulaires et la portion basilaire. Le rudiment de la portiomécailleuse commence à se montrer au second mois , immédiatement derrière le grand trou occipital, sous la forme d'une paire de noyaux triangulaires, séparés dans le milieu. Ces deux pièces osseuses se soudent ensemble. Dans le même temps il en paraît une seconde paire, située au-dessus, dont la forme répèle la leur ; qui représentent la moitié supérieure de la pôrtion écailleuse, et qui , au quatrième mois , s'unissent ensemble ^ ainsi qu'avec la paire inférieure, excepté dans la région de la protubérance jugulaire , où il reste encore une ouverture sensible. Vers la même époque on trouve une troisième paire , située sur les parties latérales de la seconde, en dehors et en haut; et pen- • dant qu'elle se soude à cette dernière , il s'en forme une quatrième dans l'endroit le plus élevé, au-dessus de la seconde. Ainsi la même formation se répète trois fois jusqu'à ce que toutes les pièces soient soudées ensemble , ce qui arrive plus tôt ou plus tard , et quelquefois même n'a jamais lieu. Presque toujours la portion écailleuse est complètement formée à cinq mois. Cependant on aperçoit encore , de chaque côté, chez le fœtus à terme , fréquemment même beaucoup plus tard, une suture étendue de l'extrémité supérieure du rebord dentelé qui suit l'apophyse jugulaire, en dedans et en haut, une seconde qui, de l'extrémité supérieure de l'os, m-. porte directement en bas, et une troisième qui , du milieu du .

(1) Sans révoquer en doute l'existence de quatre paires de germes dans 1a portion squameuse de l'occipital , ou os prorat , Béclard affirme que cette disposition , loin d'être constante, doit être une variété rare; il n'admet que quatre points d'ossification dans cette portion.

( Note des traducteurs. )

bord inférieur de la portion écailleuse se dirige précisément en haut. Ces trois sutures indiquent que la portion écailleuse est composée de plusieurs pièces , qui restent souvent isolées pendant toute la vie, et qui prennent alors le nom d'os wormiens (1) (ossa wormiana s. triquetra).

Les portions articulaires paraissent un peu plus tard que l'écailleuse , dont toutefois elles précèdent la partie supérieure. Elles se montrent d'abord sous la forme de petits noyaux osseux simples , oblongs et arrondis. La portion basilaire est celle qui s'ossifie la dernière.

Ces quatre portions se soudent ensemble dans le même ordre que celui suivant lequel elles s'ossifient. L'écailleuse se trouve séparée des deux autres long-temps encore après que ses divers noyaux se sont réunis en un seul os. Chez le fœtus à terme, l'occipital est encore formé de ces quatre pièces, dont les deux articulaires sont unies en devant avec la basilaire , en arrière avec l'écailleuse , mais ne le sont nulle part l'une avec l'autre. Cet isolement persiste même après la naissance , car je l'ai observé sur un sujet âgé d'environ sept ans.

.Comme dans toutes les vertèbres , la partie postérieure de l'anneau est ici celle dont le développement s'achève le plusvite , puisque les pièces de la portion écailleuse se confondent d'abord ensemble , qu'ensuite cette portion s'unit aux deux condyloïdiennes , et que ces trois dernières sont déjà soudées ensemble depuis long-temps , quand la portion basilaire en est encore tout-à-fait distincte. Les traces de séparation entre les portions articulaires et écailleuse s'effacent plus tard en dedans qu'en dehors : il est rare que le contraire ait lieu.

545. La sphénoïde s'ossifie beaucoup plus tard que l'occipitale. A trois mois, on voit paraître les premiers noyaux osseux dans ses deux grandes ailes ; il s'en forme un ensuite pour chaque lame interne des apophyses ptérygoïdes. Plus tard , on observe une troisième paire de germes osseux , à la circonfé-

(1) Voyez mon Mémoire sur tés os ivormiens du crâne de l'homme , dans mes Bcyirœgc, t. I , cah. 11. , p. 34-'>3 > et dans Palhologischc Anatomie , t. I.

DE L'OS l) ASILAIRE. ()'.>.<)

rence des petites ailes ; puis, vers l'âge de quatre mois, un septième et un huitième noyaux, qui s'appliquent l'un contre l'autre dans le corps. A cinq mois, près de cette quatrième paire , il s'en forme une cinquième , entre elle et la grande aile. Les deux noyaux moyens du corps se soucient ensuite l'un avec l'autre. Bientôt il s'en développe une sixième paire a la partie interne do la circonférence du trou optique ; enfin une septième entre celle-ci et la quatrième. Ainsi , vers le commencement du septième mois, le sphénoïde se trouve composé de treize noyaux distincts , parce que , quoiqu'il s'en soit formé sept paires , les deux premiers germes du corps sont déjà soudés ensemble.

A dater de celte époque le nombre de noyaux osseux va toujours en diminuant, par suite de leur réunion. Les premiers qui se soudent sont ceux des portions du sphénoïde qui doivent continuer encore long-temps à former autant de pièces distinctes; ainsi la quatrième , la cinquième et la septième se confondent en une seule, la première et la seconde en une seconde et une troisième , la troisième et la sixième en une quatrième et une cinquième: , d'où il suit qu'a huit mois on trouve le sphénoïde composé de cinq pièces, les deux grandes ailes , les deuxpelites et le corps. Un peu plus tard , les deux petites ailes se réunissent ensemble , et l'os est alors formé de quatre pièces seulement. Ensuite le corps et les petites ailes se soudent, de sorte que, dans le fœtus à terme, l'os sphénoïde comprend trois pièces, parce que les grandes ailes et les apophyses ptérygoïdes sont encore séparées de celles du milieu. Ces trois pièces se soudent durant les premiers mois qui suivent la naissance.

Il est extrêmement rare que le corps et les grandes ailes se soudent ensemble avant de se réunir avec les petites ailes, déjà confondues l'une avec l'autre, de manière que le sphénoïde soit composé de deux moitiés, l'une antérieure plus considérable, et l'autre postérieure plus petite. Celle anomalie est d'ailleurs fort remarquable , parce qu'elle coïncide parfaitement avec la disposition qui subsiste chez la plupart des mammifères pendant tout le cours de leur vie.

Long-temps après la naissance, le corps du sphénoïde est

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plein et solide. I^es sinus sphénoïdaux ne se développent que peu a peu , d'uni côté , parce que la substance osseuse disparaît dans le milieu , de l'autre , parce qu'il se forme de chaque côté , et de ba* en haut , une lamelle osseuse particulière, appelée cornet sphénoïdal , qui ne reste presque jamais distincte , mais qui se soude en général avec le sphénoïde, rarement avec l'ethmoïde ou l'os palatin.

Ainsi le sphénoïde se développe peu à peu par seize, et l'os basilaire par vingt-sept points d'ossificatiou (1).

54^. La portion occipitale de l'os basilaire s'articule eu arrière et en haut avec les pariétaux, dans une grande partie de son étendue , ee qui donne naissance à la suture lambdoide. A l'endroit où cesse l'os pariétal commence l'articulation de la portion mastoïdienne du temporal avec l'extrémité inférieure de la portion écailleuse et la postérieure de la portion condyloïdienne de l'occipital , ce qui produit la suture mastoïdienne, à l'extrémité de laquelle la protubérance jugulaire s'applique contre la partie postérieure du bord interne du rocher. On trouve ensuite , entre ce dernier et la portion eondyloïdienne , un vide pour le golfe de la veine jugulaire. Enûn le bord externe de celte portion eondyloïdienne et delà ba-ilaire s'Unit , au moyen d'un fibro-cartilage , avec la partie antérieure de la face interne du rocher.

Le sphénoïde s'articule avec le sommet du rocher par le bord postérieur de la grande aile, à l'aide d'une large couche de substance flbro-cartilagineuse , et par l'épine sphénoïdale , ail moyen d'une suture ; avec le bord antérieur de la portion écailleuse du temporal, par le bord interne de sa grande aile; avec le frontal en haut et l'os jugal en bas , par le bord antérieur de cette même aile. Entre le. bord inférieur de la face antérieure de la grande aile et le postérieur de la face supérieure du corps de l'os maxillaire supérieur, se trouve la

(1) Voyez à ce sujet mes Considérations anatomiques et physiologiques sur les pièces osseuses qui enveloppent les parties centrales du système nerveux , et sur leurs arinexes ; dans Journal complémentaire du Dictionnaire des sciences médicales , t. II, p. an. — Spix est arrivé au même résultat fjue moi (Çcphatogcncsis , p. 17).

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