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DE D'ORGANE DE LA VUE DANS L’ÉTAT ANORMAL

Thydropisie de la moitié postérieure de l’œil s’accompagne ordinairement d’une augmentation de sécrétion hors du corps vitrélui-même, parcequ’iî a rencontré plusieurs fois, en dedans de la choroïde et de la rétine, une grande quantité de sérosité limpide , dans laquelle se trouvait un cordon dirigé d’avant en arrière, et produit par la dégénérescence du corps vitré et de la rétine (1). II est probable que, dans ce cas , la sérosité provenait de la membrane séreuse découverte par Jacob.

Un accroissement partiel du volume de l’œil, qu’on rencontre assez fréquemment, constitue le staphylome( 2), épaississement plus du moins considérable de la cornée transparente, qui détermine la procidence de cette membrane, se complique delà perte de sa dîaphanéité, et dépend d’une inflammation antérieure dont elle a été le siège. La plupart du temps, dans ce cas, la cornée est adhérente à l’iris. L’accroissement avec amincissement de la sclérotique, qui est bien plus rare, et qui porte aussi le nom de staphylome, se présente sous la forme d’élévations bleuâtres, dont la couleur tient à l’état variqueux des vaisseaux de la choroïde. On le voit principalement survenir â la circonférence de la cornée transparente, après l’ophthalmie arthritique. On l’observe plus rarement à la partie postérieure de la sclérotique (3).

Le sac lacrymal se distend plus ou moins à la suite de l’inflammation des voies lacrymales.

3" Vices de continuité'.

a. Réunion anormale. Cette anomalie est assez commune, et toujours le résultat d’une inflammation.

Après une inflammation violente et négligée de la conjonctive, les paupières se collent, soit à la face antérieure de l’œil ( symblepharon ) , soit l’une avec l’autre ( ancyloblepha ron ). Quelquefois ces deux genres d’adhérence s’établissent simultanément. Les parties soudées sont tantôt rapprochées l’une de l’autre, tantôt réunies par un nombre plus ou moins considérable de membranes accidentelles d’une longueur plus

(1) Matattie degli occhi, p. 23o.

(®) J--L. Friedrich, Diss. de staphy tomate , Berlin, 1S21.

Ç>)Loc.cit., tab. 11, fig. 10, — • Demours, toc. cit. , tab. lxiv, iig. 5.

ou moins considérable. Quelquefois l’adhérence existe déjà 1 au moment de la naissance.

A la suite des inflammations de l’iris, la pupille devient adhérente ( synizesis) , ou la face antérieure de l’iris s’unit à la 1 face postérieure de la cornée transparente, ou enfin sa face postérieure se colle à la face antérieure de la capsule cristal- i line ( synechia ) , par le moyen d’une exsudation albumineuse qui se coagule, et à laquelle il arrive quelquefois d’être distincte des autres parties sous la forme d’une membrane.

L’oblitération des conduits de la glande lacrymale est le résultat de lésions extérieures dirigées sur le côté externe de i’œil. Elle dépend de l’inflammation et de l’ulcération, comme les rélrécissemens des voies excrétoires de l’humeur lacrymale.

Le rapetissement ( myosis ) et l’immobilité de la pupille, qu’on observe à la suite des ophthalmies, sont très probablement le ! résultat d’un épanchement d’albumine dans sa substance.

b. Séparation anormale. Il est rare que les parties de l’œil I offrent des solutions de continuité qui ne soient pas le résul- I tat d’une lésion extérieure. Cependant il faut ranger dans 1 cette catégorie le détachement du cristallin , qu’on a observé à la suite de violentes céphalalgies, et la chute de cette lentille dans la chambre antérieure , à travers la pupille , qui est fréquemment déterminée par la percussion ou la commotion de l’œil (i).

Les ulcères produisent, surtout dans la cornée transparente, quelquefois aussi dans l’iris, des solutions de continuité, qui, lorsque la première de ces deux membranes en est le siège , entraînent l’écoulement de l’humeur aqueuse et la procidence de l’iris. La circonférence de cette dernière membrane se détache assez souvent de la sclérotique, dans une étendue plus ou moins considérable , par l’effet d’une forte commotion; on dirait alors qu’il y a deux pupilles. On doit également rapporter ici l’ampliation anormale des ouvertures, par exemple de la prunelle ( mydriasis ).

Les déchirures et autres lésions d’un ou de plusieurs con-

(i) Fribault, Observation sur un cristallin qui a passé par la pupille dans , (a chambre antérieure de l’œil ; dans Journ. de mèd., t. LIX, p. 72.

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duils excréteurs de la glande lacrymale produisent la tumeur lacrymale, l’accumulation des larmes entre la conjonctive et le globe de l’œil, ou l’écoulement de cette humeur en trop grande abondance.

La suppuration du sac lacrymal entraîne fréquemment la destruction d’une portion de son étendue et sa communication avec l’extérieur, qui constitue la fistule lacrymale.

4° Vices de situation. Ces anomalies s’étendent à l’œil tout entier, ou ne portent que sur quelques unes de ses parties constituantes. Le globe de l’œil peut être chassé de l’orbite par des tumeurs qui se développent dans cette cavité ( exophlhalmia ) ; ou éprouver un véritable prolapsus causé par la lésion , la paralysie de ses muscles ( oplühalmoptosis ) , ce qui change plus ou moins la situation des paupières, et détermine leur renversement en dehors.

Il arrive souvent que les paupières seules éprouvent un changement dans leur direction, ce qui peut avoir lieu de deux manières différentes, selon qu’elles se renversent en dehors ( ectropium ) ou en dedans ( entropium ). Ce dernier effet est surtout produit par la destruction de la lame cutanée interne et du cartilage, à la suite de l’inflammation des paupières, par l’œdème de ces voiles , quelquefois parla paralysie de leur releveur propre. Cependant cette paralysie ne suffirait pas seule pour le déterminer; elle n’entraîne que la chute de la paupière supérieure ( blepharoplosis ). Le premier état est occasioné principalement par les plaies avec perte de substance à la peau, quelquefois aussi parle développement de tumeurs et d’excroissances à la face interne.

Dans le renversement en dedans , les cils sont tournés vers le globe de l’œil. Il en résulte ce qu’on appelle trichiase ( trichia sis), état auquel il n’y a ordinairement que quelques cils qui participent , qui s’établit à la suite jdes inflammations palpébrales, et qui doit naissance à la destruction de la partie interne du bord des paupières par des ulcérations.

La procidence de l’iris a lieu dans les plaies de la cornée transparente; et, lorsque celte dernière membrane offre plusieurs ouvertures par lesquelles sort l’iris , il en résulte l’espèce de staphylome qu’on a désigné sous le nom de raisinière. Dans

le principe, la portion herniée de l’iris est à découvert, creuse, molle, mince, et abondamment pourvue de vaisseaux; peu à peu elle devient solide , le sang n’y arrive plus , et elle sé recouvre d’une membrane mince, d’un blanc grisâtre, que Beer considère comme la conjonctive cornéenne régénérée (1), mais dans laquelle il est plus exact de voir une nouvelle production qui doit naissance à la lymphe exsudée par l’iris.

La hernie de la membrane de l’humeur aqueuse, admise par la plupart des écrivains, est une procidence du corps vitré , ainsi que Scarpa l’a parfaitement démontré (2).

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