DES VISCERES PROPREMENT DITS
lème ganglionnaire, et la masse nerveuse qui s’y rend est proportionnellement peu considérable, surtout en comparaison de celle qui aboutit aux organes des sens , pourvu toutefois qu’on excepte certaines parties, telles que la langue et les organes externes de la génération, qui, étant abondamment pourvus de nerfs, jouissent, par cela même, d’une sensibilité très vive, et de nature particulière, c’est-à-dire constituent.de véritables organes sensoriaux. La plupart des viscères reçoivent leurs nerfs du système ganglionnaire et immédiatement du pneumo-'gastrique ; mais, en outre, les nerfs hypoglosse, glosso-pharyngien et trijumeau se répandent dans leur portion supérieure, et les nerfs spinaux inférieurs dans leur portion terminale.
Presque toujours les nerfs parcourent un trajet considérable avant d’arriver aux organes, et en général chacun de ces derniers n’en reçoit que d’une seule paire. On voit même souvent une paire fournir, du moins en partie, les filets nerveux destinés à plusieurs organes. (
4° Le trajet des nerfs n’est pas livré aux caprices du hasard , dans la plus grande partie de leur étendue. Comme cette condition n’a pas lieu seulement pour ceux des viscères qui reçoivent leurs ramifications nerveuses du système ganglionnaire, on doit en conclure qu’elle ne dépend pas de la nature de ce nerf. Il est faux que le principe spirituel ne soit point en rapport avec eux, c’est-à-dire que les changemens qui se passent en eux ne soient point perçus ; car cette perception ; a lieu, d’une manière bien manifeste , dans l’état de maladie ,
: et les sensations qui en résultent ne sont pas plus vagues ou plus obscures que celles dont nous sommes redevables à tous ! les organes autres que celui de la vue.
5° Tous les viscères ne sont point unis , du moins dans l’état parfait , par des membranes muqueuses. L’appareil respiratoire et l’appareil digestif communiquent bien ensemble de cette manière au cou. Il existe aussi, à la partie inférieure du tronc, une communication semblable entre les appareils urinaire et génital. Mais ces deux derniers sont séparés de l’appareil digestif, ou du moins ne se trouvent en rapport avec lui que par l’intermédiaire de la peau.
ü88 ANATOMIE SPÉCIALE.
6° Ces organes sont beaucoup moins symétriques que ceux des sens, sous le point de vue de la forme et de la situation.
7° Leur partie la plus importante est plus ou moins manifestement glanduleuse. Tous , sans exception , offrent la réunion de plusieurs glandes , dont l’action combinée a pour résultat de porter le fluide sécrété par elles au dernier degré de perfection. La nécessité de la coopération de plusieurs glandes est surtout évidente dans l’appareil le plus compliqué de tous, celui de Indigestion. Viennent ensuite, sous ce rapport, les organes génitaux , surtout ceux du sexe masculin. C’est dans les appareils urinaire et respiratoire qu’on aperçoit le moins la nécessité du concours de plusieurs glandes pour la formation de la substance nouvelle que l’appareil est destiné à produire.
Une seconde partie se compose d’un canal , formé lui-même de plusieurs membranes différentes, superposées et unies par du tissu cellulaire, dans lequel s’ouvrent la glande ou les glandes en généra! , et qui est , tantôt ouvert à ses deux bouts , comme le canal alimentaire, tantôt ouvert seulement à l’une de ses extrémités, comme les autres. La nature des parois de ce canal présente des variétés infinies. Cependant elles sont toujours formées au moins de deux couches superposées , dont l’interne est une membrane muqueuse , et l’externe du tissu cellulaire condensé. La membrane muqueuse est revêtue d’une couche musculeuse , tantôt partout , comme dans le canal intestinal , tantôt au moins de distance en distance.
8° Ces organes, si l’on excepte ceux de la génération, sont, après les centres du système nerveux et de l’appareil circulatoire , les plus nécessaires de tous à l’entretien de la vie, quoique certaines portions de leur étendue puissent manquer primitivement ou être détruites d’une manière quelconque sans entraîner des inconvéniens bien graves, et que des altérations , même très considérables , n’occasionent la mort qu’assez tard.