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LÈVRES ET JOUES

a. Configuration.

2048. Les lèvres [labia) sont des prolongemens qui couvrent la face antérieure du rebord alvéolaire des mâchoires , et qui ont une direction parallèle à celle de ce rebord. Leur bord libre est toujours plus ou moins renflé et renversé. Celui

(1) Ford, dans Méd. communie. , vol. I, n° 5i.

(2) Amatus Lusitanus , Cœs. med. cent. , ch. VI , p. 65.

de l’inférieure l’est toujours plus que celui de la supérieure. Elles se regardent par leurs bords libres. L’ouverture qui les sépare porte le nom de bouche (os).

La lèvre supérieure est plus longue et plus saillante que l’inférieure. On y remarque, sur la ligne médiane , un enfoncement longitudinal ( philtriim ), qui s’étend depuis la cloison du nez jusqu’à l’endroit où la peau s’amincit beaucoup. Cette dé- ■ pression est remarquable à cause du vide qui existait primitivement, au même endroit, entre les deux moitiés latérales. La lèvre inférieure n’offre rien de semblable, différence qui doit être prise en considération :

i° Parce qu’il n’existe, pour ainsi dire, aucun exemple de scission de la lèvre inférieure;

2° Parce que la dépression de la lèvre supérieure paraît dépendre de l’étendue bien plus grande du frein supérieur, et de la séparation des deux os maxillaires supérieurs, qui persiste pendant toute la vie.

Les commissures des deux lèvres portent le nom d'angles de la bouche ( anguli oris ).

De chaque côté , les lèvres se continuent d’une manière insensible avec les joues.

Ces deux régions sont formées par une couche cutanée, une couche musculeuse et une couche muqueuse.

b. Muscles des lèvres.

2049. Les divers changemens que la cavité orale peut éprouver dans sa configuration sont produits par l’action des muscles suivans, qui occupent les régions des lèvres, des joues et du ulënton.

a. Orbiculairc des lèvres.

2050. Le muscle orbiculaire des l'evres, buccal, Ch. ( musculus annula ri s , orbicularis oris, sphincter oris), forme principalement la couche charnue des lèvres, entoure la bouche, et se trouve placé entre les couches cutanée et muqueuse. Il est ovalaire , mince , aplati , large , et composé de fibres concen-

5oo anatomie spéciale.

triques. Les externes se confondent insensiblement avec celles de ses antagonistes, ou sont des prolongemens des fibres de ces divers muscles qui s’entrelacent ensemble. Cependant ces fibres externes sont distinctes et non confondues les unes avec les autres. Les internes forment un ordre à part. On les trouve vers le bord interne et libre du muscle et des lèvres ; mais elles se perdent insensiblement dans les fibres externes.

Ce muscle est uni d’une manière plus intime à la peau qu’à la membrane muqueuse. Il rétrécit et ferme la bouche, qu’il porte en avant, en lui faisant représenter une sorte de bourrelet à rides rayonnées.

(3. Buccinateur.

ao5i. Le muscle buccinateur, bucco-labial, Ch. ( musculus buccinator ), est situé entre les deux os maxillaires, supérieur et inférieur, et l’orbiculaire des lèvres. Il est carré, aplati et mince. Ses fibres ont en général une direction transversale; cependant les supérieures se portent obliquement de haut en bas et d’arrière en avant, les inférieures sont obliques de bas en haut, les moyennes seules sont droites. Les points fixes sont l’os maxillaire supérieur et celui delà mâchoire inférieure.

II naît de la face externe du rebord alvéolaire de ces deux os. | Ses attaches commencent derrière la demi ère dent molaire , | et s’étendent à peu près jusqu’à la seconde antérieure. En outre, il provient, par sa partie postérieure, du sommet de l’aile interne de l’apophyse ptèrygoïde, et d’un ligament qui s’étend de là au rebord alvéolaire de la mâchoire .inférieure. Il se confond en devant avec l’orbiculaire des lèvres.

Le canal de Stenon le perfore au voisinage de son extrémité antérieure.

Il tire les lèvres et toute la bouche directement en arrière, et rétrécit la cavité orale; par conséquent il chasse les substances contenues dans cette cavité, de sorte qu’il agit lorsqu’on souffle, qu’on siffle, ou qu’on seringue de l’eau avec la j bouche. Il contribue aussi à la formation du bol alimentaire sur la langue et à la déglutition.

DES ORGANES DE LA DIGESTION. 3o I

2o5a. On peut distinguer en supérieurs et inférieurs les muscles suivans, qui contribuent à ouvrir la bouche.

Les supérieurs sont, en les considérant de dehors en dedans :

y. o. Zygomatiques.

2o53. Les muscles zygomatiques , zy gomato- labiaux , Ch. ( tnusculi zygomadei) , sont au nombre de deux, un grand ( musculiis zygomadeus major), et un petit ( rnusculus zygomadeus rninor ). Tous deux sont alongés et minces. Le grand est plus arrondi que le petit, et situé aussi plus en dehors et en arrière. Ils naissent tous les deux de la face externe de l’os jugal. Cependant on voit quelquefois le petit provenir seulement de la partie externe el inférieure du muscle orbiculaire des paupières, qui lui fournit ordinairement quelques fibres. Tous deux se portent obliquement de haut en bas, de dehors en dedans et d’arrière en avant. Ils se confondent avec l’orbiculaire des lèvres : le petit, avec la portion de ce muscle qui fait partie de la lèvre supérieure ; le grand , avec celle qui correspond à l’angle de la bouche et à la lèvre inférieure.

Quelquefois le petit zygomatique n’existe pas. Dans d’autres cas , son extrémité inférieure est bifurquée. Chez certains sujets, il ne descend pas jusqu’au muscle orbiculaire , mais se perd dans la face externe du releveur de la lèvre supérieure et du canin.

Ces deux muscles tirent obliquement en haut et en dehors la peau des joues, la commissure des lèvres et la bouche toute entière. Us contribuent par conséquent ài élargir la bouche, principalement lorsqu’ils agissent des deux côtés à la fois.

e. Canin.

2o54- Le muscle canin , petit sus - maxillo - labial , Ch. ( rnusculus levator oris , s. caninus ), est plus large que le précédent, aplati et alongé. Il naît dans la fosse canine, au-dessous du trou sous-orbitaire, descend presque verticalement,

en devenant plus épais et plus étroit, et se confond, dans l’angle de la bouche, derrière le grand zygomatique, avec l’orbiculaire des lèvres, mais plus encore avec le carré du menton.

Il soulève l’angle de la bouche et la lèvre supérieure.

Ç. Inicisif.

2055. Le muscle incisif, ou élévateur propre cle la lèvre supérieure , moyen sus-maxillo-labial, Ch. ( musculus levator labii inférions, s. incisorius ), est beaucoup plus volumineux que le précédent, dont il couvre en partie l’extrémité supérieure, tandis que lui-même est couvert en cet endroit par l'orbiculaire des paupières. Sa forme est à peu près la même, mais sa direction est différente, car il descend obliquement de dehors en dedans. Il naît de l’os maxillaire supérieur, audessus du trou sous-orbitaire, et s’attache à la lèvre supérieure, vers le milieu de ce repli, dans lequel ses fibres se confondent avec celles de l’orbiculaire des lèvres, au-devant duquel il descend

Il soulève obliquement la lèvre supérieure.

y). Anormal de la face.

2056. Au-dessous de l’élévateur propre de la lèvre supérieure et de l’élévateur commun de cette lèvre et du nez , se trouve assez souvent un muscle alongé, qui naît aux environs de la fosse canine , et s’attache à l’os maxillaire supérieur , immédiatement au-dessus de l’origine du précédent. Ce muscle ( anomalus faciei, Âlbinus (i), rhomboideus, Santorini) (2), concourt à soulever la lèvre supérieure, et fronce la peau qui la couvre.

(1) Hist. musc., p. 167.

(2) Obs. anal., c. I. § a5.

3. Elévateur commun de la lèvre supérieure et de l’aile du nez.

Ce muscle a été décrit précédemment ( p. 278 ).

2o58. Les muscles inférieurs de la bouche , considérés dans le même ordre que les précédons, sont le triangulaire des lèvres, le carré de la lèvre inférieure , et le releveur du menton.

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